Sia. Esat du Sonnenhof
La montbéliarde fait la java à Paris
Sia. Esat du Sonnenhof
Publié le 02/03/2018
Deux résidents de l’Établissement et service d’aide par le travail (Esat) du Sonnenhof ont passé le week-end au Salon de l’agriculture. Un séjour pas comme les autres rendu possible grâce au concours des moniteurs de l’établissement.
Ils observent en connaisseurs deux montbéliardes stationnées le long d’une allée du Salon international de l’agriculture, samedi midi. Alexandre Hermann et Emmanuel Lambert les connaissent bien. Logique. Ils travaillent dans l’élevage de l’Esat du Sonnenhof, à Bischwiller. L’exploitation emploie des personnes handicapées mentales afin d’aider à leur insertion sociale. Et elle permet à ces deux résidents de visiter le Salon pour la première fois. « C’est vrai qu’on ne serait jamais venus tout seuls », reconnaît Alexandre entre deux bouchées de suprême de poulet commandé dans un restaurant du hall principal. Les deux hommes sont pourtant autonomes. Ils louent leurs propres appartements, Alexandre conduit une voiture sans permis et il vient même en vacances à Paris chez sa grand-mère. Toujours accompagné de sa sœur. Mais un tel voyage implique trop de stress et de logistique à prendre en compte. Alors ce week-end, Jean-Michel Leininger joue les chaperons. Ce moniteur de l’atelier menuiserie de l’Esat vient au Salon après des années d’absence. À peine débarqués à la gare de l’Est, les trois hommes ont sauté dans le premier métro à destination du Parc des expositions. Sans même passer par leur hôtel. « On voyage léger », sourit Jean-Michel. Tout sourire sur le podium Son rôle ? Guider les deux résidents à travers la marée parisienne et s’assurer que tout le monde revient à bon port. « On ne se quitte pas sinon ça va vraiment devenir compliqué. » Leur priorité pendant ces deux jours ? Voir les animaux bien sûr. En plus, dimanche matin, Haïda et Java, les deux vaches de l’Esat, passent sur le ring principal du Concours général agricole. Ils sont venus en supporters. Les équipes du centre sont habituées à ces voyages. Les moniteurs essayent d’amener des résidents à chaque concours. Paris en 2015 et 2016, Épinal l’année dernière. « La participation des bêtes valorise beaucoup le travail des résidents qui s’en occupent toute l’année », se réjouit Véronique Littner, monitrice ultra-polyvalente qui assiste Jean-Marie Schoenel et ses deux montbéliardes. En cas de victoire le lendemain, ce serait une apothéose. Bingo ! À 13 h 20, Java monte sur la première marche du podium. Elle vient de remporter les titres de championne jeune et meilleure mamelle jeune. À ses côtés, Jean-Marie, sa famille, Véronique… Ainsi qu’Alexandre et Emmanuel, tout sourire, médailles à la main. Ému, Jean-Marie Schoenel réserve un mot pour « tous ceux qui sont restés à maison et qui s’occupent des vaches avec les moniteurs. » L’Esat, c’est avant tout un travail d’équipe.












