Élevage

Assemblée générale du syndicat ovin 67

Technique, Pac, prix : triptyque pour un revenu décent

Publié le 13/04/2018

Comment assurer un revenu rémunérateur aux éleveurs ? Les invités à l’assemblée plénière du syndicat ovin du Bas-Rhin ont apporté quelques pistes, vendredi 6 avril. Avec une meilleure performance technique des élevages, les aides Pac et des prix mieux négociés, les bergers pourraient sortir la tête de l’eau… en théorie du moins.

La Pac est-elle encore le bon outil pour assurer un revenu aux éleveurs ? La question lance le débat de la réunion plénière du syndicat ovin bas-rhinois. « L’aide européenne doit gommer les disparités de compétitivité entre les régions », soutient Michèle Baudoin, présidente de la Fédération nationale ovine et invitée d’honneur vendredi 6 avril. Mais la nouvelle carte des zones défavorisées et le classement de l’aide ovine comme illégale par la commission européenne créent un trou. « À ce jour il nous manque 623 M€ d’aides », selon la syndicaliste. Un manque à gagner qui pénaliserait une filière déjà en difficulté. Cependant, l’éleveuse auvergnate ne souhaite pas quémander des dons à l’UE. « La Pac doit être un levier de croissance, pas un RSA. » Elle doit permettre aux paysans de se moderniser, d’améliorer leur productivité. Non pas les entraîner dans une forme de dépendance passive. Car « on peut parler de Pac tant qu’on veut, mais le boucher, lui, veut de la qualité », tranche Sébastien Stoessel, président du service élevage à la Chambre d'agriculture. C’est là qu’arrive la deuxième piste de réflexion pour un salaire plus élevé. Les éleveurs doivent mettre les bouchées doubles sur la technique selon le responsable. Ainsi, le plan génétique de l’Organisme de sélection ovine nord est étendu à l’Alsace cette année. De plus, le plan bâtiment « est une des plus grandes réussites de la Région », se félicite Patrick Bastian, président de la commission agricole à la Région. Les restrictions budgétaires se ressentent sur le niveau d’accompagnement des agriculteurs. Ainsi, en 15 ans, le Grand Est a perdu 3,5 équivalents temps pleins de techniciens spécialisés ovins selon Jean-Pierre Saulet-Moës, l’animateur régional. « Nous, on a affaire au client en direct » Enfin, la discussion a dérivé sur l’établissement des prix. Sujet ô combien crucial. Jacqueline Balzer, présidente de la fédération des bouchers charcutiers traiteurs d’Alsace, a d’emblée annoncé la couleur. « Les États généraux de l’alimentation vous ont fait rêver, mais ce ne sera pas si simple, prévient-elle. Si les prix s’envolent, c’est la fin de la boucherie artisanale. » Toute en franchise, elle a énuméré les contraintes de sa profession. La difficulté d’embaucher d’abord. Avec la reprise économique, les candidats se font plus rares. Les salaires peuvent vite grimper jusqu’à 50 % du chiffre d’affaires dans certains cas. Ensuite, la patronne des bouchers a reconnu que ses clients étaient trop habitués aux prix de supermarché. Dès lors, difficile de leur faire accepter le prix juste. « Nous, on a affaire avec le client en direct », rappelle-t-elle. Une manière de montrer aux agriculteurs qu’ils ne sont pas les seuls à souffrir des prix bas. Malgré son discours offensif, la responsable a reçu un accueil plutôt compréhensif, voire positif de la vingtaine d’éleveurs présents. Elle a d’ailleurs tenu à conclure sur une note positive : « Nous soutenons l’élevage, évidemment. Et j’espère que vous nous avez retirés de la problématique dans le conflit avec la grande distribution. » Sourires dans l’assistance. Encore une fois, éleveurs et commerçants artisanaux se retrouvent dans le même camp.

Du 21 au 23 juin au Parc des expositions de Colmar

Le salon Cœur d’Élevage annulé

Publié le 13/04/2018

Malgré un lancement prometteur, une forte implication d’éleveurs, d’associations et de syndicats qui annonçaient la présence de 300 animaux, la société Colmar Expo SA s’est vue dans l’obligation d’annuler le salon Cœur d’Élevage prévu les 21, 22 et 23 juin prochains, en raison de soutiens matériels, logistiques et financiers insuffisants.

Le 19 octobre 2017, Colmar Expo SA annonçait le lancement du salon professionnel Cœur d’Élevage au Parc des expositions de Colmar avec une première édition les 21, 22 et 23 juin 2018. L’objectif était d’apporter à l’ensemble de la profession un nouveau temps fort articulé autour d’une exposition agricole et d’un concours bovins réunissant cinq races laitières. Cœur d’Élevage a reçu un bel accueil de la profession et, selon l’avis de tous, ce type d’événement avait sa place à Colmar, position stratégique aux frontières de grands pays laitiers, comme l’Allemagne et la Suisse. Des professionnels pas assez nombreux La volonté de Colmar Expo SA était de créer une manifestation de dimension européenne, un événement fort et de référence pour la profession dans le Grand Est. Unique porteur financier, Colmar Expo SA avait bâti un modèle économique s’assurant de recettes de location de stands, d’entrée de visiteurs, de sponsoring privé et de potentiels soutiens de la part des collectivités locales. Malgré quelques soutiens matériels et logistiques annoncés, les professionnels du secteur n’ont malheureusement pas répondu en masse pour être présent à la première édition de ce salon dont la réputation restait à construire. Avec seulement 20 % des objectifs atteints à ce jour, Colmar Expo SA n’a pu que constater les difficultés économiques que rencontrent certaines entreprises du secteur. Une forte mobilisation des éleveurs pour le concours Malgré la très forte mobilisation des associations et syndicats du quart nord-est de la France qui promettaient une présence de quelque 300 bovins, les nouvelles contraintes sanitaires annoncées courant mars 2018 concernant la présence d’animaux étrangers ont mis un coup de frein au rayonnement européen du concours, pièce maîtresse de la manifestation. L’implication d’un groupe de travail, composé d’une quinzaine d’éleveurs, a été exemplaire et laissait présager un concours de très haute volée. Une décision difficile à prendre Depuis six mois, la société Colmar Expo SA s’est investie, entourée d’un groupe d’éleveurs extrêmement motivés et volontaires, dans la préparation de cet événement professionnel qui devait être une fête autour de la profession d’éleveur laitier. Le choix d’annuler la manifestation, plutôt que de la maintenir en la redimensionnant, ne correspond pas à ce qui a été annoncé aux exposants et aux éleveurs. C’est avec un grand regret et une profonde tristesse pour tout le travail réalisé par les uns et les autres, que la décision d’annulation a été prise.

Publié le 05/04/2018

Elena, projet transfrontalier pour la promotion de l’élevage dans le Rhin supérieur, a été lancé mi-2017 à l’initiative de la Chambre d'agriculture d’Alsace et du LKV du Baden-Wurtemberg. Sept groupes de travail se sont constitués.

Les partenaires du projet Interreg Elena (lire en encadré) sont, outre la Chambre d'agriculture d’Alsace (CAA), chef de file du projet, et le LKV du Bade-Wurtemberg, la Chambre d'agriculture du Grand Est (Crage) et l’Organisation professionnelle de l’agriculture biologique en Alsace (Opaba). Les activités de ces quatre organisations reçoivent un financement via le programme Interreg. Quatre autres partenaires soutiennent Elena : la laiterie Monte Ziego, le syndicat des éleveurs de chèvres du Baden-Württemberg, l’Université des sciences de l’économie et de l’environnement de Nürtingen-Geislingen, l’Institut de recherche et d’expérimentation Neumühle de Rhénanie-Palatinat ainsi que l’Institut transfrontalier d’application et de développement agronomique (Itada). Trois grands domaines d’activité Avant même le début du projet, les partenaires Elena ont analysé la situation dans le Rhin supérieur et dressé les pistes de travail suivantes : élevage de chèvres laitières Les laiteries et fromageries des deux côtés du Rhin supérieur peuvent transformer de grandes quantités de lait de chèvre. Mais les producteurs de la région ne sont pas en mesure de fournir les quantités nécessaires pour l’instant. La production de lait de chèvre offre donc de grandes opportunités pour les nouveaux arrivants. Les mêmes carences, clairement identifiées, existent de part et d’autre du Rhin. Une structure de conseil spécialisé dans l’élevage de chèvres laitières doit être mise en place, la commercialisation des chevreaux mâles d’engraissement est peu satisfaisante et les coûts de l’inspection sanitaire et de l’abattage pèsent lourdement sur les producteurs de lait de chèvre. élevage porcin Les changements structurels des dernières décennies ont considérablement réduit le nombre d’élevages porcins à plein temps en Alsace et dans le sud du pays de Bade. Dans le sud du pays de Bade, on ne recense plus qu’une soixantaine d’élevages, principalement tournées vers l’engraissement. En Alsace, il s’agit principalement de fermes spécialisées dans le naissage et l’engraissement. Là encore, les problèmes sont transfrontaliers. L’organisation de l’abattage change radicalement, les fournisseurs de services se retirent de la région, les services de conseil sont très difficiles à maintenir. La coopération transfrontalière devient une exigence. production laitière La production de lait est l’épine dorsale de la transformation dans le Rhin supérieur. La Chambre d'agriculture et le LKV ont tous deux des structures très performantes en matière de contrôle de performances et de conseil aux exploitations. De part et d’autre du Rhin, il existe des tendances similaires dans l’élevage laitier : d’une part une automatisation des systèmes de traite, de l’autre le développement de l’élevage biologique. Dans les deux cas, la Chambre d'agriculture et le LKV veulent coordonner leur offre en matière de conseil. Le LKV a l’intention de prendre exemple sur la qualité du conseil dispensé par le service élevage de la Chambre d'agriculture. Celle-ci, de son côté, envisage de prendre en charge la surveillance de la santé du LKV. Sept groupes de travail Des groupes de travail ont été formés dans le but de définir les mesures qui s’imposent pour résoudre les problèmes en matière de transformation dans le Rhin supérieur, puis de les mettre en œuvre dans les différents organismes. Beaucoup de temps a d’abord été consacré à une meilleure connaissance des structures françaises et allemandes dans la région concernée par le projet. Les différents partenaires en ont tiré de précieux enseignements. Il était indispensable de mieux connaître la façon de travailler, les outils utilisés. Dès lors, les premières pistes d’optimisation sont apparues. Au total, sept groupes de travail ont été formés : élevage caprin laitier, élevage porcin, systèmes de traite automatiques, alimentation des vaches laitières, santé animale, nouveaux critères d’analyse du lait et conseil aux exploitations (lire en encadré). La coordination du travail des sept groupes a été confiée à Sophie Weidmann, de la CAA. Elle est aussi la coordinatrice de l’ensemble du projet. Pour toute information complémentaire, s’adresser à Sophie Weidmann (s.weidmann@alsace.chambagri.fr) ou à Jürgen Bieger du LKV Baden-Württemberg (jbieger@lkvbw.de).

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