Publié le 16/04/2021
La nouvelle est tombée, il y a quelques jours. Le festival de l’élevage, manifestation emblématique de l’agriculture bas-rhinoise, n’aura pas lieu à la mi-mai. La faute au confinement. Pour les organisateurs, c’est un coup dur. D’autant que le site du plan d’eau de Brumath avait été entièrement réaménagé pour l’occasion.
Le Festival de l’élevage devait se dérouler les 15 et 16 mai, au plan d’eau de Brumath. Les préparatifs étaient bien engagés, mais les organisateurs ont préféré tout arrêter, en raison des nouvelles restrictions sanitaires, annonce Marc Schneider, président du comité d’organisation du festival. « Nous avions déjà été contraints de l’annuler en 2020, lors du premier confinement. Alors, nous tenions absolument à le maintenir cette année. Fin janvier, nous avions bon espoir. Mais avec les nouvelles règles de confinement, ce n’est pas possible. » Les risques sont trop grands, selon les organisateurs. C’est donc la mort dans l’âme que Marc Schneider et son équipe ont pris cette décision. « Nous avons évoqué la possibilité de le reporter à l’été, mais c’est trop compliqué. » Avec les moissons, c’est une période chargée pour les agriculteurs. Et dès le retour des beaux jours, le plan d’eau est envahi par les baigneurs. « Le festival de Brumath est la plus grande manifestation d’élevage du département », rappelle Marc Schneider. C’est aussi l’occasion de mettre en avant l’agriculture alsacienne, de faire le point sur ses difficultés, ses projets. Ouvert au grand public, il rassemble entre 3 000 et 5 000 personnes, selon les éditions. « C’était un réel plaisir de voir autant de monde. » C’est aussi le rendez-vous incontournable de tous les éleveurs. « Nombre d’entre eux ne se voient qu’à cette occasion. Cela me chagrine qu’ils ne puissent plus se rencontrer et échanger sur leur métier », avoue Marc Schneider. Pour les jeunes éleveurs aussi, c’est un moment de fête. « Nous avions une équipe dynamique de jeunes de 14 à 25 ans qui ne peuvent plus se voir non plus… Je crains qu’ils ne perdent leur motivation. » « J’espère que tout le monde restera mobilisé » Marc Schneider espère qu’il arrivera à mobiliser ses troupes l’an prochain. « Certains bénévoles risquent de jeter l’éponge. Mais leur expérience nous est précieuse : le jour J, chacun sait ce qu’il a à faire. J’ai peur que ce savoir-faire se perde. » Deux ans d’arrêt ne doivent pas casser cette belle dynamique, estime-t-il. « À nous de faire le nécessaire, le moment venu, pour relancer la machine. Si nos anciens bénévoles décident de décrocher, il faudra recruter des jeunes, pas seulement pour les concours, mais aussi pour tout le reste, le montage des chapiteaux, la restauration, le nettoyage du site, etc. » Et n’oublions pas les concessionnaires : « J’espère qu’ils seront présents comme les autres années pour faire vivre le festival. Nous, on reste motivé, et au cas où certains se sentent une âme de bénévole, on est preneur… » Frédéric Bernhard, président du syndicat de la race simmental d’Alsace, regrette lui aussi l’annulation du festival. « En début d’année, nous étions confiants, la situation sanitaire s’améliorait dans notre région. Tout le monde était prêt à y aller, mais dans les conditions actuelles, ce n’est pas possible. Organiser une fête où il faut gérer le nombre de visiteurs, c’est trop risqué. Refouler des personnes à l’entrée aurait été délicat. » Un site réaménagé en profondeur Même son de cloche chez les éleveurs de la race montbéliarde. Pour leur président, Jean-Marie Schoenel, il était difficile de maintenir le festival dans les conditions sanitaires actuelles. « C’est un peu triste ! » Chez les passionnés de concours, on sent une certaine frustration, suite à l’annulation de la plupart des manifestations. « Cette confrontation amicale nous manque, sans parler de la fête qui suivait… » « Lors de notre réunion de préparation, en janvier, nous étions confiants, indique Jean-François Dintinger, président du syndicat prim’holstein du Bas-Rhin. Mais lorsque nous nous sommes revus fin mars, nous avons dû nous rendre à l’évidence. C’est vraiment dommage de ne pas pouvoir organiser ce festival. C’est l’un des plus grands rassemblements agricoles de l’année, avec la finale de labour. C’est le premier rendez-vous de la saison, et il draine toujours beaucoup de monde de tout le département. » Accessoirement, cette annulation est aussi un manque à gagner pour les syndicats d’élevage qui auront beaucoup de mal à boucler leur budget sans les retombées financières du festival. « À l’automne 2019, nous avons entièrement réorganisé le site, poursuit Jean-François Dintinger. Nous avons posé de nouvelles canalisations, modifié les allées de circulation, pour déplacer les chapiteaux. Depuis, nous n’avons jamais eu l’occasion de tester cette nouvelle organisation… » Certains prédisent qu’il faudra des années avant de voir le bout du tunnel. « Pourvu que non ! L’avenir nous le dira… Nous espérons vraiment que nous pourrons relancer la machine dès l’an prochain, et que tous, éleveurs, bénévoles, visiteurs, seront au rendez-vous. »












