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Provitis à Sainte-Croix-en-Plaine

Un « Top week-end » pour aller de l’avant

Publié le 20/07/2021

Pour la seconde année consécutive, Provitis à Sainte-Croix-en-Plaine organise du 30 juillet au 1er août son « Top week-end ». Un événement qui doit permettre au monde viticole de se retrouver dans un contexte sanitaire toujours incertain et une situation économique qui reste perturbée.

La première édition l’été passé avait connu une belle réussite. « Ce bilan, je le réalise aujourd’hui. Quand j’ai interrogé nos différents partenaires 2020, ils m’ont tous répondu favorablement pour un retour cette année. Cela prouve que, même dans ce contexte particulier, la manifestation est pertinente. Cette fois encore, les gens ont envie de se revoir pour un moment professionnel et convivial. L’objectif est évidemment commercial. Tous les exposants vont à nouveau présenter leurs matériels, leurs nouveautés. L’idée est d’échanger avec nos clients, de se rencontrer en vrai », explique Didier Andelfinger, gérant de Provitis. 100 % de retour (ACS - Andelfinger, CAC - Ampelys, Viti Services, ETA Gsell, S.E. Techniques Agricoles, Roecklin, Clinique Electro Diesel, Ostermann) et deux nouveaux exposants qui viennent d’officialiser leur présence : la société Costral à Riquewihr et la société Stevial à Bennwihr-gare. Comme l’année passée, les visiteurs pourront (re) découvrir plusieurs marques de tracteurs (New Holland, Fendt, Case Ih notamment) sur chaque stand. Les tracteurs anciens seront encore une fois mis en valeur grâce à François Jecker, grand collectionneur et passionné.     Parmi les animations et les nouveautés, il faut retenir cette petite piste de karting à pédale pour les enfants avec un parcours en botte de paille au milieu de l’espace de l’entreprise. Ce qui permettra aux parents de garder un œil vigilant tout en s’occupant. Le personnel de Provitis assurera la buvette et la restauration pendant les trois journées. Un prestataire est prévu pour les tartes flambées (bbq & flam’s) et un autre pour les glaces. La manifestation se déroulera les trois journées de 10 h à 19 h avec un nocturne jusqu’à 23 h le samedi 31 juillet. À chaque fois, un DJ proposera une animation musicale. La date de la manifestation est également bien choisie. « Cette année, les travaux dans les vignes vont s’étaler jusqu’à fin juillet/début août. Alors que l’an passé, une vendange précoce était attendue. Le contexte est donc différent. Les gens seront encore là cette fois. On revient vers une situation normale. Même si les orages sont perturbants tout comme ces variations de température », ajoute Didier Andelfinger. Il s’attend donc à une affluence plus importante que l’année passée. Sauf si la météo joue à nouveau un rôle négatif. Ne pas se replier Tous les professionnels en conviennent : la situation est difficile pour le monde viticole. La crise sanitaire n’a fait qu’accentuer ce phénomène qui fragilise les petites et moyennes entreprises. « On rajoute le gel, une mauvaise floraison et l’incertitude qui persiste sur la sortie de la crise du Covid-19 et on a tous les ingrédients pour maintenir cette inquiétude. Mais il ne faut pas se replier. C’est l’intérêt de ce week-end. Nous faisons bénéficier à nos partenaires de notre site à Sainte-Croix-en-Plaine pour accueillir nos clients et le plus large public possible. Tout le matériel qui concerne la vigne, les tracteurs, les matériels de pulvérisation et de travail du sol seront visibles. Il n’y aura pas de conférence et de démonstrations. Mais nous serons à l’extérieur pour expliquer techniquement les choses. Comme nous le faisons à la Foire aux vins à Colmar », poursuit Didier Andelfinger. Une manifestation libre d’accès, sans inscription préalable puisque située à l’extérieur. Concernant l’entreprise elle-même, Provitis est concernée par une baisse de son chiffre d’affaires en 2021 qui est plus prononcée sur la France que sur l’export. À l’exception de l’Alsace et de la Charente, le gel a concerné toutes les autres régions. « Par ailleurs, nous commercialisons du matériel qui n’est pas concerné par des aides de l’État. Nous restons cependant sur un chiffre d’affaires équivalent à 2018-2019 après deux années de très forte augmentation. Je ne suis pas plus inquiet que cela pour l’avenir même si 2022 sera également une année difficile et dans un contexte sanitaire toujours inconnu. Concernant notre organisation, nous nous adaptons dans une très grande souplesse avec des pièces sous-traitées à l’extérieur. Quand nous vendons moins, nous achetons moins, et inversement. Ce qui est plus inquiétant en revanche, ce sont les tensions existantes dans la filière industrielle en termes de délai d’approvisionnement. Ces délais sont toujours longs et c’est là notre plus grosse inquiétude », conclut Didier Andelfinger. Il se veut néanmoins optimiste et va de l’avant. L’organisation de cette manifestation en est le meilleur exemple.

Ferme Le Mevel à Fort-Louis

Des charolais et des asperges bio en direct

Publié le 18/07/2021

« Vente d’asperges et de viande bio » : à la Ferme Le Mevel, à Fort-Louis, le message est simple, clair et concis. Clément Le Mevel mise sur le circuit court. En parallèle, il développe aussi ses partenariats avec les sociétés locales.

« Komm ! Komm her ! », crie Clément Le Mevel, devant un parc, à l’entrée de Fort-Louis. Il rassemble ses troupes pour la photo. La pluie et la fraîcheur estivales siéent aux bêtes. Les charolais dévalent les pentes verdoyantes, à l’avant du fort. Les veaux d’un an, qui naissent au pré, fin septembre, s’attendent à de la farine d’avoine et de pois : ce avec quoi l’éleveur les a nourris l’hiver passé. Ils sont habitués à sa voix, dociles. Les vaches, elles, espèrent changer de parc. Elles meuglent d’impatience. Toutes et tous sont nés sur l’exploitation. Clément connaît le numéro de boucle de chaque bovin. Pour éviter maladies et accidents, Monsieur Le Mevel ne fait plus rien entrer d’extérieur sur sa ferme, ni bêtes, ni aliments. En bio depuis 2002, il a visé et atteint l’autosuffisance alimentaire. Seuls les blocs à lécher sont encore achetés. Clément est persuadé que ses frais vétérinaires ont baissé de 70 %, grâce à cette relative autonomie. Il intervient le moins possible sur les animaux. Les mères vêlent seules dans la grande majorité des cas. « Je me suis servi deux fois de la vêleuse sur quarante vêlages », assure-t-il. L’éleveur n’écorne pas les veaux. « Je n’aime pas trifouiller après les bêtes », argue Clément. Il se passe même de vermifuge. « Mes animaux vont bien », tranche l’exploitant, qui comptabilise 3 à 4 % de pertes. Bientôt des bœufs plutôt que des broutards Un taureau veille au grain. La moitié du troupeau est fécondée en monte naturelle, l’autre est inséminée. Cette organisation devrait perdurer. Par contre, Clément Le Mevel a d’autres projets concernant la conduite de son cheptel. Aujourd’hui, il vend une génisse en direct, par mois : des morceaux découpés par un boucher, qui vient dans son laboratoire, sur l’exploitation. Toute la viande est mise sous vide directement par Clément. Elle est vendue sur place ou au marché de Steinseltz, en bio.     Mais les broutards, qu’il engraisse à l’étable, eux, ne peuvent pas être valorisés en bio, puisqu’ils ne sortent pas. Ils repassent dans le circuit conventionnel, avec l’union de coopératives Cloé, via l’abattoir d’Haguenau, voire avec Socobeval. Un gros manque à gagner ! Clément touche près de 300 € en moins par broutard en conventionnel, estime-t-il. L’idée de Monsieur Le Mevel est donc d’élever des bœufs finis pour l’abattoir. « Je les garderai trois ans et je les vendrai, en bio. » L’an prochain, il veut encore faire diminuer le nombre de ses bêtes. De 130, il y a trois ans, il est déjà passé à 80, en 2021. En 2022, il aimerait en avoir une cinquantaine seulement, qu’il valoriserait donc mieux. Ses vaches réformées partent en steak haché bio. Vendre au détail et du haché Clément est conscient que la consommation de viande baisse. Les prix ne sont pas au rendez-vous. S’il continue l’élevage, c’est par goût, pour ses clients fidèles mais aussi parce qu’il est en bio et qu’il juge qu’il ne peut pas se passer des effluents naturels de ses bêtes pour amender ses cultures. « Il faut de la matière organique, insiste Clément. Pour ma rotation de luzerne aussi, je dois avoir des animaux à la ferme. » Il pourrait vendre la luzerne déshydratée, certes, mais la polyculture-élevage en bio, c’est son credo. « Aujourd’hui, c’est équilibré, entre les bovins, les céréales, les asperges. On a augmenté un peu les surfaces en asperges, ces dernières années. Je ferai peut-être encore un peu plus de céréales, l’année prochaine », dévoile l’agriculteur. De son propre aveu, les asperges bio, c’est « hyper rentable ». Vendues 12 €/kg, en direct, elles sont achetées 10 €/kg, par la Scot La Cigogne, à Weyersheim. « Ils prennent même les fines et le vrac », s’exclame l’agriculteur. Quant au blé bio, il atteint les 480 €/t. Comparés à ceux de la viande, même en direct et en bio (entre 12 et 14 €/kg de viande bovine), ces prix sont satisfaisants. Clément Le Mevel a vu la consommation carnée évoluer, depuis 1998 et ses premiers clients. « Il faut faire du détail et du haché. Les jeunes ne cuisinent quasiment plus. Je peux vendre 30 kg de haché, en paquets de 700 g sous vide, en une seule après-midi, au marché de Steinseltz. Les gens congèlent », livre Clément, qui pense intéresser 250 personnes par an, en direct, avec ses deux productions, viande et asperges. « Lors du premier confinement, en 2020, ça a cartonné », lâche-t-il. Une organisation bien rodée Entre un et deux jours sont consacrés à la vente directe, chaque semaine. Clément Le Mevel travaille une douzaine d’heures quotidiennement. Pour s’alléger, il fait appel à une ETA qui sème. Et il est adhérent d’une Cuma qui possède une houe rotative, une composteuse et un épandeur à fumier. Août et septembre sont sa période creuse. Il en profite pour partir deux semaines en voyage, chaque année : régulièrement au Sri Lanka, d’où vient sa compagne. Frère et beau-frère prennent le relais à la ferme pendant leur absence. Clément sera bientôt à la retraite. L’exploitation passera au nom de sa conjointe dans un avenir proche. Mais tant qu’il peut continuer, il travaillera.

Serge Fleischer, nouveau président du Civa

« Nous devrons mener des réformes courageuses »

Publié le 15/07/2021

Serge Fleischer devient président du Civa. Il remplace Didier Pettermann, récemment élu conseiller régional du Grand Est. Dans la continuité de son prédécesseur, il dessine les perspectives de la fillière alsacienne.

Après cinq ans passés à la tête du Civa, Didier Pettermann a cédé son fauteuil de président à Serge Fleischer, vendredi 9 juillet. Directeur de la maison de négoce Arthur Metz à Marlenheim, il accède à cette fonction avec la volonté d’être « un président rassembleur » mais aussi « novateur et réformiste », plutôt que réformateur. Et avec l’ambition de faire progresser l’image des vins d’Alsace en les imposant comme « de grands vins aux yeux du monde entier. » Alors que « des sujets brûlants et nombreux » se posent au vignoble alsacien, il compte n’en éluder aucun. « Il n’y aura aucun tabou, aucune barrière professionnelle », promet Serge Fleischer en rappelant son engagement de longue date au service du collectif (il a passé plus de 20 ans au conseil de direction du Civa). Les vins d’Alsace sont « un trésor commun qui doit rassembler, pas opposer », affirme encore le nouveau président en listant les principaux chantiers auxquels l’interprofession des vins d’Alsace va devoir s’atteler. Le premier est de faire aboutir l’audit de filière Alsace 2030 et de mettre en œuvre ses conclusions pour permettre au vignoble d’affronter la deuxième moitié du XXIe siècle. « Nous devrons mener des réformes courageuses », prédit d’ores et déjà Serge Fleischer. Le second sera la construction de la cité des vins d’Alsace, qui contribuera « à positionner les alsaces dans la cour des grands ». Le troisième consistera à rassembler en un pôle unique basé à Colmar, les organismes de recherche et développement viticole du Grand Est. Pour mener à bien l’ensemble de ces chantiers, sans se disperser, il est primordial d’avoir « le soutien des collègues et amis de l’Ava », fait valoir le nouveau président du Civa. Alsace 2030 : appel à l’investissement collectif Dans l’immédiat, il appartiendra à Serge Fleischer et à l’équipe rassemblée autour de Gilles Neusch, directeur du Civa, de déployer le plan stratégique 2021-2024, approuvé lors de cette assemblée générale. L’un de ses principaux axes est de sortir au plus vite le vignoble de la crise conjoncturelle dans laquelle il est plongé. Le Civa s’appuiera pour cela sur des indicateurs économiques précis, qu’il se chargera de collecter et de mettre à disposition des entreprises. Il s’agit d’ « affiner la connaissance des marchés, de mieux connaître les attentes des consommateurs, de cibler tous les circuits de distribution et de reconquérir le consommateur alsacien. Un produit unique pour le monde entier serait une erreur », affirme Serge Fleischer. Le plan stratégique vise aussi à lever les problématiques structurelles autour de la qualité, de la lisibilité de l’offre, de la gouvernance et du pilotage économique de la filière et de l’innovation. Sur ces différents chapitres, le Civa s’efforcera de mettre en œuvre les conclusions d’Alsace 2030. Serge Fleischer en appelle à l’investissement collectif sur ce projet, qu’il souhaite alimenter par les réflexions des différentes familles professionnelles et des syndicats. Un retour est attendu pour début septembre, afin d’en fixer le contenu et les prochaines échéances. L’accompagnement des entreprises va se poursuivre : le plan stratégique 2021-2024 prévoit de développer le conseil dans des domaines tels que la gestion, la prospection, le marketing, afin de permettre aux entreprises d’être plus performantes sur les marchés. Il s’agira aussi de mieux communiquer et de façon plus dynamique vis-à-vis des adhérents, afin de les impliquer davantage dans les projets collectifs. Générer plus de valeur Le Civa ambitionne de générer davantage de valeur économique au sein de la filière : c’est le quatrième axe de son plan stratégique. Il passera notamment par des mesures de régulation de la mise en marché et la création d’un observatoire micro et macroéconomique. L’interprofession continuera à soutenir la recherche et à développer des partenariats avec les acteurs de la recherche et de la formation et s’attachera à mieux organiser la filière. Dans cet esprit, le plan stratégique du Civa prévoit de renforcer l’engagement professionnel des élus et de continuer à améliorer sa propre gouvernance en confiant des missions aux administrateurs stagiaires, dont le nombre sera doublé.

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