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Vitiforesterie à Ammerschwihr

Freestyles et en équilibre

Publié le 06/02/2021

Les Funambules à Ammerschwihr réunissent les jeunes vignerons de trois domaines viticoles. Ils ont décidé de pratiquer la vitiforesterie en plantant des arbres dans leurs parcelles et ne s’interdisent pas de commercialiser des bières et des boissons fermentées à base de raisins et de jus de pommes. Récit d’un engagement total.

Étonnante nouvelle génération de vignerons ! Ils sont nés avec internet et depuis 20 ans, n’ont jamais connu l’appellation des vins d’Alsace au mieux de sa forme, tant d’ailleurs au plan économique que politique. Comme pour les étudiants victimes des confinements, ils ont le sentiment que le « modèle de société ne (leur) fait pas de cadeaux ». Alors, cette nouvelle génération de vignerons imagine l’appellation des vins d’Alsace autrement, une autre viticulture et même un autre type de mise en marché tel que les Amap. Elle goûte les vins et communique autrement. Elle s’informe également autrement avec de nouveaux référentiels techniques : ils s’appellent Ver de terre production, La belle vigne… dont les propos sont très éloignés de l’agronomie classique. Une clientèle entre deux mondes Ils sont quatre jeunes à Ammerschwihr : Gilles et Suzy Thomas, Guillaume Schneider et Cyril Heitzmann. Tous, fils ou filles de viticulteurs, ils ont décidé de se constituer en Gaec. Depuis deux ans, ils fignolent la partie statutaire, restructurent la dizaine d’ha de vignes dont ils disposent, et se préparent au grand lancement des Funambules dont les premières quilles devraient arriver sur la piste ce printemps. Mais au fait : pourquoi les Funambules ? La réponse tombe sous le sens. Plutôt que des vins sucrés, concentrés, opulents, leur idée est de proposer des vins de grande buvabilité, équilibrés… La conséquence, c’est une révision fondamentale de leur œnologie : ils ne pratiquent pas d’œnologie additive et un minimum d’œnologie corrective. Les vins se préparent en réalité à la vigne. Comme nombre de nouveaux venus sur la place, ils délèguent une partie de leur chai à la macération, une autre à l’élevage. Car « tous nos vins contiennent 20 % de macération minimum. 100 % de macération c’est un style particulier, tous nos clients ne le comprendraient pas ». Néanmoins, les pressurages directs sont de plus en plus longs, « on reste sur un style grand public avec une recherche d’accessibilité universelle, et nous avons encore une clientèle héritée, en recherche de gewurtz sucrés. On est entre deux mondes… » Ne pas se cantonner au vin Rappelons que, comparé à du pressurage direct, les macérations font porter le taux de matières minérales d’un vin, de 1 gramme/l à 4 grammes/l. Sans doute les 4 g/l de sels minéraux améliorent la buvabilité. Un effet minéralité compris de longue date des brasseurs qui adaptent la salinité de leurs eaux de brassage à la charge organique finale de la bière. D’ailleurs, et c’est là un trait de caractère de cette nouvelle génération, les Funambules ne comptent pas se cantonner au vin. Ils élaborent de la bière en amateur mais pourraient envisager d’en commercialiser. Et déjà proposent-ils une boisson fermentée à base de raisins tirés de leurs vignes, et de jus de pommes. « À 8 € la quille, c’est parti tout de suite ! » D’où proviendront les pommes ? Nos équilibristes d’Ammerschwihr sont en train de planter à tout va des centaines d’arbres dans leurs vignes. 250 cette année, sans doute plus à l’avenir. Avec des fruitiers, bien sûr. « On tente des vins fruits pomme raisin, poire raisin. Et on compte sur les trognes pour apporter du carbone. » Pas de vignes sans arbres Le carbone est la réflexion angulaire de leur démarche axée sur la résilience. Ils ne conçoivent pas une plantation de jeune vigne sans arbres. Pour l’instant, les couverts sont semés à la volée et simplement hersés. Ils laissent pousser le couvert « le plus haut possible, et ne roulent qu’une fois l’herbe montée à graine ». Ce qui pose forcément la question du regard social : « On a eu des grosses discussions avec les parents. Maintenant, c’est passé ». Mais, expliquent-ils, « on se rend compte que certaines parcelles ne supportent pas l’herbe, comme sur le Schlossberg et le Mambourg. » L’option qui est prise est alors celle du paillage jusqu’à 40 cm d’épaisseur : « Même en plein sud et en pleine canicule, l’humidité au sol est préservée. » Certains pourraient y voir un risque de faim d’azote. Mais, conformément aux principes d’autofertilité développés par Konrad Schreiber, Marcel Bouché, François Mulet, il n’en est rien (lire encadré). « La paille ça ne coûte pas cher. Le Schlossberg est paillé depuis 2014, nous n’avons jamais eu de faim d’azote mais nous n’enfouissons jamais la paille. Et, depuis, nous avons des super cuvées. » Côté taille de la vigne, là encore, les Funambules ont révisé leur méthode. « On ne pré-taille pas, on ne rogne plus. Les nouvelles plantations sont arquées plus bas, on a donc une tête de saule plus basse, de manière à ce que le sarment soit attaché sur le premier fil. Et nous évoluons de la taille Poussard vers la taille douce qui garantit selon nous une meilleure étanchéité. Sur le principe on coupe les sarments mais en laissant un nœud de manière à profiter un peu des réserves du bois. À ce stade, tout passé en fil releveur ce qui évite un passage de tracteur. » Les premiers vins des Funambules sortiront ce printemps.

Élevage du Sud Alsace

Une marque collective à trouver

Publié le 05/02/2021

Une dizaine d’éleveurs a participé, vendredi 29 janvier, à un atelier de travail portant sur la création d’une marque valorisant les productions et pratiques de l’élevage du Sud Alsace. Cette marque, qui doit être lancée en 2022, est l’un des objectifs du contrat de territoire eau et climat mené par les communautés de communes Sundgau et Largue, avec l’agence de l’eau Rhin-Meuse.

Ce projet fédérateur est une des actions qui doit être mise en place dans le cadre d’une série d’actions en faveur de la qualité de l’eau et de la biodiversité dans le Sud Alsace. Ce sont 7 millions d’euros (M€) qui doivent être ainsi investis sur quatre années, dont 2,80 M€ financés par l’agence de l’eau Rhin-Meuse. « L’eau, l’agriculture, les circuits courts, les paysages sont essentiels. Vous allez bâtir la première pierre du cahier des charges de cette action collective en parallèle de l’étude de marché. Nous avons besoin de vous. L’herbe est essentielle pour la préservation de l’eau. Et pour conserver des espaces prairiaux, on a besoin d’éleveurs. On doit donc pouvoir trouver les moyens de faire des choses en commun », explique en préambule le directeur de l’agence de l’eau Rhin-Meuse, Marc Hoeltzel. Des propos complétés par les présidents des deux communautés de communes du secteur, Sundgau et Largue, respectivement présidées par Gilles Fremiot et Benoît Gassmann. « Il faut que vous puissiez vendre au bon prix. Nous y travaillons à travers les circuits courts qui prennent une place de plus en plus importante dans la restauration de nos établissements scolaires par exemple. Le manger local me tient cœur », précise le premier. « Vous êtes un maillon de cette dynamique globale. La viande, le lait, nos paysages sont nos valeurs communes », ajoute le second. L’objectif est de développer une logique de filières agricoles respectueuses de la ressource en eau et viables économiquement, accompagnées d’une recherche de label. Ce travail doit se concrétiser par la création d’une marque collective valorisant les productions et pratiques de l’élevage du Sud Alsace. Douze éleveurs ont répondu présents. Ils ont été répartis sur deux tables de travail distinctes. Il leur a été demandé de répondre à la question introductive qui doit permettre d’élaborer le futur cahier des charges de production : qu’attendent-ils de cette future marque ? Leurs réponses devaient prendre en compte l’aspect économique, mais également les plans technique, social et personnel. « Nous attendons avant tout une pérennité économique permettant de trouver facilement et rapidement des débouchés qui eux, seront sécurisés. En complément, il nous faudra de la visibilité, des prix rémunérateurs, des marges et donc un revenu », insiste l’un des éleveurs présents. Deux outils sont cités pour réussir : la prise en compte des coûts de production et des aides aux investissements pour l’entretien des prairies.   ?[Contrat de territoire Eau et Climat (CTEC) Action axe 1] Création d’une marque collective valorisant les productions... Publiée par Communauté de communes Sud Alsace Largue sur Vendredi 29 janvier 2021   Mieux valoriser les productions Que le lait ou la viande soient la production dominante de leurs exploitations n’y change rien. Il est vital que leur prix de vente soit valorisé avec un volume de vente suffisant. Sans cela, adhérer à une telle démarche n’a pas de sens au niveau économique. En amont, les professionnels ressentent un nécessaire besoin d’accompagnement dans la gestion de cette nouvelle charge de travail et un accompagnement sur les changements à mettre en place liés au futur cahier des charges. En aval, il faudra de la logistique afin de pouvoir maîtriser la production en sortie de ferme. Un débat a lieu entre les producteurs présents. L’un s’agace : « Me concernant, j’ai ma façon de travailler et de produire. Si elle ne correspond pas à cette marque, je vais laisser tomber car je ne compte pas changer mes pratiques et prendre le risque de perdre mes débouchés. » Un autre est plus optimiste : « Si économiquement le projet est bien ficelé et s’il nous donne de la visibilité à long terme, il n’y aura aucun problème. Nous sommes habitués à évoluer. » Dans tous les cas, les éleveurs attendent un minimum de contraintes supplémentaires et encore moins de surcharges de travail. « Il faut que cette démarche soit techniquement simple à mettre en place », insiste Christophe Bitsch, éleveur à Obermorschwiller et président de l’abattoir départemental de Cernay. Comme d’autres de ses collègues, il s’inquiète en s’adressant au personnel de l’agence de l’eau Rhin-Meuse. « On n’a encore rien posé. Et déjà on parle de contrôle. C’est oppressant. » Une marque a des avantages mais également des contraintes lui répond-on. « Notre objectif, et Marc Hoeltzel l’a expliqué au début de cette réunion, c’est qu’il y ait de l’herbe sur ce territoire. C’est dans ce cadre que ce projet est financé par l’agence. Maintenant, il faut que vous puissiez valoriser les productions qui découlent de cette herbe. » Ce que font déjà de nombreux professionnels. « On est déjà beaucoup d’éleveurs à avoir mis davantage d’herbe. Mais, effectivement, il faut que ce soit mieux valorisé derrière », complète Sébastien Stoessel éleveur à Feldbach. Reconnaître le savoir-faire des éleveurs Au niveau social, les agriculteurs attendent beaucoup. « Il est vraiment nécessaire que la complexité de notre métier soit entendue, comprise et expliquée, à nos interlocuteurs et aux consommateurs. Cette reconnaissance sociale est nécessaire car les agriculteurs sont constamment montrés du doigt dans tous les débats de la société. Nous attendons une vraie reconnaissance du métier de producteur », insiste Vincent Dietemann éleveur à Traubach-le-Bas. D’autant plus que le métier a évolué. Les agriculteurs ne sont plus déconnectés. Bien au contraire. Ils sont également employés et employeurs. « Cette labellisation doit déboucher sur des créations supplémentaires d’emplois. Nous devons également revoir les liens entre nous et les collectivités. Cette démarche doit y aider », se félicite un professionnel de Gommersdorf. Sur un plan personnel, les éleveurs présents veulent se reconnaître dans cette future marque. « Elle doit nous appartenir. Et pour cela, elle doit reconnaître notre savoir-faire et valoriser notre travail », notent les professionnels. Il leur a ensuite été demandé de choisir les critères à intégrer dans les futurs cahiers des charges de production de cette marque. Sans surprise, le lieu d’implantation de l’exploitation agricole (Sud Alsace), le respect de la charte des bonnes pratiques d’élevage, l’origine des fourrages (avec un pourcentage précis en autoproduction), la part d’herbe dans l’alimentation, le lieu de transformation (Sud Alsace), la traçabilité des produits de la ferme au produit fini, la qualité de la carcasse ou encore la couverture du sol ont été les critères principaux choisis. Le travail va désormais se poursuivre. D’autres ateliers suivront pour pérenniser la création de cette nouvelle marque.    

Cristal Union, section d’Erstein

Des raisons d’y croire

Publié le 04/02/2021

Il manque toujours 1 000 ha de betteraves pour assurer la pérennité de la sucrerie d’Erstein. Mais la campagne qui vient de s’écouler, avec un prix moyen en hausse et des bons rendements sauf dans les secteurs impactés par la jaunisse et la sécheresse, démontre que cette culture conserve un gros potentiel en Alsace, notamment dans le Haut-Rhin, grâce à ses bonnes performances en zones irriguées, et en tant que diversification dans le cadre de la future Pac.

Cela fait 35 ans qu’il entend le même refrain : Erstein ? C’est fini. « Pourtant, on est toujours là. Et il ne tient qu’à nous de faire en sorte que non, Erstein est loin d’être fini. Notre usine a un réel avenir devant elle, et notre filière betteravière de magnifiques atouts à faire valoir », explique le président de la section d’Erstein de Cristal Union, Gérard Lorber. Sur ces 35 années passées, il en a fait que deux qui n’étaient pas « extraordinaires ». « Et des belles années, j’en ai fait, comme vous tous », glisse-t-il aux producteurs présents face à lui lors de la réunion « Perspectives » de Cristal Union qui s’est déroulée le 29 janvier à Sainte-Croix-en-Plaine. Et dans 35 ans ? Combien y’aura-t-il eu de « bonnes années » ? S’agira-t-il d’ailleurs d’une question qu’on pourra encore se poser ? Gérard Lorber prévient : « Si on ne fait rien, si on ne se mobilise pas, c’est fort possible que les prochaines générations se demandent plutôt pourquoi il n’y a plus de betteraves en Alsace, pourquoi la sucrerie a fermé. » Des marges brutes à la hausse en 2020 Il ne manque pourtant pas grand-chose pour que l’avenir de l’usine d’Erstein soit consolidé : 1 000 ha de surfaces en plus. « On dépasserait les 7 000 ha, ce qui garantirait la rentabilité du site. Et 1 000 hectares, en Alsace, ce n’est rien par rapport aux 180 000 ha de surfaces céréalières que nous avons. Je suis sûr que nous pouvons y arriver. » Un discours de plus en plus audible dans la mesure où la filière betteravière est en train de retrouver une certaine dynamique économique. Pour la campagne 2020-2021, le prix payé par Erstein est compris entre 24 et 25 euros la tonne, en incluant les diverses primes. « On commence tout doucement à se rapprocher d’un prix intéressant. Et ce n’est pas fini », souligne Gérard Lorber. Pour 2021, la sucrerie annonce pour ses coopérateurs un prix indicatif de 26,50 €, primes incluses. « Ce n’est pas rien, les marchés sont encourageants », poursuit-il. Les perspectives économiques pour les agriculteurs sont en effet séduisantes. Avec les prix payés en 2020, et malgré les rendements impactés par la jaunisse ou la sécheresse, la betterave alsacienne affiche une marge brute qui n’a rien à envier au maïs ou au blé. En zones irriguées, les producteurs les plus performants ont atteint une marge brute de 1 108 euros à l’hectare, soit juste derrière le maïs irrigué le plus performant et ses 1 180 euros à l’hectare. La marge brute moyenne en irrigué sur les quatre dernières années est du même acabit avec 801 euros à l’hectare pour la betterave, 959 euros pour le maïs et 727 euros pour le blé. Dans les zones non irriguées, le bilan est presque tout aussi flatteur avec une marge brute de 863 euros à l’hectare pour les plus performants, contre 920 euros à l’hectare pour le maïs, et 860 euros pour le blé. De même, la marge brute moyenne sur les quatre dernières années est dans la moyenne des autres cultures, malgré des prix qui étaient en retrait. Le Haut-Rhin, un département au fort potentiel Dans sa quête de nouvelles surfaces, Gérard Lorber tourne son regard vers les secteurs les plus performants d’Alsace en matière de production betteravière en 2020 : Mulhouse et sa moyenne de 90 tonnes à l’hectare, et surtout Colmar qui affiche un rendement moyen record de 99 tonnes à l’hectare. « C’est simple : le Haut-Rhin est le meilleur département français cette année », glisse-t-il avec fierté. Des résultats pas si surprenants que ça quand on connaît les records régulièrement atteints en maïs dans ces zones irriguées. Mais les maïsiculteurs haut-rhinois seraient-ils prêts à convertir une partie de leurs parcelles à la production betteravière ? Le président de l’Association des producteurs de céréales et oléagineux (Apco), Thomas Obrecht, se montre ouvert à cette possibilité. « Avec la nouvelle Pac et la rotation à la parcelle qu’on nous annonce, nous serons obligés de maintenir d’autres productions aux côtés de la culture principale. Il nous faudra des cultures ayant de bons rendements et une bonne marge brute. La betterave, avec ce qui est présenté aujourd’hui, rentre dans ce cadre. » L’augmentation de la SAU betteraves dans le Haut-Rhin serait bénéfique à la filière maïs soutient Gérard Lorber. « Si on veut défendre l’irrigation, cela sera plus simple si on met plus en avant la betterave qui a, quoi qu’on fasse ou qu’on dise, une meilleure image que le maïs aux yeux du grand public. Je ne suis pas du tout anti-maïs, bien au contraire. J’en cultive moi-même. Mais force est de reconnaître qu’il y a une meilleure acceptation sociétale de la betterave. » Dernier argument, à ses yeux, en faveur d’une filière sucrière « forte » en Alsace : un intérêt croissant des acheteurs pour des produits plus locaux, estampillés HVE (Haute valeur environnementale) ou autre. « Il y a des clients qui sont prêts à payer plus cher pour ce type de plus-values. Peut-être que demain, il sera possible de valoriser des choses bien spécifiques », s’enthousiasme-t-il. Le bio pourrait en faire partie. Il est en tout cas dans les petits papiers de Cristal Union qui aimerait lancer une filière en Alsace. « On n’en fera pas en 2021 à Erstein. Il nous faut toujours 250 hectares. Par contre, nous allons continuer les essais dans nos deux départements. Nous gardons l’espoir de réussir dans cette voie. » Atténuer les « risques » pour garder le maïs en N + 1 En admettant que la SAU betteravière alsacienne atteigne les 7 000 ha tant espérés par Gérard Lorber, il reste un autre (gros) défi à relever : celui de la lutte contre la jaunisse. La filière a trois ans pour trouver une solution alternative aux néonicotinoïdes (NNI), réautorisées provisoirement depuis la loi votée fin 2020. « Je suis convaincu qu’on trouvera une solution efficace, économique et pérenne. De gros moyens sont mis dans la recherche. Et quand on met les moyens, on trouve. On a bien trouvé un vaccin contre la Covid en six mois », note Gérard Lorber. Le retour des NNI a évidemment été salué par l’ensemble de la profession, avant de susciter quelques inquiétudes concernant ses conditions d’application. Le projet d’arrêté a, en effet, repris l’ensemble des préconisations de l’Anses qui avait été sollicitée pour évaluer le risque du retour des NNI pour les pollinisateurs. Parmi elles, l’impossibilité de semer du maïs l’année suivant une betterave. Un coup dur pour l’Alsace. Présent lors de cette réunion, le président de la Confédération générale des betteraviers (CGB), Franck Sander, s’est tout même montré rassurant : « Nous sommes en lien permanent avec le cabinet du ministère pour faire évoluer ce dossier. Pour conserver le maïs en année N + 1, nous avons proposé la mise en œuvre de mesures d’atténuation des risques avec l’implantation de bandes compensatoires mellifères sur 2 % de la surface. Le comité technique du ministère semble favorable à cette option. Reste à voir si cela sera repris dans l’arrêté d’application de cette loi. » Ces mélanges mellifères seraient composés d’un bol alimentaire adapté aux abeilles. « C’est aux apiculteurs de nous dire ce dont ils ont besoin », poursuit Franck Sander. De son côté, Cristal Union s’engage à accompagner ses adhérents en leur fournissant gratuitement les semences de plantes mellifères dont ils auront besoin, jusqu’à 10 % de leur surface betteravière.

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