Assemblée générale du syndicat de la race montbéliarde
« La montbéliarde n’a rien à envier à la prim’holstein »
Assemblée générale du syndicat de la race montbéliarde
Publié le 21/04/2022
L’assemblée générale du syndicat de la race montbéliarde a été l’occasion, après deux années d’interruption, de faire le point sur la situation sanitaire, les évolutions en matière de génétique, et de performance du troupeau.
Deux ans après leur dernière réunion, qui s’était tenue juste avant le premier confinement lié à l’épidémie de Covid-19, les éleveurs de montbéliardes se sont retrouvés en assemblée générale le 18 mars dans les locaux d’Elitest à Brumath. Avec « un peu de mal à remotiver les troupes », a constaté Jean-Marie Schoenel, président du syndicat, puisque les éleveurs présents se comptaient sur le doigt d’une main. « Actuellement, les prix du lait ne correspondent plus aux charges, qui s’envolent, que ce soit le carburant, les tourteaux… Alors que les autres corps de métier peuvent répercuter des hausses de charges sur leurs prix de vente, pour les agriculteurs, c’est différent », a regretté Jean-Marie Schoenel. Les éleveurs ont profité d’être en petit comité pour évoquer leurs difficultés. Elles sont à la fois conjoncturelles, comme une hausse significative des naissances prématurées, un phénomène que rapportent aussi les éleveurs ovins, et qui entraîne des complications dans la conduite d’élevage. En effet, les vêlages sont certes faciles, mais les veaux sont petits, et les vaches, qui n’étaient pas prêtes à vêler, donnent peu de lait. Sans pouvoir expliquer à ce jour ce phénomène, Sophie Weidmann, responsable du service élevage de la Chambre d’agriculture Alsace, a conseillé d’anticiper les tarissements, pour avoir des vaches en état de vêler plus tôt. Les difficultés des éleveurs sont aussi structurelles, avec les difficultés à transmettre les exploitations, notamment les élevages, qui entraînent l’érosion du nombre d’éleveurs. Ils évoquent aussi le plan bâtiment qu’ils jugent « inadapté ». Ou encore le manque de vétérinaires ruraux. « Est-ce que des assistants vétérinaires ne pourraient pas assurer une partie de la charge de travail ? », s’interroge un éleveur. Cela ne manquerait pas d’entraîner des polémiques au niveau de l’ordre des vétérinaires, de leurs syndicats, répond Céline Zuber, directrice du Groupement de défense sanitaire (GDS) Alsace, qui a fait un point sur la BVD (lire en encadré), et procédé à quelques annonces. Le GDS propose régulièrement des formations. Il y en aura cette année encore, notamment sur la gestion des antibiotiques en élevage laitier, ainsi que sur le bien-être des veaux et la gestion de la douleur lors de l’ébourgeonnage. Avec les GDS des Vosges et de Moselle, le GDS Alsace a ouvert un compte Facebook qui doit permettre de diffuser des informations plus rapidement. « L’objectif est aussi de proposer des formats accessibles à tous les éleveurs, y compris les plus jeunes, par exemple avec des vidéos courtes », indique Céline Zuber. Augmentation du lait brut José Esteves, technicien en élevage laitier à la Chambre d’agriculture Alsace, a présenté les résultats annuels de la race pour 2020, tenant tout d’abord à féliciter Jean-Marie Schoenel pour les très bons résultats que le CAT du Sonnenhof, aujourd’hui dissous, a obtenu durant de longues années. Si Jean-Marie Schoenel reste salarié de la fondation du Sonnenhof, le troupeau, à la génétique régulièrement primée lors des concours de la race, a été vendu à différents éleveurs. À 30,1 % de primipares, les élevages bas-rhinois se situent à un niveau « assez élevé », qu’il s’agirait de diminuer un peu en « faisant moins de génisses ». Dans le Bas-Rhin, le lait brut a augmenté de quelque 300 kg, passant de 7 281 à 7 595 kg. Un « bon résultat ». Le TB reste stable, à 40,3, mais le TP diminue un peu. Il se situe à 34,3, peut-être un effet de la qualité médiocre des fourrages de cette année-là, qui pourrait peut-être aussi expliquer la dégradation en cellules. L’intervalle vêlage-vêlage se situe à 416 jours, soit une hausse de huit jours par rapport à l’année dernière. L’âge au vêlage baisse, passant de 42 à 36,1 mois, un bon point mais qui pourrait encore être amélioré. En effet, « plus les génisses vêlent tard, plus elles sont grasses et moins bonne est leur longévité ». En conclusion, Jean-Marie Schoenel a rappelé que la montbéliarde est la deuxième race de France en termes d’effectifs. « Au niveau national, une vache sur cinq au contrôle laitier est une montbéliarde ». Et pour cause : « La montbéliarde n’a rien à envier à la prim’holstein », assure Jean-Marie Schoenel. Une affirmation qu’il étaie en exposant les performances de l’EARL Reinhardt à Menchhoffen qui, avec un effectif de 71 VL, frôle les 10 000 kg de lait à 7 %, à 9 935 kg très exactement.












