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Publié le 24/03/2020

La saison des asperges s’approche doucement, en quantité comme en qualité. Mais, dans un contexte chahuté par le Covid-19, l’incertitude plane chez les producteurs entre les difficultés à trouver de la main-d’œuvre et la commercialisation menacée en cas de confinement prolongé. Alors, sur le terrain, on s’adapte, on cherche des solutions en partant du « pire des scénarios ». C’est le cas de Pauline Klément et Clarisse Sibler, à Sigolsheim.

Et pendant ce temps, ils sont dans les champs. Alors qu’une grande majorité de la population française vit sous cloche depuis plus de dix jours maintenant, les agricultrices et agriculteurs de notre pays poursuivent leur mission nourricière comme si de rien n’était… ou presque. Dans la vallée de Kaysersberg, les deux magasins fermiers - le Cellier des montagnes, à Hachimette ; la ferme Clarisse, à Sigolsheim - sont toujours ouverts à leurs clients toujours aussi présents. Seules les mesures sanitaires essentielles - pas plus de dix personnes dans le magasin, entrée et sortie séparées, protection du personnel en caisse, marquage au sol pour délimiter les distances autorisées - rappellent que nous sommes entrés, toutes et tous, dans un quotidien que nul n’aurait imaginé vivre un jour. Le long de la route qui relie Kaysersberg à Kientzheim, le constat est le même. Sur les pentes du Schlossberg, les camionnettes et utilitaires garés ici et là rappellent que la vigne, elle, n’a que faire des tribulations sanitaires de l’humanité. La pousse continue, le soleil brille de mille feux, le millésime 2020 se construit peu à peu. Il faut être là pour entretenir, protéger et bichonner ces ceps dont tellement de choses dépendent. Tout comme le sol qui a besoin qu’on s’occupe de lui pour éviter l’intrusion d’adventices malvenues. Et puis la route continue vers la grande zone commerciale d’Houssen, vidée de ses vendeurs et acheteurs. Incertitudes sur la main-d’œuvre… Pour retrouver âme qui vive, il faut rebrousser chemin, à quelques dizaines de mètres de la Fecht. Clarisse Sibler et sa fille, Pauline Klément, jettent un regard pensif sur leur production d’asperges qui pointe le bout de son nez. Le début de la saison est pour bientôt. Les incertitudes dont déjà là. Merci Covid. Enfin, si, une chose est certaine : Dame Nature est clémente cette année, les asperges ne manqueront pas. Mais la belle doit aimer l’ironie. Pour une fois, c’est l’Homme qui n’est pas au rendez-vous. Calfeutré, apeuré, interrogatif ou au contraire courageux, résilient et solidaire, Homo sapiens dévoile petit à petit ses visages les plus troubles, les plus enfouis, les plus contrastés. Dans ce micmac, il faut trouver des gens prêts à cueillir ces asperges si plébiscitées en temps normal, et être certain que la clientèle sera bel et bien au rendez-vous. Clarisse et Pauline y ont déjà réfléchi. Elles sont parties de la « pire situation » possible pour imaginer des solutions qui tiennent la route. Le pragmatisme et le bon sens paysan sont à l’œuvre. « Pour l’instant, nous travaillons comme une année normale. Mais, si notre main-d’œuvre habituelle devait manquer, nous essaierons de nous renforcer auprès de travailleurs locaux », explique Clarisse. Habituellement, une trentaine de saisonniers sont présents pour assurer la récolte des asperges qui dure entre deux mois et, deux mois et demi. Sauf qu’un gros contingent vient de Pologne et l’autre de Roumanie. Le reste, ce sont des femmes turques basées en Alsace. « Cela fait vingt ans que je travaille avec elles. Mais je sais qu’en ce moment, elles ont peur et ne veulent pas sortir de chez elles. Et pour ceux qui viennent de l’étranger, encore faut-il qu’ils puissent venir jusqu’ici. Pour l’instant, les frontières françaises sont ouvertes. Mais jusqu'à quand ? » Pour le moment, ils ne sont que cinq - dont Clarisse et Pauline - à pouvoir assurer la récolte des asperges. Un chiffre qui devrait malgré tout augmenter malgré la situation sanitaire actuelle. « On ne désespère pas de voir arriver nos Polonais et Roumains, en partie du moins. On sait qu’ils sont très motivés pour revenir travailler ici cette année. » Tout comme Gaëtan, un habitué du travail saisonnier qui vient s’arrêter spontanément pour prendre des nouvelles. Comme beaucoup de Français, il est en chômage partiel « forcé ». Mais, lui, aime bosser, en plus d’apporter une réelle bonne humeur sur son lieu de travail. « Comme Gaëtan, je reçois plein de demandes de gens souhaitant participer à la récolte. Pour beaucoup, outre le fait de se sentir utile, c’est simplement la possibilité de prendre un peu l’air qui les stimule. Moi, je suis évidemment prête à les accueillir. Mais, d’abord, il y a des verrous législatifs et réglementaires à assouplir », explique Clarisse. Comme beaucoup de ses confrères dans le milieu agricole, elle souhaiterait que les personnes mises en chômage partiel puissent cumuler ce droit avec une rémunération en bonne et due forme liée à la récolte des asperges. « C’est sûr que s’ils perdent tout leur chômage partiel en acceptant de participer aux récoltes, personne ne viendra. Il est donc urgent que les choses bougent, et vite. Car on se dirige vers une grosse problématique de main-d’œuvre dans la profession », prévient-elle. Car là, il s’agit des asperges. Mais après, il y aura les fraises et tous les petits fruits qui nécessitent aux aussi des bras pour être cueillis. Dans le cas où cette main-d’œuvre indispensable ne serait pas au rendez-vous, Pauline et Clarisse savent déjà qu’une partie de la production sera « sacrifiée », à savoir laissée au champ faute de mains. « Ça serait évidemment dur pour notre chiffre d’affaires mais nous n’aurions pas le choix », soulignent-elles de concert.     …et les clients En admettant qu’elles réussissent à avoir la main-d’œuvre pour cueillir leurs asperges (quinze hectares tout de même), encore faut-il pouvoir les vendre. À l’heure où sont écrites ces lignes, Clarisse sait déjà que la production vendue habituellement à la restauration restera à quai, sauf retournement de situation. « Si le confinement dure, c’est déjà 30 % des ventes qui sont compromises », souligne-t-elle dépitée. Et puis il y a tous les particuliers, très nombreux, qui se massent chaque année dans son magasin de Sigolsheim pour faire le « plein » en asperges. Parmi eux, il y a toute cette clientèle venue de Suisse, de Belgique, d’Allemagne ou d’autres régions françaises, tous venants en Alsace pour quelques jours et faire un peu de tourisme. « Ceux-là, on sait aussi qu’on ne les verra pas non plus. » Reste alors les consommateurs des communes alentour comme potentiels acheteurs. Parmi eux, il est fort probable que beaucoup n’oseront pas sortir de chez eux si le confinement est toujours à l’ordre du jour au mois d’avril. Une décision qui sera sans nul doute difficile à prendre pour de nombreuses personnes, habituées à acheter une grande quantité d’asperges pour les consommer en famille à Pâques (le 12 avril cette année). Sauf que cette année, la résurrection du Christ risque fort d’être célébrée en visioconférence. Pauline et Clarisse ont néanmoins tout prévu pour accueillir leurs clients dans les meilleures conditions, tout en respectant les mesures barrières en vigueur contre le Covid-19. « Nous avons imaginé un système de drive avec un système de commande par téléphone ou par mail la veille pour récupérer la commande le lendemain. Le but serait d’avoir à gérer dix à quinze clients par heure », détaille Pauline. Le retrait de la marchandise se ferait à l’extérieur du magasin, dans le restaurant - fermé - attenant à la boutique. « Évidemment, les asperges en vrac, avec la possibilité de les choisir soi-même, c’est fini. Dans ce cas de figure, seuls nos employés dûment équipés manipuleraient les asperges. Forcément, cela va nous demander encore plus de main-d’œuvre », poursuit la jeune agricultrice. En amont, il y aura toutes les prises de commande à gérer. Trois personnes sont déjà prévues pour s’occuper de ce poste. Là encore, de la main-d’œuvre en plus qu’il faut aussi sécuriser. Clarisse et Pauline évoquent aussi la possibilité de livrer les asperges directement chez les clients, ou presque. « L’idée serait de programmer des livraisons par quartier. Avec les réseaux sociaux, on pourrait réussir à l’organiser et le mettre en œuvre. » Reste la filière de la grande distribution dans laquelle une partie de la production pourrait être vendue. « Mais si le confinement continue, est-ce que les gens consommeront des légumes de saison plutôt que des pâtes et du riz ? Rien n’est moins sûr », craint Clarisse.     Retour au système D ? Malgré toutes ces incertitudes, Pauline et elle tâchent de garder le moral et la confiance. Déjà, elles font le maximum pour ralentir la croissance des asperges. La semaine dernière, elles ont enlevé la première bâche plastique (sur deux) histoire de les freiner un peu. Elles ont également prévu de retourner la bâche restante du côté noir vers le côté blanc, histoire d’accumuler moins de chaleur. « On a tout fait pour être en avance cette année et, effectivement, ça marche, constate ironiquement Pauline. Maintenant, il faut qu’on travaille à rebours pour retarder au maximum la récolte. » Un retour en arrière que Clarisse est également prête à mettre en œuvre dans la gestion de ses saisonniers. Habituellement, ils sont amenés aux champs dans des minibus. Mesures barrière obligent, cela ne sera pas possible cette année si le confinement se chevauche à la récolte. Là encore, elle a déjà imaginé une solution : la grande remorque « à l’ancienne » avec des bancs pour accueillir les travailleurs. « Dans ce cas, pas de problème pour maintenir les gens à un mètre les uns des autres. Et puis, vu que les routes sont quasiment désertes, ça ne dérangera personne si on roule à vingt kilomètres à l’heure. Des solutions existent si on se donne la peine de réfléchir un peu. Je dirais même que c’est la grande force du monde agricole : sa capacité à relever les défis qui s’imposent à lui. » Le bon sens paysan ne connaît pas le confinement.

Abattoir départemental du Haut-Rhin à Cernay

« Nous fonctionnons normalement »

Publié le 23/03/2020

Si la crise sanitaire a incité la direction de l’abattoir départemental du Haut-Rhin de Cernay à prendre différentes mesures de précaution, elle n’a pas changé le fonctionnement de cet outil indispensable pour la profession agricole.

Comme indiqué régulièrement dans vos journaux agricoles alsaciens, les horaires d’ouverture et d’abattage n’ont pas changé. Les abattages se déroulent toujours les lundis, mardis et mercredis. Les découpes se font les jeudis et vendredis. Le site est fermé au public les vendredis. « Notre fonctionnement n’a pas évolué. Nous avons pris, en interne, différentes mesures pour travailler dans les meilleures conditions et en toute sécurité. Elles sont affichées partout. Le personnel a été sensibilisé et applique les mesures barrières. Nous tournons donc au maximum de nos possibilités », explique Christophe Bitsch, président de l’abattoir départemental du Haut-Rhin de Cernay. Lundi matin, il était présent dans les locaux pour faire le point avec le personnel. Un seul des quinze salariés était absent. « Je me félicite du professionnalisme des membres du personnel. Tout le monde ici fait son boulot. Les gens sont formidables. Ils participent au fait que la situation puisse rester la plus normale possible pour le monde agricole », ajoute Christophe Bitsch. Ces mesures, appelées « plan de prévention contre le Covid-19 », concernent notamment les postes liés à l’accueil et à la réception de la clientèle. Il est indiqué, par exemple, que le bureau du secrétariat doit rester fermé à clef au public, que l’accueil des clients au secrétariat doit se faire à travers la lucarne prévue à cet effet ou encore que le mobilier du secrétariat (bureau, téléphone, stylos, pupitre d’accueil) doit être désinfecté le plus souvent possible. Par ailleurs, le chauffeur de l’abattoir doit se voir remettre ses bons de transport par la lucarne prévue à cet effet. « Nous demandons également au personnel de prévenir les clients qu’ils ne doivent pas descendre de leur véhicule lors de leur mise à quai. Le personnel doit venir vers eux pour la récupération des documents qu’ils doivent transmettre par la fenêtre de leur véhicule. Pour le reste, les mêmes règles sanitaires s’appliquent que pour toute la population : se laver les mains le plus souvent possible notamment », poursuit Christophe Bitsch. « Nous devons nous serrer les coudes » Après un petit pic de travail observé en début de semaine dernière, le rythme est redevenu normal. Il y a quelques annulations qui sont plus ou moins remplacées par la venue d’autres professionnels. Un fonctionnement normal, malgré les rumeurs. « J’étais très agacé ces derniers jours. Certaines personnes ont colporté des rumeurs disant que nous étions fermés. Ces rumeurs et ces attitudes sont irresponsables par les temps actuels. Certains voudraient saborder cet outil de travail qu’ils ne s’y prendraient pas autrement. Nous avons donc rapidement contacté certains importateurs qu’on ne voyait plus ou moins pour dire que l’on travaillait normalement. J’ai également rédigé un communiqué sur les réseaux sociaux qui a bien été partagé. Car, le temps n’est pas à la polémique. Nous devons nous serrer les coudes dans le monde agricole. Et l’abattoir en fait partie intégrante. Pour la société française, c’est la même chose. Il faut sortir de cette crise sanitaire le plus rapidement possible. Et nous le ferons en respectant tous l'ensemble des consignes. Pour notre part, nous entendons continuer à nourrir la population », poursuit le président de l’abattoir départemental.     « L’ambiance est bonne » Parmi les salariés, Joseph, 59 ans, de Bréchaumont, est à son poste de travail. Il est présent à l’abattoir depuis dix ans. D’abord à la chaîne d’abattage. Et, depuis quelques semaines, à la découpe. « On est ici car il faut continuer de nourrir la population. Ce n’est pas marrant tous les jours mais c’est mon travail. Si tout le monde s’arrête, plus rien ne marche. Pour ma part, je pense en premier lieu à celles et ceux qui sont en première ligne dans cette crise sanitaire : le personnel hospitalier ». Sa collègue, Sandra, 44 ans de Bitschwiller-lès-Thann, est dans le même état d’esprit. Elle est présente à l’abattoir depuis cinq ans. « Je m’occupe de l’emballage et de l’étiquetage. Je prépare les colis des clients. Nous vivons une période compliquée. J’espère qu’elle ne va pas se prolonger. Pour ma part, je fais attention dans tous mes gestes, notamment concernant l’hygiène. Mais, comme mes collègues, je suis le mouvement pour le bon fonctionnement de l’entreprise. » Président de l’abattoir depuis le 3 décembre 2019, Christophe Bitsch vit un début de mandat particulier. « Il y a également ce changement de direction. Actuellement, Cyril Peton assure cette fonction avec Séverine Fady. Il faut également les remercier pour leur professionnalisme. Ils permettent, comme tout le personnel, que l’abattoir fonctionne bien. L’ambiance est bonne. Nous travaillons également de concert avec le Conseil départemental du Haut-Rhin sur la modification de l’outil pour agrandir, dans un premier temps, les locaux administratifs, et dans un deuxième temps, la capacité de l’outil en lui-même car il arrive à saturation », observe Christophe Bitsch. L’abattoir reste à l’écoute de ses 1 500 clients qui sont présents dans sa base de données. L’objectif reste d’avoir une bonne gestion de chef de famille, en travaillant dans les meilleures conditions possibles. Aujourd'hui comme hier et comme demain.

Publié le 20/03/2020

Les ventes au caveau pour du vin à emporter peuvent se poursuivre, ainsi que toute l'activité vitivinicole au service de la production. Le circuit de vente en RHD (restauration hors domicile) est arrêté. Par contre, la vente en grande distribution continue. Mais les mesures sanitaires s'imposent.

« Toute la chaîne de production doit pouvoir être assurée ». Pour Jérôme Despey, président du Comité vin de FranceAgriMer, « la production et la distribution dans le secteur des vins doivent continuer », a-t-il indiqué chez nos confrères de Vitisphère. Cela concerne les travaux viticoles : la taille, le liage, la protection du végétal et l’accès aux fournitures agricoles. Dans la région, sur les devantures des dépôts de fournitures viticoles, comme celui de VitiVina à Andlau, il est inscrit : « Commande sur rendez-vous, réservé à la clientèle professionnelle ». De même, les concessionnaires sont autorisés à rester ouverts et l’activité de conseil agricole est maintenue, notamment les Bulletins de santé des végétaux. Jérôme Despey poursuit : à noter que les caveaux de vente de vin peuvent rester ouverts seulement pour l’activité de ventes de bouteilles. Il ne peut plus y avoir de dégustation donc, ni d’activité œnotouristique. Ce mardi matin, les points de vente des grands opérateurs alsaciens, comme Arthur Metz à Marlenheim et tous les caveaux du réseau Grand chai de France, tout comme la cave du Roi Dagobert – Alliance Alsace à Traenheim, ou Wolfberger à Colmar et Eguisheim, avaient fermé. Néanmoins, les commandes par internet et sur réservation peuvent se poursuivre. En amont, l’appareil de production était toujours en activité, pour assurer, par exemple, la vente à domicile et les livraisons à la grande distribution, « tant qu’il y a des transporteurs », précise Serge Fleischer, directeur d’Arthur Metz. À plus long terme, c’est toute la chaîne d’approvisionnement en matières sèches qui risque de poser problème en attendant que la machine économique redémarre : bouchons, cartons, verrerie… Avec toutes les fermetures d’établissements de restauration, cantines collectives, c’est du côté du circuit RHD (restauration hors domicile) que l’économie a été complètement stoppée. L’arrêté du 16 mars précise : les « restaurants et débits de boissons ne peuvent plus accueillir du public jusqu’au 15 avril 2020 sauf pour leurs activités de livraison et de vente à emporter. Le « room service » des restaurants et bars d’hôtels et la restauration collective sous contrat ne peuvent également plus accueillir de public. Le conseil d’administration du Syndicat des cavistes professionnels (SCP), par la voix de sa directrice Nathalie Viet, a rappelé pour sa part que « les cavistes sont considérés comme des commerces alimentaires. » Dans l’arrêté publié le 16 mars au JORF, « les établissements relevant de la catégorie M peuvent toutefois continuer à recevoir du public… » La catégorie M comprend notamment le « commerce de détail de boissons en magasin spécialisé ». « Dans l’attente de textes officiels précisant les conditions d’application de cette mesure, nous appelons pour l’instant chaque caviste à juger en fonction de sa responsabilité citoyenne et à ouvrir son magasin selon le contexte qui est le sien », indique le communiqué du SCP. Et, en Alsace, vu la pression virale, la plupart des cavistes ont fermé. « Il n’y a pas d’âme qui vive en ville. Ça m’a conforté dans mon choix d’avoir fermé », précise Philippe Catt de La raison du raisin à Sélestat. De même, l’ensemble des établissements de restaurants et débits de boissons ne sont autorisés à maintenir leurs activités que pour la vente à emporter et par livraison. Ce qui est valable pour les cavistes possédant cette licence de vente à emporter. Dans ce contexte inédit et mouvant, poursuit le communiqué des cavistes professionnels, « la vente de vins en France reste un produit d’alimentation quotidien et un soutien moral et culturel important en ces périodes troublées ». Nathalie Viet invite « les cavistes à faire preuve de responsabilité, de tenir compte des consignes de distanciation ». Jean-Marie Fabre, le président des Vignerons Indépendants de France (VIF), a d’ores et déjà demandé « sans tarder un véritable électrochoc pour soutenir les entreprises […] du secteur, des mesures d’accompagnement et de soutien qui doivent aller plus loin que le dégrèvement d’impôts directs, une année blanche de cotisations salariales et d’intérêts bancaires, à un report des annuités d’emprunts et à un soutien aux trésoreries.    

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