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Association Savoir vert des agriculteurs d’Alsace

Parler du métier avec pédagogie

Publié le 26/04/2021

Les premières fermes pédagogiques du Savoir Vert des agriculteurs d’Alsace ont connu un vrai succès. De nouveaux rendez-vous sont programmés sur l’ensemble de la région à partir du 24 juin, avec un réseau de seize exploitations.

L’objectif recherché pour l’association, présidée par Ange Loing, est de faire connaître le monde agricole aux enfants en proposant aux enseignants un support pédagogique et une collaboration étroite de façon à éveiller la curiosité et le sens de l’observation des élèves. Ces fermes pédagogiques ont également pour mission de faire connaître les phénomènes de la vie agricole, de faire découvrir le métier d’agriculteur et la vie des campagnes, de sensibiliser les enfants au respect de l’environnement, ou encore de mieux leur faire apprécier l’origine des produits alimentaires. « Au sein du Savoir Vert, nous avons la chance de posséder une vitrine de toutes les exploitations agricoles. Nous sommes tous fiers de notre métier et des valeurs que nous représentons en Alsace notamment », explique Ange Loing. Le principe est de proposer aux enseignants volontaires une visite à la ferme d’une demi-journée ou d’une journée dans le cadre d’un projet pédagogique. C’est ce qui s’est encore récemment passé à la ferme Malaitis à Jebsheim et à l’EARL Hussherr-Bras à Roggenhouse. Le 23 mars, ce sont 26 élèves de CP-CE1 de l’école de Biesheim qui ont été accueillis par Charlotte Feuerbach sur son élevage laitier. Le thème de cette visite concernait le veau. « Avant la venue des enfants, j’ai échangé avec l’équipe pédagogique en expliquant mon travail et ce qu’il était possible de voir à la ferme Malaitis. Les élèves ont alors effectué un travail préalable sur ce thème. Ils ont pu imaginer ce qu’étaient une vache et son veau. Ils sont ensuite venus sur place. La visite a duré deux heures. Ils ont pu poser leurs questions. Je leur ai expliqué mon travail, les différentes races de vache, le métier d’agriculteur, l’alimentation de la vache et de son veau, la production, la morphologie de l’animal, la différence entre une vache, un veau et une génisse. Ils ont pu voir le robot de traite. Ils ont découvert que cela ne sentait pas forcément bon. Ils étaient très curieux et captés par la présentation », se félicite Charlotte Feuerbach. Quelques jours après, elle a reçu un courrier avec un dessin de chaque enfant représentant une sorte de reportage en rapport avec cette visite. « L’objectif est atteint. Les messages sont passés. Nous avons pu présenter le métier et notre travail. Cette réalité agricole, nous devons la communiquer. Et c’est la raison d’être de cette association. Sensibiliser les plus jeunes permet également de sensibiliser leurs parents », ajoute Charlotte Feuerbach qui est également la vice-présidente de l’association.   ? Aujourd'hui, les élèves de l'école de Biesheim ont pu découvrir l'élevage laitier à la Ferme Malaitis ! ? Charlotte... Publiée par Le Savoir Vert des Agriculteurs d'Alsace sur Mardi 23 mars 2021   « Avoir la plus grande diversité possible » Cette première session a connu de bons débuts avec la participation de huit exploitations du Haut-Rhin. Il va maintenant prendre un espace encore plus important avec un réseau de 16 exploitations dans toute l’Alsace qui doit définitivement être opérationnel en janvier 2022. Mais c’est dès le 24 juin prochain, toujours à la ferme Malaitis à Jebsheim que les professionnels concernés doivent se retrouver pour faire le point sur les actions en cours, les activités de l’association, rappeler la démarche aux nouvelles recrues et débuter une formation sur neuf journées. « Nous étions précisément neuf au départ. Un seul a arrêté pour des raisons personnelles. Les huit autres sont enthousiastes. Ils représentent toutes les filières agricoles et tous les secteurs du département du Haut-Rhin. Nous nous étendons désormais dans toute l’Alsace. Nous allons maintenant débuter cette formation commune pour les professionnels de cette seconde session. Le but de l’association est d’avoir la plus grande diversité possible », ajoute Charlotte Feuerbach. L’association du Savoir Vert des agriculteurs d’Alsace est dans la même spirale positive que celle qui l’a précédé dans les Hauts-de-France et qui est appelée à concerner l’ensemble du territoire national. Outre ses actions de « terrain » avec les écoles et les enfants, elle communique également largement sur son site internet et sur un réseau social bien connu.   À revoir :

Publié le 25/04/2021

Depuis janvier 2019 et l’interdiction d’usage des produits phytosanitaires aux particuliers, les jardiniers amateurs doivent recourir à des solutions alternatives pour entretenir ou protéger leurs potagers. Pour répondre à ce besoin, le groupement Fleurs et plantes d’Alsace propose, pour la deuxième année consécutive, une gamme de seize plantes utiles aux vertus multiples, de la fertilisation du sol à la protection contre les ravageurs. Un savoir ancien à remettre au goût du jour avec les conseils adaptés à chaque situation.

Attirer les insectes ou les repousser, nourrir le sol ou les animaux, ou simplement êtres jolies… Avec leurs seize plantes utiles, les 18 horticulteurs de l’association Fleurs et plantes d’Alsace entendent apporter des solutions de plantations « durables » à des jardiniers amateurs orphelins des produits phytopharmaceutiques (lire encadré). Lancées il y a un an, au début de la crise sanitaire, ces seize plantes utiles n’ont rien de révolutionnaire en soi, comme l’explique Mathieu Grunenwald, horticulteur, à Reiningue : « Avec ces plantes, on permet à nos clients de travailler plus naturellement, comme le faisaient nos ancêtres, avec une connaissance plus fine de la faune et de la flore, et des interactions entre elles. » Des aimants à abeille, des pièges à pucerons Ce savoir est remis au goût du jour dans un petit guide gratuit, à télécharger sur internet, qui recense chacune de ces plantes utiles, leurs caractéristiques et leurs bienfaits. On retrouve ainsi les plantes à purin (rhubarbe, consoude, ortie, tanaisie commune) qui ont la capacité d’attirer des auxiliaires, de parasiter les pucerons, d’éloigner fourmis et insectes rampants ou nourrir le sol. Il y a ensuite les plantes dites « répulsives » comme la mélisse, la rue odorante, le pyrèthre de Dalmatie, le coléus canina, le ricin, le géranium citronnelle ou le souci qui ont la capacité de repousser tous types de nuisibles, des mouches et moustiques aux chats et aux chiens en passant par les papillons, altises, taupes et petits rongeurs. Il y a les plantes « amies » des animaux qui peuvent servir d’aliments comme le chlorophytum pour les lapins, et l’herbe à chat pour les… chats, et celles qui les attirent pour la bonne cause comme le nepeta mussinii et la bourrache qui agissent comme des aimants à abeilles. Il y a enfin la capucine, véritable piège naturel à pucerons, qui permet de préserver les plants du potager alentour. Cette gamme de plantes utiles pourrait s’étoffer dans les années à venir ; des espèces plus résistantes à la sécheresse sont notamment envisagées. Faire preuve de pédagogie Pour Fleurs et plantes d’Alsace, cette nouvelle gamme de produits permet de diversifier l’offre tout en mettant à l’honneur les valeurs de l’association : les circuits courts, des plantes locales et de qualité, et le conseil expert délivré par les horticulteurs. « Ce lien direct avec le client est ce qui nous caractérise le plus, c’est un réel atout sur lequel nous devons nous appuyer », considère Marie Baelen, conseillère horticole Est Horticole. Même si l’étiquetage de ces plantes ou le guide offrent déjà de précieuses informations, elles ne font pas tout aux yeux de Laurence Lisch, horticultrice à Colmar. « Tout le monde ne connaît pas l’utilité de toutes ces plantes. Il faut expliquer aux gens à quoi ça sert, avec quoi les mettre et où les mettre pour que cela fonctionne bien. C’est aussi l’occasion de les sensibiliser à ce qu’ils mettent dans leurs jardins, leur expliquer qu’il faut essayer de diversifier au maximum, qu’il n’y a pas que des salades ou des tomates que l’on peut mettre. » Le président de Fleurs et plantes d’Alsace, Christian Romain, complète : « Ces plantes sont utilisées depuis très longtemps. Mais même si c’est naturel, cela ne veut pas non plus dire qu’on peut faire n’importe quoi avec. Nous sommes en contact quotidien avec elles, nous restons donc les mieux placés pour les conseiller aux consommateurs. »

Ferme du Renzburn à Storckensohn

« Ils ont tout détruit ! »

Publié le 24/04/2021

À quelques semaines de la première coupe d’herbe, Robert et Jérémy Luttringer ont eu la désagréable surprise de découvrir la semaine passée leurs parcelles dévastées. Jusque-là, ils étaient relativement épargnés par les dégâts de sangliers que l’on constate un peu partout dans la région, mais les restrictions de chasse liées à la crise sanitaire, ont changé la donne.

Mercredi 15 avril. Sur les réseaux sociaux, Jérémy Luttringer ne cache pas sa colère et son désespoir. « Broyé deux fois et on est reparti pour une troisième fois. Là, ça suffit ! Quand on pense que dans un mois et demi, on fait la première coupe, tu sais que c’est mort cette année ! Tu mets du fumier, tu mets de la chaux et voilà le résultat ! Juste dégoûté ! », écrit le jeune homme dans son post accompagné de quelques photos explicites. Âgé de 26 ans, il n’est pas encore installé sur l’exploitation familiale que gère son père, à Storckensohn. Ce dernier exploite en montagne une quarantaine de bovins allaitants, une quinzaine de mères, un troupeau de chèvres et un en phase de mise en place d’ovins. Il est installé de l’autre côté du versant, en fond de cette vallée de Thann Saint-Amarin. Père et fils viennent également de reprendre la ferme d’un agriculteur parti à la retraite depuis quelques mois juste au-dessus du village. « Nous vivons de la vente directe. Nous faisons des caissettes de veau et de bœuf. Mon père s’occupe de l’administratif et de l’élevage. De mon côté, j’effectue tous les travaux de la ferme. Nous avons également différentes parcelles. En tout environ 57 hectares. Nous faisons parfois une heure de route pour aller faucher jusqu’à Burnhaupt et même Ammertzwiller », explique Jérémy Luttringer. Ils le reconnaissent. Jusqu’à présent, ils étaient relativement épargnés par les dégâts de sangliers et autres gibiers. Robert Luttringer est lui-même chasseur et l’entente est bonne avec ses collègues. Mais les choses évoluent différemment depuis quelque temps. « On a un nouveau schéma cynégétique et il n’est pas adaptable à la montagne. En outre, les chasses sont devenues chères. Peu à peu, les locaux laissent la place à des étrangers. Or, depuis un an, avec la crise sanitaire, ils ne peuvent plus venir chasser régulièrement. Cette semaine par exemple, ils ont été bloqués à la frontière. Du coup, les sangliers sont tranquilles », analyse Robert Luttringer. Tellement tranquilles qu’ils passent et repassent devant les deux sites de l’exploitation familiale. « Depuis trois semaines, ils sont partout, toutes les nuits. Ils retournent les pâturages et les prés de fauche. Un vrai carnage. Ici à Storckensohn, un hectare entier a été détruit. Plus haut, c’est la même chose. Toutes les parcelles sont retournées. Ils ont tout détruit ! », s’agace Jérémy Luttringer. Une rentabilité mise en péril Que faire ? Dans un premier temps, père et fils vont déclarer les dégâts et une nouvelle fois remettre en état. Mais il y a désormais urgence. « Dans un mois et demi, la première fauche est prévue. Nous doutons qu’elle va donner quelque chose d’intéressant. Nous allons être contraints d’acheter du fourrage. Par chance, ici, la sécheresse est bien moindre que plus en bas dans la vallée. Nous avons les restes des pluies des Vosges. Généralement, on a de l’herbe tout l’été. Nous pouvons faire nos trois coupes sur l’année. Cette année, c’est très mal parti. Je n’ai jamais vu cela », souligne Robert Luttringer qui s’est installé en 2000. Il a toujours été bien soutenu par la commune et il a ouvert le paysage. Ce qui lui permet d’exploiter tout en travaillant à côté dans une entreprise située à Saint-Amarin. Son fils est dans le même cas. « Pour vivre de l’agriculture de montagne, nous devons mieux valoriser nos productions et vendre en direct avec le moins d’intermédiaires possibles. Nous ne voulons pas trop nous agrandir. Cela se passe plutôt bien. Mais si maintenant nos parcelles sont saccagées régulièrement, cela va rendre notre exploitation moins viable », s’inquiète Jérémy Luttringer. Ces dernières années, les Luttringer sont pourtant aux petits soins pour leurs parcelles et leurs animaux. Ils ont besoin d'une soixantaine de rouleaux de fourrage pour la première coupe. C’est précisément ce qu’ils produisent. « Nous broyons avec le tracteur, nous utilisons du fumier, de la chaux et nous achetons des semences. Les coûts sont également là. Nous réfléchissons désormais pour faire un semis complémentaire. S’il pleut, on pourra implanter une culture supplémentaire », précise Robert Luttringer. La première coupe a lieu généralement dans la seconde partie du mois de mai, parfois en juin. La seconde coupe plus tard dans l’été. La troisième se fait avec l’aide des vaches. Père et fils sont désormais suspendus à la faune sauvage qui les entoure. Leurs nuits vont être de plus en plus courtes. « Nous pouvons chasser. Mais pas seuls. Nous devons pouvoir le faire avec tous les autres chasseurs », concluent Robert et Jérémy Luttringer.

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