Cuma de la Zorn
Un bâtiment en commun
Cuma de la Zorn
Publié le 03/10/2019
À force d'acheter de nouvelles machines, la Cuma de la Zorn a atteint la saturation de l’espace de stockage de ses adhérents. La solution ? Construire un bâtiment partagé entre tous les membres.
C’est un symbole fort. Les adhérents de la Cuma de la Zorn partagent du matériel agricole depuis 1997. Cet été, ils ont franchi une étape supplémentaire puisqu’ils partagent désormais aussi un toit. « Dans la Cuma, chaque matériel a un responsable, qui gère son planning d’utilisation, son stockage et son entretien. Avec le temps, nous avons étoffé notre parc matériel et les outils sont devenus de plus en plus grands. Résultat : il manquait d’espace de stockage chez tous les adhérents », rapporte Thierry Willem, président de la Cuma. D’où l’idée, dans la philosophie de partage des Cuma, de construire un bâtiment en commun. « Après le matériel, nous avons mutualisé notre besoin d’espace de stockage sans que les adhérents aient à investir chacun de leur côté », constate Thierry Willem. Deux bâtiments plutôt qu’un Une fois le projet arrêté et validé par les membres de la Cuma, la première étape a consisté à trouver le terrain adéquat. Central par rapport aux adhérents, facile d’accès… Après pas mal d’investigations, la perle rare est dénichée à Littenheim, où un éleveur qui souhaite arrêter la production de lait vend son étable et le terrain de 1,30 hectare qui l’entoure. L’emplacement est idéal, le terrain plat, l’accès aux réseaux assuré… La Cuma achète le lot. Et, même si le bâtiment existant ne « nous intéressait pas au départ, nous avons décidé de le garder et de le valoriser. Et finalement, il s’est révélé un atout, puisque les réseaux étaient là, la réserve à incendie aussi… » Tout le matériel d’élevage a été dégagé, le sol a été remblayé… Au total : 800 m2 de stockage. Un espace est réservé aux petites machines, disposées de manière à pouvoir être attelées facilement. À ce bâtiment rénové s’ajoutent 1 000 m2 de stockage procurés par un bâtiment neuf, conçu pour accueillir les outils de grand gabarit. Les travaux de terrassement ont débuté en novembre 2018, suivis par la pose des fondations, de la structure Waltefaugle… « Nous avons tout fait nous-mêmes. Et quand 10 bonshommes travaillent en même temps sur un chantier, à la fin de la journée on voit qu’il y a quelque chose qui s’est passé », sourit Thierry Willem. Une belle démonstration des vertus de la mutualisation de la main-d’œuvre ! L’investissement (200 000 € terrain et travaux) a été financé par un prêt contracté auprès du Crédit Agricole. Tous les membres contribuent à son remboursement ainsi qu’à la couverture des frais de fonctionnement, de l’ordre de 9 000 €/an, à hauteur de 700 €/an/adhérent en moyenne. Un montant qui comprend une part fixe et une part variable liée au chiffre d’affaires de chaque exploitation. Le bâtiment est opérationnel depuis le début de l’été. Et tous les adhérents en sont satisfaits : « Ça a permis de libérer de la place chez chacun. Et, mieux abrité, le matériel vieillit mieux », constate Nicolas Rusch, administrateur de la Cuma. Une base pour aller plus loin Enfin, ce bâtiment constitue une base sur laquelle la Cuma va pouvoir se reposer pour concrétiser ses futurs projets. Et il y en a ! Certains sont encore hypothétiques : une salle de réunion, un atelier, des locaux pour accueillir un salarié… D’autres sont entrés en phase d’amorçage : « Nous voulons créer un groupe tracteur », annonce Thierry Willem. Afin de réduire les investissements, de pouvoir accéder à des tracteurs de forte puissance à moindre coût et de pouvoir plus souvent laisser des tracteurs attelés aux outils. Mais pour que chaque adhérent puisse disposer d’un tracteur quand il en a besoin, il faut une sacrée organisation ! Aussi une phase de test est-elle en cours au sein de la Cuma : « Ceux qui participent au groupe louent leur tracteur à la Cuma, qui refacture à chaque membre l’utilisation qui en a été faite », décrit Thierry Willem.












