EARL des Hautes Chaumes
Le bois leur va si bien
EARL des Hautes Chaumes
Publié le 02/02/2018
À Hohrod, la famille Deybach vient d’achever la construction d’un bâtiment conçu par l’entreprise Roiné. Un bâtiment qui convient en tout point aux valeurs de ces éleveurs de montagne : fonctionnel, naturel, simple… et beau.
Jusqu’à l’hiver dernier, le troupeau de l’EARL des Hautes Chaumes était logé dans une étable datant de 2003, sur aire paillée avec une aire extérieure bétonnée, et une alimentation au râtelier. Mais la place y était insuffisante, et les génisses passaient l’hiver en pension chez d’autres agriculteurs et à la Maison du fromage à Gunsbach. « Nous avions donc besoin de place, mais le plan d’occupation des sols nous interdisait de réaliser le projet de construction que nous avions en tête depuis dix ans. Du coup, nous avons eu le temps de mûrir notre projet », raconte Michel Deybach. Lorsque la réglementation a changé, leur ouvrant la possibilité de construire, les éleveurs avaient bien identifié leurs priorités : un bâtiment pratique, qui requiert peu de matériel, respectueux du bien-être animal et intégré dans le paysage. Le bâtiment qui héberge les vaches laitières et les porcs est en bois, la maison d’habitation des éleveurs aussi. Pour que le nouveau bâtiment, dédié aux génisses, aux vaches allaitantes et à leur suite, s’intègre dans un ensemble cohérent, le bois s’est imposé. « Ici, nous n’accueillons pas de public. C’est donc un choix très personnel. Nous vendons des produits naturels, donc construire avec un matériel naturel, pour nous, c’est cohérent », argumente Michel Deybach. Leur choix s’est porté sur du douglas, une essence locale, imputrescible et non traitée à l’autoclave. Certes, le bois va grisailler, mais pour Michel Deybach, ça fait partie de la vie du bâtiment. Un chantier rondement mené La décision de construire le bâtiment a été prise l’hiver dernier. Le permis de construire a été déposé en juin. Séduits par un bâtiment de stockage Roiné qui avait été construit dans la vallée, les Deybach sont entrés en contact avec l’entreprise bretonne. « Nous voulions absolument un plancher de paillage, et ils nous ont dit qu’ils n’en faisaient pas. Donc, dans un premier temps nous les avons mis de côté. Mais, finalement ils nous ont rappelés pour nous dire qu’ils pouvaient réaliser notre projet. Le fait qu’ils se remettent en question et qu’ils profitent de notre chantier pour expérimenter de nouvelles techniques, ça nous a plu. Nous avons eu un très bon contact avec le commercial du secteur, qui nous a montré de nombreuses photos de leurs réalisations précédentes, dans lesquelles nous avons retrouvé certaines de nos idées », raconte Michel Deybach. L’affaire est donc conclue avec la société Roiné. Le terrassement a été confié à l’entreprise Kempf. Et a été réalisée en une quinzaine de jours, avec la participation des éleveurs. L’entreprise Doller Construction a coulé la dalle et érigé les murs en béton. La charpente a été conçue et préfabriquée par Roiné en Bretagne. L’ensemble des éléments a ensuite été livré le 8 novembre, et la pose a été sous-traitée aux Charpentes Fritsch, un charpentier de la vallée de Munster, « que nous connaissions déjà ». C’est donc en toute confiance que la charpente a été montée avec l’aide des éleveurs. Le 9 décembre, les bêtes intégraient leur nouveau logement. Un plancher de paillage fonctionnel Le plancher de paillage était l’une des exigences des Deybach. L’intégralité de leur paille est achetée en plaine. Il s’agit dons d’une charge qu’il est essentiel de pouvoir correctement maîtriser. Or, le plancher de paillage permet déjà d’économiser une pailleuse. Il procure aussi un gain de temps : « Pour 50 bêtes, le paillage nous prend un quart d’heure par jour. » Les éleveurs peuvent doser la paille fraîche à apporter en fonction de la quantité de paille qu’il y a déjà sur l’aire paillée. Puis, une fois que la paille est descendue, ils peuvent facilement répartir la paille dans l’aire paillée grâce à des passages d’homme. Les éleveurs apprécient de disposer d’un stock d’appoint de paille dans le bâtiment, qu’il leur suffit de monter sur le plancher au chargeur. « C’est très fonctionnel, et on évite de soulever de la poussière », se félicite Michel Deybach, satisfait en tout point par cet investissement.












