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Sélection génétique en apiculture

Varroa destructor en cours de destruction

Publié le 28/06/2021

Depuis 2013, la fondation Arista bee research accompagne les apiculteurs qui souhaitent introduire, développer et maintenir le comportement VSH dans la génétique de leurs abeilles. Un comportement qui permet aux abeilles de mieux résister au varroa, donc aux apiculteurs de moins les traiter pour les protéger. En Alsace, un groupe de 15 apiculteurs effectue ce travail de fourmis depuis deux ans.

Le varroa, l’ennemi numéro 1 des abeilles. Plus pour très longtemps ? Après avoir subi les conséquences de l’infestation des ruches par cette espèce d’acariens, parasites de l’abeille adulte ainsi que des larves et des nymphes, les apiculteurs ont appris à protéger leurs ruches avec des médicaments vétérinaires, en apiculture biologique comme en conventionnelle. Car Apis mellifera, l’abeille domestique, résiste mal, seule, aux attaques de Varroa destructor. Mais certaines abeilles résistent mieux que d’autres. Une particularité liée à des facteurs génétiques complexes, que des apiculteurs tentent de sélectionner pour rendre Apis mellifera plus résistante à son agresseur. C’est l’objet de la fondation à but non lucratif Arista bee research (ABR), réunissant à la fois des scientifiques, des experts en apiculture, et des apiculteurs professionnels, maillon indispensable de la sélection d’abeilles résistantes au varroa. Actuellement plus de 120 éleveurs en Belgique, au Luxembourg, en France, en Suisse, en Allemagne, en Espagne, aux Pays-Bas, en Autriche, en Italie et aux États-Unis participent au programme. La fondation a été créée en 2013. En 2020, un groupe de 15 apiculteurs alsaciens a rejoint les rangs du réseau. ABR les soutient dans ce travail de sélection en employant plusieurs personnes, dont Guillaume Misslin, docteur en Biologie, spécialisé en génétique et épigénétique, également apiculteur avec son frère dans le Sundgau, et qui sillonne les routes d’Europe, pour suivre une dizaine de groupes d’apiculteurs. Ce travail de sélection génétique est complexe. Première étape : inséminer une reine avec un seul mâle, de manière dirigée, alors que, dans la nature, une reine est fécondée par une douzaine de mâles différents, ce qui apporte une importante hétérogénéité génétique à l’essaim. Pour effectuer un accouplement dirigé, il faut donc disposer simultanément d’un mâle et d’une reine « mûrs ». Ensuite, « le mâle est récolté, avec un capillaire, sous un microscope. La reine est placée dans un tube, anesthésiée avec du CO2, et inséminée avec un capillaire », décrit Guillaume Misslin. Des manipulations qui exigent du matériel, et du savoir-faire. Une fois inséminée, la reine est placée dans une petite ruche, avec des abeilles qui vont l’entretenir. « Pour effectuer le phénotypage de sa descendance, il faut attendre que ces abeilles nourrices disparaissent, afin de ne phénotyper que les abeilles issues du croisement ». Sachant que l’une des conséquences de l’accouplement dirigé est que la reine ne va pas engendrer une grosse colonie. Des abeilles cannibales Vient ensuite la phase d’infestation avec le varroa, qui est introduit volontairement et à une pression élevée dans les colonies issues de la sélection, plus précisément dans les couvains. « Quelque temps après l’operculation, on ouvre les ruches et on effectue le phénotypage, basé sur le comportement des abeilles, c’est-à-dire qu’on observe ce qu’elles ont fait du varroa », explique Guillaume Misslin. Équipés de loupes binoculaires, les apiculteurs estiment le pourcentage du couvain qui est infecté par le varroa, ainsi que la proportion de varroas capables de se reproduire. « Si le couvain est peu infecté, et que les varroas qui subsistent sont peu ou pas capables de se reproduire, c’est que la reine et le mâle ont transmis aux ouvrières le bagage génétique nécessaire à la lutte contre le varroa », poursuit-il. Ce bagage génétique se traduit par un trait de comportement désigné par l’acronyme VSH, pour Varroa sensitive hygiene, dicté par l’expression d’un ensemble de gènes, et qui fait que « les abeilles VSH détectent les alvéoles du couvain infectées par le varroa, les ouvrent, et cannibalisent la nymphe qui se situe à l’intérieur, ce qui enraie le cycle de multiplication du varroa. Ces colonies prometteuses sont ensuite conservées, pour obtenir des reines qui propageront cette génétique VSH ». Toutes ces opérations nécessitent une bonne dose de savoir-faire. Aussi Guillaume Misslin dispense régulièrement des cours d’insémination. « De plus en plus d’apiculteurs sont formés, ce qui a permis d’inséminer plusieurs centaines de reines depuis l’année dernière », se félicite-t-il. Il faut aussi savoir récolter les varroas, les manipuler pour infester les colonies test, effectuer le phénotypage… Ce travail, chronophage et fastidieux, est mené en parallèle chez tous les apiculteurs : « Nous organisons une séance de comptage en commun, le dernier week-end du mois de juillet, pour mutualiser les moyens », indique Guillaume Misslin. Amélie Mandel, coordinatrice de l’association pour le développement de l’apiculture (Ada) du Grand Est, précise : « Chaque apiculteur fait ce qu’il sait faire en autonomie. Mais les comptages prennent énormément de temps, c’est donc grâce au collectif que la démarche de sélection génétique peut être entreprise. » Accélérer la sélection naturelle grâce à la technologie En apiculture, il n’existe pas de station de sélection, chaque apiculteur façonne sa propre génétique pour élever des abeilles qui produisent suffisamment de miel, de manière régulière, qui ne sont pas agressives, résistantes, tout en maintenant un réservoir de diversité suffisant au sein de la ruche. C’est pourquoi l’idée n’est pas de sélectionner des reines résistantes au varroa dans des stations puis de les diffuser chez les apiculteurs. « Ça a déjà été fait aux États-Unis, et ça a été un échec car ces reines ont été multipliées chez des multiplicateurs, qui les ont croisées avec du matériel génétique non-vecteur de la génétique VSH. Donc au final, ces reines estampillées VSH ont été vendues cher, alors que leur génétique VSH était diluée », indique Guillaume Misslin. C’est pour éviter ce type de dérive que la fondation ABR préfère miser sur une sélection effectuée par et pour les apiculteurs, qui se diffusera automatiquement, de proche en proche, notamment au gré des échanges entre apiculteurs. « Il nous semble important que chaque groupe travaille avec sa génétique, mais il n’est pas impossible de mettre des apiculteurs en relation pour introduire une nouvelle génétique si le besoin s’en fait sentir », poursuit Guillaume Misslin. Stéphane Ollivier, apiculteur à Winkel (68), participe depuis deux ans au programme, il résume : « Si les apiculteurs n’étaient pas intervenus, le varroa aurait décimé 99 % des colonies d’abeilles domestiques. Seules quelques-unes, celles qui sont capables de vivre avec, auraient survécu et se seraient peu à peu multipliées. Nous cherchons à accélérer ce processus de sélection naturelle grâce à la technologie. » À long terme, lorsque la génétique VSH se sera diffusée chez Apis mellifera, les apiculteurs espèrent pouvoir s’affranchir au moins en partie des traitements contre le varroa, qui ne sont agréables ni pour les apiculteurs ni pour les abeilles, dont l’efficacité est variable, mais qui sont toujours payants. « Les bénéfices attendus sont énormes, indique Stéphane Ollivier. À cause du varroa, nous avons des ruches qui doivent être traitées dès le mois de juillet, voire juin, ce qui implique de cesser la production de miel. » Une décision pas toujours facile à prendre pour les apiculteurs, qui tirent leur revenu du miel. Mais il en va de la survie de la ruche : « Si on arrête trop tard la production de miel pour effectuer le déparasitage, c’est là qu’il y a des pertes l’année suivante », poursuit Stéphane Ollivier. Grâce à la sélection génétique, il sera possible de laisser ces ruches en production jusqu’à la mi-août, pour ensuite les déparasiter. Éric Bitzner, apiculteur à Russ (67), membre du projet depuis deux ans, confirme : « Certaines ruches atteignent le seuil de contamination critique en juin, avant la miellée du sapin, qui est très recherchée, donc importante pour les apiculteurs. Si rien n’est fait, ces ruches dépassent le seuil critique après la miellée du sapin. La sélection génétique doit nous permettre de retarder le moment où le seuil critique est atteint, voire de ne pas l’atteindre, en tout cas de pouvoir traiter avant que le seuil soit dépassé, tout en profitant de la miellée de sapin. » Un travail de longue haleine, mais payant Le programme de sélection a un coût, celui de l’encadrement, du matériel apicole, mais les apiculteurs n’ont pas à rémunérer ABR. La fondation peut soutenir les apiculteurs gratuitement grâce aux subventions et dons reçus par la maison mère, située aux Pays-Bas. « Pour l’instant ABR ne reçoit aucune subvention Française, mais espère en recevoir dans le future », précise Guillaume Misslin. Le projet demande aussi un investissement important en temps. Mais, à terme, les économies réalisées seront considérables : « Moins de pertes de colonies, des ruches qui seront productives plus longtemps, donc plus de miel, et moins de traitements, donc des abeilles plus saines, qui seront sans doute aussi plus résistantes aux autres perturbations de leur environnement », liste Éric Bitzner. Stéphane Ollivier note aussi des bénéfices connexes, comme « l’acquisition de connaissances, de nouvelles pratiques, une émulation entres les apiculteurs du groupe… » Guillaume Misslin conclut : « Les premiers apiculteurs à s’être lancés dans le programme, en 2014, commencent à avoir des résultats, ils traitent très peu contre le varroa, voire plus du tout. »

Ferme Lammert à Ensisheim

Découvrir la céréaliculture à vélo

Publié le 26/06/2021

La première édition des Journées nationales de l’agriculture s’est déroulée du 18 au 20 juin dans toute la France. Une nouvelle occasion pour les citoyens de découvrir ou redécouvrir leur patrimoine agricole et alimentaire par le biais de visites et de rencontres avec des professionnels du milieu. À Ensisheim, la ferme Lammert a fait le choix de la balade à vélo pour présenter la culture de céréales en Alsace.

Un peu de sport, un peu de détente et beaucoup de pédagogie. Dimanche dernier, la ferme Lammert, à Ensisheim, a emmené une vingtaine de personnes à vélo à travers ses champs de céréales dans le cadre de la première édition des Journées nationales de l’agriculture (lire en encadré). Une balade gratuite de trois kilomètres, accessible à tous, qui a permis d’expliquer le cycle végétal de la plante, le travail de l’agriculteur, et les débouchés alimentaires pour le maïs, le soja et le blé. Rendez-vous était pris à 10 h sur une digue située le long de la RD 20 qui relie Ensisheim à Ruelisheim et Wittenheim. La grande majorité des participants venait de la commune, certains étant des connaissances de Benjamin Lammert et sa compagne Marie Casenave-Péré, d’autres non. « On avait à cœur de développer le lien avec le village », explique-t-elle. Il faut dire aussi que le choix du vélo comme moyen de locomotion pouvait aussi apparaître comme un frein pour des personnes venant de plus loin. Aucun regret pour Marie qui considère que le deux-roues, en plus du côté « ludique » de la balade, était plus adapté à la surface de l’exploitation. « À pied, cela aurait été plus long et monotone. Là, c’était plus dynamique. Et puis le vélo, c’est dans l’air du temps ! » La ferme Lammert est la seule exploitation représentative de l’agriculture alsacienne à avoir participé à cette première édition des Journées nationales de l’agriculture (lire en encadré). Pour Marie et Benjamin, déjà très actifs en matière de communication grand public, leur présence à ce nouvel évènement était une évidence. « Si une dynamique se met en place au niveau national, il faut en être. J’espère que notre présence cette année donnera envie à d’autres de faire de même l’an prochain si la manifestation est reconduite », souligne Marie qui reste enthousiasmée par ce premier essai. Des ajustements seront tout de même nécessaires dans le cas d’une future balade. « On avait des enfants, des ados, des adultes, des retraités. C’est compliqué de parler d’agriculture de la même manière avec un public aussi divers. Il faudra peut-être calibrer quelque chose de mieux adapté pour les plus jeunes. Là, c’est vrai que c’était très orienté pour les adultes. » Des « angoisses » à rassurer Mais il n’y a pas d’âge pour apprendre et poser des questions. Sur le maïs par exemple, une culture qui ne jouit pas nécessairement d’une très bonne image auprès du public, les interrogations étaient nombreuses sans la moindre véhémence. « Tout a été abordé : les produits phytos, l’irrigation, les OGM. Aucun sujet n’a été éludé », développe Marie. Sur la question de l’eau, le couple d’agriculteurs a pu rappeler que l’Alsace n’en manquera jamais grâce à la présence de la plus grande nappe phréatique d’Europe sous ses pieds. « Il y a une angoisse sourde au sein de la population avec toutes les sécheresses et canicules qui se succèdent. Il faut en être conscient si on veut rassurer les esprits. » Benjamin et elle sont en tout cas convaincus d’une chose : faire évoluer le regard des gens sur l’agriculture d’aujourd’hui, c’est possible, à condition d’en avoir un minimum envie. « C’est vrai qu’une balade comme celle-là demande un peu de travail en amont. En plus, on ne gagne pas d’argent avec une telle opération. Mais je pense qu’on n’est pas obligé de faire ça aussi bien à chaque fois. Juste ouvrir les portes de sa ferme une fois par an, et laisser les gens venir et poser des questions peut suffire pour faire évoluer certaines croyances. » Pour les cyclistes du jour, cela a permis de faire évoluer l’image d’Épinal du paysan d’antan. La fourche a laissé la place à la technologie, mais le cœur du métier reste le même. « Il faut juste prendre le temps de le rappeler quelquefois », conclut Marie.

FDSEA et Jeunes agriculteurs du Haut-Rhin

« Nous voulons des solutions immédiates »

Publié le 25/06/2021

Une réunion dite de concertation a eu lieu mardi 22 juin à Saint-Amarin entre les agriculteurs, les chasseurs et les élus locaux à l’initiative de la profession agricole. Le sujet : les dégâts de sangliers et de cervidés en montagne notamment. Après plus de deux heures d’échanges, les professionnels se disent déçus. Une mobilisation pourrait être organisée dans un proche avenir avec les autres syndicats.

Il est 13 h 30 quand une dizaine de tracteurs et une vingtaine d’agriculteurs se retrouvent sur le parking d’un restaurant situé peu avant Saint-Amarin. Les professionnels répondent à l’appel lancé par la FDSEA et les Jeunes agriculteurs du Haut-Rhin, et notamment ceux de la vallée. Une mobilisation qui n’a pas été difficile à obtenir tant les agriculteurs en ont ras-le-bol. Les dégâts de sangliers et de cervidés sont de plus en plus nombreux et toujours plus importants. « C’est devenu invivable », témoignent plusieurs professionnels. Fin mai, un courrier avait été adressé aux maires et au préfet pour, une nouvelle fois, les alerter de cette situation.     Depuis des années, des réunions sont organisées. Aucune solution concrète et efficace n’est trouvée. Aucune action n’est réellement mise en place. Pourtant, la profession agricole a déjà proposé des solutions : la stérilisation temporaire des laies, l’expérimentation à plus grande échelle du piégeage des sangliers, l’utilisation d’appareils à visée nocturne pour la chasse comme dans certains départements, ou encore l’extension du droit de destruction toute l’année pour les agriculteurs. En outre, « nous observons que les chasseurs les moins impliqués ne semblent pas davantage inquiétés que dans le passé alors qu’ils font supporter à tous les autres le prix de leur inaction. Nous connaissons les lots défaillants où les dégâts sont colossaux. Nous vous serions reconnaissants de diligenter les mesures qui sont à votre initiative pour faire cesser ces situations », écrivent Pascal Wittmann et Christophe Rué, respectivement président de la FDSEA du Haut-Rhin et du canton de la montagne dans un courrier adressé au préfet. « C’est la réunion de la dernière chance » Les maires ont également été interpellés. Depuis, les échanges se sont multipliés. La fédération des chasseurs du Haut-Rhin a réagi. « Quand j’ai eu ce courrier, je n’ai pas cherché à nier le problème. J’ai estimé qu’il était nécessaire qu’on se retrouve avec les maires, les adjudicataires, les lieutenants de louveterie, le fonds d’indemnisation ou encore l’office national des forêts pour faire le point et travailler ensemble », explique au début de cette réunion Gilles Kaszuk, président des chasseurs du département. « C’est la réunion de la dernière chance ! Si aucune solution immédiate n’est trouvée et mise en place immédiatement, le monde agricole passera à l’action », lance aussitôt Pascal Wittmann. « Comment avoir envie d’exploiter des terres régulièrement saccagées ? Cela ne peut plus durer. La situation est catastrophique. À ce rythme, il sera définitivement impossible d’installer des jeunes sur des exploitations qui ne seront plus viables », poursuit Nicolas Dieterich, secrétaire général des Jeunes agriculteurs du Haut-Rhin. Vient ensuite le témoignage fort et émouvant d’un jeune éleveur, Florent Pierrel. Avec les éleveurs de son canton, il avait été à l’initiative d’une toute première action en interpellant une première fois les élus locaux. « La situation actuelle est invivable. Nous sommes à bout. Notre métier est mis à mal. Nos ressources financières diminuent et nos charges augmentent. Nous voulons des solutions immédiates car on nous balade depuis trop longtemps. » Face à des déclarations, les maires présents prennent la parole. Ils apportent bien leur soutien. D’autres reconnaissent être sans solution. C’est par exemple le cas du maire de Dolleren, Sébastien Reymann, élu en mai 2020. « Je découvre vos difficultés. Mais que peut-on faire de plus ? C’est d’autant plus difficile pour des communes comme la nôtre, car souvent le dernier loyer qui reste, c’est la chasse. Nos budgets fondent et nos administrés nous demandent toujours davantage. Il faut arriver à trouver des solutions ensemble. » « Nous en avons assez d’attendre » Des échanges tendus ont ensuite lieu. Le vice-président des chasseurs du Haut-Rhin, André Belzung, réclame « des états généraux sur les dégâts de sangliers après les vacances d’été. Car ce problème dépasse le monde de la chasse. Et puis je souhaite aussi rappeler que la chasse est avant tout pour moi un loisir ». Des états généraux rejetés par René Zimpfer au nom du monde agricole tout comme le calendrier proposé quelques instants plus tard par Gilles Kaszuk invitant tout le monde à se revoir en septembre-octobre.  « Je suis déçu de cette réunion. Nous en avons assez d’attendre. Il faut arrêter de tergiverser. Surtout que nous savons tous où sont les problèmes. On va donc entrer en action », prévient René Zimpfer. Il est suivi par Pascal Wittmann qui fait le même constat. « Je suis également déçu de cette réunion. On ne nous propose aucune solution. Je veux des choses concrètes. Depuis deux heures, on repousse, on repousse, on repousse ! J’ai toujours été pour le dialogue. Mais, là, ce n’est plus acceptable. Nous disons également stop au double discours des uns et des autres », s’agace le président de la FDSEA du Haut-Rhin. Et Ange Loing d’insister : « L’objectif est d’avoir un calendrier avec des solutions. Car ces solutions, elles existent et elles sont facilement applicables. Vous avez des obligations. Faites appliquer la loi. Ici, vous avez déjà perdu le textile. Ne perdez pas le monde agricole », conclut le représentant agricole. À la sortie de la réunion, les discussions se poursuivent sous le regard de nombreux représentants des forces de l’ordre. Un vif échange a lieu entre les agriculteurs et le maire de Moosch, José Schruoffeneger, qui dit ne pas avoir apprécié le courrier qu’il a reçu et « pas davantage votre interpellation d’aujourd’hui. Je saurais m’en souvenir » sur un ton peu consensuel. Après quelques minutes de flottement, Pascal Wittmann reprend la parole pour faire le bilan de la réunion aux agriculteurs. « Nous sommes clairement déçus. Je vais prendre attache avec les responsables des autres syndicats que sont la Confédération paysanne et la Coordination rurale pour engager une action en commun. Car ce sujet concerne tout le monde. Vous pouvez vous préparer pour une nouvelle mobilisation ».

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