L’assemblée générale (AG) du syndicat de la simmental française d’Alsace, initialement prévue le 26 mars, s’est finalement déroulée jeudi 8 octobre à Hoffen. L’occasion de présenter les nouveautés génétiques et de revenir sur les difficultés liées à la baisse du stock de fourrage.
Présidé par Frédéric Bernhard, le syndicat de la simmental française d’Alsace, rassemble une bonne quinzaine de membres répartis sur toute l’Alsace, avec une forte concentration dans le nord du Bas-Rhin. Dans son rapport d’activité, Frédéric Bernhard indique que 2019 a été une « année agricole qui, malheureusement, ressemble aux précédentes », année ponctuée de moment d’excès d’eau et surtout de sécheresse pénalisant grandement « la récolte de fourrage en quantité et en qualité ». Faire du lait avec du fourrage de moindre qualité n’est pas « facile et impacte donc fortement le revenu de nos exploitations », poursuit-il. De plus les « stocks de fourrage bas entraînent des ventes de génisse à la baisse, sans oublier que le prix de la viande et des veaux, force de notre race simmental, n’est pas au beau fixe ». Toutes ces constatations, conduisent le président à déclarer en guise de conclusion : « Ces maigres années pénalisent nos trésoreries et on ne voit pas le bout du tunnel. »
Après approbation du procès-verbal de l’AG de 2019 présenté par le secrétaire Claude Ettlinger, puis le rapport financier, l’élection du tiers sortant reconduit dans leurs fonctions Daniel Herzog d’Ettendorf, Michel Fichter d’Uhrwiller, Arnaud Hatt de Wickersheim et Thierry Marx de Hagenbach (Haut-Rhin).
Plusieurs éleveurs récompensés
Des trophées ont été remis à des exploitants agricoles méritants, comme le veut la tradition. Un premier trophée a été décerné à l’EARL Engel, représenté par Richard Engel et son fils Manuel, pour l’exploitation agricole ayant la meilleure carrière avec la vache Sissi pour 103 792 kg de lait. Le second trophée a été remis au Gaec Bernhard de Woerth pour la meilleure moyenne d’étable s’élevant à 8 812 kg à 7 %.
Présentés par la Chambre d'agriculture, les résultats de la campagne de contrôle laitier en Alsace ont consacré le Gaec Bernhard de Woerth à la première place des élevages à dominante simmental. Francis Michel d’Elitest a présenté les tableaux des lactations. La première place des meilleures carrières simmental Alsace en lactation revient à l’EARL Engel de Buhl (établie à Hohwiller), avec un total de lait de 103,584 kg. Le Gaec Cousandier de Roeschwoog figure à la première place pour les meilleures premières lactations et le Gaec Bernhard pour les meilleures lactations terminées indexées sur la matière utile produite en 305 jours.
Nouveau schéma de sélection et conseils d’alimentation
Hervé Vignon, directeur de simmental France (SF), a présenté le nouveau schéma de sélection de son organisme. Il a d’abord indiqué l’abandon des index Interbull et sa comparaison avec l’index converti ainsi que la réouverture du génotypage femelle dont il a rappelé les composantes avant d’expliquer ses nombreuses améliorations. Dans ce nouveau schéma de sélection, toutes les informations mâles et femelles seront prises en compte dans une indexation commune France, une indexation allemande des meilleurs mâles, 700 femelles génotypées par Simmental France dès cet automne et des aides transplantation avec prise en charge financière complète de la transplantation embryonnaire des meilleures femelles. Le directeur a également présenté les offres génétiques de 2020 avec le catalogue français 2020-2021 et bon nombre d’autres propositions des index officiels convertis de taureaux de France et de l’étranger (dont la Suisse).
Le service élevage de la Chambre d'agriculture avec Sophie Weidmann et Philippe Le Stanguennec, a évoqué l’analyse de l’anatomie protéinique et l’utilisation de la graine de soja dans l’alimentation. La graine de soja, riche en matière grasse (MG), peut être une alternative pour améliorer l’autonomie protéique sur les exploitations. La protéine est très soluble dans le rumen et par conséquent peu valorisée dans l’intestin. Cela peut convenir pour des rations foin-regain-céréales jusqu’à 3 kg par vache. La teneur en MG est proche de 20 %, ce qui limite sa proportion dans la ration pour rester en dessous de 5 % de MG dans la ration totale. Sur des rations maïs et ensilage d’herbe, le toastage de la graine est intéressant pour augmenter significativement la part de protéines alimentaires. Le chauffage de la graine pendant un temps donné selon sa taille entraîne une protection de la protéine et limite sa dégradation dans le rumen. Sur des rations à dominante maïs, la graine de soja ne permet qu’une réduction partielle du correcteur et détériore le coût de la ration. Pour s’affranchir totalement de correcteur azoté, l’utilisation de graine de soja toastée doit être accompagnée d’une augmentation de la part d’ensilage d’herbe à 60 % des fourrages. Le coût alimentaire reste alors maîtrisé. La graine de soja dans l’alimentation du troupeau pourrait enfin avoir un intérêt pour répondre à une demande de production plus locale.
Céline Zuber, directrice du GDS (groupement de défense sanitaire) a présenté l’avancée du plan d’éradication de la diarrhée virale bovine (BVD) où le nombre de bovins positifs sur boucle de dépistage continue de diminuer pour atteindre 0,03 % au dernier trimestre 2020. Au vu des bons résultats du programme, dès cet automne, les élevages à faibles risques de contamination pourront se voir proposer d’arrêter le dépistage par la pose de boucle. Dès lors le suivi sera alors assuré par le biais des analyses de lait voire des analyses de sang sur de jeunes animaux.
Hommage à Jean Bernhard
Pour finir, l’ensemble des participants a rendu un hommage appuyé à l’ancien président Jean Bernhard, père du nouveau président Frédéric Bernhard. Jean Bernhard est « tombé dans le monde de la Simmental » dès son plus jeune âge, dans la ferme de ses parents à Woerth avant de devenir lui-même éleveur puis juge. Après avoir rejoint l’Union des éleveurs de l’espèce bovine, il en devient secrétaire en 1984, début d’une carrière intense. La longue énumération de ses fonctions et engagements, témoigne d’une activité « comme élément moteur » du syndicat et pilier du festival de l’élevage. Son implication lui a valu d’être appelé à œuvrer comme juge national et international, représentant de l’Alsace au niveau de l’Unité nationale de sélection et de promotion de race (UPRA), artisan de la création du premier OES (Organisme et entreprise de sélection) française avec Jean Thurel en 2008… sans oublier les rapprochements avec les partenaires allemands et autrichiens. Des remerciements ont également été exprimés à Suzanne, l’épouse de Jean Bernhard pour son indéfectible soutien.