Élevage

Publié le 28/12/2017

Après ses réunions de section, Élitest tenait son assemblée générale le vendredi 8 décembre dans les locaux de la Chambre d'agriculture d’Alsace à Sainte-Croix-en-Plaine. La coopérative a présenté des projets innovants, dont Génosanté, pour une sélection génomique maîtrisée et valorisée.

Génosanté : au-delà d’indexer plus facilement mâles et femmes, cette approche permet de sélectionner de nouveaux critères, notamment sur la santé des vaches laitières. L’enjeu pour les éleveurs est de s’assurer de l’intérêt économique et technique du critère sélectionné et de la fiabilité de résultat qu’il apporte avant d’utiliser ces nouvelles informations. « Le programme Génosanté propose de véritables index, validés par un protocole scientifique rigoureux. Il mise sur des compétences collectives pour reproduire à titre privé la même chaîne d’indexation que les index publics. Cela va de la collecte de données à l’édition de véritables index, caractérisés par un coefficient de détermination et une héritabilité mesurés. Les index de résistance aux lésions infectieuses et ceux résistants aux lésions non infectieuses proposés aujourd’hui respectent cette philosophie pour apporter un progrès génétique maîtrisé et une capacité fine de conseil en élevage pour diagnostiquer les causes de boiteries et y remédier », explique Philippe Sibille, directeur d’Élitest. En données de base, ce sont 126 772 performances et 11 459 génotypages qui ont déjà été effectués avec ce programme. Sept lésions ont pu être caractérisées, dont trois infectieuses (dermatite digitée, limace, érosion de la corne du talon) et quatre non infectieuses (bleime circonscrite, bleime diffuse, ouverture de la ligne blanche, ulcère de la sole). Des corrélations légèrement négatives ont cependant été observées entre les deux groupes de caractères. Élitest s’est également engagé dans deux démarches : Rians, permettant une augmentation de la matière grasse en deuxième année ; et Herbo Pack, avec des partenaires comme Charal pour le croisement sur laitières, la valorisation du produit et un cahier des charges génétique pour cinq races. Avec la Chambre régionale d’agriculture Grand Est et l’Association de production animale de l’Est (Apal), une réflexion est en cours sur l’avenir de la production de la viande dans la région. Proposer de nouvelles offres Damien Tiha, président d’Élitest, a insisté sur la nécessité de faire évoluer la coopérative, à l’image de l’élevage qui est en pleine mutation. Pour répondre aux demandes de ses adhérents, notamment en matière de transformation, il y a une véritable nécessité de proposer de nouvelles offres et de nouveaux services, tout en restant dans le cœur de métier : la reproduction. « Nous observons une demande toujours plus forte sur des races comme la brune, la normande ou encore la jersiaise pour les taureaux laitiers, la blanc bleu, la limousine ou encore des croisés pour les taureaux allaitants. Nous devons répondre à ces demandes car, dans le même temps, nous avons constaté une baisse d’activité. Les inséminations artificielles premières (IAP) ont reculé de près de 5 % sur l’exercice écoulé. Depuis 2010-2011, année de fusion de notre coopérative, la baisse moyenne est de 0,15 % par an. Elle concerne aussi bien les allaitantes (- 8,3 %) que les laitières (- 4,2 %). En Alsace, la diminution est cependant moins importante (- 3,7 %) que dans d’autres départements du Grand Est. Par ailleurs, nous constatons une baisse du nombre d’adhérents et du nombre moyen d’IAP par adhérent sur cette même période. Il faut réagir. Proposer de nouveaux services, s’adapter à toutes les demandes, innover », insiste Damien Tiha. Élitest a adhéré à Brune Génétique Services et propose des offres spéciales pour la jersiaise et la normande, ou répond aux attentes de la filière viande en accompagnant les démarches des éleveurs. « Nous avons segmenté nos offres, nous les avons renouvelées en développant de nouveaux caractères, et nous nous sommes intéressés à la semence sexée et au croisement industriel. Enfin, nous avons misé sur de nouveaux services pour accompagner fortement cette reproduction. Je pense notamment au suivi reproduction, aux outils de monitoring, au programme sanitaire d’élevage (PSE) pour la maîtrise des cycles, au génotypage ou encore au sexage », ajoute Damien Tiha. Le suivi reproduction a concerné pour 2016-2017 pas moins de 19 654 femelles dans 203 élevages. Cette expertise au service des éleveurs s’appuie sur l’ensemble des services proposés (PSE, monitoring, Nutral, échos, palpers), et renforce la technicité et le savoir-faire des inséminateurs formés. De nouveaux développements sont à prévoir, comme le sexage de l’embryon, la caractérisation génétique simple ou encore le génotypage de l’embryon. Pour la race prim’holstein, ce travail a permis de placer quatre nouveaux taureaux dans la gamme. Xavier Wagner, directeur de l’application Applifarm, a présenté les fonctionnalités de ce service qui vise à valoriser les données en services pour améliorer la performance de l’élevage et la qualité de vie de l’éleveur. L’application sera officiellement lancée au courant du mois de janvier 2018.

13e édition des Ovinpiades des jeunes bergers

La finale régionale se révèle être un bon cru

Publié le 22/12/2017

La finale régionale des Ovinpiades des jeunes bergers s’est déroulée jeudi 14 décembre à l’EARL Agneau Huchot à Preuschdorf avec pas moins de 29 candidats en lice. Destinées à promouvoir le métier d’éleveur ovin tout en suscitant de nouvelles vocations auprès des élèves des établissements agricoles, ces Ovinpiades sont organisées chaque année par Interbev Ovins et l’ensemble de la filière ovine.

Au cours de la journée les 29 candidats se sont soumis aux différentes épreuves alliant théorie et pratique, dont le tri des animaux, indispensable pour bien gérer un troupeau, ou encore l’épreuve de notation de l’état corporel, qui consiste à contenir une brebis pour apprécier son état de santé en prenant sa température, en observant sa 3e paupière, sa dentition, ses pieds et sa mamelle. L’épreuve de manipulation et d’évaluation de l’état corporel des brebis est cruciale pour garantir une meilleure productivité et connaître les risques professionnels découlant d’une mauvaise maîtrise de la contention ou des manipulations. Quant à l’épreuve d’évaluation de l’état d’engraissement des agneaux, elle permet d’ajuster l’alimentation des animaux pour produire des agneaux adaptés aux besoins du marché. Côté soin, l’épreuve du parement des onglons permet de conserver de bons aplombs et de prévenir l’apparition de certaines maladies, telles que le piétin. La dernière épreuve est un quiz qui permet de valider les connaissances des candidats aussi bien dans le domaine de l’élevage ovin (filière, alimentation, reproduction, génétique, santé…) que de la reconnaissance de races. Ces Ovinpiades sont aussi collectives car, outre les épreuves, elles comprennent aussi un volet communication. Les élèves d’un même établissement sont invités à plancher sur un sujet leur permettant d’exprimer leur créativité en construisant un argumentaire et en réalisant un support de communication. Cette année ils ont réalisé l’affiche officielle de la prochaine édition des Ovinpiades des jeunes bergers. Les réalisations sont soumises au vote du public à partir d’aujourd’hui, 22 décembre, sur la page Facebook des Ovinpiades. Des opportunités à saisir À travers ces Ovinpiades, la filière ovine cherche à attirer des jeunes dans un contexte plutôt favorable. Au cours des 15 prochaines années, 61 % des éleveurs de brebis allaitantes et 39 % des éleveurs de brebis laitières partiront à la retraite. Et les atouts de cette production ne manquent pas : une politique agricole commune favorable, un bon maintien des prix, une adaptabilité remarquable des animaux, une demande en viande d’agneau supérieure à l’offre, des débouchés variés et, argument non négligeable, les investissements nécessaires étant modérés, le retour sur investissement est rapide. Tous les candidats ont été félicités. Cette année, ils forment « une bonne cuvée », a souligné Jean-Pierre Saulet, technicien ovin de la Chambre d’agriculture d’Alsace qui a dévoilé le palmarès. Hervé Wendling, président du Syndicat ovin du Bas-Rhin et du Grand Est, a remercié les partenaires de la filière, dont le Crédit Mutuel et le Conseil départemental, les enseignants, dont Marie-Laure Couvet, le proviseur du lycée agricole d’Obernai, Thierry Girodot, et la directrice du Centre de formation des apprentis, Sylvie Pagliano. Il a chaleureusement félicité les candidats pour leur implication et leur engagement, tout en recommandant aux deux finalistes de continuer à travailler et à s’entraîner car, au niveau national, ils seront opposés à des candidats issus d’établissements de formation ovine. La conseillère départementale Nathalie Marajo-Guthmuller s’est jointe aux félicitations d’Hervé Wendling pour la motivation et l’implication des candidats dans la filière ovine, tout en souhaitant bonne chance aux deux finalistes. Florence Clémenceau, responsable du marché agricole et viticole à la direction régionale Nord du Crédit Mutuel, accompagnée par Jean-Luc Beil, responsable du marché agri-viti du district de Haguenau - partenaire indéfectible de la marque Agneau Terroir d’Alsace et de la filière ovine du Bas-Rhin - a adressé ses félicitations aux participants et souhaité bon vent aux deux lauréats. Les lauréats, comme l’ensemble des participants, ont été récompensés. Ce sont Florian Huchot, de Preuschdorf, et Yvan Stoffel, de Dettwiller, qui ont été sélectionnés pour la finale nationale qui se tiendra à Paris dans le cadre du Salon international de l’agriculture. La meilleure candidate féminine est Camille Krieger, classée 7e, et c’est Cloé Traplez qui a obtenu la meilleure note au quiz.

Publié le 15/12/2017

Alsace Volaille réunit 35 éleveurs alsaciens de volailles label rouge. La filière, qui vient de fêter ses 30 ans sous signe officiel de qualité, continue à se développer : 21 nouveaux bâtiments sont en projet, dont 16 dédiés au poulet jaune. Une demande de label rouge est en cours pour la race cou nu noir, dont la production pourrait démarrer en Moselle fin 2018.

La filière Alsace Volaille a fêté les 30 ans de l’obtention du label rouge, vendredi 1er décembre dans les locaux de la Région à Strasbourg. Il a fallu cinq ans à l’association pour obtenir ce signe de qualité, a rappelé son président, Jean-Michel Schaeffer, dont le père fait partie des cinq éleveurs pionniers qui ont lancé la démarche de certification (les autres sont Jean-Pierre Fix, Michel Gintz, Daniel Pflug et Paul Schiellein). Depuis janvier 1987, la filière a connu un développement continu : 35 éleveurs sont aujourd’hui impliqués dans la production de volailles label rouge, qui nécessitent un temps d’élevage deux fois plus long qu’une volaille standard. Ils produisent 1,2 million de poulets annuellement. Le nombre de bâtiments augmente régulièrement : 90 bâtiments sont consacrés à cette production et 21 nouveaux sont en projet. Les volailles d’Alsace ont obtenu une IGP (indication géographique protégée) en 1994 et le label rouge s’est étendu aux volailles festives (chapons et dindes noires), puis aux découpes de volailles dix ans plus tard. Celles-ci constituent depuis le « levier de croissance de la filière », précise Jean-Michel Schaeffer. Cous nus jaunes, cous nus noirs Un nouveau cahier des charges a été mis en place pour le poulet cou nu jaune en 2016. 16 bâtiments sur les 21 en projet seront d’ailleurs consacrés à cette production. Et bientôt, grâce à un partenariat avec la Chambre d’agriculture de Moselle, une production de poulets cous nus noirs va voir le jour. Alsace Volaille, qui se chargera d’accompagner les éleveurs mosellans, espère décrocher un label rouge pour cette production en 2018, ce qui constituerait « un vrai élargissement de toute la gamme label rouge ». Maillon essentiel de la filière volaille de qualité, les éleveurs sont entourés de nombreux partenaires : les Couvoirs de l’Est à Willgottheim, qui fournissent les poussins, les fabricants d’aliments (Sanders Nord-Est et Lorial-Costal), les abatteurs (René Meyer et Siebert) et les metteurs en marché. Ils sont accompagnés depuis le début par la Chambre d’agriculture d’Alsace. Jean-Michel Schaeffer souligne l’importance du partenariat entre les différents maillons de la filière. « C’est dans la confiance qu’on a construit notre développement. Il est essentiel de garder cette confiance et de maintenir un esprit collectif », dit-il. Et d’insister sur la nécessité de préserver les liens avec les réseaux de distribution qui perçoivent mieux que quiconque les attentes des consommateurs, en perpétuelle évolution. Un vecteur de valeur ajoutée Évoquant les États généraux de l’alimentation, le président d’Alsace Volaille constate que la production sous signe de qualité reste un vecteur de valeur ajoutée. Toutefois, « on sent au niveau du consommateur une volonté d’acheter local, mais aussi de consommer à l’extérieur, c’est une vraie évolution ». La montée en puissance des attentes sociétales n’est pas nouvelle, précise Thomas Kelhetter, du service élevage de la Chambre d’agriculture d’Alsace, animateur d’Alsace Volaille. Les préoccupations des consommateurs, qui étaient centrées sur l’environnement dans les années 1980, ont évolué vers le bien-être animal, l’antibiorésistance et plus récemment vers les questions éthiques liées à l’animal. La consommation de viande est remise en question. « Nous ne pouvons pas ne pas prendre en compte cette évolution pour l’avenir de la filière », juge Thomas Kelhetter. Un récent sondage, détaillé par l’animateur de l’association, a mis en évidence différentes pistes d’action pour les filières d’élevage : donner la priorité à l’accès au plein air, renforcer la réglementation en matière de bien-être animal et de sécurité sanitaire des produits, augmenter la part du bio et celle des produits sous signes officiels de qualité. « Cette étude permet d’alimenter la réflexion et de trouver des pistes de progrès pour la filière, estime Thomas Kelhetter, qui insiste sur la nécessité d’instaurer un dialogue avec la société. « Même pour construire un poulailler, il faut vaincre les peurs par rapport aux nuisances ». Et si le poulet label rouge répond à de nombreuses attentes des consommateurs, la filière ne doit pas moins « communiquer de manière plus dynamique ». À cet égard, Alsace Volaille se réjouit du lancement prochain par le Synalaf (Syndicat national des labels avicoles de France) d’une grande campagne de communication cofinancée par l’Union européenne. Ce coup de pouce vient en renfort des aides apportées par la Région Grand Est pour la modernisation des bâtiments d’élevage et pour celle des industries agroalimentaires, dont le détail a été apporté par Patrick Bastian, président de la commission agricole de la Région.

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