Pratique

AgriProCenter à Morschwiller

Un magasin de vente en plus des ateliers mobiles

Publié le 15/07/2019

Grâce à ses camionnettes-ateliers, David Tony et son équipe dépannent les agriculteurs à domicile. Le mécanicien alsacien a transféré son activité à Morschwiller, près de Brumath, le 1er avril dernier.

Ancien chef d’atelier chez un concessionnaire bas-rhinois, David Tony a démarré son activité de dépannage à domicile voici quatre ans, depuis son village de Haut-Clocher, en Moselle. Seul, avec une camionnette contenant tout l’outillage nécessaire, il intervient chez les agriculteurs pour réparer les tracteurs et les machines agricoles et réaliser les principales opérations d’entretien. AgriProCenter séduit tellement que le jeune entrepreneur a embauché deux mécaniciens et a acheté deux camionnettes-ateliers supplémentaires. Les mécaniciens rayonnent à présent sur quatre départements : Bas-Rhin et Haut-Rhin, Moselle et Meurthe-et-Moselle. « On se déplace de Mulhouse à Bitche, mais 90 % de notre clientèle est alsacienne, précise David Tony. Ce sont aussi bien des céréaliers que des éleveurs qui font appel à nos services. » Avec le développement de son activité, David Tony s’est retrouvé rapidement confronté à un problème de place. « J’ai créé ma société chez moi et je stockais les pièces dans un hangar pour limiter les frais. Mais au bout de trois ans, je commençais à en avoir partout et il devenait difficile de gérer la logistique. Il fallait trouver une solution. » En l’occurrence, un lieu bien situé par rapport à la zone d’intervention des trois mécaniciens. Une opportunité se présente sous la forme d’un local de 525 m2, situé à la sortie de Morschwiller.     Du matériel de motoculture David Tony y transfère son activité le 1er avril dernier. Une grande partie du bâtiment, environ 300 m2, est dédiée aux pièces détachées agricoles. Le jeune entrepreneur profite de l’emplacement - 5 à 6 000 véhicules passent devant AgriProCenter chaque jour - pour élargir le magasin au matériel de motoculture à destination des professionnels et des particuliers. Il expose aussi des fournitures de jardin (terreau, semences potagères, gazon). L’ouverture de ce point de vente constitue une prise de risque pour David Tony, qui a investi 300 000 € dans cette affaire. Mais un risque calculé : l’emplacement au bord d’une route bien fréquentée, la présence d’un parking et d’un local libre à côté de celui qu’il occupe lui permettent déjà d’envisager une extension de son activité motoculture, voire un développement vers l’horticulture et le matériel d’élevage. De plus, le local actuel abrite un atelier espace vert, ce qui permet d’assurer le service après-vente pour la partie motoculture, tandis que les mécaniciens agricoles continuent de se déplacer directement chez les clients. David Tony espère embaucher un quatrième salarié à la fin de l’année pour faire face à l’accroissement de son activité. Surtout en ce moment. En saison haute, AgriProCenter assure les dépannages 7 jours/7, avec des horaires très larges, pour s’adapter à la demande de ses clients. Un site d’e-commerce pour les pièces détachées Le PDG d’AgriProCenter a d’autres projets dans son sac : il a créé un site d’e-commerce de pièces détachées, DMC Agriculture, qui lui permet de revendre des pièces partout en France. Le client qui commande sur le site peut aussi faire appel à AgriProCenter pour monter les pièces commandées. L’idée est d’étendre ce service dans toute la France en créant une franchise. « On a quatre ans de recul, un service qui marche bien grâce à une prestation de main d’oeuvre à tarif correct. Nous allons mettre en place ce projet d'ici 2020-1921 car nous nous sommes rendu compte, en interrogeant les clients qui nous commandaient des pièces, qu’ils pouvaient faire appel à des concessionnaires pour les monter, mais qu’ils n’avaient pas accès à la prestation de service à domicile. »

Publié le 01/07/2019

Depuis le 1er janvier 2018, l’Eurométropole de Strasbourg exerce la compétence de la gestion des eaux pluviales et de ruissellement, à l’origine du phénomène de coulées d’eau boueuse. Afin de préserver les 14 communes concernées du territoire, une convention a été signée avec le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM). Objectif : réaliser un diagnostic et identifier les mesures idoines.

Quand il pleut beaucoup, une partie de l'eau ruisselle. C’est inévitable. Par contre, il est possible d’atténuer l’intensité du ruissellement, et d’éviter qu’il ne se charge en particules de terre. C’est l’objectif des mesures proposées par le BRGM à l’issue de l’étude qui a été menée en 2018 dans 14 communes impactées par les coulées de boue. Une conjonction de facteurs L’origine du phénomène de couées d'eau boueuse est à la fois météorologique et anthropique. L’élément déclencheur est toujours un orage. D’autant que les orages estivaux se sont déplacés plus tôt dans la saison, vers le mois de mai, période à laquelle les sols sont fraîchement travaillés, moins couverts, donc plus sensibles à l’érosion. En outre, ces précipitations sont de plus en plus puissantes, entraînant une hauteur d’eau importante sur un temps réduit, difficile à infiltrer. L’ampleur du phénomène de ruissellement est amplifiée par l’artificialisation des terres, ce qui empêche l’eau de s’infiltrer. La suppression des vergers, qui cconstituaient un frein aux écoulements, au profit de lotissements imperméables en est une illustration. Ces nouvelles habitations, qui se trouvent directement en bordure de champs, sont en outre particulièrement exposées au phénomène. Les zones artisanales et industrielles, construites sur des terres autrefois agricoles, avec des ouvrages de gestion des eaux pluviales pas toujours adaptés, en sont une autre. Enfin, si c’est de la boue qui coule et pas de l’eau, c’est parce que les pratiques agricoles ont évolué. La surface en herbe a diminué au profit des terres labourées. Les cultures d’été ont pris le pas sur les cultures d’hiver, comme les céréales à paille, qui couvrent mieux le sol au printemps. Les agriculteurs s’orientent davantage vers le lisier plutôt que le fumier, ils utilisent des machines plus lourdes, qui peuvent tasser les sols. Enfin, les remembrements ont permis d’augmenter la taille des parcelles. Donc d’utiliser du matériel plus performant. Mais cela s’est accompagné de la suppression d’éléments paysagers, tels que fossés, haies, bosquets…, propres à freiner les écoulements et à favoriser la rétention d'eau par les terres agricoles. Tous ces éléments conjugués font que le phénomène a pris de l’ampleur, et est amené à se répéter dans un contexte de changement climatique. Retrouvez notre reportagé vidéo, réalisé en mai 2016 :  En juin 2016, face à l'ampleur des événements la profession agricole organisait une conférence de presse :  Protéger à bon escient C’est dans ce contexte que le BRGM a mené une étude sur le territoire de l’Eurométropole afin de mieux comprendre d’où provient la boue, par où elle passe, et où elle arrive. Un préalable indispensable à l’identification, au dimensionnement et au positionnement des ouvrages destinés à atténuer l’impact de ces événements. L’étude a débuté par une phase d’acquisition de données sur le terrain : géologie, topographie, culture en place… Les bassins-versants ayant déjà connu des épisodes de coulée d’eau boueuse ont été priorisés. Et les secteurs à protéger en priorité y ont été identifiés afin d’installer les ouvrages là où ils seront le plus efficaces. Il s’agit des moyens de gestion de crise (casernes de pompiers...), mais aussi les écoles, crèches, maisons de retraite… Puis, des ouvrages de protection ont été identifiés. Leurs effets ont été modélisés avec différents scénarios, et leur coût estimé. L’étude a permis d’identifier les chemins préférentiels de l’eau, et où elle se charge en sédiments. Ainsi, plus on s’approche des talwegs, plus elle est chargée. Privilégier les méthodes douces Les actions proposées sont de différentes natures. Celles reposant sur de l’hydraulique douce ont été privilégiées. Il s’agit de l’implantation de prairies, bandes enherbées, fascines, haies, ou bandes de miscanthus sur les chemins préférentiels de l’eau pour la freiner et/ou retenir les sédiments. D’autres mesures, moins ponctuelles, sont proposées, comme les assolements concertés, les techniques culturales sans labour… À noter que si ces techniques peuvent permettre de ralentir le ruissellement et de retenir la boue, elles ne retiennent pas l’eau. Ainsi, si ces ouvrages ne suffisent pas, ils seront complétés par des bassins de rétention, ce qui fera l’objet d’une étude complémentaire. Tout comme l’impact du Contournement ouest de Strasbourg (Cos), dont l’impact sur les chemins préférentiels de l’eau n’a pas été pris en compte puisque l’ouvrage définitif n’existe pas encore. Mais, à terme, les modifications paysagères et des chemins d’eau seront prises en considération. « Nous serons très attentifs à cela », assure Vincent Debes, qui rappelle qu’Arcos est soumis à des obligations en matière de gestion de l’eau, et qu’une étude hydrologique a été menée dans le cadre de la réalisation de cet ouvrage. En attendant, les mesures de prévention proposées par le BRGM sont censées être efficaces. À Eckwersheim, par exemple, si toutes les mesures identifiées sont mises en œuvre (3,5 km de bandes enherbées, une dizaine de fascines sur 700 m en tout) il est possible de réduire de 90 % les volumes de boue, estime le BRGM. Idem à Lampertheim avec 4,5 km de bandes enherbées et une dizaine de fascines. Pour mettre en œuvre ces aménagements d’hydraulique douce, l’Eurométropole dispose d’un budget de 480 000 € TTC sur 5 ans pour les 14 communes, comprenant l’entretien de ces ouvrages. Les agriculteurs étant particulièrement sollicités, ils seront indemnisés dans le cadre de conventions signées entre la profession agricole et l’Eurométropole.

Publié le 29/06/2019

Les associés du drive fermier de Schirmeck ont ouvert « Pré d’ici », leur magasin physique, à Wisches, samedi 22 juin. Les deux commerces doivent se compléter pour satisfaire la demande des consommateurs du secteur.

Les agriculteurs des vallées de la Bruche et de Villé naviguent à contre-courant. Alors que la plupart des drives fermiers se développent pour contourner les contraintes d’un magasin physique (horaires fixes, salariés, etc.), les associés du drive de Schirmeck font le chemin inverse. Trois ans après s’être lancés dans la vente de paniers via leur site web, ils ouvrent « Pré d’ici », une boutique en dur à Wisches. Ils ont étrenné leur local samedi dernier.     Pourquoi revenir à la bonne vieille épicerie quand on a opté pour une plateforme en ligne quelques années plus tôt ? Parce que tout le monde ne s’y retrouve pas avec le web. « Certains clients préfèrent les commerces physiques », explique Daniel Dettling, président de « Pré d’ici » et membre du conseil d’administration du drive fermier. Notamment les plus âgés, nombreux dans les villages autour de Schirmeck. Une génération plus familière des marchés et des supérettes que d’internet. Pour preuve, Jacqueline Huckert, présidente du drive, expliquait en début d’année avoir du mal à fidéliser les clients du troisième âge. Travailleurs et vacanciers La vente de paniers pose un autre souci. Elle exclut une bonne partie des travailleurs. Car le point de retrait n’ouvre que le jeudi après-midi. Jusqu’à 19 h. Trop tôt pour les personnes travaillant à Strasbourg ou Sélestat. « Beaucoup de gens nous disaient : "La semaine je ne suis pas disponible" », reconnaît Daniel Dettling. Le producteur de fruits de Westhoffen pointe aussi les clients de passage. « On a beaucoup de résidences secondaires dans la vallée. Des gens qui viennent seulement le week-end. » Une seule solution pour conquérir ces clients potentiels : l’enseigne physique. Alors à l’automne 2018, c’est voté. Les paysans du drive décident d’ouvrir leur propre échoppe. Reste à savoir où. « À ce moment-là, le magasin de volailles Siebert, à Wisches, s’est libéré », raconte le président. La mairie accepte de louer les 60 m2 à un prix défiant toute concurrence. Les dix associés rachètent une partie du matériel laissé sur place par l’ancien locataire et mettent un coup de peinture dans les locaux. C’est prêt ! « On a démarré un peu à l’arrache » La boutique ouvre le vendredi après-midi et le samedi matin. Deux créneaux plus compatibles avec l’emploi du temps des salariés et des vacanciers. Mais pas question d’arrêter le drive. « Les deux structures doivent être complémentaires », témoigne Daniel Dettling. À tel point que les gérants réfléchissent à embaucher une personne sur les deux négoces. Un poste partagé entre la communication autour du drive et la vente en magasin. Car pour l’instant « on s’y colle nous-mêmes », rigole l’agriculteur. Le retour à une épicerie engendre certaines contraintes. En l’absence d’employé, les paysans se répartissent les permanences derrière la caisse. L’approvisionnement et le stockage demandent aussi du travail. Sans compter les petits soucis quotidiens. « On a démarré un peu à l’arrache, c’était pas parfait, notamment des problèmes de codes-barres », admet Daniel Dettling. Avec le paiement en ligne du drive, c’était un souci en moins. Mais les associés ne semblent pas effrayés. Seul un pâtissier a refusé de se lancer dans l’aventure. « Il préfère produire sur demande (via les commandes en ligne). » Tous les autres sociétaires ont rejoint Daniel.

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