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Publié le 14/05/2021

Le millésime 2020 a eu un goût très particulier pour la Caisse régionale de Crédit Agricole Alsace Vosges, avec des résultats financiers très influencés par la situation du Covid, mais traduisant l’utilité de « la banque verte » à son territoire. Un nouveau siège à Strasbourg sera opérationnel en 2025.

Le 29 mars dernier, c’était la dernière conférence de presse de bilan du Crédit Agricole Alsace Vosges en son actuel siège à Strasbourg. Gérald Grégoire, le directeur général, a annoncé la rénovation totale du site (12 000 m2 de surface foncière), devant déboucher au 1er trimestre 2025 sur un « site écoresponsable », et qui sera « une belle vitrine ». Ce projet de 60 millions d'euros (M€) en est encore au stade du concours d’architecture. Mais on sait d’ores et déjà qu’il accueillera un auditorium de 250 places, et prendra en compte les nouvelles méthodes de travail à distance. Une belle manière de fêter les 20 ans de la fusion des deux Caisses voisines d’Alsace et des Vosges. À l’opposé, le contexte économique n’a pas été des plus favorables. Même si début 2020, « l’économie se portait plutôt bien avec un taux de chômage à 8 %, une croissance supérieure à celle de la zone euro. Et la France était redevenue la première destination européenne en matière d’investissements étrangers ». La crise a engendré une récession inédite avec un PIB en recul de 8 %. Toutefois, « l’ensemble des mesures budgétaires et monétaires ont permis d’éviter le pire », souligne Gérald Grégoire, en témoignent les principaux indicateurs associés à la récession, tels que le taux de chômage, qui se situait à 8 % fin 2020, et le nombre de défaillances d’entreprises. Plus particulièrement sur le Grand Est, elles ont même reculé de 40 % sur l’exercice et n’ont jamais été aussi faibles qu’en 2020. Pour ne pas obérer cette croissance future, la BCE (Banque centrale européenne) a amplifié sa politique monétaire - dite ultra-accommodante - caractérisée par le maintien de taux bas ce qui favorise l’investissement, l’injection de liquidités sans limites, l’acquisition d’actifs pour que les états se refinancent à bon compte. Pour illustrer cette situation, le directeur général rappelle que la dette se situe à 115 % du PIB. Pourtant « on paie moins d’intérêts qu’il y a quelques années avec un endettement à 70 % du PIB. En 2020, l’État s’est même financé sur les marchés à taux négatifs, à -0,32 %. Conséquence, « quand l’État français a emprunté, on lui a donné de l’argent ». Tout ceci devrait donc « nous permettre de mieux rebondir que d’autres », espère Gérald Grégoire. Et les banques en général, et le Crédit Agricole en particulier, « ont pris toute leur part dans ce sauvetage de l’économie ». Les dirigeants du Crédit Agricole disent avoir « mis à profit cette période pour accélérer un certain nombre d’investissements et de transformations ». Des résultats qui traduisent l’utilité du Crédit Agricole au territoire Avec la Caisse d’Île-de-France, la Caisse Alsace Vosges est la seule à ne pas être leader sur son terroir. En agriculture néanmoins, ses parts de marché sont de 70 %, ce qui correspond à la moyenne nationale. En 2020, les clients ont fortement épargné et emprunté avec respectivement +7 % et +6,3 % d’encours (voir encadré). Plus de 260 M€ de prêts garantis par l’État (PGE) ont été consentis, avec un faible taux de refus de 2 %. « Les premiers retours indiquent que 80 % des clients vont amortir les PGE. Même si, la crise perdurant, la majorité des contractants utilisera par précaution l’année de différé supplémentaire et la durée d’amortissement la plus longue. Sans pour autant d’ailleurs que la situation des entreprises soit dégradée », indique Gérald Grégoire. Côté agriculture, 280 M€ de nouveaux crédits ont été débloqués. Citons également 41,20 M€ de prêts consacrés aux énergies renouvelables. Ces trois dernières années, ce sont ainsi plus de 163 M€ de prêts qui ont été fléchés à la production d’énergie photovoltaïque, éolienne et méthanisation. En 2020, la Caisse régionale a financé neuf nouvelles centrales de méthanisation. Plus globalement, l’investissement en agriculture progresse de 3 % « signe de la vitalité du secteur agricole ». Le secteur a finalement « bien traversé l’exercice 2020 ». Un modèle économique en train de se transformer « En dépit du contexte », la Caisse régionale Alsace Vosges a réalisé « une très belle année commerciale qui est l’illustration du soutien de l’ensemble des acteurs économiques du territoire ». En termes financiers, même si le chiffre d’affaires recule de 4,4 %, à 242,10 M€, au chapitre des assurances, le « 2e métier du Crédit Agricole », le nombre de contrats progresse de 3 %. Signe de la qualité de l’offre, 93 % des clients qui ont déclaré un sinistre se sont dits satisfaits de la prise en charge par la compagnie. « Nous avons l’ambition d’être leader sur le territoire dans la protection des biens et des personnes. » Fort de ce résultat, la Caisse Alsace Vosges se lance en 2022 sur le marché de l’assurance des entreprises et recrute à cette fin des équipes dédiées à Strasbourg et à Épinal. Pour compléter le chiffre d’affaires, la marge d’intermédiation globale fondée sur l’activité de crédit et de collecte ne représente plus que 40 %. En 2020, sans surprise, les charges de fonctionnement ont reculé de 3,1 %. Au final, le résultat net est de 50,30 M€, soit une baisse de 26,8 % en raison également d’une dotation aux provisions prudentielles, conformément au ralentissement de l’activité du territoire ». Avec 1,9 milliard d'€ de fonds propres, soit 2,7 fois le seuil des exigences réglementaires, « nous sommes en mesure d’investir ». Ces résultats traduisent selon le président Henri Buecher, « toute la résilience du modèle mutualiste ». Mais « les responsabilités qui nous incombent nous incitent à maintenir un niveau d’engagement constant auprès des clients en répondant aux nouveaux enjeux de société comme la transformation digitale, qui s’est accélérée pendant la pandémie ».

Fédération nationale des producteurs et élaborateurs de crémant

Beaucoup de sujets en marge du concours

Publié le 13/05/2021

Le syndicat des producteurs et élaborateurs de crémant tient ce jeudi et ce vendredi son traditionnel concours national. Il sera également réuni en assemblée générale digitalisée en duplex avec les autres régions productrices, sous l’égide de la fédération nationale. Segmentation de l’offre, promotion à l’exportation, mixologie : beaucoup de sujets seront sur la table.

On se souvient que le concours national des crémants en 2020 devait se tenir en Bourgogne, et qu’il avait été maintenu de façon décentralisée dans chaque région, avec la bénédiction de la Direccte. En 2021, la même formule se déroule toujours de façon délocalisée dans chacune des huit régions productrices ce 6 mai, mais simultanément. « L’idée est d’avoir la meilleure équité possible et d’être rigoureux sur les conditions d’anonymat », explique le directeur de la fédération Olivier Sohler. Et vendredi 7 mai, les syndicats des régions tiendront en duplex leur assemblée générale de la fédération nationale. En Alsace, ce duplex se déroulera dans la salle municipale de Riquewihr. Il sera aussi l’occasion de tenir un débat sur le thème du réchauffement climatique, avec la dégustation de vins effervescents anglais. Les Britanniques produisent à ce jour 13 Mcols (millions de cols). Fait notable lors de cette assemblée générale : l’alsacien Charles Schaller, l’actuel président du syndicat des producteurs et élaborateurs de crémant d’Alsace sera investi en tant que président de la fédération nationale et succédera à ce titre au jurassien Franck Vichet. Côté situation économique, la filière des crémants accuse en 2020 une baisse de 15 % des ventes en volumes. Sans surprise, l’effet Covid, avec son cortège d’annulations d’occasions festives, et une baisse globale du moral expliquent cette chute. Ainsi, l’Alsace qui avait atteint 35 Mcols (millions de cols), perd 5 Mcols, malgré deux mois de janvier et février 2020 extraordinaires, et deux mois de juillet et d’août tout aussi bons. « Les grandes surfaces et l’export sauvent la mise, à l’exception des États-Unis », précise Olivier Sohler, où les crémants bien que non surtaxés par D. Trump, viennent compléter les expéditions de vins tranquilles. Ils ont souffert par ce biais. En 2020, la filière nourrissait l’espoir de conduire une grande campagne de communication sur le marché porteur de la Grande Bretagne, mais le Covid n’a fait qu’atermoyer la décision du lancement de campagne. L’Allemagne, première importatrice Toujours sur le front des exportations, l’Allemagne est redevenue le premier importateur de crémants d’Alsace, devant la Belgique : « C’est une carte à jouer même si c’est un marché de prix. Il reste du potentiel en Belgique car les Belges sont sensibles à la qualité… Le seul vecteur de dynamisation possible, c’est la qualité », commente Olivier Sohler. Un autre sujet est celui de « la segmentation de l’offre en crémant afin d’avoir une cohérence entre toutes les appellations de crémant, permettant dans un second temps de doper la communication collective ». Plusieurs tentatives de segmentation collective ont déjà vu le jour : le crémant Émotion en Alsace en 2009, le crémant grand éminent en Bourgogne… L’autre intérêt ajoute Olivier Sohler consiste à « segmenter un haut de gamme qui tire l’image des crémants vers le haut sans que l’entrée de gamme ne soit dévalorisée ». C’est un danger à ne pas écarter, prévient-il. L’assemblée générale sera l’occasion d’autres sujets tels que la mixologie : « Voulons-nous ou pas emboîter le pas ou rester dans une certaine orthodoxie ? La question reste non tranchée et les avis divergent ». Mais la fédération souhaite ouvrir tous les débats sans tabou. Plus localement, le syndicat des producteurs et élaborateurs de crémant d’Alsace devra arrêter une position sur les rendements 2021. Sujet épineux ! Sans surprise, les avis divergent entre des producteurs souhaitant 75 ou 80 hl/ha, quand d’autres sont plus près des 50 hl/ha. « Les vignerons indépendants ont déjà fait savoir qu’ils s’aligneraient sur la position du syndicat des crémants », précise Olivier Sohler. Dans tous les cas, la filière des crémants d’Alsace pèse désormais entre un quart et un tiers des vins d’appellation produits en Alsace. C’est une filière mature qui entend maîtriser sa destinée.

Publié le 12/05/2021

Les Pépinières Wadel Wininger à Ueberstrass et leur société de reboisement Wadel SARL font partie des lauréats de l’appel à projets « investissements productifs dans la filière graine et plants » du plan France Relance lancé en décembre 2020 par le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation pour faire face aux défis climatiques en forêt. Ce sont les seules entreprises alsaciennes lauréates.

Grâce à cette aide financière du plan « France relance », la plus grande pépinière forestière du nord-est de la France va pouvoir investir dès cette année dans la culture d’essences adaptées au réchauffement climatique. Ces dernières sont en effet appelées dans les années à venir à remplacer en partie les parcelles d’épicéas scolytés qui font l’objet de coupes sanitaires massives depuis plusieurs mois. « Le cœur de notre projet d’investissement est une grande serre à double paroi de 2 000 m² », précise Isabelle Wininger, ex-responsable de l’entreprise familiale Wadel-Wininger (aujourd’hui cogérée par ses enfants). À elle seule, la serre, qui abritera des tables de culture en godets, coûtera 350 000 €. Soit la moitié de l’investissement nécessaire à la pépinière et à Wadel Reboisement pour acquérir le matériel nécessaire (machines pour rempoter, semoirs, tables de cultures, installations d’irrigations). « Nous allons aussi installer des chambres froides pour conserver les jeunes plants dans de bonnes conditions et prolonger la période de mise en terre, aménager des réserves d’eau supplémentaire et renforcer les dispositifs de protection contre le gel. Côté reboisement, nous préparons l’achat d’une mini-pelle supplémentaire, ainsi que de l’outillage adapté à la préparation des sols », ajoute Isabelle Wininger. L’aide de 40 % de l’État est plafonnée à 200 000 € pour chacune des deux entreprises. La construction de la serre pourrait démarrer dès cet été pour une ouverture envisagée au printemps 2022. « Notre objectif est d’arriver à faire 400 000 plants pour démarrer. On a les terrains qui se situent juste à côté du hangar. Il faut maintenant faire les aménagements nécessaires. Il faut également de l’eau pour l’irrigation. Six mois de travaux sont à prévoir. Nous voulions démarrer à l’automne, mais ce sera certainement trop juste. Cette période aurait été idéale car les mises en culture se font au printemps ou à l’automne. Cela va nous laisser le temps de former l’ensemble du personnel », précise Isabelle Wininger. Une nouvelle étape La cogérance de l’entreprise est désormais entre les mains de ses trois enfants, Delphine, Sébastien et Emmanuelle. « Mais, les pépinières sont mon quatrième enfant. Alors, je suis toujours là pour aider. Mais, je vais avoir 75 ans. Je vais lever le pied, mais je ne voulais pas le faire dans le contexte sanitaire actuel. La construction de ces serres, c’est une nouvelle étape dans la vie de l’entreprise. La nouvelle génération va s’en occuper », concède Isabelle Wininger. Ce sont ses parents qui ont fondé les pépinières après la Seconde Guerre mondiale. Elle a connu une belle croissance. Elle est aujourd’hui forte de 25 salariés. « Comme partout, il y a eu des hauts et des bas. Nous avons toujours cherché à nous diversifier pour ne pas vivre sur un seul créneau. Nous avons des chantiers jusqu’en Bretagne », se félicite Isabelle Wininger. L’entreprise a par exemple développé les travaux d’entretien des rivières. Elle s’occupe de la gestion ripisylve. Les travaux sont effectués sur la taille, l’abattage sélectif et la plantation. L’entreprise a là des chantiers qui vont jusqu’en Vendée. De la graine jusqu’à la jeune pousse Mais, à Ueberstrass, on poursuit un travail qui ne peut pas être délocalisé. À savoir la mise en culture de nombreux végétaux. « Nous élevons nos plants de la graine jusqu’à la jeune pousse. Ceux-ci peuvent être des plants de reboisement, de feuillus comme de résineux, et nous faisons également la pousse comme la vente de haies et de brise-vent. Des plantations diverses, non destinées à des fins strictement forestières, constituent notre large choix de végétaux qui conviennent aux bordures de parcelles boisées, à la conception de haies bocagères ou brise-vent, aux aménagements de bordures de routes, autoroutes, ou autres voies ferrées. Quand on sème la graine, quand on désherbe, quand on entretient, le travail de l’homme et de la machine se marient remarquablement bien. Nous ne sommes pas nombreux sur ce secteur des travaux forestiers. Il y a de moins en moins de matériel et peu de fabricants français. Il est donc de plus en plus difficile à trouver », observe Isabelle Wininger. Pour la deuxième année consécutive, les salariés utilisent une bineuse qui permet de réaliser un travail très précis. L’achat de matériel via les subventions du plan de relance va permettre à l’entreprise de se diversifier encore davantage. « Mais, nous avant tout de même 60 % du coût des travaux à payer par autofinancement ou grâce à des prêts. Nous investissons pour du long terme et pour pérenniser la structure », conclut Isabelle Wininger.

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