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Publié le 12/02/2021

Comment répondre ? Votre curiosité est piquée ? Une annonce vous intéresse ? Alors écrivez au journal qui transmettra votre message

N’oubliez pas d’indiquer : le numéro de l’annonce et vos coordonnées (mail, numéro de téléphone, adresse postale…) Par mail : info@phr.fr Par courrier avec la mention « Saint Valentin » : Paysan du Haut-Rhin, BP 40 - 13 rue Jean Mermoz, 68127 Sainte-Croix-en-Plaine Bonne chance à tous ! 1 67 - Jeune homme de 52 ans, blond aux yeux vert-gris pour 1m70. Double actif, je vis et travaille près de Haguenau. J’aime la nature et les animaux, les promenades à pied et à cheval. Je suis à la recherche d’une jeune femme, environ du même âge, qui aime comme moi les grands espaces. Pas forcément issue du monde agricole, partager mon amour du métier serait un plus. 2 68 - Jeune femme de 37 ans, je suis agricultrice et célibataire. Je souhaite rencontrer un homme, agriculteur ou du milieu agricole, âgé entre 35 et 47 ans, célibataire, non-fumeur, travailleur, sérieux. Un homme pouvant se déplacer, en vue d’une relation sérieuse et durable et de fonder un foyer. 3 67 - Homme, grand, retraité, je vis entre Strasbourg et Saverne. J’aime la nature, les randonnées à la campagne, je suis aussi bricoleur. Je cherche une femme, grande elle aussi, âgée entre 60 et 67 ans, profession indifférente. Une personne sérieuse, comme moi, pour une relation durable, faire des sorties et passer des week-ends agréables ensemble. 4 67 - Jeune homme de 40 ans, je vis près de Strasbourg et je travaille dans un centre d’aide par le travail. J’aime les trains, l’agriculture, la musique… Je cherche une jeune femme, entre 30 et 35 ans, non-fumeuse, célibataire comme moi. Je cherche depuis longtemps la perle rare pour partager des bons moments ensemble et faire des sorties (cinéma, bowling, par exemple). 5 68 - Jeune homme de 40 ans, non-fumeur, je cherche une compagne, environ du même âge, pour rompre la solitude et plus si affinités… 6 68 - Agriculteur de 50 ans, 1m72 pour 75 kg, divorcé. Je suis sérieux, travailleur et non-fumeur. Je souhaite rencontrer une femme simple, sérieuse et honnête, jusqu’à 53 ans, aimant la campagne et les animaux. Situation indifférente, si affinités… 7 67 - Jeune femme agricultrice et éleveuse cherche son compagnon de route pour la vie. J’ai 35 ans, 1m70, quelques rondeurs, les cheveux bruns et longs, des yeux bleus et une immense passion pour mon métier et mes chevaux. Agricultrice mais pas seulement, je suis une fille de la campagne qui aime la nature. Je souhaite rencontrer un homme courageux, travailleur, bricoleur, sûr de lui, en qui je pourrai avoir toute confiance pour une vie à deux sur ma ferme. Idéalement cavalier et/ou un amoureux des chevaux, et comme moi, un grand passionné d’agriculture, de nature et d’animaux. Vous êtes âgé entre 30 et 40 ans, vous avez les pieds sur terre et êtes disponible ; non-fumeur et sans enfant, habitant de préférence en Centre Alsace pour éviter de longs et ennuyants déplacements pour se voir ? Mon grand cœur solitaire a hâte de vous rencontrer. 8 67 - Je suis un agriculteur de 38 ans, sans enfant, souriant, agréable, gentil, et surtout : mon cœur est à prendre. Je suis à la recherche d’une femme, entre 25 et 40 ans, avec ou sans enfant, pour une rencontre sérieuse et plus si affinités… Je suis passionné par mon métier et le seul petit plaisir qui me manque, c’est de pouvoir partager de bons moments avec une femme pour être totalement comblé. Je suis prêt à ouvrir mon cœur. Je vous attends pour être heureux à deux. 9 67 - Homme, la cinquantaine, non-fumeur, veuf et papa d’un ado. Je suis exploitant agricole en Alsace Bossue, dynamique, travailleur, sérieux et passionné par mon métier. Je suis à la recherche de ma moitié, une personne prête à me rejoindre sur l’exploitation et à partager ma vie. 10 67 - Jeune homme de 34 ans, je suis agriculteur, spécialisé dans le maraîchage en vente directe dans le secteur de Saverne. Je suis de caractère calme, dynamique, cultivé et sérieux en amour. Je cherche une jeune femme, dans la même tranche d’âge, énergique, aimant la nature et le milieu rural, dans l’espoir de former une famille formidable !!! Vous pouvez me joindre ou m’écrire au 06 28 81 45 18, avec l’enthousiasme de trouver une belle amitié et si affinités, ma moitié. 11 68 - Homme de 34 ans, je suis mince, non-fumeur et ouvert d’esprit. Je cherche une femme (issue ou non du milieu agricole) pour partager des moments de complicité et fonder une relation durable. Mon métier d’éleveur allaitant ne m’empêche pas d’avoir du temps libre pour mes passions mais c’est plus sympa de les vivre à deux. 12 68 - Jeune homme, célibataire, sérieux et honnête, je recherche une femme de 35 à 42 ans, qui travaille dans le milieu viticole ou agricole, qui est célibataire ou divorcée ou veuve, avec ou sans enfants, qui est charmante, sincère, sérieuse et honnête, pour fonder un foyer convivial et chaleureux. 13 68 - Chère inconnue, je me présente : Michel, j’ai 42 ans, je suis éleveur en montagne, près de Colmar. J’aime les sorties, la nature et les animaux, la natation… Je recherche une jeune femme, entre 25 et 42 ans, sincère pour fonder une famille et passer des moments agréables. J’aimerais une personne calme, simple, ouverte, peu importe sa situation professionnelle. Au plaisir de vous rencontrer ! 14 68 - Jeune agriculteur céréalier et mécanicien agricole de 28 ans, brun, 1m90. Je vis dans le secteur sud de Colmar. Je recherche ma moitié pour relation sérieuse. Si vous êtes une femme entre 25 et 32 ans et que vous aimez la nature, les balades et les sorties à deux, vous pouvez écrire au journal qui transmettra. 15 67 - Jeune éleveur allaitant, 25 ans, grand, brun aux yeux verts, dynamique. Passionné par les animaux et la nature, je recherche jeune femme sympathique, entre 20 et 30 ans, issue du monde agricole pour partager la vie à la ferme et pour construire une vie de famille en Alsace Bossue. 16 68 - Je suis un homme de 44 ans, qui aime la campagne. Je suis travailleur, bricoleur et plutôt sportif. Je pense avoir de la culture et de la conversation. Je recherche aujourd’hui une femme qui souhaite, comme moi, construire une relation sincère et durable, et partager mes centres d’intérêt mais aussi les siens, bien sûr. Je souhaite une personne simple mais intelligente et gentille, non superficielle et ayant de l’humour. Si vous souhaitez mieux me connaître, écrivez-moi ! 17 68 - Homme de 37 ans, pluriactif, résidant dans la plaine rhénane, est à la recherche du bonheur. Je suis une personne simple, j’aime les enfants, j’apprécie la nature, les animaux, la convivialité… Les choses simples de la vie. Je souhaite rencontrer une jeune femme, de 35 ans environ, ayant les mêmes centres d’intérêt et peut-être construire un avenir autour de la confiance, de la fidélité. Elle ne doit pas nécessairement être issue du milieu agricole. 18 68 - Je m’appelle Patrice, j’ai 45 ans, célibataire, jamais marié et sans enfant. Je suis pluriactif. Je désire une relation sérieuse pour fonder une famille. J’ai tout sauf l’amour et la compagnie. Aidez-moi, aimons-nous ! À bientôt, peut-être… 19 67 - Homme, la quarantaine, double actif, je désire rencontrer une femme, non-fumeuse, pour une relation sérieuse. Les qualités humaines comme la gentillesse, l’altruisme, le romantisme et une touche de sensibilité sont un plus. 20 67 - Viticultrice de 43 ans, dans le Centre Alsace, je suis passionnée par mon métier, le vin et l’œnologie. Dynamique, sérieuse, physiquement agréable, j’aime faire des balades à pied et à vélo, sortir au restaurant, au cinéma. Je désire rencontrer un homme entre 38 et 48 ans environ, qui sait ce qu’il veut, aussi dynamique et entreprenant que moi, à l’écoute, qui pourrait peut-être me rejoindre sur l’exploitation et m’épauler. Mais qui sait où la vie nous mène ? 21 67 - Jeune homme de 30 ans, je suis agriculteur dans le Bas-Rhin. Bon vivant, j’aime rigoler et passer du temps avec mes amis. Si toi aussi tu aimes les gens simples, contacte-moi, qu’on puisse faire connaissance et pourquoi pas commencer une belle histoire. 22 67 - Jeune agriculteur de 25 ans, je suis associé dans un Gaec en bovin lait dans le Bas-Rhin, plus précisément en Alsace Bossue. Je cherche une jeune femme, entre 20 et 30 ans, qui a beaucoup d’amour à donner, pour construire une relation sérieuse. Peu importe sa situation professionnelle mais elle doit accepter la mienne car j’espère qu’elle pourra me rejoindre sur l’exploitation. 23 67 - Agriculteur de 48 ans, célibataire, catholique, sans enfant, bonne présentation et physique agréable, cherche sa Valentine, entre 30 et 40 ans, en vue de fonder une famille. 24 68 - Bonjour, moi c’est Frédéric, 41 ans, papa d’un garçon de 9 ans, je suis agriculteur en grandes cultures dans le Ried. Je suis à la recherche d’une femme d’environ mon âge, plus ou moins 5 ans, qui aime les enfants. Si elle est maman, c’est cool ; non-fumeuse de préférence. J’aime le vélo, le cinéma, sortir au restaurant ou entre amis. Attention, je suis une pipelette ! 25 68 - Homme, divorcé, cherche femme entre 45 et 55 ans, plutôt svelte, veuve, gentille, divorcée ou célibataire, une Mulhousienne ou habitant dans le Haut-Rhin de préférence. 26 67 - Homme de 56 ans, veuf, non fumeur, issu du milieu agricole, j’aime la nature, la randonnée, le vélo et le bricolage. Des loisirs que j’aimerais partager. Je suis une personne active et positive. Je désire faire la connaissance d’une femme, entre 50 et 58 ans, qui aime les plaisirs simples de la vie comme moi, pour dialoguer avec complicité.

Marie-Noëlle et Jean-Jacques

Éternels adolescents

Publié le 11/02/2021

En couple au village et au champ, Marie-Noëlle et Jean-Jacques Muller, éleveurs laitiers en Gaec à Hirschland, s’aiment depuis le lycée. Complémentaires et complices, ils travaillent en amoureux depuis 2016… Sauf quand les enfants se ramènent ! Et pour le bonheur de leurs parents, cela arrive souvent.

« On s’est rencontré à 17 ans, au lycée agricole d’Obernai, en 1ère bac techno sciences et techniques, spécialité productions animales », commence à raconter Jean-Jacques Muller. « C’est lui qui m’a draguée », balance Marie-Noëlle, dans un éclat de rire. Et ça a mis quelques mois à aboutir, cette drague, confient-ils. À l’époque, c’est sûr, les internats sont bien gardés. Pas de visite nocturne ! Alors, comment Jean-Jacques a séduit Marie-Noëlle Wendling, de son nom de jeune fille ? « Il prédisait l’avenir. Il se voyait aujourd’hui ! » « Moi, je cherchais une femme pour le futur. Mon objectif était de trouver une personne qui me suive, après les études, parce qu’il était prévu que je reprenne l’exploitation de l’oncle célibataire. Je savais qu’une fois à Hirschland mes chances de rencontrer une jeune fille seraient minces. Et je cherchais une compagne capable de me seconder, sans que ce soit mon associée… puisqu’il y avait encore mon oncle », explique Jean-Jacques. Marie-Noëlle ne s’en offusque pas, au contraire. « Les filles d’éleveurs, on était très recherchées dans ces classes ! Si ça n’avait pas été moi, ç’aurait été une autre. Moi, je voulais travailler dans le para-agricole, pas être agricultrice. Et c’est ce qu’il s’est passé : j’ai travaillé quinze ans au contrôle laitier de 2007 à 2015, en Alsace et en Moselle. Et je donnais des coups de main sur la ferme », enchaîne Marie-Noëlle, originaire de Dauendorf. Comme du p’tit lait La production laitière, c’est leur point commun, leur rêve professionnel. Ils passent quatre ans ensemble, dans la même classe, jusqu’à la fin du BTS Acse (analyse, conduite et stratégie de l’entreprise) ; quatre ans durant lesquels ils côtoient les mêmes amis, chaque jour aussi. « Au lycée agricole d’Obernai, on entre dans une grande famille », dit Jean-Jacques. « Quand il foutait le bordel, je me faisais engueuler parce que je n’arrivais pas à le raisonner », s’amuse Marie-Noëlle. « Elle était sage, au premier rang », enchérit son mari. Tout se sait. Les élèves sont même parfois invités aux mariages des enseignants. Aujourd’hui, les Muller voient toujours leurs amis communs. « Et on était tous solidaires, se souvient Jean-Jacques, avec délectation. Si on décidait qu’on irait en cours à 9 h 30, même si le prof était là à 9 h, que pouvait-il faire ? On savait délirer mais, quand on se mettait au boulot, on y allait. Ils vont se marrer les potes du lycée, quand ils liront ça ! » Une vision autoréalisatrice Marie-Noëlle est devenue amoureuse du projet de Jean-Jacques, de reprise de l’exploitation de l’oncle, avec la moitié des surfaces en herbe, tout en développant le sien. Après le BTS, elle s’est formée en alternance, jusqu’à devenir conseillère élevage. Elle n’a jamais exercé sur leur secteur mais « tous les soirs, elle rentrait, et m’informait de ce qui réussissait ailleurs. C’était très enrichissant », déroule Jean-Jacques. « Mon but, c’était tout de même de me rapprocher d’ici », confie Marie-Noëlle. Le couple s’est marié en 2006. Il fêtera ses quinze ans de mariage, cette année, mais aussi leurs 40 ans, et les 20 ans de la fin du lycée. Leur premier enfant, Emma, est né en 2008 ; Victor en 2011, et Mathilde en 2015. Les Muller ont construit à côté de l’exploitation. « Puisque j’habitais à côté, je donnais des coups de main le soir. Exactement ce qu’il avait prédit. » Mais les journées de Marie-Noëlle sont longues, puisqu’elles commencent à 4 h et finissent après la traite. Savoir et savoir-faire font la paire En 2012, à la faveur du développement de la production laitière, avec Unicoolait, Marie-Noëlle intègre la ferme sur laquelle est installé son époux depuis 2003. Elle y travaille à mi-temps. En 2015, l’oncle de Jean-Jacques part à la retraite. Marie-Noëlle devient l’associé de Jean-Jacques en 2016. « Ça devenait une évidence, au fil des années, de rester sur l’exploitation, d’autant plus qu’il y avait les enfants. Au final, le rêve est devenu réalité », s’exclame-t-elle. Avec son expérience, c’est elle qui s’occupe intégralement de la gestion du troupeau. « Pendant quinze ans, elle a enseigné aux éleveurs comment obtenir la meilleure bonification. En 2020, on l’a eue. On a réalisé moins de 200 cellules, moins de 50 000 germes et moins de 800 spores butyriques, sur douze mois consécutifs. On a reçu une prime de 6 € aux 1 000 l de lait », développe Jean-Jacques. Cette bonne performance est aussi due à son travail aux champs. « C’est un travail commun. Je dois rentrer des fourrages sans terre. Elle fait attention aux mamelles des bêtes », énumère l’agriculteur. « Je surveille aussi l’installation de traite. Je veille à ce qu’il n’y ait pas de fromage », ajoute Marie-Noëlle. Le couple a mis en application tout le savoir de Marie-Noëlle. La qualité au rendez-vous « On arrive aussi à notre rythme de croisière, enchaîne Jean-Jacques. Sans acheter de bêtes à l’extérieur, on a développé notre élevage. On était borné à augmenter la production. Maintenant, on peut mieux se concentrer sur la qualité. » En 2003, la ferme produisait 340 000 l de lait, avec cinquante prim’holsteins, pures. En 2015, 780 000 l de lait, avec 100 laitières. Et en 2020, 1 150 000 l avec 130 VL ! Et toujours la même surface : 131 ha, dont la moitié en herbe. Les vaches ne sortent pas. « On a intensifié au maximum », note Jean-Jacques. Sur l’exploitation, chacun a son travail mais les décisions sont communes. « C’est vite réglé, si c’est bénéfique pour la ferme. Et, quand il y a besoin, pour le boulot, on s’entraide », précise Marie-Noëlle, qui est quand même à la comptabilité ce que Jean-Jacques est à l’entretien des machines : la seule intervenante. Mais tout cela aurait moins de sens s’il n’y avait pas les enfants, estime Jean-Jacques. De futurs associés ? Les Muller sont gâtés. Mathilde, Victor et Emma sont surinvestis. À table, le samedi midi, toutes les discussions tournent autour de l’exploitation. « Ils parlent avec nous comme s’ils étaient nos associés », se réjouit Marie-Noëlle. Emma connaît les numéros et les noms de chacune des vaches, ainsi que la filiation. Elle suit la reproduction, lit les notes du vétérinaire si elle est en classe le jour où il passe. Victor, lui, a des suggestions pour l’amélioration générale de la ferme. Il donne le lait aux veaux les week-ends. « Ça fait chaud au cœur. Ils se donnent à fond », constate Jean-Jacques. « Ils sont passionnés et se responsabilisent », observe Marie-Noëlle. Ils savent que l’argent a une valeur, assure la maman. « On va construire une nouvelle nurserie, glissent les parents, plus accessibles pour eux. » Ils tiennent aussi leurs promesses en matière de loisirs ou de cadeaux. « Les enfants nous rendent service. On le leur rend bien. Je pense qu’on a réussi notre couple quand on voit comment ils évoluent dans le domaine. Ça leur donne des bases, une rigueur, la notion du travail, même s’ils ne s’installent pas », remarque Jean-Jacques. À couple réussi, famille unie !

Vies de célibataires

Draguer en temps de Covid-19

Publié le 11/02/2021

Ils sont céréaliers, éleveurs, salariés agricoles, alsaciens et célibataires, ils racontent leurs aventures depuis un an. Ces hommes âgés de 20 à 40 ans partagent leurs conseils pour bien vivre le célibat, qu’il y ait confinement, couvre-feu ou pas. S’ils ne sont pas engagés dans des relations officielles, ils ne sont pas solitaires pour autant. La plupart a requis l’anonymat pour témoigner. Chaud devant !

Être heureux seul… « Je suis célibataire par choix », commence Alexis, la vingtaine. Depuis un an qu’il n’est plus en couple officiellement, il a eu le temps de se retrouver, de lire, de philosopher. « Le secret pour être heureux, c’est de pouvoir rester seul. J’ai appris cela au premier confinement. Si nous ne sommes pas heureux seuls, qui voulons-nous attirer ? », questionne-t-il. Lui est très heureux, assure-t-il. Il a poussé son raisonnement encore plus loin : « Est-ce obligatoire d’être en couple officiellement, de se montrer ? Être célibataire ou en couple, cela change quoi ? Pour qui, pourquoi nous obligeons-nous à vivre en couple ? » Le jeune homme surprend. « Je ne me vois pas vivre en couple, à deux. Je ne veux pas de mariage, pas d’enfant… pour l’instant ! C’est un rôle qu’on joue, qu’on nous attribue dans la société, et les relations exclusives renvoient à la notion de possession. C’est plus intéressant, plus respectueux d’être avec quelqu’un juste pour le plaisir d’être avec cette personne… et pas pour être présenté à la famille, aux amis, ni pour travailler sur la ferme. L’idéal pour moi est qu’on ait chacun nos vies et qu’elles nous plaisent. Je suis indépendant. Je souhaite que mes amies le soient aussi », avance le beau célibataire, cette déclaration d’amour à la liberté et à l’égalité des sexes ajoutant encore à son charme. Plus prosaïquement, Antony, qui a le même âge, lâche : « Moi, je suis bien sur ma ferme. Je ne fais pas grand-chose pour chercher une compagne. J’attends que les salles, bars, restaurants rouvrent. Je préfère draguer en vrai. C’est mieux. On voit la façon dont la personne est : son langage physique, corporel, ce qu’elle émane. » Antony est un danseur. Son truc, ce sont les fêtes populaires, les bals, les soirées dansantes, avec orchestres, notamment à Dabo, en Moselle. L’été, y viennent jusqu’à 300 personnes ! « Je ne suis pas pressé, cadre Antony. Je passe de bons moments, seul, avec ma famille. Je travaille. Je suis content de ma vie. » Il n’a donc testé aucun site ni aucune application de rencontre en ligne, jusqu’à présent. … ou même à deux… Sébastien, quadra dynamique, est aussi célibataire, depuis un an. Il a choisi Facebook et ses groupes privés qui affichent la couleur (Les célibataires d’Alsace 67, Rencontres entre célibataires 30/55 ans du Grand Est, par exemple), espérant trouver l’âme sœur. Il enchaîne les rencontres mais fait souvent chou blanc. « 99 % des inscrits ne savent pas écrire et/ou ont des problèmes psychologiques. Je discute avec moins d’1 % des femmes sur la vingtaine de groupes que je fréquente virtuellement. J’opère un gros tri mais je n’y passe pas ma vie ! Je cherche une relation sérieuse. Les femmes que je rencontre aussi. Nous avons 40 ans. Si nous n’avons pas assez de choses en commun ou si elle ne veut pas déménager, parce que je suis attaché à la ferme, on arrête de se voir. On n’a pas de temps à perdre. Les groupes Facebook, ce n’est pas Badoo ! [Un site de rencontre en ligne, connu pour mettre en contact des personnes cherchant à avoir des relations sexuelles, N.D.L.R.] Même pour le plaisir, on ne se revoit pas », confie Sébastien. Lui souffre de la solitude. Il est conscient que les femmes qu’il rencontre n’ont pas forcément envie d’être en couple avec un homme qui travaille autant : « Des histoires s’arrêtent à cause de ça. Il faut qu’elle supporte ma vie. Je passe plutôt 70 h sur l’exploitation que 35. Mais je vais abandonner certaines cultures pour me libérer du temps », consent-il. Sébastien est déjà tombé sur « une renarde » : « Une exploitante qui cherchait un ouvrier agricole, en fait ! Moi, je suis trop pinailleur et difficile pour travailler avec quelqu’un d’autre que mon père ! Je veux juste être avec une femme avec qui je suis bien. » Sébastien requiert surtout l’anonymat car, à l’instar des autres célibataires interviewés, il brave le couvre-feu. Attestation en poche ou pas, ils n’ont pas d’autres choix, pour retrouver leurs belles, que de sortir le soir ! Mais il y a une autre raison pour laquelle Sébastien souhaite préserver son intimité : « Je ne veux pas que les agences matrimoniales me sautent dessus ! » Il ne conseille pas aux agris célibataires d’aller sur les groupes Facebook… « Sinon j’aurais des concurrents ! » Il plaisante et ajoute : « Bien plus jeune, je sortais seul pour vaincre ma timidité. Ça m’a soigné. J’ai pris confiance en moi ». Avis aux agris réservés ! … ou plus ? Arnaud Jamm, 20 ans, est le seul à témoigner à visage découvert. Ouvrier agricole polyvalent chez Ernest Hoeffel, à Walbourg, le beau gosse de Ringendorf est célibataire depuis neuf mois. Lui aussi compte sur les réseaux sociaux pour draguer : les siens ! C’est dans le réel qu’il a lié ses amitiés et a multiplié les contacts heureux. Il a donc un vivier, un carnet d’adresses, qu’il peut à tout moment dégainer, parce qu’« en ce moment, les seules rencontres que je fais, ce sont les veaux qui sortent de leur mère ». Handballeur au SRIB (Sport réuni Ingwiller Bouxwiller), qui évolue en première division départementale, il jouera le quart de finale de la Coupe de France, début avril, à Lyon. Il est aussi apiculteur amateur, avec son père. À eux deux, ils gèrent 140 ruches. Arnaud rêve de s’installer dans trois ou quatre années. En attendant, il cumule les heures sup’ chez Ernest. Le célibataire est bien occupé 60 heures par semaine, travail et « loisirs » confondus. « Je vis au jour le jour. Je ne cherche pas vraiment de petite amie, pour le moment. J’ai déjà à peine le temps de voir les camarades. En plus, ce n’est pas la meilleure période, maintenant. Et à mon âge, il faut s’amuser, profiter ! », pose-t-il. Arnaud cherche d’autant moins qu’il a déjà plus ou moins trouvé… « J’ai beaucoup d’amis, de connaissances, depuis le collège. C’est par leur biais que je rencontre des jeunes femmes. Ça se fait au feeling. Je ne multiplie pas les aventures. Quand on est accompagné des bonnes personnes, pourquoi s’embêter à en chercher de nouvelles ? », se livre-t-il. Un beau compliment pour ses amies. « Les coups d’un soir, c’est rare depuis le Covid-19. Je retrouve la même amie depuis quatre mois. Mais je ne suis pas amoureux ! Il y a une autre fille que j’apprécie énormément. On s’écrit tous les jours mais on fait un pas en avant, deux en arrière », confie Arnaud. Incompatibilité d’agenda oblige, les écrivains ne se sont pas vus depuis longtemps. Alexis aussi s’épanouit avec deux femmes, aujourd’hui. Sans obligation, sans contrainte, sans finalité, sans engagement autre que celui d’être honnête, transparent. En cela, il se différencie d’Arnaud, qui espère une relation amoureuse exclusive. « Je suis passé par les sites de rencontre Tinder et OKCupid. Je n’avais jamais fait ça avant, raconte Alexis. Je reste plus friand des rencontres dans les bars, les soirées, les discothèques, chez des amis mais c’est compliqué, actuellement. Je me suis inscrit à la fin de l’été. Ma dernière relation s’était mal finie, en mars dernier. J’avais pris sur moi au premier confinement, passé l’été avec les potes. Puis, j’ai sauté le pas. Ça marche bien, les sites et les app’. Je pourrais « matcher » chaque semaine, voire plus. Mais je ne suis pas un serial lover. Je viens d’ailleurs de supprimer mes comptes. J’ai rencontré deux femmes avec qui je m’entends bien et ça me suffit. Dans 90 % des cas, d’ailleurs, ça ne « matche » pas tant que ça, au final. Il faut trouver des personnes avec qui on s’entend. Ce n’est pas évident. Et les coups d’un soir, j’estime que c’est trop de temps investi pour rien. Je ne cherche pas qu’à coucher. » Ce romantique avait déjà testé l’union libre avec une ex-compagne, à la fin de leur relation. Il en tire cet enseignement : « On n’est jamais attiré par une seule personne, tout au long de sa vie. » Alexis ne s’interdit rien. Et ses partenaires, comment le vivent-elles ? « Si une femme s’attache et moi non, et qu’elle en souffre, nous nous séparons. Celles avec qui je partage de bons moments, aujourd’hui, sont sur la même longueur d’onde que moi. L’une est mariée et a des enfants. L’autre est asexuelle [c’est-à-dire qu’elle n’est attirée sexuellement par personne, N.D.L.R.]. Ce n’est pas la débauche. On a d’autres occupations dans nos vies encore. Pour moi, ces relations multiples, c’est une manière de se simplifier la vie », explique Alexis. Il regrette d’avoir perdu autant de temps à se prendre la tête (le cœur) avant. « On s’offre des cadeaux si on veut, quand on veut. Il n’y a aucun impératif. Si j’oublie l’anniversaire de l’une d’elle, aucun problème. On ne s’impose rien », insiste Alexis. Le couple idéal, selon lui ? Sartre et de Beauvoir. Est-ce qu’il dit à ses amies qu’il est agriculteur ? « Faut pas le dire si tu veux draguer ! Entre les idées reçues et les sujets qui fâchent, t’es pas aidé. Et ce n’est pas plus mal de ne pas le dire : au moins, on montre qu’on sait parler d’autres choses que de tracteurs », sourit Alexis. Dès les premières fêtes, il ira draguer seul, en face-à-face. Construire pour l’avenir Olivier, 25 ans, se consacre à la construction d’une nouvelle salle de traite. « Les sites de rencontre, ça prend du temps. Dans deux mois, on aura fini les travaux. On soufflera », prédit-il. En Gaec avec son oncle, célibataire endurci et content de sa situation, Olivier avoue qu’il ne cherche pas vraiment, aussi parce qu’il ne sort plus. « Avant, on était de toutes les fêtes. » Il avait des aventures même s’il cherche « une relation sérieuse ». L’éleveur souhaiterait fonder une famille mais pas dans l’immédiat. « Faut d’abord profiter de la vie à deux », pense-t-il. Il soulève les freins dus à la pandémie et à sa profession. « On voit beaucoup moins de monde quand même, depuis mars dernier. On fait moins de rencontres. Et quand j’en fais une, la jeune femme ne veut pas forcément bouger. Qu’elle doive venir sur la ferme et supporter les contraintes du métier, ça n’aide pas », sait-il. La Saint Valentin, il la fêtera donc avec ses maçons et ses bêtes. Pour les autres célibataires, ce sera, a priori, « pizza avec les parents », « retrouvailles avec la sœur et la nièce », puisque ce sera dimanche. Mais s’ils sortent, ils le répètent tous, ce sera couvert !

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