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Moulin Burggraf-Becker à Dossenheim-sur-Zinsel

Une affaire de famille depuis cinq générations

Publié le 12/07/2021

À Dossenheim-sur-Zinsel, la minoterie Burggraf-Becker se transmet de mère en fille, depuis cinq générations. Elle est, aujourd’hui, gérée par Isabelle et son mari, Jean-Yves Welsch. L’entreprise, qui emploie une vingtaine de salariés, s’est fortement diversifiée au fil des ans.

« Historiquement, nous avons une activité de meunerie », indique Jean-Yves Welsch, directeur général de la société. Rénové en plusieurs étapes, le moulin est équipé pour assurer le nettoyage et la mouture des céréales, et proposer des mélanges spéciaux, l’ensachage et le stockage des farines. « Nous produisons tous types de farines à base de blé et de seigle conventionnels et biologiques. D’autres farines sont commercialisées : sarrasin, grand épeautre, petit épeautre, maïs, quinoa, riz, etc. » Le moulin collecte des céréales auprès d’agriculteurs du Bas-Rhin et de la proche Moselle pour ses propres besoins et un peu de revente. « La limite du département est à une dizaine de kilomètres et le transport est plus aisé : pas de routes encombrées ni de grandes agglomérations. » Dès leur arrivée, toutes les bennes sont analysées pour effectuer un tri qualitatif, précise Jean-Yves Welsch. Depuis la réception de son agrément EcoCert dans les années 2000, l’entreprise consacre une partie de son activité aux céréales biologiques et encourage les producteurs locaux dans leur démarche de conversion à l’agriculture biologique. Une activité qui lui tient à cœur. « Le bio représente la moitié de la collecte totale qui varie entre 3 000 et 4 000 tonnes. Je tiens à souligner que nous n’avons jamais eu de problèmes de qualité avec les céréales bio. Même en 2016, année très compliquée, nous avons pu utiliser toutes les céréales bios, alors qu’en conventionnel, il y avait beaucoup de tri à faire. » Une nouvelle activité, le toastage Dans les années 1960, le moulin s’est lancé dans la fabrication d’aliments du bétail. Aujourd’hui, il propose toujours des produits d’alimentation animale « mais nous nous limitons à la revente et au conseil ». Le moulin Burggraf-Becker s’est ensuite diversifié dans l’activité d’approvisionnement en semences, produits phytosanitaires, amendements, plastiques agricoles. « Nous essayons d’avoir une offre complète à destination des exploitations de polyculture élevage. Nous avons environ 600 agriculteurs dans nos fichiers pour nos différentes activités. » Il a développé le conseil aux agriculteurs. « Nous employons quatre technico-commerciaux pour l’activité agricole et un pour l’activité meunerie. » L’entreprise familiale s’est également dotée d’un joli magasin de vente qui propose une large gamme de produits locaux, mais aussi de l’alimentation à destination des aviculteurs, des cuniculteurs, des colombophiles. « Nous avons aussi un grand rayon consacré aux aliments pour les chevaux. » Travaux publics et cours de pâtisserie Ainsi, le moulin Burggraf Becker a plus d’une corde à son arc. Et ce n’est pas fini. Depuis deux ans, il propose une nouvelle prestation de services : le toastage des protéagineux (soja, féverole, pois, lupin) pour l’alimentation des animaux. Un projet soutenu financièrement par l’Agence de l’eau Rhin-Meuse et la Région Grand Est. L’an dernier, une nouvelle activité a vu le jour. La famille Welsch s’est en effet lancée dans les travaux d’aménagement et d’entretien de l’environnement. « C’est la passion de notre fils, Christophe. Il travaille pour l’Office national des forêts, les associations foncières et les particuliers », explique Jean-Yves Welsch. « On ne s’est jamais arrêté de diversifier, en fait, poursuit-il. L’arrivée de notre fille, Sarah, nous permet désormais d’organiser des ateliers de boulangerie, de pâtisserie et de cuisine pour les particuliers et les professionnels. » Les ateliers du Moulin ont été conçus en étroite collaboration avec Christian Boistelle, maître boulanger-pâtissier confiseur, qui apporte son savoir-faire.    

Publié le 10/07/2021

Avec sa compagnie Bal’us’trad, le Sélestadien Didier Christen fait revivre l’esprit des troubadours et saltimbanques le long de la Route des vins d’Alsace, au hasard des rencontres et des longs kilomètres parcourus à pied et en musique.

Au rythme des pas, au son des instruments, au hasard des rencontres, la Route des vins d’Alsace se montre sous un nouveau jour avec la compagnie Bal’us’trad. Ce collectif de trente musiciens est né en 2001, dans l’esprit de Didier Christen, un « vieux troubadour » comme il se définit lui-même, digne héritier des ménestrels et saltimbanques qui animaient autrefois les bourgs alsaciens. « On nous a donné beaucoup de noms pour finalement nous étiqueter en tant qu’artistes. C’est un terme un peu fourre-tout qui définit très mal ce que nous sommes et ce que nous cherchons à créer : du lien humain, le long de la Route des vins. » Au-delà de son inévitable attrait touristique, il voit dans cet itinéraire emblématique un espace de rencontres, de partages, de sourires et de solidarités diverses. « On arrive dans les villages en jouant notre musique, sans savoir où l’on va atterrir. On se laisse guider par le hasard et les rencontres se font. »     Le plaisir d’être ensemble Aujourd’hui, ils sont chez Bruno, un retraité de Nothalten, passionné d’histoires et de deux roues. Cela fait trois jours que Didier Christen et sa petite bande ont posé leurs instruments et leurs charrettes à l’abri de son hangar. « J’allais faire mon jardin et je suis tombé sur Didier alors qu’il cherchait des toilettes pour sa fille. Je lui ai proposé d’utiliser les miennes et nous avons commencé à échanger. » Séduit par ces nomades capables de faire plaisir aux autres, « sans arrière-pensée », Bruno les présente au maire qui les autorise à camper gratuitement dans sa commune. La suite ? Une fête de la musique improvisée dans le hangar de Bruno, avec Michel, le voisin forgeron retraité, et, Jean René et son petit accordéon. « On a chanté et dansé toute la nuit. Je me suis couché à 5 h du matin », glisse Bruno, le sourire aux lèvres, heureux de retrouver tant de chaleur humaine, après une année minée par la crise sanitaire. Partis d’Andlau le 11 juin, Didier et ses comparses n’ont pas prévu de point d’arrivée précis, si ce n’est « dans un village de la Route des vins » fin juillet. L’an passé, ils avaient relié Rouffach à Kaysersberg en quinze jours lors d’une aventure similaire. « La grosse différence, c’est qu’on n’a pas pu faire de spectacle en soirée à cause du Covid-19. Alors on s’est contenté de jouer dans les rues des villages. Les gens étaient à leurs fenêtres pour nous écouter. Ils nous ont donné des sourires, des applaudissements, des pièces de monnaie, à boire, à manger et juste le plaisir d’être ensemble », se remémore le musicien de 39 ans, passé par le conservatoire et diplômé du centre de formation de musicien intervenant de Sélestat. La compagnie Bal’us’trad avait initié ce concept de musique itinérante en charrettes, à l’occasion de la Foire aux vins de Colmar, en 2006. « On devait y être tous les jours pour animer les allées de la manifestation. Plutôt que de faire l’aller-retour chaque jour depuis Sélestat, on a décidé d’y aller à pied. » Un an plus tard, rebelote, mais cette fois avec la ville de Barr comme point d’arrivée. La troupe réitère l’expérience en 2008, avant de tenter l’aventure en 2009 avec des calèches tirées par des chevaux. Cette somme d’expériences permet à la compagnie de construire quelque chose de plus « conséquent », en 2011 : un cabaret concert en itinérance à charrette le long de la Route des vins, de Barr à Eguisheim, pendant une vingtaine de jours. Le tout soutenu, entre autres, par les agences de développement touristiques et le Civa. « L’idée était d’allier tourisme, culture et dégustations œnologiques ». « Bal’us’strad en ballade » était né autour d’un « incroyable périple » qui a mobilisé une quarantaine de musiciens et une vingtaine de charrettes à tirer ou pousser, à bras d’hommes. Un hommage musical aux vignerons Dix ans plus tard, le nombre de charrettes a un peu diminué, le nombre de musiciens varie au gré des disponibilités de chacun, mais l’esprit reste le même avec cette « Résidence itinérante 2021 ». « Sauf que cette fois, il n’y a pas d’affiche, pas de pub, pas d’annonce, et pas de subvention. On apprend à vivre de manière itinérante, avec les contraintes qui vont avec, tout en prenant le temps de composer des nouveaux morceaux. » Le dernier en date est intitulé « L’ode aux vignerons » qui rend hommage à celles et ceux qui « triment » toute l’année, qui donnent leur temps, leurs larmes et leur sang sur les pentes du vignoble « pour faire grandir les grains nobles ». Tout ça « pour nous rendre ronds, pauvres âmes assoiffées ! ». « Nous voulions raconter le labeur du vigneron qui nous permet, au final, de partager le sens de la vie autour d’une table et d’un bon verre de vin. » Un métier que le troubadour a plaisir à côtoyer dès qu’il le peut. « Mon palais n’est pas encore très aiguisé mais je prends plaisir à l’améliorer ! » Il a rencontré beaucoup de vignerons depuis qu’il arpente la Route des vins avec ses charrettes et les musiciens qui l’accompagnent. Ce qui le frappe, c’est la diversité et la richesse qui constituent cette profession en terre alsacienne. « J’ai vu beaucoup de profils. Il y a les vignerons qui sont très amis mais qui ne parlent pas de vin entre eux car ils n’ont pas la même conception du métier. Et il y en a qui tentent de s’adapter en essayant de créer autre chose, qui correspond plus à ce qu’ils sont plutôt que faire ce que tout le monde fait. Le vin est un sujet très personnel », observe-t-il avec un peu de recul. Une logistique épuisante, une musique revitalisante À travers ces concerts itinérants sur la Route des vins, la compagnie Bal’us’trad entend « défricher » un chemin qui n’a pas été parcouru depuis un demi-millénaire par les troubadours, bardes et autres jongleurs. « Il faut tout recréer, il y a beaucoup de choses à faire, même s’il y a des coups de mou parfois. » L’improvisation permanente a aussi ses limites. « Parfois, on peut se sentir inquiets. Et logistiquement, ça peut être usant. » Il y a ces charrettes de plusieurs dizaines de kilos à véhiculer d’un village à l’autre. « Sur du plat ou en descente, une personne suffit. Mais dans les montées, il faut au moins être quatre ou cinq. » La fatigue et le découragement ne durent heureusement pas très longtemps. « Il suffit qu’on se mette à jouer de la musique pour que tous nos soucis s’en aillent. » Et puis il y a toujours cette motivation de montrer ce qu’on peut faire quand on dispose d’un savoir-faire musical. « Beaucoup des jeunes vont dans des conservatoires ou des écoles de musique mais abandonnent progressivement, parce qu’il faut se former à des « vrais métiers ». C’est sûr, il faut bien vivre. C’est pour cela que nous honorons plusieurs contrats tout au long de l’année, dans toute l’Alsace. Mais, avec ce parcours itinérant qui se construit au fur et à mesure, nous sommes aussi dans notre rôle de musiciens et de troubadours : faire un lien entre toutes les personnes, les talents et les savoir-faire qui vivent le long de la Route des vins d’Alsace. »    

Publié le 08/07/2021

Après le succès de 2020, Niess Agriculture, Famille Hauller et Gerber H & M organisent la deuxième édition des « 3 jours du vignoble » du 16 au 18 juillet à Dambach-la-Ville. Le contexte commercial reste celui de 2020, où la vie professionnelle du vignoble, perturbée par le Covid-19, n’a pas beaucoup d’occasions de réunions autour de matériel viticole, lors de foires ou de démonstrations.

« Nous apercevons enfin le bout du tunnel après plus d’un an d’obscurité. Nous avons la volonté d’agir pour la reprise de l’activité économique », expriment les deux constructeurs et concessionnaires de matériel vitivinicole, et la maison Hauller, productrice et négociante en vin. Comme l’an passé, cette manifestation accueille des partenaires et de nombreux artisans et producteurs locaux. Au programme : Une journée de vendredi « professionnels », orientée sur le « Monde rural » au sens large, avec une conférence sur le climat dans la matinée et la présentation de nombreux matériels agricoles, viticoles, de vinification et d’entretien des espaces verts, tout au long de la journée. Un marché du terroir et des producteurs, renforcé, après sa grande réussite de l’année passée, avec la présence de nombreux exposants supplémentaires, le vendredi, en fin d’après-midi, et le dimanche en journée. La présentation du nouveau magasin de Niess Agriculture « Promodis 2.0 » Une grande tombola avec de nombreux lots à gagner. Un programme d’animations étoffé, avec des jeux pour enfants, des spectacles, des animations musicales et de nombreuses surprises, tout au long du week-end.    

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