A la une

Publié le 05/04/2021

À Rottelsheim, Joffrey Frauel a monté une troupe de 200 brebis. Le jeune éleveur a implanté des cultures dérobées chez un collègue céréalier pour pouvoir faire pâturer ses brebis à l’extérieur cet hiver. Un pari un peu risqué, mais finalement réussi.

Titulaire d’un bac pro en agroéquipement, Joffrey Frauel s’est lancé dans la production ovine en janvier 2020. Un projet qu’il est parvenu à concrétiser en quelques mois grâce au soutien de Jean-Pierre Saulet Moes, conseiller ovin à la Chambre d’agriculture Alsace, qu’il a rencontré en septembre 2019. « Nous avons défini un projet en tenant compte des contraintes de surfaces et de bâtiment », explique Jean-Pierre Saulet Moes. Le jeune éleveur a déjà utilisé une partie des 30 ha de céréales qu’il tient de son père, double-actif, pour remettre en place des prairies à base de luzerne qui serviront à nourrir les ovins. De plus, il dispose d’un vieux poulailler inoccupé, qui peut être converti en bergerie moyennant quelques aménagements. Compte tenu des contraintes, le potentiel est estimé à 250 brebis. À peine le projet est-il discuté qu’une opportunité se présente : celle d’acheter 100 brebis à un éleveur qui cesse son activité. Pas question de la laisser passer : Joffrey se dépêche d’aménager l’ancien poulailler pour accueillir ses premières brebis. Il ouvre le pignon afin d’améliorer l’aération du bâtiment et de faciliter la manutention lors de l’affouragement et de la sortie du fumier. Il s’équipe d’auges multiservices, de barrières, de canalisations et d’abreuvoirs. Soit 20 000 € d’investissement, allégés par une aide obtenue dans le cadre du Plan de compétitivité et d’adaptation des exploitations (PCAE). À leur arrivée en janvier 2020, Joffrey sépare ses brebis en deux lots : un premier lot est mis en lutte tout de suite, pour un agnelage en mai, l’autre sera mis en lutte à l’automne. Des stocks consommés avant l’heure Compte tenu de ce démarrage sur les chapeaux de roues, le jeune éleveur n’a que peu de stocks d’avance pour nourrir sa troupe. « Avec les prairies déjà implantées, je comptais profiter de la pousse de printemps mais vu la sécheresse, c’est passé ric-rac. Heureusement que j’avais déjà pu rentrer du fourrage début mars », se remémore Joffrey. Avec 100 brebis en bergerie jusqu’au 15 octobre, les stocks de l’hiver 2020/21 sont consommés avant l’heure. Il faut trouver des alternatives. Faire pâturer les brebis hors exploitation est une des solutions envisagées dès le départ. Le jeune éleveur propose à un collègue céréalier, Romain Koehren, agriculteur à Kriegsheim, de semer des espèces fourragères sur une partie de ses terres. Si le colza fourrager subit l’impact de la sécheresse, avec une production trois fois moindre qu’espérée, les 15 ha de ray-grass italien (RGI) vont lui sauver la mise. « Pouvoir laisser les brebis dehors cet hiver, ça a été un gain énorme et ça m’a soulagé d’un grand poids », reconnaît Joffrey. Le premier lot, sorti de bergerie le 15 octobre, pâture le colza fourrager jusqu’à début décembre. Joffrey le transfère ensuite sur la parcelle de RGI, dont 7 ha ont été coupés début novembre pour faire de l’enrubanné. À l’exception d’une semaine, où le jeune éleveur a rentré ses brebis pour cause de grand froid, elles passent tout l’hiver en pâture. Le deuxième lot est sorti début février sur la surface qui a été récoltée en novembre. « Maintenant, les 50 premières brebis sont pleines et vont agneler d’ici 10 à 15 jours (N.D.L.R. : fin mars). Elles ont pu bénéficier d’une préparation à l’herbe, elles ont repris de l’état, elles sont belles », commente Jean-Pierre Saulet Moes. Quant au second lot, qui a agnelé en octobre et novembre, il se refait une santé à l’herbe et sera remis en lutte début avril. « Un échange de bons procédés » Joffrey, qui a depuis complété sa troupe avec deux lots d’agnelles, estime avoir eu la chance de trouver un agriculteur prêt à lui mettre des parcelles à disposition. Tout le monde n’est pas sensible à l’intérêt d’implanter une culture dérobée pour y faire pâturer des animaux. Et pourtant, les avantages sont nombreux et bénéficient aux deux parties, celui qui prête sa parcelle et celui qui implante la culture. En l’occurrence, Joffrey a fourni la semence et Romain, qui est aussi entrepreneur de travaux agricoles et réalisait déjà les travaux de grandes cultures de l’EARL Frauel, a réalisé le semis. « C’est un échange de bons procédés. Joffrey a réussi à nourrir son troupeau pendant l’hiver et en contrepartie, son collègue récupère de la matière organique, améliore son sol et il évite d’avoir un sol nu pendant l’hiver. » Sans compter l’effet sur la culture suivante : le piétinement des moutons est connu pour réduire la population de limaces. Jean-Pierre Saulet Moes y voit aussi un avantage en termes de bilan carbone : sans l’apport des cultures dérobées, le jeune éleveur aurait dû acheter de l’aliment du commerce. L’implantation de dérobées à des fins de pâturage n’est pas possible partout. « Ici, on avait la chance d’avoir un terrain sablonneux, filtrant. C’est idéal pour les animaux, ils n’ont jamais été dans la gadoue. Aujourd’hui, la parcelle est verte comme un terrain de foot, elle n’est pas défoncée ». Autre condition de réussite : il faut que l’éleveur et le céréalier se mettent d’accord sur les espèces à implanter. « Une moutarde n’a aucun intérêt pour des moutons, ils ne la mangent pas, constate le conseiller ovin. La phacélie, c’est pareil. Idéalement, il faut une graminée, un peu de légumineuses et on peut ajouter une troisième espèce, un radis chinois, par exemple. Il faut quand même faire attention au coût, on cherche un rapport qualité-prix correct. » Le résultat pas toujours garanti Une fois ces précautions prises, la réussite n’est pas toujours garantie. « Une année sur trois, ça ne marche pas car les conditions d’implantation sont limites. Il faut en être conscient, on reste tributaire de la météo à l’automne, précise Jean-Pierre Saulet Moes. Derrière une céréale, il faudrait implanter dans les 10 jours qui suivent la récolte pour bénéficier de l’humidité du sol et espérer un coup d’eau pour le démarrage. » Romain Koehren a semé le colza derrière un blé. « J’étais de toute façon obligé d’avoir des SIE (surface d’intérêt écologique) pour la Pac », dit-il. Il a implanté le RGI sur une parcelle de pommes de terre, qui avait été récoltée au 15 août. Le semis a eu lieu une quinzaine de jours après, soit tout début septembre, sur un sol ameubli par l’arrachage. « J’ai semé en direct au semoir et j’ai irrigué une bande un peu plus séchante pour que ça lève, mais pas la totalité de la parcelle », précise-t-il. Il s’agit d’une première expérience pour lui qui, jusqu’alors, implantait un engrais vert après pomme de terre et le détruisait à l’automne.

Huile de colza bio

Un art de famille

Publié le 04/04/2021

Plus connue pour son activité de négoce en grains, à Boofzheim, la famille Lienhart, se lance dans la production d’huile de colza bio « 100 % alsacienne », en première pression à froid. Une initiative dans l’air du temps, dont le succès repose sur un savoir-faire technique et collectif.

Autour d’un bon déjeuner en famille, c’est ainsi que toute cette aventure a commencé, voilà deux ans. « J’étais en école de commerce et je me spécialisais en entreprenariat-marketing, commercialisation d’un nouveau produit », se souvient Geoffrey Lienhart, dont le père dirige une société de négoce et de transformation de graines oléagineuses pour animaux, à Boofzheim. Alors que ce jeune de 23 ans devait réaliser un projet de fin d’études, telle une cerise sur le gâteau, une idée leur a traversé l’esprit : » pourquoi ne développerions-nous pas une gamme de produits végétaux ? » Cette fois, à destination des humains. « Nous avons les outils pour, les consommateurs veulent adopter des habitudes d’alimentation plus saines pour la planète, et puis, ce serait une façon d’entamer la diversification de l’entreprise », se disent-ils. Ni une, ni deux, pour sa dernière année d’études supérieures, Geoffrey se retrouve en alternance, entre l’École de management de Strasbourg et l’entreprise de son père. Objectif : réaliser une étude de marché pour lancer ce fameux « nouveau produit ». Le choix se porte vite sur l’huile de colza. Chaque année, Lienhart SAS transforme déjà plus de 13 000 tonnes de graines de soja et de colza en tourteaux, et en huile pour les animaux. Un processus au cours duquel l’entreprise a compris que d’une graine de colza, sort près de 33 % d’huile, contrairement à 14 % pour le soja. Un beau cadeau Et tant qu’à faire, autant produire une huile bio et 100 % locale. « Le marché de l’huile de colza standard était saturé, mais pour une déclinaison bio, nous avions toute notre place. Et 100 % local, car nous avons trouvé des agriculteurs du Bas-Rhin, qui se sont installés en bio, capables de nous fournir les graines », précise ce grand brun au sweat à capuches, attaché au terroir alsacien. Au début, l’entreprise offre les premières bouteilles en cadeau à ses clients. Une façon de tester le marché. Fort de retours positifs et les certifications nécessaires en poche, en octobre 2020, Geoffrey active la production de 7 000 litres d’huile, conditionnés dans des bouteilles d’un litre ou de 500 ml. Entre décembre 2020 et début mars 2021, 4 500 litres sont vendus, dans 35 points de vente en Alsace, principalement dans le Bas-Rhin. Un succès sans appel, dont Geoffrey est évidemment satisfait. « En sortant d’école, j’aurais difficilement vécu cette expérience ailleurs. C’est extrêmement gratifiant que mon père et son équipe m’aient fait confiance », confie ce jeune diplômé, presque dépassé par les événements. « Nous sommes même obligés de freiner le réassort pour tenir jusqu’à la prochaine session de production, afin que les amateurs en aient pour accompagner leurs salades des beaux jours », concède-t-il. Simple mais rigoureux Même si les techniciens de l’entreprise ont pu compter sur les installations existantes et que la fabrication de cette huile semble plutôt « simple », ils n’ont pas prévu d’en lancer une nouvelle fournée d’ici l’automne prochain. Tout d’abord, parce que la production bio requiert un nettoyage complet du circuit qui reçoit d’habitude les graines de soja et de colza conventionnelles, sans OGM. « Nous devons presser une première tonne et la déclasser pour que la machine ne contienne plus de résidus. Cette étape dure une journée », explique Pierre Pottier, directeur opérationnel. Une fois la presse prête pour transformer les graines bio, l’huile peut être conservée. « Nous avons opté pour recueillir l’huile à la première pression à froid de la graine. Avec cette méthode, le taux d’extraction est peut-être moins élevé, mais elle permet de préserver la qualité et les bienfaits du produit d’origine », complète Pierre Pottier. À raison de 800 à 900 kg de graines traitées par heure, la machine aspire chacune d’entre elles pour que ses matériaux lourds (pierres ou cailloux) tombent, puis la maintient à une température autour de 30 °C pour qu’elle arrive dans la presse à plus de 20 °C. « Aucune injection de vapeur n’intervient dans le processus, il suffit d’un simple effet de mécanique », détaille le spécialiste, pour, au final, obtenir une huile filtrée à 10 microns. Des ambitions de grands Le tout repose dans des cuves en inox de 25 000 l avant d’être transféré dans des bacs de 1 000 l qu’un à un, pour cette première tournée, Geoffrey a vidé. C’est lui, qui a tout embouteillé et étiqueté. « Nous étions en plein développement », lâche-t-il, comme s’il devait s’excuser du choix « maison » du processus de fabrication. Peut-être que les moyens évolueront pour la cuvée 2021. Une chose est sûre, l’entreprise compte accroître sa production, jusqu’à 15 000 voire 20 000 l. « Nous avons les ressources pour, assure Geoffrey. Et ce qui est bien, c’est que nous fonctionnons en circuit fermé. Nous vendons la semence à des agriculteurs qui nous livrent la graine, donc nous agissons du début à la fin. » Pour atteindre une pareille quantité, l’entreprise compte sur ses techniciens dont certains consacrent leur temps à encourager les agriculteurs à cultiver plus de colza bio. « Un de nos arguments repose sur l’augmentation des rotations de culture, nous les accompagnons dans ce sens », glisse Bruno Lienhart, responsable de la société, en entrant dans la salle de réunion de l’entreprise. En mars 2021, de nouveau réunis autour d’une table, comme ils l’étaient voilà quelques années chez eux, quand ils ont eu l’idée de lancer cette huile de colza bio, fils et père tapotent du poing. « Touchons du bois pour que la météo soit avec nous », lance le père, et que cette année leur apporte assez de graines pour continuer cette audacieuse aventure.   Nos deux bouteilles d’huile de Colza sortant de leur lieu de production ??? Un produit Bio et local ?? Publiée par Huilerie Lienhart sur Mardi 23 février 2021  

Publié le 03/04/2021

L’assemblée générale de l’organisme de sélection vosgienne s’est déroulée, mardi 23 mars, à Rouffach. Les éleveurs poursuivent leur travail de développement et de valorisation de la race. Ils espèrent pouvoir communiquer davantage lors de la semaine européenne des races locales de massif (Seram). La troisième édition doit se dérouler du 20 au 23 septembre à Colmar.

C’est le lycée agricole de Rouffach qui a accueilli l’assemblée générale de l’organisation de sélection (OS) vosgienne. Une volonté d’associer la jeunesse saluée par le directeur de l’établissement. Il a notamment rappelé que trois exploitations y étaient associées (viticole, horticole et la ferme de la Judenmatt). En outre, un dossier est en cours pour valoriser l’élevage et réintroduire des animaux sur la ferme. « Nous espérons que ce seront des vosgiennes. Notre objectif est de faire de l’engraissement des animaux de cette race. Nous voulons vous aider sur la valorisation de vos produits et la promotion de votre filière. Pour cela, nous menons une réflexion sur la mise en place de stages ou d’actions sur la transformation. On est sur un travail de ferme individuelle pour proposer de la valorisation en direct », assure Jean-Luc Prost. Un travail collectif Une initiative appréciée par le président de l’OS vosgienne, Florent Campello. Dans son rapport moral, ce dernier n’a pas caché son émotion d’organiser cette réunion dans le lycée où il a appris son métier. « L’enseignement agricole est primordial pour les générations futures tout comme pour nous éleveurs. Le contexte sanitaire actuel nous oblige à travailler différemment pour préserver la dynamique de notre organisme de sélection et notre massif vosgien. Avec nos techniciens, nous nous sommes adaptés pour pérenniser notre développement. J’applaudis aujourd’hui nos anciens. Je pense à Jean Wehrey et à ceux qui ont cru en l’agriculture de montagne. Ils ont permis de préserver la race et la relancer », explique Florent Campello. Le président a ensuite rappelé toutes les responsabilités assurées par l’OS. Elles ont été détaillées dans le rapport d’activité. « La Covid-19 ne nous a pas stoppés. Nous utilisons les nouvelles technologies pour nous retrouver et le planning de travail a été modifié. Notre fromage Cœur de Massif est en évolution. C’est un fromage qui crée du lien et de l’économie. Poursuivons ce travail collectif au service de la race vosgienne », ajoute Florent Campello. Ce rapport d’activité a été l’occasion de rappeler que quatre commissions existent au sein de l’OS. La première, sous la responsabilité de Clément Géant, s’occupe de génétique. La seconde, sous la responsabilité de Guy-Loup Botter, s’intéresse à l’élevage allaitant. La troisième concerne la communication avec Jean-Michel Curien. La quatrième, celle de Lionel Vaxelaire, se penche sur le travail de valorisation. Le premier objectif de ces commissions est de coller au mieux aux besoins des adhérents en utilisant les moyens humains (équipe OS et éleveurs bénévoles), financiers et techniques à disposition. Pour 2021, les axes de travail sont clairement définis. « En génétique, il s’agit de rappeler les fondamentaux. À savoir, la conduite du schéma de production en partenariat avec Elitest et la tenue des différents services comme les plannings, les pointages et les génotypages. Pour la commission valorisation, la priorité est de travailler sur l’évolution du cahier des charges du fromage Cœur de Massif. La commission allaitante s’intéresse à la création génétique. Enfin, la communication prépare la Seram 3 (lire encadré) et les différents bulletins de l’OS », indique Nicole Bloc, directrice administrative depuis mars 2020. Les effectifs progressent Des travaux d’autant plus importants au moment où les effectifs progressent. « Il y a près de 1 800 femelles vosgiennes de plus sur la période 2011-2020 pour un total de 9 927 vaches. Cette augmentation se constate également pour le seul département du Haut-Rhin avec un peu plus de 200 vaches. 4 700 de ces animaux sont issus d’insémination artificielle. Les Vosges et le Haut-Rhin sont évidemment les deux départements où la race est la plus représentée avec respectivement 2 815 et 2 627 femelles. La Moselle, le Bas-Rhin et la Haute-Saône progressent également très bien. Rares sont les départements de l’Hexagone où la vosgienne est totalement absente. La vosgienne envahit la France », ironise Emmanuelle Wendling, salariée de l’OS. En revanche, après trois années de sécheresse et de manque de fourrage, les effectifs sont en baisse au contrôle laitier. Là également, on les retrouve en grand nombre dans le Haut-Rhin (647) et dans les Vosges (529). La part des vosgiennes allaitantes progresse sensiblement. La durée de lactation des vosgiennes est de 268 jours et leur production augmente avec une moyenne à 3 911 kg contre 901 en 2019. De nombreuses vaches sont désormais à plus de 50 000 kg de lait. « 25 % des vaches au contrôle laitier sont au moins en cinquième lactation. Elles ont donc plus de 7 ans. C’est représentatif de ce qu’on cherche. On élève les génisses pour les garder », précise Emmanuelle Wendling. Un travail complété par la recherche et la génétique. L’orientation de la sélection, la validation des gestations qualifiées, les génotypages, les choix des taureaux permettent d’obtenir ces résultats positifs. Le génotypage ralenti par le Covid-19 Le schéma allaitant mobilise fortement les éleveurs. Il y a ainsi eu une amélioration du protocole de suivi des mères supports. 172 d’entre elles ont été retenues pour créer les nouveaux taureaux. « Nous allons génotyper tous les mâles et en sélectionner dix. Nous cherchons à obtenir des lignées pour éviter les copies des années précédentes. On génotype également toute la population femelle qui est au contrôle laitier. C’est notre particularité. En 2020, nous avons effectué 273 génotypages. C’est en baisse en raison de la crise sanitaire. Les tournées de pointage ont été limitées. Mais, pour cette année, c’est déjà bien reparti. On est même déjà au même niveau que l’an passé. Grâce à ce travail, on a une idée, pour chaque veau, de son potentiel génétique », note Emmanuelle Wendling. Il faut savoir que 51 % des exploitations de race vosgienne adhérentes à l’OS sont des éleveurs allaitants. 20 % de ces exploitations ont un troupeau mixte laitier + allaitant. 40 % de tous les effectifs confondus (de + 6 mois à + de 2 ans) sont des femelles allaitantes. 326 780 litres pour le Cœur de Massif en 2020 Outre la poursuite de ce travail, l’OS vosgienne compte également relancer le groupe « fromage ». Une première réunion doit avoir lieu le 13 avril prochain. L’idée est de fonder une association dédiée au fromage Cœur de Massif, pour maintenir une cohésion et une dynamique de groupe. 21 producteurs sur quatre départements (Haut-Rhin, Vosges, Bas-Rhin et Haute-Saône) valorisent actuellement ce fromage. En 2020, ils ont transformé 326 780 litres de lait dans cet objectif. L’idée de ce groupe est de réfléchir et d’innover ensemble pour pérenniser et développer encore davantage ce fromage. C’est dans ce cadre que le financement de l’OS en tant que GIEE (Groupe d’intérêt économique et environnemental) pour son projet Cœur de Massif a été prolongé jusqu’au 31 mars 2022. Il doit permettre une étude de la performance environnementale du fromage pour les pratiques agricoles liées à son cahier des charges dans le cadre du projet « PastoEco », mené en partenariat avec le Coram et la création d’un réseau national de GIEE par le Coram. Un travail d’autant plus important qui peut être pertinent aux côtés de la démarche concernant l’inscription de la transhumance au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco. Le dossier devrait définitivement être déposé en mars 2022 après une réunion qui devrait être déterminante en septembre 2021 lors de la session européenne des races de massif.

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