Inauguration officielle du Festival de l’élevage de Brumath
« L’élevage fédère, mais l’élevage souffre ! »
Inauguration officielle du Festival de l’élevage de Brumath
Publié le 04/06/2022
De nombreux candidats aux élections législatives et élus ont déambulé dimanche 22 mai dans les allées du Festival de l’élevage de Brumath. Une occasion rêvée de venir au contact des professionnels. Vers midi, les élus sont montés dans le ring avec les représentants du monde agricole pour l’inauguration officielle de cette manifestation.
Marc Schneider ouvre la cérémonie d’inauguration officielle de ce 40e festival en soulignant la présence de Jean Rottner, président de la Région Grand Est. « Quel plaisir d’être tous réunis ici, aujourd’hui ! Ces deux dernières années ont été difficiles pour tout le monde. Avec la crise sanitaire et le conflit russo-ukrainien, les charges ont explosé, le coût des aliments est devenu exorbitant ! » S’adressant directement aux responsables des coopératives, il envoie un message très clair : « Faites le maximum pour que les agriculteurs puissent vivre de leur métier. Les éleveurs alsaciens participent à de nombreux concours, le rôle du festival est de redynamiser la filière de l’élevage. Le concours de clippage et de présentation hier soir a permis aux jeunes de se former, 75 participants de 8 à 18 ans étaient présents. Les concours motivent les agriculteurs à se surpasser », lance-t-il. À voir la fréquentation de l’événement, c’est un pari réussi. Tour à tour, les élus et les responsables des organisations professionnelles agricoles s’expriment. « L’élevage fédère, mais l’élevage souffre, souligne Xavier Lerond, président d'Interbev Grand Est. À travers l’envie des jeunes, c’est à nous de nous battre pour faire perdurer ce genre d’événement. Les incidences économiques actuelles ont des répercussions sur les filières d’abattage, dont les hausses vont toucher le consommateur en bout de chaîne. Je suis en train de placer des caméras dans les abattoirs, volontairement. Quand on montre les choses, c’est qu’on n’a rien à cacher ! » S’adressant directement aux élus, il ajoute : « Essayez de travailler avec les éleveurs, car ce sont eux qui façonnent le territoire. » L’assemblée applaudit chaudement son intervention, le temps de laisser la parole à Franck Sander. « Aujourd’hui, pour la première fois, on ose parler de souveraineté alimentaire. » Le Covid et la guerre en Ukraine sont passés par là… Le président de la FDSEA du Bas-Rhin tient à sensibiliser l’auditoire sur les questionnements à venir, sur la vente directe, les produits bio. « 30 % du lait bio passe dans le circuit conventionnel. Le local a un rôle à jouer pour résoudre ce problème, comme le prouve l’exemple d’Alsace Lait. Mais on ne peut pas contourner la grande distribution qui a aussi sa pierre à apporter à l’édifice. » Il conclut son intervention en abordant le futur : « Pour insuffler le changement dans les fermes, il faudra prévoir de gros investissements. » Avis aux financeurs ! « Nous sommes tous des supports-terres ! » Pour Denis Nass, président de la Chambre d’agriculture Alsace, organiser une fête semblable est un véritable défi. « L’agriculture est un métier qui a beaucoup de contraintes. Être éleveur, c’est avant tout être passionné. Tout cela mérite d’être transmis, car c’est important de préserver l’agriculture alsacienne. C’est une vraie garantie pour l’aménagement du territoire. Il faudrait que les éleveurs soient mieux écoutés parce qu’ils méritent la dignité et le respect. En France, nous avons la chance d’avoir un patrimoine diversifié en races bovines. Pour poursuivre dans cette voie, il faut trouver quelques pistes pour que les jeunes s’y intéressent. L’élevage apporte aussi son lot de solutions. » En clôture de cette inauguration, Jean Rottner, président de la Région Grand Est, salue la qualité de l’organisation de l’événement. Sans oublier la profession agricole qui participe à « la souveraineté alimentaire de notre pays », directement et indirectement. « Nous devons désormais nous lancer à la reconquête de notre souveraineté énergétique, et l’agriculture peut y contribuer. Ce sont des ressources sur lesquelles il va falloir se pencher courageusement », poursuit l’élu. Il conclut : « Nous aimons l’agriculture, nous sommes tous des supports-terre. »












