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Bergerie Berlicombel à Fouchy

Maman est à la traite

Publié le 27/07/2021

À Fouchy, Morgane Guth s’est installée en mai 2020. La bergerie de Berlicombel propose à la vente, depuis ce printemps, ses fromages et yaourts. Un défi qu’elle a relevé en même temps que sa première grossesse. Jeune agricultrice et jeune maman, elle revient sur cette première année d’exercice.

Il est 14 h quand Morgane Guth, 27 ans, revient de la traite. « C’était compliqué mais elles ont bien travaillé. Je ramène 14 litres », se réjouit-elle en déchargeant le seau de son utilitaire blanc. La bergère ajoute les ferments à son lait. « C’est bon, nous avons deux heures pour discuter ! » Les travaux de la fromagerie ont commencé le 28 décembre 2020. C’est l’ancienne ferme familiale, au cœur du village, qui accueille l’installation de 36 m2, composée d’un sas d’entrée, d’un atelier, d’une salle d’emballage et une autre de stockage. Le petit espace a été réfléchi et aménagé en famille. « Tout le monde s’y est mis, les copains, tous les week-ends », se souvient Morgane Guth. Ce jour-là, Morgane reçoit enfin ses deux vitrines réfrigérées qu’elle a commandées il y a plusieurs mois. Elle raconte, enjouée, les efforts qu’il a fallu fournir pour en arriver là. « Ici, les carrelages ne sont pas alignés. C’est mon père qui les a posés après une dure journée de travail. Finalement ce sont ces petits détails qui font les plus beaux souvenirs. »     Changement de direction Morgane Guth s’est installée en mai 2020. Cette installation, c’est une reconversion. Avant, la jeune femme était éducatrice sportive. Elle est titulaire d’un bac ES et d’un DEUST Sport et intervention sociale. En 2018, elle décide de changer de voie. « J’avais envie d’être en lien avec la nature. » Sa grand-mère qui veille devant la fromagerie, confirme, malicieuse. « Elle me disait toujours : je veux être avec des animaux ! » Direction le CFPPA d’Obernai pour un brevet professionnel de responsable d’entreprise agricole. Morgane Guth réalise plusieurs stages qui la guident dans ses choix. « Dans la vallée de Villé, beaucoup de monde transforme déjà du lait de vache ou de chèvre. Et ils font ça très bien ! » Elle opte pour les brebis après plusieurs semaines au sein d’une exploitation mosellane. « C’était génial ! Autant la famille que le boulot », se souvient-elle. Cette même année, elle épouse Benjamin Guth, d’un an son aîné. Lui aussi est un enfant du village de Fouchy, et sa famille de forestiers a quelques vaches. Pour Morgane, ce sera un début, et déjà une chance de se diversifier. Elle reprend la ferme de son beau-père, Jean-François Guth. Deux naissances en même temps Pour ajouter un peu d’aventure à cette aventure, Morgane tombe enceinte. « Si je n’ai pas de bébé maintenant, alors quand ? » Aux démarches de l’installation, s’ajoutent les nausées, la fatigue… La future maman relativise, c’est l’occasion d’avancer les tâches administratives. La petite Bérénice arrive en mars 2020, à la maison de naissance Manala à Sélestat, une structure qui lui a permis de retourner à la maison quelques heures après l’accouchement. 10 semaines plus tard, le congé maternité prend donc fin en même temps que l’exploitation voit officiellement le jour. La grossesse d’une jeune agricultrice est vue comme une « situation exceptionnelle », pense Morgane Guth. Mais pour elle, il n’y a rien de surprenant à vouloir devenir mère et agricultrice. Elle est alors au chômage (au régime général) et en cours d’installation. Elle s’est arrêtée 16 semaines, c’est la durée minimale légale du congé maternité. Après la naissance, la MSA lui a donné un chéquier comprenant des bons pour divers services (remplacement, aide à domicile…). « J’ai dit merci, mais en fait pour la plupart des travailleurs, c’est juste normal de recevoir de l’aide. Ça m’interroge… » Aucun autre dispositif particulier ne lui a été proposé. Morgane complète son questionnement sur la place des femmes dans l’agriculture par quelques anecdotes qu’elle raconte en souriant, plus amusée qu’agacée. Comme lorsqu’à la banque, on lui demande si son mari travaille. « Ça a facilité les choses. Mais je ne suis pas sûre qu’ils posent toujours les mêmes questions aux hommes qui s’installent. » Ou quand un estimateur de dégâts de gibier s’adresse constamment à son mari pour se rappeler ensuite que, oui, « il y a des femmes exploitantes de nos jours ». Complètement débordée Comme tous les jeunes parents, Morgane et Benjamin font face aux difficultés de garde, aux plus grandes difficultés encore de devoir gérer tout ça en pleine épidémie de Covid-19. « Il n’était pas question de confier Bérénice à quelqu’un. On ne savait alors pas grand-chose de ce virus… Je faisais les parcs avec le bébé en écharpe, la faisais jouer à côté quand j’étais avec les animaux. Et puis j’ai allaité pendant un an », souligne Morgane Guth. « Je me sentais complètement débordée, j’avais l’impression de ne jamais faire assez pour la ferme. » Depuis cet hiver, la crèche leur propose quelques créneaux, encore irréguliers. Les choses s’apaisent. Et la jeune maman regarde avec fierté le chemin parcouru. « Aujourd’hui, le laboratoire est fini. C’est matériel, mais c’est la concrétisation de mon projet. Je vois se réaliser tout ce que j’avais imaginé. » Un ancien du village passe par là pour acheter quelques fromages. Le papa de Morgane le suit, une cagette pleine de pots vides sur les bras. « On a tout mangé en une journée ! » Rieur, il exagère à peine. Tout juste installée, la ferme Berlicombel fait aussi le pari de redonner vie au petit village de montagne.

Frédérique Zeidler, accompagnatrice en montagne

« La marche n’apporte que des bienfaits »

Publié le 25/07/2021

Ingénieure agricole de formation, Frédérique Zeidler est devenue accompagnatrice en montagne il y a une dizaine d’années. C’est dans les Vosges qu’elle a trouvé son terrain de prédilection.

Elle a grandi près de Strasbourg, mais c’est dans le massif des Vosges que Frédérique Zeidler s’est établi : « Je suis à un quart d’heure des pistes de ski de Gérardmer. De chez moi, je peux partir en raquette, en VTT ou à pied, selon la saison. On peut tout faire dans les Vosges. » Accompagnatrice en montagne, elle parcourt le massif depuis plus de dix ans avec des adultes de tous âges et de toute condition physique, des enfants, des groupes. Pendant quelques heures ou quelques jours, elle les emmène marcher. À la découverte des paysages vosgiens, de la faune et de la flore, ou pour le plaisir de s’aérer, tout simplement. « Il n’y a pas de contre-indication à la marche, s’amuse Frédérique. Au contraire, elle n’apporte que des bienfaits. Et à moins d’être privé de ses jambes, tout le monde peut marcher. » Après sept années passées à travailler pour des organisations agricoles, dont le Groupement de défense sanitaire des Vosges, la jeune ingénieure agricole décide de prendre un autre chemin : elle pratique déjà la randonnée et possède un brevet d’accompagnatrice en montagne, préparé sur son temps libre dans l’idée d’en faire un jour une activité à temps partiel. Une rupture conventionnelle et les quelques mois de flottement qui suivent l’amènent à tenter l’aventure à temps plein. Pour des publics divers Au départ, Frédérique intervient en renfort de collègues accompagnateurs en montagne pour encadrer des scolaires ou des groupes, aussi bien dans les Vosges que dans d’autres massifs montagneux, voire à l’étranger. Mais elle décide bien vite de développer sa propre clientèle. « J’ai créé mon site internet. Je me suis laissé deux à trois ans et c’est comme ça que j’ai fait mon petit bonhomme de chemin. » Elle se rapproche des offices de tourisme et des propriétaires de gîtes vosgiens, ce qui lui permet, progressivement, de recentrer son activité sur son massif d’adoption. « Actuellement, je travaille beaucoup à la journée ou à la demi-journée, mais d’une année sur l’autre, les demandes changent. Je peux accompagner des familles avec de jeunes enfants comme des personnes très âgées qui ont du mal à marcher et qui souhaitent juste faire une sortie d’une heure ou deux. » Frédérique accompagne également des classes dans leurs sorties de fin d’année, des centres de vacances, des comités d’entreprises, voire - hors période Covid - des participants à des séminaires, les Vosges offrant toutes les commodités pour ce type de rencontres. Sorties chamois et bains de forêt Cette diversité des publics lui permet d’exercer son activité toute l’année : à pied en été, en raquettes en hiver. « Le fil conducteur, c’est la randonnée. Ensuite, je développe des thématiques différentes selon les personnes que j’accompagne. Pour les scolaires, je propose des sorties sur le cycle de l’eau, sur les tourbières… Pour les vacanciers, je prévois des choses un peu plus ludiques, comme des chasses au trésor, des sorties chamois, sur les cascades ou sur les plantes aromatiques et médicinales. » Frédérique propose aussi des « bains de forêt », sortes de déambulations sous les cimes assorties d’ateliers permettant d’exercer ses cinq sens. Elle s’est formée spécialement à cette activité ce qui lui vaut d’être labellisée « Forêt l’effet Vosges », un label du Conseil départemental des Vosges. Sa parfaite connaissance du territoire, versant vosgien et alsacien, est appréciée : elle la peaufine lors de multiples repérages et sorties effectués tout au long de l’année. Mais pour satisfaire la curiosité de son public, il lui faut pouvoir parler aussi bien du patrimoine local que de la gastronomie ou de la route des Crêtes pendant la Grande guerre. Autant de sujets qui nécessitent « beaucoup d’apprentissage personnel. » « Certains de mes collègues font des randonnées plus sportives, des trails. Moi, je suis assez polyvalente. Quand j’accompagne un groupe (pas plus de 15 personnes en général), je m’adapte au plus faible. » En hiver, quand les pancartes du Club vosgien disparaissent sous la neige ou que les itinéraires sont noyés dans le brouillard, elle veille particulièrement à la sécurité des personnes qu’elle accompagne. Encore plus s’il s’agit d’une sortie nocturne. « C’est une vraie valeur ajoutée que nous apportons, nous, les accompagnateurs en montagne. En hiver, la vigilance est de mise. Il faut avoir deux cerveaux pour rester concentré à la fois sur l’itinéraire et sur les clients », dit celle qui ne sort jamais sans un équipement minimum composé d’une carte, d’une boussole, d’un altimètre et de plus en plus d’un GPS. Car en montagne, les aléas météo peuvent obliger à tout moment à changer d’itinéraire. Rendre la montagne accessible à tous L’accompagnatrice a à cœur de rendre la montagne accessible à tous. Y compris aux personnes handicapées moteur, qu’elle emmène en sortie en joëlette, fauteuil spécialement conçu pour la randonnée, ou en snoëlette, l’équivalent monté sur des skis. Ces sorties nécessitent un repérage préalable et la présence d’au minimum deux personnes par fauteuil, voire trois pour tracter, équilibrer et freiner l’attelage. Frédérique dispose aussi d’une pulka, petit traîneau permettant de tracter des enfants, valides ou handicapés, lors des sorties hivernales. Elle participe régulièrement à l’encadrement de séjours organisés par l’association Handi Cap Évasion : comme en juin, où elle a pris part, pendant une semaine, à une traversée de la réserve naturelle des hauts plateaux du Vercors avec quatre joëlettes. Loin des Vosges mais toujours avec la même philosophie : que le groupe prenne du plaisir.

Gilles Ehrhart, président de l’Association des viticulteurs d’Alsace

« Nous devons réussir pour avoir une production forte et unie »

Publié le 22/07/2021

Gilles Ehrhart est le nouveau président de l’Association des viticulteurs d’Alsace (Ava). Fédérer et chercher le consensus sont ses premiers objectifs pour faire avancer le vignoble alsacien et ses professionnels.

Gilles Ehrhart, vous êtes le nouveau président de l’Ava. Pouvez-vous nous rappeler votre parcours ? Gilles Ehrhart : « J’ai tout d’abord la particularité d’être coopérateur au sein de deux caves, chez Bestheim et chez Wolfberger. C’est mon histoire familiale. Mon grand-père était chez Bestheim. Mon père chez Wolfberger. Ils étaient chacun impliqués dans les deux structures. Il y a donc deux domaines. Les deux entités ont toujours vécu séparément. J’en ai repris une première en 2012 à la retraite de mon père. Puis la seconde. En tout, la surface de travail est de 13,80 hectares. Je travaille avec mon épouse, Muriel, des saisonniers, et des entreprises de prestations. Syndicalement, mon engagement date de l’époque où j’ai suivi chez les Jeunes agriculteurs du Haut-Rhin de nombreux amis, à commencer par David Herrscher. J’ai alors intégré le canton viticole des JA. Un an plus tard, je suis devenu secrétaire général puis président après Hubert Fleischer. J’ai occupé cette responsabilité jusqu’à mes 37 ans. J’ai également été président des Jeunes agriculteurs d’Alsace. Toujours chez les JA, j’ai pu intégrer le conseil d’administration de l’Ava. J’ai également intégré d’autres structures comme la Safer et la Chambre d’agriculture. Ma motivation et ma volonté ont toujours été d’apporter ma pierre à l’édifice. Et bien évidemment de défendre la profession viticole sur l’ensemble des dossiers. J’ai toujours cherché à aller de l’avant, à apporter des idées. Le métier est difficile, mais intéressant. Il faut qu’il soit rentable et qu’il permette le renouvellement des générations. Il faut donc que nos entreprises soient attractives. Aujourd’hui, comme hier et comme demain. »   Vous avez un vécu à l’Ava. Vous ne découvrez donc pas l’association et son fonctionnement… « Oui, même si l’Association des viticulteurs d’Alsace est en constante évolution, comme notre métier, j’ai 44 ans et une certaine expérience syndicale. J’étais pendant trois ans secrétaire général adjoint, puis, trois autres années, secrétaire général du président Jérôme Bauer. Alors, oui, je ne découvre pas le milieu. J’ai évidemment réfléchi avant de postuler à la présidence. Mais j’ai été et je demeure dans l’action. Quand je souhaite quelque chose, je m’en donne les moyens. Mon parcours chez les Jeunes agriculteurs a été instructif et formateur. Là, on est chez les aînés. On porte une parole. Notre responsabilité est encore plus importante. L’Ava défend les appellations alsaciennes qui sont multiples et différentes. Et dans un schéma sur des vins de cépage, de terroir. Un système qui doit se fondre dans l’organisation viticole du pays et composer avec l’Institut national des appellations d’origines (Inao). D’où cette nécessité de reconnaissance particulière propre à l’Alsace. L’Ava est et reste un syndicat de défense de l’ensemble de la production, l’ensemble des familles professionnelles et l’ensemble des producteurs. »   Comment comptez-vous travailler ? Et avec qui ? « Mon objectif demeure dans la lignée de l’équipe de Jérôme Bauer. Mon secrétaire général et mon secrétaire général adjoint sont les deux présidents des familles de la coopération et du Syndicat des vignerons indépendants d’Alsace, à savoir Pierre-Olivier Baffrey et Francis Backert qui, dans un premier temps, sera représenté par Hubert Fleischer. Nous avons la volonté de travailler ensemble. Mon objectif sera d’inciter au débat et au dialogue puis d’arriver au consensus sur tous les dossiers. Nous devons réussir pour avoir une production forte et unie. Surtout dans le temps présent avec cette crise sanitaire qui nous a mis un coup alors qu’on sentait les premiers frémissements d’une reprise des ventes grâce au travail important effectué sur la qualité des vins, le cahier des charges, la lisibilité. Dès que ça ira mieux, ce travail se poursuivra en lien avec les équipes de l’Ava et du Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (Civa). Avec Serge Fleischer, nous allons poursuivre cette collaboration car nous sommes dans la même équipe des vins d’Alsace. Nous devons tous aller dans le même sens. »   Des professionnels se sont exprimés ces derniers mois sur les réseaux sociaux notamment. Vous les suivez ? « Je ne suis pas très présent sur les réseaux sociaux. J’estime que notre système de fonctionnement pyramidal à l’Ava est très démocratique. Je viens de la base. J’ai été élu chez les jeunes et ensuite dans mon syndicat viticole quand je me suis présenté. À chaque fois, j’ai pu exprimer mes idées. Quand on veut bosser et faire avancer le débat, on peut le faire à l’Ava. Il y a de la place pour tout le monde. C’est dans nos instances que nous devons nourrir les débats, s’écouter, avancer, s’entendre, avoir une synergie positive, aller dans le même sens, celui de l’intérêt général. Nous avons un vaste chantier devant nous. Il faut vendre davantage nos vins et crémants et surtout les vendre plus cher. Ce débat nécessite du travail en commun sur le cahier des charges, sur la lisibilité de notre offre. Un client doit savoir ce qu’est le vin d’Alsace. Les travaux d’Alsace 2030 se poursuivent également. On est désormais dans la finalisation du rendu. Ensuite, il faudra en débattre et prendre des décisions. Il y aura également d’autres dossiers comme, par exemple, celui de la hiérarchisation et celui de la réforme de nos cahiers des charges. Concernant les rendements, la discussion a été difficile l’an passé. Cette année également. Les discussions ont été nombreuses et nourries. Mais nous avons trouvé un consensus au sein du conseil d’administration de l’Ava. Par ailleurs, le Civa a travaillé sur un outil pour nous permettre à l’avenir de mieux analyser et expertiser ce que nous produisons et ce que nous vendons. À l’avenir, cet outil sera une aide à la prise de décision. Mais ce sont nous les professionnels qui déciderons. Les rendements doivent être générateurs de valeur. Nous sommes sur un marché global. Il y a de la place pour tout le monde. Nous sommes une appellation collective. Elle se gère donc collectivement. »   Vous répétez à l’envi le terme « collectif »… « Oui car c’est le collectif qui nous fera tous avancer. Le débat est nécessaire. Mais il nous faut aussi arbitrer les dossiers en trouvant le meilleur accord satisfaisant toutes les parties. Nous devons relancer les ventes de vins d’Alsace. L’objectif est d’arriver rapidement à vendre à nouveau un million d’hectolitres. Avec ce niveau de production, tout le monde pourra vendre et dégager un revenu satisfaisant. Il y aura des nouveaux schémas de travail à créer pour la sécurisation des récoltes. Nous devons trouver un outil pour lisser la production pour qu’elle colle au plus proche de la commercialisation tout en se laissant une marge suffisante pour conquérir de nouveaux clients. L’objectif est clair : il faut développer la valorisation de nos vins. Il faut pouvoir réguler et vendre mieux et davantage. Il faut y parvenir tout en nous inscrivant dans la transition écologique et énergétique qui est face à nous. »   Au moment où nous échangeons, la situation sanitaire du vignoble est très compliquée. « Cette situation suit une année déjà compliquée au niveau psychologique avec ce confinement et ce Covid-19 qui nous ont empêchés de vendre sereinement notre production. Nous nous sommes tous battus pour tenir les ventes. Puis il y a eu ce gel exceptionnel et tardif au printemps. L’Alsace a été relativement épargnée. Mais à titre individuel, je sais que certains terroirs, certains cépages ont été plus fortement touchés. Et, depuis plusieurs semaines, la pluie est présente. Il y a eu plus de 230 mm à Wettolsheim depuis un mois. Avec des pluviométries très importantes à partir du 15 juin, le mildiou s’est développé avec une pression incroyable sur toute l’Alsace. Et tout particulièrement dans le Haut-Rhin. Nous n’avons jamais connu une telle situation. Pour certains vignerons, c’est catastrophique. La famille des pinots est très touchée, mais aussi d’autres cépages. Les dégâts peuvent aller jusqu’à 100 % sur certaines parcelles. Par secteur, il y a également de l’oïdium qui vient de s’installer. Même si le soleil est revenu, les raisins malades auront disparu. Le rendement à la vigne va donc être impacté. C’est une évidence. La récolte sera beaucoup plus faible que ce qui a été annoncé à l’assemblée générale de l’Ava. Nous sommes un syndicat de défense et de gestion. Nous avons entamé les démarches administratives pour voir ce qu’il est possible de faire avec les services de l’État et tous les organismes gravitant autour de la viticulture. Nous allons donc échanger avec eux pour voir ce qui peut être fait ou aménagé. »

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