Rencontre avec les représentants de l’AGPM
« Le maïs, on y tient »
Rencontre avec les représentants de l’AGPM
Publié le 05/05/2021
Daniel Peyraube, président de l’AGPM (Association générale des producteurs de maïs) et Franck Laborde, secrétaire général, ont rencontré les représentants de la filière alsacienne, en marge de la manifestation du 30 avril.
« L’Alsace a déjà été très pénalisée lors de la dernière réforme de la Pac », a expliqué Marc Moser, membre du bureau de l’AGPM et président du Comptoir agricole, à Daniel Peyraube et Franck Laborde, respectivement président et secrétaire général de l’association, lors d’une rencontre précédant la manifestation agricole du 30 avril à Strasbourg. Qu’il s’agisse du maïs destiné à l’industrie, à l’alimentation humaine ou du maïs semence, en Alsace, cette culture est le fait d’exploitations de petite taille ou de taille moyenne. « Sans le maïs, on aurait 30 % d’exploitations en moins dans la région », souligne Marc Moser. C’est dire si la réforme de la Pac en cours de négociation représente un enjeu majeur, tant pour l’équilibre des exploitations, qui auraient beaucoup à perdre d’une rotation forcée à la parcelle, que pour celui de la filière dans son ensemble. L’élevage, très présent dans le Grand Est, subirait également cette réforme, puisque le maïs est utilisé comme fourrage pour nourrir les animaux, rappelle Marc Moser. Jean-Michel Habig, président de la CAC, Richard Baltzinger, trésorier, et Fabien Metz, membre du conseil d’administration de l’AGPM, enfoncent le clou : « Le maïs est une source de valeur ajoutée, c’est une richesse pour l’Alsace. On y tient ! », affirme Jean-Michel Habig avec force, rappelant que la filière maïs alsacienne représente de nombreux emplois et qu’elle serait durement impactée par les mesures de rotation envisagées. Celles-ci représentent une menace pour la souveraineté alimentaire de la France, assure-t-il. Dans le Bas-Rhin, près de 20 000 ha de maïs pourraient disparaître, s’inquiète Fabien Metz, ce qui aurait « des conséquences énormes sur les exploitations ». Le bas-rhinois insiste sur la nécessité de trouver, au niveau national, « une solution pour maintenir la succession des cultures de maïs ». Mais il est bien conscient que « tant qu’on n’avance pas au niveau européen, il est difficile de se positionner au niveau français. » « Droit dans le mur » Fraîchement élu vice-président de la Fop (Fédération des producteurs d’oléagineux et protéagineux), Benjamin Lammert vole aussi au secours du maïs. L’impact de la BCAE 8 (qui conditionne les aides à la mise en œuvre de la rotation annuelle à la parcelle) serait « de 12 000 € pour une ferme de 100 ha, soit 1 000 €/mois à cause de cette réforme en dépit du bon sens ». Il se dit contre l’obligation de rotation à la parcelle car c’est « un non-sens économique ». Insérer de nouvelles cultures dans les rotations n’a d’intérêt que si ces cultures offrent des débouchés et des débouchés rémunérateurs, « sinon on va droit dans le mur », estime Benjamin Lammert. De plus, dans un contexte où le foncier est rare, comme en Alsace, faire des cultures moins productives revient à gaspiller des terres, dit-il. Sur la réforme de la Pac, l’AGPM a réalisé « un travail de fond solide » qui commence à porter ses fruits, indique Daniel Peyraube. Pour le président de l’AGPM, la priorité est à la négociation à l’échelon européen. Dans le cadre de la BCAE 8, l’AGPM cherche à « faire revenir le mulch », qui avait été écarté lors de la dernière réforme de la Pac. Il s’agirait de prendre en compte cette technique, qui consiste en un broyage fin des cannes de maïs et un enfouissement superficiel avant un labour d’hiver. Le semis sous couvert est une autre hypothèse de travail. En France, où se décide le Plan stratégique national, l’heure est à la définition des éco-schémas et du niveau d’exigence environnementale nécessaire pour y accéder. Pour l’heure, trois voies d’accès sont envisagées, rappelle Franck Laborde : la diversité des assolements, la biodiversité avec un certain pourcentage de SIE (surfaces d’intérêt écologique) non productives et la certification. « Les deux premières voies vont emmener la plus grande partie des exploitations au niveau national », prévoit Franck Laborde. Sur la troisième voie, les associations spécialisées travaillent à « une certification complémentaire dont la base pourrait être le HVE 2 (haute valeur environnementale) amélioré et la certification maïs. » ? EN COULISSE aussi les revendications se font entendre ! Au Le Crédit_Agricole, le président et le secrétaire général... Publiée par EAV PHR sur Vendredi 30 avril 2021












