Pratique

Publié le 13/06/2019

Du 3 au 7 juin, les collèges du Bas-Rhin engagés dans l’opération « Ici on mange bio et local » ont mis des produits locaux sur leurs menus. Parmi eux, le collège du Ried à Bischheim sensibilise les collégiens à une alimentation durable et à la réduction du gaspillage alimentaire.

Chef de cuisine au collège du Ried, à Bischheim, depuis 14 ans, Hugo Heinrich prépare les repas des quelque 300 élèves inscrits à la cantine. « Cela fait longtemps que je travaille avec certains producteurs locaux, notamment les producteurs de légumes, mais je le fais de plus en plus pour la viande et les produits laitiers », explique-t-il. Vendredi 7 juin, pour la clôture de la semaine « Ici on mange bio et local », les rayons du libre-service ont été garnis d’étiquettes indiquant la provenance des produits. Les collégiens savent ce qu’ils mangent. Le pâté de campagne provient d’un porc élevé en Alsace ; la salade verte, les concombres et les radis sont bios ; le bœuf bourguignon est issu d’un élevage bio d’Alsace ; les fraises et la rhubarbe viennent de la région. Même le fromage est étiqueté. Ce jour-là, les enfants ont le choix entre la tomme Près du Ried de la ferme Durr et le munster de la fromagerie Siffert-Fresch de Rosheim. Bios tous les deux. Au collège du Ried, on n’a pas attendu la mise en œuvre de la loi EGAlim* pour favoriser les produits locaux. En particulier ceux issus de l’agriculture biologique. Hugo Heinrich regrette juste que l’approvisionnement de certains produits reste difficile. « La production bio locale est encore faible et les agriculteurs ne sont pas toujours prêts à nous livrer. Pour eux, c’est une contrainte en plus par rapport à la vente directe », explique le chef de cuisine. Il est néanmoins en relation directe avec des producteurs de pommes, de fraises et de pommes de terre. Pour les autres produits, il fait appel à des grossistes. À charge pour ceux-ci de fournir des produits locaux. Quand la saison le permet tout au moins. « Mangeons sain… et jetons moins » La semaine « Ici on mange bio et local » est une initiative du Conseil départemental du Bas-Rhin. Il gère 90 collèges dont 70 ont un restaurant scolaire. L’opération vise à mettre en avant les fruits et légumes de saison, le savoir-faire des chefs de restauration des collèges et leur engagement tout au long de l’année pour une alimentation durable de qualité. « Le Conseil départemental déploie cette politique en partenariat avec la Chambre d’agriculture d’Alsace », précise Daniel Sautron, chef du service vie quotidienne des collégiens au Conseil départemental du Bas-Rhin. En parallèle, il soutient et finance le dispositif « Mangeons sain, bio et local, et jetons moins ». Ce programme lancé en 2012 vise à éduquer à une alimentation responsable, durable et locale. Il est animé et coordonné par l’Ariena et son réseau d’associations d’éducation à la nature et à l’environnement. Au collège du Ried, ce sont les animateurs du Centre d’initiation à la nature et à l’environnement (Cine) de Bussierre qui sensibilisent les élèves et l’équipe de restauration au gaspillage alimentaire. Les pesées réalisées montrent que sur ce critère aussi, le collège du Ried est sur la bonne voie. Preuve que la pédagogie, ça porte aussi ses fruits…

Qualité de l’eau en Alsace

Un partenariat ambitieux et une volonté commune

Publié le 06/06/2019

Le 17 juin, une ambitieuse convention de partenariat sur la qualité de l’eau en Alsace sera signée à Luemschwiller par l’ensemble des acteurs impliqués. À la clé, la volonté commune d’améliorer la potabilité de la ressource aquifère en réduisant de manière notable l’utilisation des herbicides en agriculture, en premier lieu dans les 19 zones où les captages ont été répertoriés comme « dégradés » par l’Aprona en 2017.

Après les constats, place aux actions concrètes, collégiales et ambitieuses. C’est avec cet état d’esprit que sera signée le 17 juin à Luemschwiller une convention de partenariat pour la mise en place de contrats de solutions territoriaux en faveur de la qualité de l’eau en Alsace. Plus d’une dizaine d’acteurs ont accepté de collaborer afin d’inverser la tendance à la hausse des teneurs en phytosanitaires dans les eaux de la nappe d’Alsace et des aquifères du Sundgau. 19 captages dégradés Tout est parti de la publication par l’Aprona et la Région Grand Est du rapport ERMES Alsace à la fin de l’année 2017. Si celui-ci soulignait les actions positives entreprises par le monde agricole pour stabiliser, voire diminuer dans certains secteurs, les taux de nitrates dans les eaux souterraines, il alertait aussi sur les teneurs « élevées » et « globalement en augmentation » en produits phytosanitaires, notamment dans le Haut-Rhin, sur le piémont au niveau de Molsheim et dans la nappe du pliocène de Haguenau.   >>> Visualisez la qualité globale de la nappe sur le site de l'Aprona   Si l’augmentation observée entre 2009 et 2016 est à relativiser dans la mesure où simplement plus de molécules étaient recherchées, le caractère rémanent des substances actives dans les eaux souterraines a alerté les autorités. Sur les 21 molécules dépassant la limite de potabilité de 0,1 μg/l en nappe d’Alsace, 8 faisaient partie des molécules autorisées à cet instant. Dans le Sundgau, le rapport était plus critique avec 4 molécules autorisées sur les 10 dépassant ce seuil de 0,1 μg/l. Au total, ce sont 19 captages qui sont dégradés par les phytosanitaires autorisés et leurs métabolites, dont majoritairement des herbicides.   De l’accompagnement, pas de contrainte Pour répondre aux différents enjeux, la convention associe l’ensemble des « acteurs de l’eau » autour d’une même table. D’un côté, il y a les engagements pris par chacun, de l’autre, il y a un cadre global qui va se décliner en contrats de solutions territoriaux, impliquant les coopératives agricoles, les distributeurs de phytosanitaires, les gestionnaires d’eau potable, les services et organismes de l’État et les collectivités. Ces dernières auront la responsabilité d’initier les démarches autour de leurs captages d’eau. Elles auront donc un rôle central. « L’idée est de mettre en place une multitude de petites solutions, chacune adaptée à son territoire », explique le vice-président de la Chambre d'agriculture d’Alsace (CAA), Denis Nass. En bout de chaîne, on retrouve les agriculteurs qui sont amenés à faire évoluer leurs pratiques. Non pas sous la « contrainte », comme ce qui a pu être vécu par le passé quand il s’agissait d’actions en faveur de l’environnement, mais bel et bien dans une logique d’accompagnement de la part des services de l’État et de la Région, et propre à chaque situation.

Publié le 04/06/2019

Le comité régional d’orientation de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) s’est réuni pour définir son plan d’action pour l’année à venir. Elle se retire progressivement - mais pas complètement - du financement de la méthanisation, pour s’orienter, par exemple, vers les projets de récupération de chaleur fatale.

L’Ademe participe, en tant qu’opérateur de l’État, à la mise en œuvre des politiques publiques dans les domaines de l’environnement, de l’énergie et du développement durable. En 2018, l’Ademe Grand Est a engagé plus de 300 contrats pour un montant de 54 millions d’euros (M€) d’aides à la réalisation de projets de transition énergétique. Soit 10 % du budget national d’intervention de l’Ademe. Pour 2019, l’Ademe Grand Est a décidé d’accompagner les acteurs locaux dans une transformation de leurs activités afin de répondre aux enjeux de la transition écologique et énergétique. Elle oriente ainsi ses subventions vers des investissements vertueux, grâce aux différents fonds d’intervention qui lui sont confiés par l’État (fonds chaleur, fonds déchets, fonds air mobilité et fonds pour les projets investissement d’avenir). Porter la transition écologique Dans le cadre du contrat d’objectif 2016-2019 fixé avec l’État, l’Ademe renforce son action en faveur de la transition écologique. Cela se traduit notamment par l’augmentation du fonds chaleur de 215 M€ à 307 M€, et le déploiement du label Cit’ergie, une labellisation européenne qui récompense les villes pour leurs politiques climat-air-énergie ambitieuse. À ce jour, 30 collectivités de la région Grand Est sont engagées dans la démarche. Et l’Ademe continue d’initier des partenariats. Après l’accord signé avec la CCI Grand Est en 2018, un autre devrait être signé en 2019 avec la chambre régionale de métiers.     Pour atteindre les objectifs nationaux, la direction régionale Grand Est de l’Ademe a défini quatre axes prioritaires pour 2019.  Territoires durables (mobilité, qualité de l’air, reconversion des friches industrielles) ; transition énergétique (développement des énergies renouvelables, création des réseaux de chaleur, production d’hydrogène renouvelable) ; économie circulaire (éco-conception, économie de la fonctionnalité/coopération, écologie industrielle) ; bâtiment (rénovation énergétique et développement du réseau conseil énergie partagé). Pas de trace de la méthanisation. La méthanisation vole de ses propres ailes L’Ademe soutient le développement de la méthanisation depuis 2004. Avec des aides financières à la réalisation des projets. Soutien qui, pour l’ensemble du Grand Est, a concerné 219 réalisations ou projets en cours pour un montant de subventions cumulé de 77 M€ et 218 emplois créés. Désormais, la filière arrive à maturité. Les projets « standards » trouvent leur rentabilité avec les mécanismes d’obligation d’achat de l’énergie. « Avec le prix de rachat du gaz, on atteint un équilibre économique », précise Jérôme Betton, directeur régional de l’Ademe Grand Est. Le développement de projets nouveaux est essentiellement soumis à un besoin d’apport financier, notamment en fonds propres dans la phase de démarrage. « Cela ne relève plus de la responsabilité de l’Ademe », constate Jérôme Betton. La filière est structurée, les bureaux d’études et les fournisseurs de matériels se sont professionnalisés et organisés… Dès lors l'agence étudie les modalités pour faire évoluer progressivement les soutiens financiers vers l’accompagnement de l’innovation et le soutien aux projets plus risqués. « L’Ademe privilégie le soutien aux projets où il existe un risque » « Il s’agit d’équilibrer les subventions allouées aux différentes formes d’énergie renouvelables. Certains projets sont plus risqués que d’autres, comme la récupération de la chaleur fatale produite par une usine pour chauffer une collectivité. Or l’Ademe privilégie le soutien aux projets où il existe un risque technique susceptible de compromettre sa durabilité », explique encore Jérôme Betton. En matière de récupération de chaleur fatale, le Grand Est a un gros potentiel. « Ces projets sont risqués, mais ils ont du sens », appuie Jérôme Betton. Il s’agit de valoriser une chaleur qui serait perdue sinon. Tout en soutenant l’activité économique locale. Pour autant le sujet de la méthanisation n’est pas définitivement clos pour l’Ademe : « Il s’agit notamment de déterminer jusqu’où on peut aller en préservant l’alimentation humaine et animale ».

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