L’EARL Frintz, à Lochwiller
Rééquiper pour un meilleur confort
L’EARL Frintz, à Lochwiller
Publié le 04/02/2022
Denis Frintz est éleveur de vaches laitières, à Lochwiller, sur la ferme familiale. S’il est hors de question pour le trentenaire de s’endetter, il procède, depuis 2012, par petites touches, à des améliorations, dans l’étable, qui a à peu près son âge. Dernières en date : l’installation de deux robots, un ramasse-lisier et un repousse-fourrage, avec Wahl Équipements.
« Le bâtiment (béton, bois, charpente métallique et panneaux fibro, NDLR) a été construit en 1984. La salle de traite (2x6), toujours en fonction, date de 1985. En 2012, quand je me suis installé, on a opté pour des logettes creuses et, un mélange chaux et paille, en guise de litière. On a posé de nouveaux cornadis, en 2015, et plus récemment, de nouveaux abreuvoirs. Mais les dernières améliorations majeures sont de décembre 2020 et mai 2021, respectivement un repousse-fourrage automatique Moov 2.0 de la marque Joz et un ramasse-lisier Barn-E, de Joz aussi », résume Denis Frintz. L’éleveur de Lochwiller, qui livre à Unicoolait, bénéficiera, a priori, d’une aide du plan Bâtiment. Sa philosophie : investir petit, progressivement, « par palier », pour rester libre et être à l’aise. De petits investissements qui n’ont lieu, en plus, que « si le prix du lait est correct », souligne-t-il. Il vise avant tout le bien-être des animaux et le confort de travail. Le Moov 2.0 de Joz se déplace grâce à une quarantaine de transpondeurs, dans le sol. « Il passe où et quand on veut », précise Mathieu Wahl, de Wahl Équipements, à Sarrebourg, qui a fourni Denis. Le robot se rapproche des cornadis, en saccade. « Le premier passage est à 70 cm des cornadis et, au fur et à mesure, il va s’approcher », poursuit l’éleveur. En un quart d’heure, la machine a avalé les 85 m de longueur du bâtiment. « Elle va quasiment deux fois plus vite que l’ancien modèle », pointe Mathieu. Denis est insensible à cette performance-là. « C’est une tâche en moins. J’économise entre vingt et trente minutes de travail par jour et je pense qu’on a gagné en productivité, en lait, même si je ne peux pas le quantifier. Le robot travaille la nuit : tout est poussé à l’auge. Quand j’arrive le matin, pour nourrir les animaux, c’est propre. Et c’est bien fait ! Le fourrage ne chauffe pas. La machine n’enroule pas le maïs », argumente-t-il, en faveur du Moov 2.0. Avec le transport et l’installation, l’éleveur a payé environ 17 000 euros. Son modèle ne comporte pas les deux options suivantes : la montée de dévers à 6 ou 7° ni l’ouverture des portes d’un bâtiment. Chez Denis, le robot officie, à plat, uniquement chez les vaches en production. L’éleveur apprécie le peu d’entretien qu’il a à pourvoir à ce système mécanique. Gain de temps Idem pour le robot à lisier Barn-E de Joz. « Je le nettoie une fois tous les quinze jours. Ça prend un quart d’heure », note Denis Frintz. « Ces deux automates ont de dix à quinze ans de vie. Ici, on n’a pas signé de contrat d’entretien. C’est possible d’en avoir un. Mais, si le client assure un minimum, il n’y en a pas besoin », estime Mathieu Wahl. Grâce à une liaison Internet, le concessionnaire « sait tout, en temps réel. » « Si le robot se perd et s’arrête, on saura ce qu’il s’est passé », ajoute Mathieu. Pour le ramasse-lisier, il y a une cinquantaine de transpondeurs, dans le bâtiment : autant de mouchards. C’est ce qui demande le plus de travail, à l’installation des machines : une demi-journée, pour les mesures. « On a juste mis un couloir de passage à plat, pour que le robot puisse faire une boucle : de la petite maçonnerie », lâche Denis, pour sa part. « On a cartographié l’espace, au centimètre près, on a choisi un itinéraire et on a inséré le programme dans le robot. On ne se sert pas des murs, comme repères », insiste Mathieu Wahl. Le Barn-E de Joz est le seul robot sur le marché capable de ramasser la paille broyée. Plus silencieux qu’un aspirateur, il ramasse grâce à un système de rabatteurs et stocke avant de se rendre à la décharge. On évite aussi la « vague » de lisier, qui arrive avec un racleur. « L’environnement de travail est plus agréable depuis qu’on l’a, pour les hommes et les vaches », constate Denis Frintz. Avant, il raclait au tracteur. « On a gagné 45 minutes à une heure de travail par jour, avec Barn-E », dit-il. Si l’éleveur est ravi de la santé des pieds de ses animaux, les vaches arrivent aussi plus propres à la salle de traite. « On ne fait plus de pédiluves et, à la traite, on gagne du temps et en confort », précise Denis. Avec l’installation, l’éleveur a dépensé 35 000 euros, soit 10 000 de plus que pour un racleur classique. Mais il ne s’en plaint pas, d’autant plus que, puisque le local de traite est face aux couloirs de marche, il aurait été difficile de poser un racleur à corde ou à chaîne. L’investissement le plus récent remonte à début janvier, à l’EARL Frintz : un taxi-lait Urban, à 8 000 euros. « Pour faciliter le travail », répète Denis. Même sa mère donne volontiers le lait aux veaux, depuis qu’ils ont le robot. « C’est beaucoup moins pénible qu’avant », relève Denis Frintz. La machine avance comme un tire-palettes électrique. En dix jours, les petits, élevés au lait entier uniquement, l’ont aussi adoptée. Denis règle la température, qui est constante, dans la cuve à lait, et le nombre de litres exact qu’il souhaite envoyer dans les abreuvoirs, d’un coup de gâchette. « La distribution est régulière. C’est un autre avantage », avance-t-il.












