Pratique

Publié le 18/04/2019

Les organisateurs du salon Expo Biogaz ont choisi l’EPL Agro de la Meuse à Bar-le-Duc pour faire la promotion de cet événement national, qui aura lieu les 12 et 13 juin à Lille. Un choix motivé par la position de leader de la région dans ce domaine, et de l’établissement en matière de formation à la méthanisation.

L’EPL Agro de la Meuse à Bar-le-Duc accueillait le 2 avril journalistes, représentants de la filière biogaz et organisateurs du salon du gaz renouvelable, Expo Biogaz. L’établissement fait figure de pionnier en matière de formation à la méthanisation. Un domaine auquel il s’intéresse depuis le début des années 2010, a rappelé son directeur Bernard Meurisse. Dès 2014, en partenariat avec l’Ensaia de Nancy, l'EPL lance un diplôme universitaire (DU) « Mise en œuvre d’une unité de méthanisation ». La première formation en France. Après un démarrage timide, le succès est au rendez-vous, et la quatrième promotion est en cours. Besoin de professionnalisme À la demande de l’Association des agriculteurs méthaniseurs de France (AAMF), une nouvelle formation va voir le jour cet automne. Encore à l’état de projet, elle visera « à former des exploitants d’unité de méthanisation », a expliqué Étienne Halbin, le formateur qui pilote le dossier. Elle devrait prendre la forme d’un brevet professionnel (BPREA) doublé d’un Certificat de spécialisation (CS), accessible avec la capacité agricole. L’habilitation officielle par le ministère de l’Agriculture est attendue en juillet, pour un démarrage en septembre, avant un déploiement national. Quatre ou cinq établissements sont envisagés sur le territoire. « Il s’agirait de former une soixantaine de personnes par an », indique Étienne Halbin. GRDF, très intéressé, apporte sa contribution pour la réalisation de modules de formation à distance. « La méthanisation a un besoin de professionnalisme énorme, a confirmé Sylvère Adam, représentant de l’AAMF, la méthanisation est un atelier à part entière, avec une nouvelle forme de développement agricole ».   Méthanisation : une nouvelle #formation à distance financée par GRDF #biogaz cc @GRDF @BiogazVallee https://t.co/mqZp19fTN2 — Emploi Environnement (@emploienviro) 9 avril 2019   La Région mobilisée Philippe Mangin, vice-président de la Région Grand Est en charge de la bioéconomie, est venu témoigner de l’engagement régional en faveur de cette filière. « La méthanisation est un levier de transition agricole, qui répond aux enjeux d’une agriculture plus respectueuse de l’environnement et des ressources naturelles », a-t-il justifié. Outre un complément de revenu « stable et durable » pour les agriculteurs, elle s’inscrit dans la politique régionale de transition énergétique. Avec toutefois le souci de veiller à « un développement le plus harmonieux possible ». Une charte a été signée en ce sens au dernier Salon international de l’agriculture, et la Région souhaite mettre en place d’un « schéma directeur » d’ici l’automne, a-t-il indiqué. Trois acteurs (dont l’Ensaia et l’Aria Grand Est) ont été retenus pour animer la réflexion. La préoccupation est notamment « de bien évaluer la ressource » pour éviter une concurrence avec l’élevage. Et de « privilégier les projets collectifs », pour rendre cette activité accessible au plus grand nombre. Il a également invité à réfléchir « à l’échelle des territoires, en intégrant les besoins des collectivités ». La Région a décidé d’un soutien de 5 millions d’euros par an en 2019 et 2020, sous forme de subvention, d’avance remboursable ou de prise de participation. Une bonne centaine de projets sont en cours, et environ autant en fonctionnement, ce qui place la Région au premier rang français pour le nombre de méthaniseurs. Philippe Mangin s’est toutefois inquiété de la « baisse brutale » des tarifs prévue dans la Programmation pluriannuelle de l’énergie, estimant qu’elle pourrait remettre en cause certains projets. Une crainte confirmée par Christophe Desessard, de GRDF, qui préfère mettre en avant « les externalités positives » de la méthanisation, notamment sur l’emploi et l’environnement.   Texte et photo : Alain Humberclaude

Publié le 11/04/2019

En 2019, Heineken investit six millions d’euros dans une ligne de production de bières sans alcool sur son site de Schiltigheim. Le brasseur hollandais veut profiter de l’essor de ce nouveau marché.

Heineken surfe sur la vague de bière sans alcool. Le géant néerlandais va brasser une lager 0 % d’ici la fin de l’année dans son usine de Schiltigheim. « Ce sera notre première brasserie française à fabriquer de la « 0.0 » », se réjouit Pascal Sabrié, président d’Heineken France, de passage en Alsace mercredi 10 avril. Jusqu’à présent, les bouteilles à étiquette bleue arrivaient des Pays-Bas. La nouvelle ligne de production représente un investissement de 6 M€. Principalement pour construire un bâtiment de désalcoolisation. Car la bière 0 % suit le même processus de fabrication que ses sœurs alcoolisées. Sauf qu’avant de la mettre en bouteille, les brasseurs retirent l’alcool. Via une distillation sous vide à 40 °C. « Ce process permet de conserver toutes les qualités du produit par rapport à la non-fermentation (l’autre technique de brassage de la bière sans alcool) », précise Stéphane Crépel, directeur de la brasserie de l’Espérance. « Innover pour suivre les tendances » Les premiers essais doivent être conduits d’ici décembre. Pour un démarrage à grande échelle en janvier 2020. La chaîne doit débiter jusqu’à 200 000 hl/an de « 0.0 ». Quatre fois plus que les 50 000 hl vendus en France par la marque l’an dernier. Mais Heineken mise sur l’essor de ce débouché de niche (4 % du marché global). Depuis 2015, le secteur des bières allégées en alcool connaît une croissance annuelle de plus de 20 %. « Nous devons innover pour suivre les tendances », souligne Pascal Sabrié. Et poursuivre ses concurrents. Carlsberg et sa filiale Kronenbourg captent plus de la moitié des ventes dans le pays. Alors depuis trois ans, le groupe hollandais multiplie les incursions sur le terrain des bières sans alcool. En 2017, il lance la « Heineken 0.0 ». Elle rafle rapidement 25 % des parts de marché. En 2018, il décline sa bière blanche Edelweiss en sans alcool. Depuis le début de l’année, l’entreprise sponsorise des « Zéro zones ». Une campagne de publicité XXL dans 2 500 grandes surfaces et bars. Enfin, elle va commercialiser la « Affligem 0.0 » en avril 2019. Sa première bière d’abbaye garantie sans alcool. @HEINEKENFrance double la mise sur le 0.0 avec une action à 3 niveaux : investissements en Alsace, extension de l'offre, et valorisation en points de vente. pic.twitter.com/chsZejSS6t — HEINEKENFrance (@HEINEKENFrance) 15 mars 2019 Heineken n’est pas le seul à s’intéresser de près à ce créneau. Dès 2015, le Belge AB InBev, leader mondial du secteur, s’est fixé pour objectif de vendre 20 % de bières sans alcool d'ici 2025. 90 millions d’hectolitres prêts à inonder le marché mondial. Schiltigheim n’a qu’à bien se tenir.

Publié le 09/04/2019

Qu’ils y soient contraints par la directive Nitrates ou par le verdissement de la Pac, les agriculteurs ont de plus en plus recours aux couverts végétaux. Pour les éleveurs, ces couverts peuvent servir de fourrage d’appoint pour nourrir le troupeau. Mickaël Floquet, responsable de l'exploitation du lycée agricole Charles Baltet, près de Troyes, a livré son retour d'expérience lors de l'assemblée générale du syndicat ovin, le 29 mars.

Mickaël Floquet dirige l’exploitation agricole du lycée Charles Baltet, de Saint-Pouange, près de Troyes. Il a apporté son témoignage sur sa pratique des couverts végétaux. La ferme se compose d’une centaine d’hectares et d’un atelier de 800 brebis, essentiellement de race romane. Les brebis pâturent au moins cinq mois dans l’année. Il a d’abord testé des mélanges de deux à trois espèces et en a conclu que « plus on diversifie les mélanges, plus on a de chances que quelque chose pousse ». Partant de ce principe, il utilise des mélanges contenant au minimum six espèces, au maximum douze. « À partir de six - sept espèces, on n’a plus d’effet précédent », assure-t-il. Avoine-pois-vesce constituent le socle de base des mélanges utilisés « parce que c’est simple, ça se récolte à la moissonneuse et se ressème ». Mickaël Floquet l’agrémente d’autres espèces, notamment des crucifères qui résistent bien à la sécheresse pourvu qu’ils arrivent à descendre à 10 cm de profondeur. En l’occurrence du colza, du radis chinois, de la moutarde d’Abyssinie. S’il fait aussi quelques mélanges destinés à la fauche, l’essentiel est pâturé. L’an dernier, son troupeau a pâturé 120 ha de couverts végétaux, ce qui est nettement plus que les années précédentes, puisqu’il vient de faire passer à sa troupe son premier hiver tout en plein air. Le responsable de la ferme du lycée agricole aubois sème les couverts sur des parcelles appartenant à ses voisins, ce qui l’oblige à tenir compte de leurs desiderata. Pour l’implantation, il se fixe une règle simple : semer le couvert au plus tôt après la moisson. Mais il envisage désormais de l’implanter avant la moisson, le blé en place gardant sa fraîcheur au sol et le mélange pouvant démarrer sa croissance dès que la céréale est moissonnée. En termes de coûts, il se fixe une limite à ne pas dépasser : 45 €/ha pour la semence et autant pour l’implantation (un déchaumage, un semis à la volée et un passage de rouleau). Une relation basée sur un gain commun « En dix ans, j’ai toujours fait plus d’1 tonne de matière sèche par hectare, indique Mickaël Floquet. À chaque fois, je suis gagnant. Mais si je dépense 150 €/ha en coût d’implantation, il faut que je fasse au minimum 1,5 t MS/ha. » Aujourd’hui, à la ferme du lycée Baltet, le pâturage des couverts représente 15 % des rations distribuées à l’année et 30 % de la matière sèche ingérée au pâturage, ce qui est « énorme ». Pour autant, Mickaël Floquet considère que « la meilleure interculture, c’est la prairie ». Avec ses voisins, Mickaël Floquet se refuse à formaliser ses relations. « Il y a un lien de confiance entre nous. Ils me laissent leurs parcelles et c’est moi qui gère l’interculture. C’est une relation basée sur un gain commun : eux n’ont pas à semer, pas à entretenir le couvert, mais ils récupèrent le bénéfice agronomique qu’ils voient très vite arriver. » Les échanges ne se limitent pas aux couverts. Le responsable de la ferme récupère aussi la paille de ses voisins et leur donne en contrepartie le fumier issu de la bergerie.

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