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Du 20 au 22 septembre dans le Haut-Rhin

Un colloque pour « pérenniser l’agriculture du massif »

Publié le 15/06/2021

Le Collectif des races locales des massifs (Coram) et l’OS vosgienne organisent la troisième Semaine européenne des races locales des massifs du 20 au 22 septembre dans le Haut-Rhin. Un grand rendez-vous ponctué de conférences, d’échanges et de visites d’exploitations qui va mettre en avant les grands défis qui attendent l’agriculture de montagne et des solutions pour les relever. Ouverture des inscriptions à partir du 15 juin.

Entre changements climatiques, pression touristique, entretien du paysage et pérennité de son modèle économique, l’agriculture de montagne ne manque pas de défis. Des enjeux qui touchent tous les massifs de France. Afin d’y apporter des réponses concrètes et « durables », le Collectif des races locales de massifs (Coram) organise sa troisième Semaine européenne des races locales des massifs (Seram 3) du 20 au 22 septembre dans le Haut-Rhin. Après le Massif Central en 2016 et les Pyrénées en 2018, c’est au tour des Vosges d’accueillir ce colloque. « On voulait une réelle semaine pour aborder tous les enjeux de la politique de montagne. Comment réussir à pérenniser nos systèmes d’exploitation qui doivent être tournés vers l’autosuffisance et l’environnement ? », explique en préambule, le directeur du Coram, Émeric Jouhet.     Se poser les bonnes questions pour préparer l’avenir Si l’accent sera mis en particulier sur une race locale du Haut-Rhin, la vosgienne, l’ensemble des éleveurs (bovins, ovins, lait, viande) des massifs de France seront concernés. Une ouverture plus large sur l’Europe, et même sur le monde, est prévue par le témoignage et la participation d’organisations professionnelles et scientifiques étrangères, en lien avec l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et l’Unesco. « Cet évènement doit nous permettre de prendre du recul par rapport à notre fonctionnement quotidien. En se posant les bonnes questions, on peut définir nos travaux pour les années à venir. Le Seram 2, par exemple, avait débouché sur la démarche d’inscription de la transhumance à l’Unesco. Avec la Seram 3, on doit réfléchir à la façon de faire évoluer nos élevages face aux changements du climat sur nos massifs. Soit on subit, et on fait du hors-sol ; soit on adapte nos systèmes extensifs. La pousse d’herbe et sa disponibilité vont changer. D’où la nécessité de mobiliser les chercheurs, les élus et l’ensemble des partenaires professionnels pour faire émerger des solutions réalistes et pérennes », développe Émeri Jouhet. Cette collégialité est indispensable aux yeux de Guy Loup Botter, le président de la commission allaitante au sein de l’OS vosgienne : « Aujourd’hui, on mesure l’importance de notre élevage de montagne qui crée des produits de qualité et entretient le paysage. Cette montagne est une spécificité qu’il faut valoriser et défendre. Le fait d’organiser un colloque scientifique compréhensible, c’est quelque chose de très important en termes de reconnaissance. » Son homologue au bureau de l’OS vosgienne, Jean-Michel Curien, complète : « Sur le massif, l’agriculture est la mère de toutes les activités et doit le rester. Cela doit entrer dans l’esprit de tous les consommateurs. Cette Seram 3 est un bon moyen pour faire passer le message. » Pour y parvenir, les organisateurs ont imaginé un programme* mêlant conférences à thème, visites de terrain avec des témoignages d’éleveurs, et moment plus conviviaux autour de soirées pastorales. Du Petit Ballon aux steppes de Mongolie Le lundi, la première conférence de la semaine démarrera à 10 h 30 au Cref de Colmar. On y parlera des évolutions passées du climat en montagne et des projections futures à partir des modèles existants en compagnie de Louis Bodin, ingénieur météorologiste et présentateur météo sur TF1 ; de la disponibilité des ressources naturelles, et de la place de l’agriculture dans l’économie montagnarde et sa capacité de résilience face aux défis à venir avec l’Institut de l’Élevage. Le mardi matin sera bien plus dense en partage. La journée démarrera à 8 h 30, toujours au Cref de Colmar, avec une séance thématique dédiée aux « évolutions des ressources naturelles et des systèmes d’élevage et de culture ». Pour illustrer ce sujet, des voies d’adaptations explorées par les instituts techniques et scientifiques seront présentées : enseignements du projet Climalait avec l’exemple du cas des hauts plateaux du Jura, solutions techniques mises en œuvre sur une exploitation du versant ouest du massif vosgien, et premiers résultats des programmes européens sur la résilience des animaux. La deuxième séance du mardi sera articulée autour de l’économie de l’agriculture de massif et la place des filières de production en France et en Europe. Cette fois, ce sont des témoignages venus de l’étranger (Espagne, Italie, Mongolie) qui apporteront un regard bien « concret » sur la thématique abordée. Ces trois conférences de lundi et mardi se termineront à chaque fois par une séance de questions-réponses. Les après-midi, place aux quatre visites d’exploitation situées sur le massif vosgien : celle de Florent Campello, à Mittlach ; la ferme-auberge du Kahlenwasen, au Petit Ballon ; la ferme Surcenord, à Orbey ; et la ferme de la Bouille, à Sainte-Croix-aux-Mines. Le mercredi matin, retour au Cref de Colmar avec la dernière conférence thématique autour de l’évolution des attentes sociétales et des politiques agricoles. Pour illustrer le sujet, le lauréat du Challenge national de l’enseignement agricole et agriculture du massif présentera son travail. « Nous avons mobilisé un réseau d’établissements agricoles pour savoir en quoi les races locales constituent un atout pour leurs territoires », souligne le chargé de développement de l’OS vosgienne, Anthony Di Carlo. Seize équipes de BTS de douze établissements d’enseignements ont dû rivaliser d’imagination et de créativité pour répondre à cette interrogation via des films ou diaporamas (voir ci-dessous). « L’idée était que les jeunes s’approprient le système des races locales, et que cela amène les futurs agriculteurs ou prescripteurs à réfléchir sur ces questions », poursuit-il.     Des propositions concrètes La matinée du 22 septembre se poursuivra avec l’intervention de spécialistes finlandais et espagnols sur les races locales et le pastoralisme en Europe. Un autre collègue espagnol prendra le relais sur les services environnementaux rendus par l’agriculture de montagne, notamment la prévention des incendies à travers le pâturage, avant une présentation du Livre blanc des massifs français - une contribution de la montagne à la future Pac - par l’Association permanente des Chambres d’agriculture. Il sera alors temps de clôturer cette Seram 3 par une synthèse des sessions thématiques et une mise en perspective avec des propositions concrètes par les responsables du Coram, d’Interbev et de la Confédération nationale de l’élevage (CNE). Le mot de la fin sera laissé aux élus et responsables politiques avec le président de la Région Grand Est, la députée européenne Anne Sander, et les ministres de l’Agriculture et de la Culture (ou leurs représentants). En bonus, une journée transfrontalière en Forêt Noire sera organisée le jeudi 23 septembre. L’idée étant d’élargir le point de vue développé lors des journées de conférences et de visites. « On y visitera deux fermes avec deux systèmes différents de races locales. Ça sera aussi l’occasion de poser les premières pierres d’un futur partenariat franco-allemand autour de l’agriculture de montagne », annonce Anthony Di Carlo. Le nombre de participants à cette semaine sera limité en présentiel. En revanche, il sera possible de suivre l’intégralité des conférences, mais aussi des visites de terrain, en direct sur internet. Il sera également possible pour les internautes de poser des questions aux différents intervenants. « On tenait beaucoup à mettre en place une dimension virtuelle interactive. Outre la possibilité de toucher plus de monde, c’est aussi un bon moyen de maintenir l’évènement si, d’aventure, on devait finalement l’organiser à huis clos », indique le chargé de développement de l’OS vosgienne.    

Syndicat ovin du Bas-Rhin

Une transition, en attendant la relève

Publié le 14/06/2021

Le syndicat ovin du Bas-Rhin envisage de se structurer au niveau régional. De jeunes éleveurs des deux départements sont motivés pour s’investir dans cette instance, qui œuvre pour la défense de la filière ovine.

Devenu président par intérim suite à la démission de Stéphane Huchot, Hervé Wendling a profité de l’assemblée générale du syndicat des éleveurs ovins du Bas-Rhin, vendredi 4 juin à Schiltigheim, pour présenter l’équipe de jeunes éleveurs qui devrait prendre les rênes du syndicat à compter de 2022. S’il a accepté d’assurer la transition le temps d’une année, c’est bien parce qu’il existe des jeunes motivés prêts à s’engager pour défendre la profession : Virginie Ebner, Louis Frischinger, Pierre et Yvan Stoffel et Florian Huchot ont déjà intégré le conseil (nous y reviendrons dans une prochaine édition). « Cette nouvelle équipe se partagera les tâches et les dossiers », annonce Hervé Wendling, qui fait part du projet de création d’un syndicat ovin régional pour défendre la filière à l’échelle de l’Alsace. Un projet bien accueilli par les participants à cette assemblée générale. Dans son rapport d’activité, Simon Maier revient sur l’année 2020 marquée par le confinement et les restrictions liées à la pandémie de Covid-19. Sur le plan de la météo, l’année passée a une nouvelle fois été marquée par la sécheresse, ce qui a impacté la récolte des fourrages. Les éleveurs ont pu heureusement, bénéficier d’aides à l’achat de fourrage et au sursemis accordées par le Conseil départemental du Bas-Rhin. « Nous espérons connaître une année 2021 plus satisfaisante. » Les cours de l’agneau, qui étaient bien orientés en début d’année 2020, ont dévissé sous l’effet du premier confinement qui a coïncidé avec les fêtes de Pâques. Les abattages se sont maintenus grâce à un effort de promotion mais « la catastrophe a été évitée au détriment des prix », constate Simon Maier. Ceux-ci se sont redressés depuis pour atteindre 7,25 €/kg de carcasse fin 2020. Ils se situent actuellement à 7,60 €/kg de carcasse. Le syndicat ovin a profité de la Foire européenne, seule manifestation d’envergure maintenue en 2020, pour faire la promotion de la filière et du métier d’éleveur, ce qui a été très apprécié. Des atouts et un paradoxe En attendant que la nouvelle équipe se mette en place, Hervé Wendling énonce quelques-unes des priorités du syndicat : la reconduction de la charte filière ovine, qui associe quatre partenaires (Safer, Chambre d’agriculture, Crédit Mutuel, Agneau terroir d’Alsace) au syndicat ovin, en est une. « Cette charte est très importante pour les jeunes qui veulent s’installer », puisqu’elle leur permet de bénéficier d’un certain nombre de facilités, et de se concentrer sur la production. Trois éleveurs ont pu s’installer grâce à cette charte. Hervé Wendling souhaiterait également pouvoir placer du mouton au lycée agricole d’Obernai « On n’installera pas de jeunes hors cadre familial si on ne montre pas cette production au lycée », affirme-t-il. Car le paradoxe est là : la production ovine a beau avoir de nombreux atouts, elle peine à attirer les candidats. « On a toutes les cartes en main, énonce pourtant Jean-Pierre Saulet-Moes, technicien ovin à la Chambre d’agriculture Alsace (CAA). Le prix de l’agneau bat des records, on n’en a jamais vendu autant. Le consommateur local l’apprécie, la charte de relance nous donne des possibilités, les éleveurs peuvent bénéficier d’une aide à la génétique, des subventions du plan bâtiments… Il est difficilement compréhensible qu’on n’arrive pas à faire plus de mouton. » La CAA, qui apporte un appui aux éleveurs par la mise à disposition d’un conseiller à temps plein, est prête à réfléchir au développement de la filière, annonce Laurent Clarys, chef du service élevage. Jean-Luc Beil, responsable du marché agricole au Crédit Mutuel, et Michel Freyss, son homologue au Crédit Agricole Alsace-Vosges, confirment pour leur part qu’ils continueront à accompagner les éleveurs dans leurs projets. Quant à Gérard Lorber, secrétaire général de la FDSEA du Bas-Rhin, il se félicite de la présence d’une équipe de jeunes motivés dans les rangs du syndicat. La laine comme isolant Jean-Philippe Ferry, de la coopérative haut-marnaise Cobevim, dont l’activité appro auprès des éleveurs ovins s’est bien développée depuis quelques années, fait part d’une difficulté à s’approvisionner en matières premières, qui va entraîner un renchérissement des coûts du matériel d’élevage. Le prix de l’aliment est également en forte hausse depuis avril, sous l’effet des restrictions dans les échanges liées à la pandémie. Dans ce contexte, il recommande d’attendre la nouvelle récolte plutôt que de « se précipiter pour signer des contrats ». Il évoque également le problème de la laine, que les éleveurs ne parviennent plus à écouler faute d’acheteurs. Utiliser la laine comme isolant est une possibilité, actuellement en cours de développement en Lorraine, mais les besoins sont réduits : 300 kg de laine suffiraient pour isoler une maison. Peu de chose au regard des stocks accumulés dans les élevages depuis deux ans.

Publié le 13/06/2021

Les semis de soja se sont terminés en retard cette année en Alsace, mais la culture démarre bien. Alors que le Plan protéines, visant à accroître l’indépendance de la France en protéines végétales est mis en œuvre, la Chambre d’agriculture Alsace et Terres Inovia ont organisé une réunion à destination des producteurs alsaciens.

Positionner les semis des sojas n’a pas été une mince affaire cette année. Certaines parcelles ont été semées dès le 20 avril, un peu tôt au regard des températures, puisque les sojas ont ensuite patiné durant plusieurs semaines. « Il y a eu une fenêtre fin avril-début mai puis il a plu durant trois semaines », rappelle François Lannuzel, conseiller agricole à la Chambre d’agriculture Alsace (CAA). Résultat : un quart à un tiers des sojas a été semé tard, fin mai-début juin. Un retard au démarrage qui a posé la question de la nécessité de changer de variété afin d’être sûr d’atteindre la maturité. Classiquement, ce sont des variétés 00 à 000, donc assez précoces, qui sont semées en Alsace. Pour les variétés du groupe 000, « même si elles sont semées tard, elles pourront être récoltées vers fin septembre - début octobre », assure Aurore Baillet, ingénieure développement à Terres Inovia. Pour les variétés 00, il peut s’avérer plus compliqué d’atteindre la maturité, c’est pourquoi les techniciens ont parfois préconisé, dans certains secteurs, de changer de variété pour passer du groupe 00 au groupe 000 : « Le risque c’est d’avoir des gelées au moment du remplissage, donc un arrêt du cycle du soja. Mais, par ailleurs, c’est une plante qui se rattrape très bien », indique François Lannuzel. Une particularité qui s’explique par la photosensibilité du soja : « Plus on le sème tard, plus il raccourcit son cycle, ce qui limite le risque de récolte tardive », souligne Aurore Baillet, qui précise que c’est d’autant plus vrai pour les variétés 00, qui peuvent réduire leur besoin en somme de température jusqu’à 100 degrés jours (DJ), contre 50 DJ pour les variétés 000. Le risque de gelée au remplissage est donc limité, car le décalage des dates de semis ne se retrouvera pas à la récolte, il sera plus restreint. « Tout dépend donc du niveau d’acceptation du risque », résume Aurore Baillet, et de la disponibilité des semences ! Ces semis tardifs auront-ils un impact sur le rendement ? Difficile à affirmer pour le moment, mais il est probable que le potentiel de rendement soit plafonné, parce qu’« il y aura peut-être un peu moins de nœuds, donc d’étages de gousses ». Inoculation : indispensable mais inutile de forcer Alors que tous les sojas sont désormais semés, la Chambre d’agriculture Alsace et Terres Inovia ont organisé une réunion sur une parcelle de Fabien Metz, à La Wantzenau, afin de faire le point sur les aspects techniques, et de présenter les travaux menés dans le cadre du Plan protéines (lire en encadré). Une des particularités du soja, c’est l’inoculation des semences avec des bactéries symbiotiques indispensables à la mise en place des nodosités. « L’offre commerciale est vaste, et tous les produits ne se valent pas », pose Aurore Baillet. L’institut technique a donc testé les différentes spécialités. Les résultats de ces investigations sont disponibles en ligne sur le site de Terres Inovia. Certains aspects sont toujours valables : plus l’inoculation est réalisée proche du semis, mieux c’est, et la quantité d’inoculum se raisonne au poids de graines. « Nous n’avons jamais constaté de plus-value à réaliser une double dose d’inoculum dans nos essais, y compris dans les primo sojas », souligne Aurore Baillet. Quant au délai de retour, il dépend du contexte : « Dans les terres favorables, les bactéries vont rester efficaces jusqu’à 5 ans, mais dans les sols squelettiques, il faudra réinoculer les semences chaque année. Lorsque deux sojas se suivent, l’inoculation n’est pas nécessaire pour le second soja. Mais on peut faire une inoculation à demi-dose pour sécuriser le rendement ». Généralement les agriculteurs réalisent l’inoculation à la bétonnière, mais il existe aussi des semences pré-inoculées, qui ont également été testées par Terres Inovia : « La qualité des nodosités obtenues est moins bonne, ce qui ne permet pas d’aller chercher tout le rendement », rapporte Aurore Baillet. Un résultat à mettre en regard de leur coût par rapport à des semences fermières inoculées manuellement. Quelle que soit la technique utilisée, il faut toujours vérifier la qualité de la mise en place des nodosités au moment de la floraison. D’autant plus cette année dans les semis précoces, soumis au froid et à la pluie, des conditions peu propices à leur formation. Si 30 % des plantes ne présentent pas de nodules, ou s’il y a moins de cinq nodules par plante, alors il est possible d’apporter de l’azote, de l’ordre de 80 à 100 unités, fractionnées en deux apports, à partir de la floraison, y compris en zone vulnérable. Désherbage : gare à la sensibilité du soja Le désherbage est un point délicat de la conduite du soja car la culture est sensible à certaines matières actives et peu de produits sont autorisés. Effectuer des faux-semis permet de réduire le stock d’adventices avant d’implanter la culture. Puis, dans le contexte alsacien, où le soja suit souvent un maïs, les techniciens préconisent d’effectuer un désherbage de prélevée, sachant que tous les produits autorisés (Mercantor Gold, Prowl…) présentent des restrictions d’usage, et qu’il vaut mieux les associer pour gagner en efficacité. Quand la protection de prélevée n’a pas été effectuée, la stratégie de post-levée se fonde sur le Pulsar, qui est phytotoxique pour le soja, mais qu’il détoxifie sans impact sur le rendement s’il est bien portant. Pour améliorer l’efficacité de l’opération, il est conseillé d’appliquer Pulsar dans des conditions humides, sur des adventices peu développées et en conditions poussantes. La stratégie préconisée est « d’intervenir à la sortie de la première feuille trifoliée à demi-dose avec une huile, puis de revenir 10 jours après ». D’autres spécialités sont autorisées, mais sont spécifiques de certaines adventices, à utiliser en rattrapage, ne peuvent pas être mélangées au Pulsar, présentent des risques par rapport à la ressource en eau, ou encore sont plus chères au regard de leur efficacité que Pulsar, considèrent les techniciens. « Je préfère avoir un peu de phytotoxicité que des adventices qui profitent d’un défaut de sélectivité », résume Aurore Baillet. Dernier point d’attention au niveau du désherbage : certains produits utilisés sur maïs (Dicamba…) engendrent des problèmes de phytotoxicité sur soja, il est donc primordial de bien nettoyer les pulvérisateurs entre ces usages, sachant qu’un lavage à l’eau ne suffit pas. Irrigation : économiser en début de cycle « L’irrigation du soja se gère en fonction de sa sensibilité au stress hydrique, qui évolue au cours de son cycle », pose Jonathan Dahmani, conseiller en irrigation à la CAA. Aussi, irriguer avant l’apparition des premières fleurs ne sert à rien, ni après le moment où les premières gousses sont mûres. Entre ces deux stades, l’irrigation se raisonne en fonction du type de sol, un peu comme pour un maïs, sachant que pour un même niveau d’ETP, le maïs consomme plus d’eau que le soja, de l’ordre de 40 mm. Jonathan Dahmani préconise d’économiser cette eau durant la première partie de la campagne d’irrigation, mais surtout pas en juillet, car c’est là que se construisent les principales composantes du rendement. Freiner l’irrigation au début de la campagne permet d’éviter d’aller vers une culture luxuriante, dont les besoins en eau iront croissant, ainsi que d’éviter de rallonger les entre-nœuds, donc le risque de verse, sans pour autant favoriser la formation des gousses. Par ailleurs, il est conseillé d’arrêter d’irriguer suffisamment tôt, en septembre, pour favoriser la maturation des gousses. Enfin, Jonathan Dahmani conseille de privilégier des buses de calibre modéré pour obtenir une précipitation instantanée atténuée, et éviter la verse.   Une vue qui montre des différences importantes de vigueur entre les variétés de #soja . Sur cet essai variétés 000 de #terresinovia en Lorraine, Paradis (surtout) et Sirelia apparaissent en retrait. pic.twitter.com/CKBU6kCSOB — Laurent JUNG (@laurentjung54) June 8, 2021    

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