Pratique

Publié le 19/05/2019

Ouvert depuis la fin du mois d’octobre 2018, le drive fermier de Stosswihr a progressivement trouvé son rythme de croisière avec des clients réguliers et des nouveaux qui tentent l’expérience chaque semaine. Reste aux dix producteurs et trois artisans derrière cette initiative à maintenir une communication dynamique pour entretenir l’attractivité du site.

Le jeudi soir, c’est livraison. Depuis six mois, le drive fermier de Stosswihr permet aux habitants du secteur de s’approvisionner facilement avec des produits garantis « 100 % local ». De 17 h 30 à 19 h 00, deux agriculteurs se relaient chaque semaine pour remettre à leurs clients les commandes passées sur internet les jours précédents. « En quelques clics au fond de son canapé, on peut commander des produits locaux et de qualité, c’est quand même chouette », témoigne Patricia, une habituée de la première heure. Si elle continue de fréquenter le supermarché du coin pour certains produits, elle essaie, dès que c’est possible, de faire ses emplettes alimentaires ici, au marché ou au magasin du lycée agricole du Pflixbourg, à Wintzenheim. « Dès que je peux soutenir les paysans de mon secteur et le commerce local, je le fais », justifie-t-elle. Cette prise de conscience pour davantage de proximité est née il y a six ans, après une fâcheuse expérience avec des carottes achetées en supermarché. « Elles sentaient le pétrole. De là, j’ai commencé à me poser la question de ce que je mangeais, et de la manière dont c’était produit. » Si elle se tourne dans un premier temps vers le « tout bio », elle affine son raisonnement au fur et à mesure vers des produits locaux, qu’ils soient bio ou non. « Bio et local, c’est l’idéal. Mais je préfère consommer un produit qui vient d’à côté de chez moi et qui ne soit pas bio, qu’un produit bio qui vient de l’autre bout de la planète. Au moins, le producteur local, je peux lui parler, le rencontrer. C’est bien plus transparent. Et sécurisant aussi. » Comme Patricia, les autres clients qui franchissent la porte du 61 route de la Schlucht, à Stosswihr, sont tous convaincus par le fait de donner davantage de « sens » à leur mode de consommation. Il y a ceux qui ont pris de nouvelles habitudes depuis un certain temps, et ceux qui ont rejoint le mouvement récemment. C’est le cas de Camille qui vient au drive pour la deuxième fois. « C’est pratique, pas loin de chez moi, et certains tarifs sont sympas. Et puis on aide les agriculteurs localement. » Elle vient principalement ici pour les légumes et la viande, et reste ouverte à « ce qu’il y a » en fonction des saisons. Pour le moment, elle ne sait pas si elle arrivera à venir au drive toutes les semaines malgré des horaires adaptés aux salariés. « En tout cas, j’en parlerai autour de moi », assure-t-elle. Pour ce type de structure, la communication est en effet primordiale, confirme Charles Baradel, éleveur bovin et producteur d’œufs bio à Fréland, et cofondateur de ce drive avec douze autres collègues du secteur. « Que ce soit à travers la presse, sur notre page Facebook, ou avec des flyers, on doit en permanence promouvoir nos produits. Certes, on a aujourd’hui un bon rythme de croisière, mais ça serait bien d’augmenter encore un peu le nombre de commandes régulières. » Il y en a une trentaine en moyenne par semaine à l’heure actuelle. « On a même fait une semaine à 65 commandes à la fin de l’année dernière », révèle-t-il. Si les chiffres sont évidemment essentiels à l’arrivée, l’intérêt que portent les clients à cette démarche collective est tout aussi important. « On est soutenus et félicités pour la qualité de nos produits, ça fait du bien. Nous avons même des clients qui ont recommencé à manger des œufs alors qu’ils les avaient supprimés de leur alimentation. Le fait que cela soit des œufs fermiers issus d’un élevage de plein air les a convaincus de s’y remettre. » Charles Baradel le reconnaît, sans la perspective de pouvoir écouler sa production d’œufs en vente directe (environ 1 000 par semaine à l’heure actuelle), il ne se serait pas lancé dans le métier d’agriculteur. Avant son installation en 2016, la ferme familiale était articulée autour de la production laitière. « Les prix pratiqués par les industriels ne nous permettent pas de vivre correctement », résume-t-il simplement. Pour lui, il est indispensable qu’un agriculteur puisse valoriser au maximum son travail en gardant la plus grande marge possible sans pour autant « voler le consommateur ». Il a comme objectif de produire entre 3 000 et 4 000 œufs bios par semaine, et aimerait bien basculer sa production de viande bovine dans le giron de la vente directe. « C’est un projet. Pour le moment, je suis en transition. Je n’ai pas encore atteint mon rythme de croisière. Mais il est clair que la vente directe va me permettre d’y arriver. »

Publié le 18/05/2019

À Merxheim, Jean-Marc Wild a diversifié son activité agricole avec la production de frites surgelées commercialisées en vente directe. En très petite quantité pour l’instant, il espère à terme produire entre deux et trois tonnes par an, principalement pour les particuliers et les associations.

Ah la saveur des frites faites à la maison… Des patates fraîchement épluchées et découpées, garanties sans additifs, ni conservateurs. À manger le jour même… ou quelques semaines plus tard. C’est ce que propose Jean-Marc Wild, agriculteur à Merxheim, qui s’est lancé il y a six mois dans la surgélation des frites en vue de diversifier son activité déjà bien fournie : 110 ha de cultures réparties entre maïs, blé, soja, tournesol semences et pommes de terre sur 6,5 ha. « Je cherchais d’autres sources de revenus. Ici, comme un peu partout, c’est difficile de s’agrandir. Du coup, j’ai cherché quelque chose que personne ne faisait dans le coin et qui me permettrait de vendre directement au particulier. » Dans un premier temps, il développe son élevage d’escargots en 2013. Une activité qui aujourd’hui fonctionne assez bien avec 4 000 douzaines produites par an. Et puis il y avait la pomme de terre qu’il valorisait déjà depuis quelques années en frites fraîches pour des animations ponctuelles : fêtes paysannes ou associatives, etc. « Le souci est que la date limite de consommation de la frite fraîche est trop courte pour le particulier. De là est venue l’idée de développer la surgélation. » Ayant déjà en sa possession la quasi-totalité du matériel nécessaire pour la transformation (éplucheuse, découpeuse, etc.), il a juste à compléter son installation avec un surgélateur acheté d’occasion. À l’intérieur, il y glisse un chariot équipé de plusieurs plateaux sur lesquels il entrepose environ 55 kg de frites. Deux heures et moins dix-huit degrés plus tard, l’ensemble est congelé et prêt à être conditionné en sachets de 2 kg. Ensuite, place au congélateur dans lequel ils sont stockés jusqu’à leur commercialisation, uniquement au magasin de la ferme pour l’instant. La frite est « comme elle est » Début d’activité oblige, il n’a pour l’instant produit « que » 500 kg de frites. Un chiffre modeste au regard des 200 tonnes de pommes de terre qu’il cultive annuellement. À l’heure actuelle, le gros de la production est écoulé à des fermes-auberges du massif, à des restaurants, au Super U de Guebwiller, à des magasins Trèfle Vert et à des particuliers. À chaque fois en vente directe, sans intermédiaire. Une philosophie complémentaire à celle qu'il pratique depuis ses débuts avec les céréales et la commercialisation en circuits longs. « L’avantage avec le circuit court, c’est qu’on a directement la reconnaissance du consommateur. Ça fait plaisir. » Dans le cas de ses frites surgelées, c’est même un plébiscite qu’il reçoit de la part de certains de ses clients. « Ils sont friands de la frite maison qui n’a pas la même saveur qu’une frite industrielle dans laquelle on a ajouté des conservateurs. » Chez lui, pas de triche, la frite est « comme elle est ». Elle évolue en fonction de l’année et de la variété avec laquelle elle est produite, aujourd’hui la Sirco et l’Excellency. Il utilise la première du mois de juillet à Noël, et la seconde après Noël. « C’est à partir de ce moment-là que l’Excellency devient intéressante pour faire de la frite. » Il doit en effet faire attention au niveau d’humidité présent dans ses pommes de terre. « Ainsi, si je sais qu’avant Noël, la Sirco ne va pas être géniale et que l’Excellency ne sera pas encore optimale, j’anticipe et je fais du stock avant histoire de pouvoir proposer des frites au moment des fêtes de fin d’année. » Objectif : entre deux et trois tonnes à l’année Le gros avantage des frites surgelées à ses yeux est la souplesse que cela lui offre au niveau de son emploi du temps. « Étant donné que je peux stocker au fur et à mesure, je peux en faire pendant des périodes où mon activité est un peu mois importante. Ou si un client vient au magasin pour en acheter et que je n'en ai pas, je lui demande de repasser trois jours plus tard. Je trouve toujours un créneau pour en produire quelques-unes. Pour un restaurant, c’est un peu différent, car il faut être bien plus réactif. Sans compter que la plupart des chefs aiment bien faire les frites eux-mêmes. C’est pour cela que je privilégie avec eux la vente des pommes de terre non transformées. » Pour les associations en revanche, c’est plus simple. Les dates des manifestations étant connues des semaines ou des mois à l’avance, il peut bien plus s’organiser. Pour les prochains mois, il a déjà 465 kg de frites qui ont été commandées pour des évènements, le tout sans page Facebook ou communication particulière, juste grâce au bouche-à-oreille. À raison de 150 kg de frites produits en une journée, cela lui demandera un peu plus de trois jours de travail pour honorer ces demandes. À terme, il aimerait bien produire entre deux et trois tonnes de frites surgelées par an, à raison d’une demi-journée ou une journée de travail par semaine. Un objectif au long cours qui passera par la diversification de la commercialisation - à partir du mois septembre, il proposera ses frites surgelées au drive fermier de Stosswihr, en plus de ses escargots - et par de l’investissement dans du nouveau matériel. « Pour le moment, je ne suis pas très bien équipé. Les frites longues, je suis obligé de les faire à la main. C’est un peu archaïque. Il faut que je trouve une machine qui fasse toutes les tailles de frites, et plus rapidement. Cela me permettrait de doubler mon débit actuel. » L’étape ultime dans la fabrication de ses frites « maison » serait d’utiliser une huile de tournesol produite par ses soins. « Pour le moment, je m’approvisionne chez un grossiste. Là, j’ai planté quelques ares de tournesol. Je verrai bien ce que ça donne. »

Emballage des produits - Uvasoft

Des étiquettes sans prise de tête

Publié le 17/05/2019

Faire de la vente directe implique d’assurer le conditionnement et l’emballage des produits. Pas toujours facile de s’y retrouver pour de petites séries. Uvasoft propose des imprimantes d’étiquettes capables de faire des petites séries pour pas cher grâce à la technique du repiquage.

Le flacon ne fait pas le produit. Mais contribue tout de même significativement à l’acte d’achat. Les viticulteurs, qui rivalisent d’originalité pour élaborer des étiquettes qui vont taper dans l’œil du consommateur le savent bien. Et les agriculteurs qui se lancent dans la commercialisation en circuits courts le constatent aussi. Avec une problématique particulière : en agriculture, on fabrique des produits périssables, dont les recettes et la composition évoluent, pas des vis ou des boulons. Or, imprimer des étiquettes pour de petites séries de produits, ça coûte cher. Heureusement il y a une solution : le repiquage. L’idée est simple : il suffit d’acheter des étiquettes sobres, en grosse quantité donc pas cher, et de les imprimer ensuite à façon, avec les mentions souhaitées, grâce à une imprimante d’étiquettes. C’est une des prestations que propose Bertrand Guiot, gérant de la société Uvasoft, fraîchement installée dans de nouveaux locaux à Saint-Pierre. Il vend l’imprimante à transfert thermique, qui fonctionne avec un rouleau d’encre solide, chauffée par la tête d’impression avant d’être déposée sur le papier - ou le plastique - où elle cristallise aussitôt. Mais aussi les consommables, la formation pour la prise en main, et le service après-vente, avec un accompagnement poussé des clients : « Nous voulons être des partenaires plus que des fournisseurs. » Il illustre : « J’ai un client qui m’a appelé pour créer une étiquette de vin intégrant le logo d’un club de rugby. Je l’ai aidé à fabriquer le prototype d’étiquette. Ça lui a permis de vendre 300 bouteilles de vin ». Une proximité qui compte, pour Bertrand Guiot, qui considère : « Nos clients sont notre meilleure pub ». Du coup, pas besoin de contrat de maintenance : « On intervient quoi qu’il en soit, d’autant qu’il est parfois possible de le faire à distance ». En effet, le client conçoit ses propres étiquettes avec un logiciel idoine, depuis son propre ordinateur, qu’il suffit de connecter à l’imprimante. Et le tour est joué.

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