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L’arrivée des chevreaux

Jongler entre nature et pragmatisme

Publié le 30/03/2021

Parmi « les chèvres de Madame Oudin », à Riedheim, des dizaines de bébés viennent de faire leur apparition. C’est l’occasion pour l’agricultrice de repenser son activité pour la production de fromages frais à venir. Objectif : une meilleure rentabilité, tout en assurant le bien-être de ses « collègues de travail ».

« Schlabele, lâche ce bout de plastique, ça ne se mange pas », s’aventure Carole Oudin, en s’approchant de la petite chevrette blanche, attachée à sa nouvelle découverte. À peine la maîtresse des lieux a-t-elle eu gain de cause que Schlabele et ses jeunes copines sont déjà reparties explorer l’un des recoins des 800 m2 que compte la chèvrerie de Riedheim. Une seconde sur une botte de foin pour reprendre un peu d’énergie, la suivante sur un caisson en métal. « Si vous voulez prendre des photos, vous devrez être réactive », prévient l’agricultrice. Depuis mi-février, Carole annonce chaque naissance de chevreaux aux 840 personnes qui la suivent sur les réseaux sociaux. Elle a trouvé la technique. » Je photographie les petits dans leur premier quart d’heure de vie. Car ensuite, ils se lèvent, et au bout de 2 h, c’est fini, ils gambadent. Ils ont un instinct naturel et fuient comme si des prédateurs allaient les attaquer », précise-t-elle. Dans un coin du bâtiment, blotti contre le foin, le dernier né, tout brun, apprivoise son nouvel environnement. « Voilà le petit mec », lance Carole en l’attrapant, avec, cette fois, très peu de difficulté. Elle ne lui a pas donné de prénom, une façon de ne pas s’attacher, car le chevreau ne va pas rester ici. « Il va partir comme animal de compagnie ou à l’engraissement. Mieux vaut de toute façon éviter tout risque de consanguinité. »   Toute la famille animale vous attend samedi ! Vous souhaitez venir lui rendre visite et par la même occasion chercher du... Publiée par Les chèvres de Madame Oudin sur Mardi 23 mars 2021   Un choix rationnel Alors que la saison des naissances se termine, 50 des 68 chèvres de Carole Oudin ont déjà mis bas 90 chevreaux, mais la propriétaire a décidé de garder seulement 18 femelles. Elles ont reçu un prénom : Sardine, Salade ou encore Saucisse et Cervelas pour des jumelles. « J’essaie de trouver des prénoms qui me font rire, souvent en association avec celui de la mère. J’ai une chèvre qui s’appelle Orage, elle est un peu casse-noisettes, alors j’ai appelé ses petites Sauvage et Séisme », plaisante l’agricultrice. Cette envie, voire ce besoin, de tisser une relation amicale avec ses « collègues de travail », Carole la couple avec une démarche « pragmatique ». « Depuis l’an passé, le contrôle laitier est devenu obligatoire sur les chèvres, comme il l’était jusqu’à présent pour les vaches. Grâce à ces échantillons mensuels, j’ai pu estimer la quantité de matières grasse et protéique contenue dans le lait de chaque chèvre. J’ai donc sélectionné les petites des chèvres avec les meilleurs résultats, tant quantitatifs que qualitatifs », explique-t-elle. Et pour la première fois depuis qu’elle a débuté son activité en 2012, l’agricultrice de 39 ans a décidé de réformer 18 chèvres, autant que de bébés gardés. Une façon de rajeunir son troupeau et de le maintenir à un effectif raisonnable. « C’est dur car les chèvres sont toutes mignonnes et c’est difficile de s’en séparer, mais aussi plaisant ce métier soit-il, je souhaite qu’il soit rentable », concède Carole, qui, dans une autre vie, travaillait dans le fret.     Le bien-être… Un jour, où elle avait mis 3 h 30 pour rejoindre le Pays de Hanau depuis le port du Rhin, elle s’est dit, « j’arrête tout, je préfère consacrer ce temps à la traite de chèvres et le passer à la campagne ». Mais ce déclic a généré des frais à compenser par une activité qu’elle mène seule, sauf quand son compagnon l’aide à la traite. « J’ai commencé avec 12 vaches dans une grange de 100 m2, et la fromagerie faisait 12 m2. Voilà quatre ans, nous avons repris cette ancienne ferme de vaches laitières, un tout autre investissement », constate l’éleveuse. Un objectif de rentabilité s’impose donc à Carole, qui espère trouver un équilibre avec un troupeau de 50 chèvres. Mais pas question de se défaire de ses deux premières chèvres, Ficelle et Godasse, achetées en 2010 pour tenir compagnie à son cheval. Elle ne renoncera pas non plus au bien-être de ses pensionnaires. À commencer par celui des nouvelles-nées. Cette année, elle fait d’ailleurs le pari de les laisser au lait de leurs mères pendant deux mois, jusqu’à ce qu’elles soient capables de s’alimenter seules. « Pendant cette période, je ne pourrai pas récupérer le lait des mères, mais les chevrettes grandissent mieux ainsi qu’avec du lait en poudre », a remarqué Carole.   La girafe vous rappelle que si vous souhaitez passer une commande pour samedi et venir rendre visite aux biquettes, vous avez jusqu'à demain soir ?? Publiée par Les chèvres de Madame Oudin sur Mercredi 17 mars 2021   … et la nature avant tout L’agricultrice tient aussi à respecter le cycle naturel de ses bêtes, une fois adultes. « Les chèvres ne sont pas comme les vaches. Elles entrent en chaleur quand les jours raccourcissent et les températures baissent. Certes, il existe des techniques pour provoquer la gestation toute l’année, avec des lumières artificielles ou en décalant les hormones, mais cela ne m’intéresse pas », affirme Carole. Tant pis donc, si pendant les deux derniers mois de gestation, janvier et février, quand le fœtus se développe et que « les chèvres ont besoin de tranquillité », elle n’obtient pas de lait et ne fabrique pas de fromage. « Le consommateur doit aussi s’y habituer. Il ne pousse pas de tomate en Alsace l’hiver », rappelle-t-elle. Cette année, 12 chèvres ont résisté à la tentation du bouc entré dans l’arène à la mi-septembre, et n’ont pas été fécondées. Elles ont ainsi gardé Carole un peu occupée à la fromagerie, mais rien n’avait été calculé. En cette fin mars, seules quatre chèvres n’ont pas mis bas. Cela ne saurait tarder. « Ces miss ont chacune leur caractère, et souvent, juste avant la mise bas, il change. Certaines me regardent avec insistance pour me faire comprendre que le moment arrive », raconte Carole, aussi attentive aux mamelles des futures mamans qui redescendent et se remplissent quelques heures avant la délivrance. Dans quelques jours, une fois les naissances terminées, toutes, sauf celles qui nourrissent leurs petites, auront repris leur rythme de croisière : manger du bon foin et donner 3 l de lait par jour, avant de gambader à leur tour dans les parcs de la ferme. Carole, quant à elle, a déjà pu intensifier la production de fromage frais : nature ou enrobé à l’échalote, au pavot ou encore aux herbes de Provence. Sans oublier ses originaux cannelés au lait de chèvre. Elle vend le tout via le réseau de la Ruche qui dit oui, sur le marché du quartier Neudorf, à Strasbourg, et à la ferme, le samedi après-midi. Il paraît même que certaines chèvres attendent ce jour-là pour mettre bas.

Publié le 29/03/2021

Avec 5 300 hectares en 2021, la sucrerie d’Erstein va tourner à bas régime. Les dirigeants de Cristal Union mettent donc en place d’importants moyens pour conquérir de nouveaux planteurs afin de ne pas avoir à se priver du bassin de production alsacien, alors que ses atouts sont nombreux, et que les voyants sont au vert sur le marché du sucre.

Depuis 2017 et la fin des quotas sucriers, la filière betteravière traverse des années difficiles, affectée par des marchés longtemps atones, des problèmes sanitaires… Résultat, la surface betteravière a baissé en Alsace. Et, alors que la sucrerie a besoin d’au moins 7 000 ha de betteraves pour tourner à plein régime et donc être pleinement rentable, la surface s’est encore réduite cette année passant de 6 000 à… 5 300 ha. Le compte n’y est pas. « Cette situation n’est pas viable pour la sucrerie d’Erstein », explique Olivier de Bohan, président de Cristal Union. L’Alsace est donc confrontée à un véritable enjeu : il faut augmenter la sole betteravière pour pérenniser la filière. « Nous avons pu constater la capacité d’adaptation des planteurs historiques par le passé, mais aussi leur limite. C’est pourquoi nous devons aller chercher au moins 2 000 ha de betteraves supplémentaires auprès de nouveaux producteurs pour 2022. C’est un point majeur car de ces 2 000 hectares supplémentaires se décidera l’avenir du site », annonce Olivier de Bohan. Gérard Lorber, président de la section d'Erstein, est optimiste car la région a la capacité de répondre à cet objectif d’augmentation de 2 000 ha. Pour y parvenir, une équipe de techniciens va être déployée dès ce printemps pour démarcher des agriculteurs sur le terrain et démontrer les forts atouts de la culture de la betterave. L’associée idéale du maïs Car la filière betteravière ne manque pas d’atouts. Il y a tout d’abord la sucrerie d’Erstein, dans laquelle Cristal Union a régulièrement investi. Elle traite actuellement quelque 6 500 t de betteraves/j pour produire 1000 t de sucre/j, grâce à une capacité de cristallisation qui a été doublée. Mais elle a les capacités de traiter beaucoup plus. Le site pourrait aller jusqu’à 9 000 hectares ! Si cet outil industriel performant devait être fermé, il serait définitivement perdu et cela signifierait la fin de la culture de la betterave en Alsace. Or la betterave constitue une partenaire idéale du maïs dans les successions culturales. « La diversité des assolements n’est pas seulement rendue obligatoire par la Pac, elle est aussi de plus en plus souvent exigée par nos clients car les consommateurs eux-mêmes sont de plus en plus soucieux des conditions de production de leur alimentation. Pour conserver nos débouchés, nous devons désormais garantir certaines conditions de production. C’est une question de commerce », pointe Olivier de Bohan. En outre, pour contenir la population de chrysomèles des racines du maïs à un niveau acceptable pour la culture phare de la plaine d’Alsace, la rotation culturale constitue la mesure la plus efficace et la plus économique à mettre en œuvre. Se priver de la betterave, c’est donc se priver d’une arme mais aussi d’une source de revenu car la betterave est une culture économiquement très intéressante à produire en Alsace. « En 2020, le bassin d’Erstein affiche le deuxième rendement agricole du groupe », souligne Bruno Labilloy, directeur agricole du groupe, qui avance encore « le potentiel d’irrigation de la plaine d’Alsace confère de la résilience aux cultures ». Gérard Lorber, président de la section d’Erstein, met quant à lui en avant la capacité de la betterave à valoriser les précipitations automnales, surtout après un été sec. Enfin, pour les éleveurs, les pulpes de betterave surpressées représentent un ingrédient riche en énergie, bienvenu dans les rations des vaches laitières. Une filière sécurisante La betterave est l'une des seules cultures qui peut être valorisée de trois façons différentes : en sucre, en alcool et en éthanol. Un atout majeur, qui permet à l’industrie betteravière de s’adapter avec agilité, en fonction des besoins du marché, et tout cela au plus proche des consommateurs. Au-delà des atouts agronomiques de la betterave, Olivier de Bohan avance des arguments socio-économiques : « Grâce à l’organisation des producteurs en coopérative, ils sont aussi fournisseurs d’alcool et de sucre, commercialisés en direct par Cristalco, la filiale commerciale du groupe Cristal Union. Un très bon exemple de circuits court », pointe Olivier de Bohan. Il ajoute : « Lorsque l’épidémie de coronavirus a démarré en France, nous avons manqué de masques, nous avons manqué de tests, mais jamais de gel hydro-alcoolique car nous le produisions en direct sur nos territoires avec nos betteraves ! ». L’organisation collective de la filière permet aussi de mutualiser les chantiers, du semis à la récolte, en lien avec un service technique bien rodé, « les nouveaux planteurs n’auront donc pas d’investissements spécifiques à prévoir pour se lancer dans la culture », indique Bruno Labilloy. Enfin, l’Alsace bénéficie d’une position géographique stratégique, et de la marque « Erstein », appréciée par les consommateurs locaux, et qui a « toute sa place dans notre politique d’élargissement de notre gamme », assure Olivier de Bohan. « La jaunisse est derrière nous » Tous ces atouts n’ont pas empêché la surface accordée à la betterave dans les assolements de baisser. Plusieurs raisons viennent expliquer ce revers. Tout d’abord l’épisode de jaunisse en 2020, lié à la fois à une forte pression en pucerons, et au retrait des néonicotinoïdes, qui a rendu la maîtrise du ravageur plus difficile, donc la propagation du virus plus aisée. « Ça a été une descente aux enfers avec, au final, une baisse des rendements de 30 %, au niveau national », concède Olivier de Bohan. Mais il préfère regarder l’avenir : « Cette crise sanitaire de la jaunisse est derrière nous. Elle a démontré notre capacité à réagir et celle de notre ministre de l'Agriculture à prendre les décisions qui s’imposaient, en permettant le retour dérogatoire pour trois ans des néonicotinoïdes en enrobage de semences, pour la culture de la betterave, le temps de trouver des alternatives efficaces. » Certes, quelques points restent à éclaircir sur les conditions d’emploi des semences traitées, mais l’Anses devrait apporter des réponses « d’ici septembre ». Au-delà, « il faudra tirer les enseignements de cette crise », analyse Olivier de Bohan. Le principal, c’est qu’il faut intensifier les travaux de recherche, que ce soit en génétique ou en biocontrôle. Mais, plutôt que de se focaliser sur une année 2020 qui a été « exceptionnelle », il appelle à prendre du recul. « Nous avons tous les ingrédients pour produire de la betterave de manière durable. D’autant plus en Alsace, où elles ont été relativement épargnées par l’épidémie de jaunisse. Et puis, aucune production n’est à l’abri d’une crise sanitaire mais je reste confiant car la recherche progresse extrêmement vite… », dit-il. Vers une meilleure rémunération de la betterave Un optimisme qui vaut aussi en ce qui concerne les marchés « qui repartent à la hausse, souligne Olivier de Bohan. Il développe : « Nous bénéficions, bien sûr, de l’amélioration progressive des marchés. Mais, surtout, nous avons su prendre les décisions qui s’imposaient, en restructurant notre outil industriel, quand il en était encore temps. Nous savions que nous ne pouvions maintenir tous nos sites de production, sous peine de fragiliser l’ensemble du groupe. Nous avons la preuve, aujourd’hui, de la pertinence de cette stratégie car, alors que certains acteurs ont été très affaiblis par la jaunisse de la betterave, nous allons être en mesure, malgré cette crise, d’afficher de bons résultats et une situation financière totalement saine cette année ». Ce qui permet d’envisager une meilleure rémunération de la betterave. La coopérative a donc de bonnes nouvelles à annoncer à ses planteurs, lors des prochaines assemblées de section, qui auront lieu mi-mai, sous format distanciel. Malgré les épidémies - de coronavirus et de jaunisse - qui ont perturbé 2020, annus horribilis de la filière betteravière, « nous avons su résister, grâce aux décisions qui ont été prises. Notre restructuration nous confère davantage de flexibilité. Elle nous permet de résister, lorsque les cours sont bas, et d’être performants, lorsqu’ils repartent à la hausse, comme c’est le cas actuellement ». Les marchés se portent mieux, les solutions agronomiques aux problèmes sanitaires arrivent. Il faut aller de l’avant. Le moment est donc essentiel pour l’Alsace : augmenter significativement les surfaces emblavées de 2 000 ha pour ne pas laisser s’éteindre la sucrerie

Publié le 28/03/2021

Cinq agriculteurs bas-rhinois se lancent cette année dans la culture des légumes secs. 38 ha seront semés prochainement après une phase d’expérimentation menée en 2020 avec Planète Légumes et un test de mise en marché réalisé par l’interprofession des fruits et légumes d’Alsace (Ifla).

Alors que la production de légumineuses pour l’alimentation du bétail est entrée dans les mœurs, celle de légumes secs destinés à l’alimentation humaine est encore anecdotique en Alsace. Peut-être plus pour très longtemps. Cinq agriculteurs bas-rhinois se lancent cette année dans la culture des lentilles vertes, lentilles corail, pois chiches, quinoa et haricots rouges. 38 ha vont être semés prochainement, l’objectif étant de récolter 80 tonnes de légumes secs à l’issue d’un cycle de 90 à 120 jours. Cédric Steinlé, agriculteur à Plobsheim, a eu l’idée de se lancer dans cette production l’an dernier, suite à une récolte de maïs 2019 catastrophique dans des terres non irriguées. Il a implanté 1 ha de lentilles, 1 ha de pois chiches et 1 ha de quinoa en 2020 et s’apprête à passer à 8 ha au total cette année. Il voit dans ces cultures de nombreux avantages. Les légumineuses (famille dont seul le quinoa ne fait pas partie) ne nécessitent presque pas d’intrants, en particulier pas d’engrais azotés, très peu de potasse et de phosphore, et peu voire pas de produits phytosanitaires. De plus, elles améliorent les rotations et sont peu gourmandes en eau, ce qui en fait des cultures tout à fait dans l’air du temps. Sur le plan nutritionnel, les légumineuses sont à la fois source de protéines, de fibres, de minéraux et de vitamines B et ne contiennent pas de gluten. Leur faible teneur en graisses et leur indice glycémique bas en font des alliés pour la santé.   Les légumes secs d'Alsace font leur bout de chemin ??. Vous en pensez quoi d'une filière cultivée en Alsace? ? Publiée par Fruits et légumes d'Alsace sur Mercredi 24 mars 2021   Olivier Hiss, agriculteur à Eschau, s’est lui aussi laissé tenter par la culture des légumes secs. Il sèmera pois chiches, lentilles et quinoa ce printemps dans l’objectif de diversifier son assolement, constitué essentiellement de maïs, blé et betteraves sur 65 ha. S’il peut compter sur le retour d’expérience de son collègue et sur les informations glanées ici et là, il est conscient que cette année sera « une année de découverte ». Il ne choisira pas des terres trop lourdes, utilisera son semoir à céréales pour semer les graines et pense se limiter à un désherbage après semis, éventuellement complété par un binage. Avec les autres agriculteurs impliqués dans cette micro-filière (trois sont en conventionnel, deux en bio), il envisage d’investir dans une faucheuse-andaineuse pour couper les tiges, avant de les faire sécher et de récolter les graines à la moissonneuse-batteuse. Il restera alors à les trier et à les ensacher pour pouvoir les commercialiser. Un marché à prendre Pierre Lammert, président de l’interprofession des fruits et légumes d’Alsace (Ifla), croit au développement de ces cultures. « Les Français consomment 1 kg de légumineuses par an, c’est deux fois moins que les Européens et quatre fois moins que la consommation mondiale », dit-il. Planète Légumes, la station de recherche du Grand Est, mène des essais depuis deux ans pour trouver les variétés adaptées au contexte pédoclimatique alsacien. L’Ifla, de son côté, a conçu des emballages mettant en avant l’origine alsacienne et mené des enquêtes en magasin pour savoir quel prix les consommateurs alsaciens étaient prêts à payer pour des lentilles ou des pois chiches produits localement. Résultat : 5 à 20 % plus cher que pour des produits importés. « Il y a un marché à prendre », affirme Pierre Lammert en rappelant qu’en France, 50 % des légumineuses destinées à la consommation humaine sont importés. « Quand une idée germe, il faut l’accompagner », fait valoir de son côté Paul Schiellein, au nom de la Chambre d’agriculture Alsace (CAA). C’est précisément ce que fait la CAA, qui est aux côtés des agriculteurs pour leur permettre de s’adapter et d’évoluer vers des productions de qualité. La diversification va de pair avec la souveraineté alimentaire, ajoute l’élu. La collectivité européenne d’Alsace (CEA) est sensible à cette dimension, rappelle son président, Frédéric Bierry. Elle œuvre depuis plusieurs années à la promotion d’une alimentation saine et équilibrée dans les cantines scolaires des collèges et d’un approvisionnement en produits de qualité d’origine locale. Différentes actions sont menées dans ce sens en partenariat avec la CAA et l’Ifla. La formation des chefs des restaurants scolaires de collège, dans le cadre des dispositifs « Mangeons sain, jetons moins » et « Plaisir à la cantine », en est une illustration. La sensibilisation aux vertus des légumineuses a trouvé un écho très favorable auprès des cantines scolaires : dans le cadre de la Semaine pour les alternatives aux pesticides, qui avait lieu du 22 au 26 mars, 29 collèges alsaciens ont ainsi décidé de les mettre au menu. Ils ont passé commande de 550 kg de lentilles et 320 kg de pois chiches à la plateforme Appro Alsace. En parallèle, des volontaires en service civique de la CEA ont proposé aux collégiens des animations sur le thème des pesticides, de l’autonomie alimentaire et des légumineuses.

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