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Publié le 22/10/2020

Depuis un an, les pommes Natti s’invitent dans les rayons des supermarchés. Pour la saison 2019-2020, 230 tonnes en ont été vendues. La deuxième saison s’annonce encore plus réjouissante puisque 450 t ont déjà été récoltées. Pour les producteurs, ce chiffre augure un premier bilan positif.

Au fond du parking de la Cuma Alsa Pomme, à Brumath, un drôle de podium prend forme. Au milieu, deux palettes exhibent un nouveau slogan devenu presque officiel : « Natti, la pomme d’Alsace de caractère ». De part et d’autre, des barquettes dévoilent de beaux fruits rouges, fraîchement cueillis. Patrick Vogel s’élance en premier sur cette estrade improvisée. « Quand j’ai accepté de coordonner l’aventure de la pomme Natti, en 2016, je me suis demandé ce qui me prenait. Solidifier un groupe de producteurs et travailler en cohésion, quel défi ! Aujourd’hui, je n’ai aucun regret, l’union fait la force », déclare le président de la coopérative, rempli d’émotions. Le 13 octobre 2020, au moment de souffler la première bougie de cette variété, en compagnie d’élus et de personnalités du coin, l’arboriculteur a de quoi être fier. Avec 13 autres producteurs, il a déjà rempli une mission exceptionnelle : doubler la quantité de pommes récoltées sur la totalité des 25 ha répartis entre le Bas-Rhin et le Haut-Rhin, en passant de 230 t pour la saison 2019-2020 à 450 t pour cette deuxième année.     Ça y est, #Natti est en rayon ! 13 producteurs alsaciens proposeront 450 tonnes de cette délicieuse #pomme cette année. A terme, ce seront 700 tonnes produites en #'Alsace@EAVPHR #lAgricultureElleAssure pic.twitter.com/6xxKHxkdXn — Germain Schmitt (@germain_schmitt) October 13, 2020     Ce résultat vient récompenser de nombreux efforts, d’abord financiers. Un hectare de plantation coûte 40 000 € aux producteurs, contre 30 000 € pour les autres variétés. « C’est plus cher car nous avons signé un accord d’exclusivité avec le groupement de pépiniéristes italiens qui la diffusent », explique André Muckensturm, qui consacre 1,3 ha à la Natti sur son verger de 10 ha, à Rottelsheim. Comme les autres initiateurs du projet, il doit aussi respecter un cahier des charges plus exigeant. À commencer par l’utilisation de produits de biocontrôle pour traiter cette pomme particulièrement résistante à la tavelure. « Cela correspond à la volonté des consommateurs de manger de plus en plus sainement mais ça ne se met pas en place du jour au lendemain », précise Matthieu Gangloff, aussi installé à Rottelsheim. Pour l’instant, aucun verger n’a présenté de tavelure, une petite victoire. 20 % de bénéfices en plus Les arboriculteurs engagés ont également dû protéger leur culture de filets anti-grêle, pour ne pas risquer d’endommager leur production. « Tout ça nous demande plus de travail, mais ça devrait représenter 20 % de chiffre d’affaires en plus », note Matthieu Gangloff. Cet atout encourage les producteurs à continuer. « Pour l’instant, nous n’avons pas encore de retour sur investissement, comme le verger devrait mettre quatre ans à atteindre sa pleine production. Mais maintenant que la plantation est terminée, le plus gros est fait, il n’y a plus qu’à profiter », se réjouit André Muckensturm. Cette année, ce jeune de 28 ans a récolté 15 t de Natti. D’ici deux ans, il pense atteindre les 50 t. Si la demande s’accroît, il est prêt à étendre la surface impartie. Le lancement de la Natti a aussi permis de renforcer la Cuma Alsa Pomme, puisque des arboriculteurs les ont rejoints. « C’est la couleur de la pomme, sa résistance et l’idée de réduire les traitements qui m’ont séduit », confie Charles Tuchscherer qui n’avait jamais cultivé de pommes à son compte auparavant. À sa grande surprise, il a obtenu des rendements exceptionnels pour cette deuxième année : 40 t par hectare. « Certainement parce que mon verger est situé à 500 m du Rhin, à Roppenheim, et grâce à l’irrigation, j’ai pu protéger les feuilles d’une pellicule de glace. » Ce secret, il compte surtout le confier à son fils, décidé à poursuivre sur la lancée de son père. « Sans la certitude que la Natti pouvait lui réserver un bel avenir, je ne l’aurais pas fait », avoue-t-il. Pour entretenir cet élan d’optimisme, la Cuma est en train de se doter de nouveaux équipements. La calibreuse acquise cette année a permis d’optimiser la sélection des pommes. « Nous avons réglé la machine pour qu’elle ne garde que les pommes Natti qui ont plus de 45 % de couleur. Les autres sont destinées au jus de pommes. Sans cet outil, nous avions 17 % de perte, avec 4 %, donc c’est un gain de vente évident », observe Patrick Voegel, qui regrette toutefois cette attente des distributeurs qui tend à l’uniformisation des fruits.       ?Prêt à gagner 14 kg de savoureuses pommes alsaciennes délicieusement sucrées et acidulées ?? ▶️Répondez à la... Publiée par Fruits et légumes d'Alsace sur Mercredi 14 octobre 2020     Arriver à 1 000 tonnes Au courant de cette année, la Cuma va investir dans une nouvelle chambre froide, afin de stocker une récolte grandissante puisque d'ici 2022, 1 000 t de Natti sont attendues à l’entrepôt. « La chambre froide ULO (Ultra low oxygen) pourra modifier l’air tout en gardant la pomme dans son état originel. Notre idée est de pouvoir présenter cette pomme de plus en plus longtemps dans les rayons, jusqu’en juin, d'ici 2022 », attend Rudy Hecky, arboriculteur à Steinseltz et président du Groupement d’intérêt économique (GIE) Pom’Est, qui a été créé pour gérer la plantation et la promotion de cette variété. En parallèle, les producteurs vont utiliser une partie de leur premier chiffre d’affaires de 300 000 € pour dynamiser la communication qui occupe les rayons des GMS en Alsace et quelques circuits de restauration hors domicile (RHD). « Nous avons ajouté le logo des Vergers écoresponsables sur nos barquettes, puisque c’est le cas », souligne Rudy Hecky. La Cuma propose aussi cette année de nouveaux conditionnements en sachets avec des pommes de plus petits calibres et des BIB familiaux de 5 litres pour le jus dont la production est de 15 000 litres au total. Une bonne pomme, un peu plus chère « Elle est vendue 25 % plus cher que d’autres pour tous les frais qu’elle implique, mais pour une bonne pomme, le consommateur est prêt à payer plus », argue l’arboriculteur. En tout cas, cette nouvelle venue donne beaucoup d’espoirs à ses propriétaires. « Quand on parle du Limousin, on pense à la Golden. On voudrait qu’à l’avenir, quand on parle d’Alsace, on pense tout de suite à la Natti », rêve André Muckensturm. Ses premiers consommateurs sont persuadés qu’un pareil destin attend cette « jolie », traduction de l’alsacien natti. « Elle est sucrée, acidulée, croquante et juteuse. Pour moi, c’est une pomme parfaite, maintient Delphine Wespiser, ambassadrice Fruits et légumes d’Alsace, venue souffler cette première bougie. Elle peut devenir un produit phare au même titre que le vin et la choucroute. » Natti a au moins tapée dans l’œil d’Hubert Maetz, chef du restaurant Le Rosenmeer, à Rosheim. C’est lui qui a préparé le goûter d’anniversaire, ce 13 octobre. Et pour l’occasion, il l’a parée de mille feux : confite dans un sirop sans sucre préparé avec la peau, ou accompagnée d’une crème brûlée au romarin. Des idées délicieuses qu’il va s’empresser d’ajouter à sa carte.         ? Retrouvez-nous sur France 3 Alsace dans le JT à 19h et demain midi Pour la 2ème récolte de la fameuse NATTI, la pomme... Publiée par Le Rosenmeer-Hubert Maetz sur Mardi 13 octobre 2020    

Publié le 21/10/2020

À Niedermorschwihr, Thierry Laurent et Angela Negreda entendent ciseler des vins qui séduisent autant la grande distribution française que, à terme, le marché chinois.

Il n’y a pas trente-six endroits pour trouver Thierry Laurent. En saison, il est dans ses vignes. « Il en fait le tour chaque matin », insiste Angela, sa compagne. Elles se trouvent toutes à moins de deux kilomètres du siège de l’exploitation. Il les protège en moyenne avec trois traitements dont, en cas de nécessité, un systémique positionné avant la fleur. Thierry décide en fonction des informations de pluviométrie et de températures que lui donne sa propre station météo. Il les compare avec celles de Météo France. Il fauche de deux à trois fois l’enherbement naturel laissé tous les rangs, ou un rang sur deux. Il entretient le cavaillon au coupe-bordure ou à la charrue. De quoi obtenir sans préparation particulière son certificat HVE3 cette année. Même en travaillant « plus qu’en raisonné », Thierry n’est pas tenté par le bio. « Trop de contraintes dans le cahier des charges, trop de passages, trop de tassement du sol, trop de cuivre et de soufre pulvérisés et à la fin trop de carburant consommé », assène-t-il. Aux vendanges, Thierry passe ses journées en cave. Il réalise des pressurages de cinq heures en montant jusqu’à 1,8 bar sur ses deux pressoirs pneumatiques de 25 hl. Il enzyme et sulfite ses moûts à 3 g/hl. Il débourbe de 24 à 36 heures dans toute cuve libre. Il ne levure pas et ne prépare pas de pied de cuve. Il refroidit les jus à 6-7 °C pour éviter qu’ils ne partent trop vite en fermentation, la phase la plus cruciale selon lui. Chaque parcelle a une cuve dédiée. Thierry a investi en 1991, 2001 et 2005 pour se constituer une cuverie inox sur mesure de 800 hl au total. Aucune ne dépasse les 40 hl. « Je vinifie à l’ancienne en respectant chaque étape, en suivant méticuleusement chaque vin. Mon style est sec, riche, fruité sur toute la gamme. C’est ma signature, la même chaque année », explique Thierry. Le viticulteur cumule de l’expérience depuis 1986. Cette année-là, encouragé par Jean-Marie, son père, et Eugène, son grand-père, il vinifie son premier sylvaner, à 16 ans. Aujourd’hui, il envoie régulièrement des échantillons se comparer à ceux de ses collègues. En 2019, il a enchaîné trois médailles d’or aux rieslings du monde, aux Féminalises et au concours Elle à table. « Une récompense, c’est plus vendeur. Elle ouvre de nouveaux marchés », constate le viticulteur.   Et voilà ???? En harmonie avec l’environnement ❤️ Publiée par Cave Saint Wendelin Thierry Laurent sur Jeudi 9 juillet 2020   « Une petite structure a besoin d’un prix plus élevé » Thierry est actif sur le domaine depuis 1985. Il s’y installe en Gaec avec son père en 1991 et cesse progressivement de livrer ses raisins en coopérative. Parallèlement, il participe à une dizaine de salons professionnels, certains en France, la plupart en Belgique. Thierry y noue contact avec des grossistes par lesquels il se fait référencer à l’année par plusieurs enseignes de la grande distribution. Ce circuit pèse actuellement 50 % de la vente. « Ce sont des marchés réguliers. Ils se sont arrêtés pendant le confinement. Au déconfinement, il y a eu rattrapage en volume, mais à un prix en baisse d’environ 15 %. Nous ne pourrons pas le supporter très longtemps. Notre structure, avec son petit volume, a besoin d’un prix plus élevé. Je dois rappeler mes interlocuteurs à ce sujet d’ici fin novembre », commente le viticulteur. Il cède ses raisins à crémant à un négociant à qui il rachète de l’effervescent. Le vrac compte encore pour 5 % des volumes, la restauration pour autant. Les particuliers uniquement accueillis sur rendez-vous et avec lesquels Thierry et Angela s’efforcent de tisser des liens amicaux pour s’assurer de leur fidélité au fil des générations, représentent 20 % des débouchés, l’export également. Thierry lorgnait habituellement sur le marché belge, mais l’arrivée il y a deux ans d’Angela, anglophone, forte d’une solide expérience commerciale, lui fait dorénavant viser la Chine. Le couple s’est rendu à ProWine Asia à Shanghai en novembre 2019. Il est revenu convaincu par la manière de fonctionner et par le potentiel commercial du pays. « Nous avons un relais sur place qui nous ouvre des portes. Les palettes qui y partent sont payées d’avance. La crise sanitaire a certes stoppé tout envoi. Mais cela va revenir. La Chine est un marché très rentable. Encore plus si on part dans le haut de gamme », analyse Angela. Thierry met cette stratégie en œuvre en cave. Il revendique pour la première fois en 2020 un gewurztraminer grand cru Florimont. Il prépare de nouvelles cuvées de riesling et de pinot noir. Son ambition est d’avoir gagné suffisamment de débouchés rémunérateurs d’ici quelques années quand sa fille Valentine, 20 ans, en bac pro vigne et vin à Rouffach, l’aura rejoint sur le domaine.

Publié le 20/10/2020

Joseph Lechner achève son premier mandat de président du Geopa, le Groupe des employeurs des organisations professionnelles agricoles. Une instance créée en 1963 pour défendre les intérêts des employeurs du secteur agricole au niveau européen.

Pouvez-vous nous présenter le Geopa dont vous êtes le président ? Joseph Lechner : « Le Geopa, Groupe des employeurs des organisations professionnelles agricoles, est une organisation créée en 1963, qui réunit à ce jour 19 pays européens sur les 27 que compte l’Union européenne. Notre travail est de nous mettre en relation avec les autorités communautaires pour négocier et défendre les intérêts des employeurs de salariés agricoles, spécifiquement dans les domaines de la formation, de la santé et de la sécurité au travail, de la mobilité et sur un certain nombre de sujets d’actualité, comme le détachement des travailleurs ou les saisonniers intra et extracommunautaires. »   Quelle est la composition du Geopa ? « Chaque pays est représenté par une ou plusieurs organisations, tout dépend de sa structuration politique. L’Autriche, par exemple, est représentée par sa Chambre d’agriculture, l’Italie par trois syndicats agricoles et la France par une seule organisation, la FNSEA, qui compte trois membres de droit, dont moi-même et Pierre Marin, de Meurthe-et-Moselle. »   Quels sont vos liens avec le Copa (Comité des organisations professionnelles agricoles de l’UE) et avec la Commission européenne ? « Nous sommes adossés au Copa qui nous aide à travers la mise à disposition de moyens : cela inclut des locaux au siège du Copa, le coût des traductions et de l’interprétariat lors de nos rencontres - qui nous sont refacturés - et un appui logistique lors de nos séminaires, qui ont habituellement lieu tous les deux ans et sont consacrés à des sujets tels que le coût de la main-d’œuvre ou l’attractivité de nos métiers. Nous devions en avoir un à Riga, en Lettonie, prochainement, mais il a été annulé pour raisons sanitaires. Nous avons également des relations avec la Commission européenne : c’est la Direction générale Emploi qui préside nos réunions lorsque nous sommes en comité de dialogue social avec la Fédération européenne des syndicats de salariés agricoles, l’Effat. Nous faisons du lobbying pour faire remonter les doléances patronales de notre secteur et cela passe par des relations régulières avec la Commission, via mon assistant à Bruxelles, Manuel Delgado, mais aussi par des rencontres avec les députés européens, la collaboration à certains documents tels que le forum de liaison, qui est une plateforme d’information à laquelle nous contribuons. »   Le contexte sanitaire a-t-il eu des incidences sur vos travaux ? Lesquelles ? « Le problème le plus urgent à régler était celui de la pénurie de main-d’œuvre. Tout le monde s’est retrouvé sans salariés à cause de la fermeture des frontières et du confinement qui a été mis en place de façon très dure dans certains pays comme l’Espagne. Le 15 mai, nous avons écrit un courrier au commissaire à l’agriculture, Janusz Wojciechowski, et au commissaire à l’emploi, Nicolas Schmit, pour demander le retour à la circulation des travailleurs saisonniers intracommunautaires. C’était un courrier signé conjointement par notre organisation et par l’Effat, qui s’est associée à notre demande en échange de garanties sur la protection des travailleurs. Par la suite, lorsque les gros chantiers de récolte sont arrivés et qu’une nouvelle pénurie de main-d’œuvre menaçait, nous avons adressé une nouvelle lettre, avec le Copa-Cogeca, pour demander la circulation des salariés extracommunautaires. Ces courriers ont pesé dans les décisions européennes. »   En dehors de cette actualité, sur quelles autres problématiques travaillez-vous ? « Nous travaillons sur des documents de position car l’Union européenne fait régulièrement des consultations publiques sur des projets de directives. Actuellement, un travail est en cours sur le salaire minimum équitable. Il y a une énorme disparité des coûts du travail au sein de l’UE : cela va de 19 € de l’heure au Danemark à 3,50 à 4 € de l’heure au Portugal. Ces différences entraînent des flux de salariés d’un pays vers l’autre. Nous travaillons également sur l’apprentissage, sur la contribution au développement rural : il faut réfléchir à des solutions à moyen et long terme sur ces différents sujets, sachant que lorsque nous sommes sollicités par la Commission européenne, notre réponse porte uniquement sur le volet social. Lorsque nous sommes interrogés sur le climat par exemple, nous ne pouvons pas nous prononcer sur l’aspect agricole, qui est du ressort du Copa. »   Vous parliez du coût du travail, très différent d’un pays de l’UE à l’autre, ce qui entraîne des distorsions de concurrence. La situation peut-elle évoluer ? Y aura-t-il un jour une convergence sociale européenne ? « Nous avons terminé en 2019 un rapport sur le coût du travail que nous avons remis à nos partenaires et à la Commission européenne. Ce document permet à nos différents pays de se rendre compte de la place où ils sont, de mettre en avant le dialogue social auprès des pays qui sont en retard sur ce plan-là. Mais on ne peut pas changer les règles du jour au lendemain, c’est un long travail d’arriver à une convergence. Notre rôle, au Geopa, c’est d’emmener tout le monde, y compris ceux qui sont très loin derrière, de discuter et d’avancer. C’est lent mais ce temps est nécessaire. »

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