Cultures

Publié le 25/02/2022

Les horticulteurs alsaciens démarrent l’année 2022 avec le sourire. Leurs plantes et fleurs, classées en produits de première nécessité depuis le printemps 2021, sont de plus en plus prisées par les consommateurs. Une dynamique que la profession aimerait bien étendre aux collectivités tout en essayant de résoudre ses problèmes de main-d’œuvre accentués par la crise sanitaire.

Un vent d’optimisme souffle sur la filière horticole. Malgré un contexte économique et sanitaire toujours instable, alimenté par la pénurie de certaines matières premières, le risque d’inflation et la hausse du coût de l’énergie, les professionnels ont des raisons d’espérer pour leur avenir. « Il y a un intérêt grandissant autour du végétal, un engouement de nos compatriotes pour le jardinage, les plantes et les fleurs, et plus globalement le retour à la nature. C’est de bon augure pour nos activités », explique le président de la Fédération nationale des producteurs de l’horticulture et des pépinières (FNPHP) Alsace, Paul-André Keller, en préambule de l’assemblée générale qui s’est déroulée le 17 février à Sélestat.     Contrairement à d’autres secteurs d’activité, celui de l’horticulture sort renforcé de la crise Covid. Les choses avaient pourtant mal démarré au printemps 2020, lors du premier confinement, lorsque les entreprises ont dû fermer boutique à une période où elles réalisent la plus grande part de leur chiffre d’affaires annuel. Inévitablement, la perspective d’un nouveau confinement au printemps 2021 a fait naître doutes et inquiétudes. « Heureusement, l’engagement collectif, via notre fédération, notre interprofession Valhor, la FNSEA et nos élus, a porté ses fruits avec le classement de nos produits en première nécessité le 21 mars 2021. À partir de là, nous avons pu préparer une sortie de crise et construire collectivement l’avenir de notre filière », poursuit Paul-André Keller. Des salariés plus « exigeants » Place désormais à l’horizon 2030 avec son lot d’actions, de réflexions, mais aussi de remises en question. Comment, par exemple, assurer le bon fonctionnement des entreprises avec une main-d’œuvre qui tend à se raréfier ? Comme l’ensemble des métiers de l’agriculture, et plus globalement les métiers manuels, l’horticulture connaît des difficultés de recrutement croissantes. « Le phénomène n’est malheureusement pas nouveau dans la filière, mais s’est accentué depuis le début de la crise sanitaire et pourrait encore s’accélérer. Pour y remédier, nous devrons répondre à des attentes salariales plus élevées pour garder des compétences, mais aussi améliorer l’attractivité de nos emplois », pointe le président de la FNPHP Alsace.     Un problème accentué par les dernières tendances sur le marché du travail, avec un taux de chômage à la baisse depuis le mois de décembre. « Il n’est plus que de 5,8 % à Colmar. On se retrouve avec un public qui est plus difficile à bouger, et plus globalement en position de force par rapport aux employeurs. Ils sont de plus en plus exigeants, et pas que sur la rémunération », développe la directrice de la FDSEA du Haut-Rhin, Christelle Jamot. Séduire et fidéliser L’horticulteur alsacien de 2022, comme le maraîcher ou l’arboriculteur d’ailleurs, doit donc imaginer d’autres « avantages » ou « atouts » que la seule partie financière. « Il y a des entreprises où les saisonniers ne veulent jamais revenir, et d’autres où ils reviennent avec plaisir. Il faut créer des conditions de travail agréables, conviviales. Offrir le repas est par exemple très apprécié. On peut aussi réfléchir à un système de ramassage pour se rendre sur le lieu de travail. Pour certains, prendre sa voiture pour faire cinquante kilomètres aller-retour pour un Smic, ce n’est pas intéressant », poursuit-elle en toute transparence. La profession agricole a d’autres idées en tête pour répondre aux besoins de main-d’œuvre : créer des groupements d’employeurs, établir des partenariats avec des producteurs du sud de la France pour faire venir des travailleurs maghrébins en Alsace, ou encore faire le tour des collèges et des lycées pour mettre en lumière les métiers de l’agriculture. « Notre profession souffre encore de nombreux préjugés, notamment chez les conseillers d’orientation. Nous devons changer cela, car l’horticulture alsacienne a de belles perspectives devant elle », souligne Paul-André Keller. Cet optimisme est alimenté par le « plébiscite » des consommateurs pour l’achat et le produire local. « Ce sont eux les véritables décideurs, ce ne sont pas les grandes enseignes qui bradent les prix. Plus de 80 % de nos clients viennent chez nous pour la qualité de nos produits, 72 % pour le conseil et la proximité, et 17 % pour le prix. Notre filière n’a jamais eu autant de reconnaissance qu’aujourd’hui. Une fenêtre est donc ouverte pour une nécessaire augmentation des prix de nos végétaux. Mais attention de ne pas dissuader l’acte d’achat des consommateurs en mal de pouvoir d’achat et attentifs aux coûts », prévient Paul-André Keller.     Développer l’achat « local » par les communes Pour se développer, et surtout rester incontournable dans le paysage alsacien, les horticulteurs comptent aussi sur le soutien des collectivités, qui ne jouent pas toujours le jeu du « local » pour le fleurissement et l’ornement de leurs espaces. « Il y a encore des communes qui font des appels d’offres et font venir des plantes de 800 ou 1 000 kilomètres. Cela paraît aberrant alors qu’il y a pourtant tout sur place. Nous devons vraiment développer l’achat local auprès des communes, car ce n’est pas encore ça », se désole Maura Rougieux, membre du bureau exécutif de la FNPHP Grand Est. Paul-André Keller complète : « Cela fait deux ans qu’on essaie d’avancer dans ce dossier, mais nous avons été ralentis par le Covid. Cette année, nous allons essayer d’avancer sur cette question de l’achat local. Nous devons rappeler à nos collectivités qu’elles ont des horticulteurs et pépiniéristes sur leurs propres territoires. »     Afin de sensibiliser davantage les communes haut-rhinoises et bas-rhinoises aux vertus des fleurs et plantes locales, la profession mise beaucoup sur la convention de coopération « fleurissement » signée le 23 avril 2021 avec la Collectivité européenne d’Alsace (CEA), Alsace Destination Tourisme (ADT) et l’Agence régionale du tourisme Grand Est, qui prévoit une mutualisation et une simplification de la gestion du label Villes et Villages Fleuris en Alsace. « Il s’agit d’apporter une nouvelle dynamique au fleurissement de nos communes au moment où l’on enregistre des défections. Nous devons comprendre pourquoi certaines d’entre elles quittent la démarche », indique Paul-André Keller. Un fleurissement « multi-services » La FNPHP Alsace peut compter sur le soutien sans faille d’ADT et de son président, Marc Lévy. Lors de cette assemblée générale, il a rappelé à quel point le fleurissement était indissociable de l’identité alsacienne. « Il fait partie de notre ADN, comme l’est notre gastronomie ou notre architecture. Une Alsace pas fleurie, ce n’est pas l’Alsace. Si on enlève les fleurs dans nos communes, on nuit à la promesse qu’on fait aux touristes. Mais comme d’autres activités, le fleurissement subit les évolutions sociétales. Les gens disent qu’ils n’ont plus le temps, qu’ils n’ont pas la main verte, ou que cela coûte trop cher. Nous devons donc encourager et mettre en valeur ceux qui le font et ainsi générer une émulation positive dans le reste de la population. »     Il y a aussi tout un travail à faire auprès des maires et des conseillers municipaux, qu’ils soient bas-rhinois ou haut-rhinois, sur la nécessité de fleurir chaque espace de leurs communes. « Suite aux dernières élections municipales, il y a tout un travail d’information et de sensibilisation à faire. Nous devons encore plus et mieux, parler du végétal sous toutes ses formes, des services qu’il peut apporter à la collectivité, que ce soit pour l’attractivité touristique, pour la qualité de vie des habitants, ou pour la préservation de la biodiversité. Il faut créer des passerelles avec des écoles, des maisons de retraite, des lieux de mémoire ou des parcs. Les fleurs et plantes d’Alsace ont leur place dans chacun de ces lieux », ajoute le président d’ADT.

Publié le 24/02/2022

Le pissenlit est une culture de niche. Au-delà des frontières alsaciennes, rares sont les gourmets qui mettent cette salade annonciatrice des beaux jours au menu. Rencontre avec trois agriculteurs qui font vivre cette tradition, avec technicité, convivialité et bonne humeur.

« Dans le pissenlit, tout est bon. Mais quand on en mange par la racine, c’est mauvais signe. » Éclat de rire général autour de la grande table qui rassemble les nettoyeurs de pissenlit du jour. Blagues, anecdotes et dictons en alsacien fusent en même temps que les couteaux s’affairent à débarrasser les bouquets de pissenlit de leurs feuilles fanées et des mottes de terre qui s’accrochent entre les fins filaments blancs. « La plus grosse charge de la culture, c’est la main-d’œuvre à la récolte », confie Alexandre Lutz, maraîcher à Huttendorf. Non seulement c’est une charge, mais en plus il faut trouver des bras volontaires pour passer des heures dans les champs, les mains dans la boue, ou debout derrière une table. Même si l’ambiance est bonne, la tâche n’est pas donnée à tout le monde. C’est notamment pour faire face à ces difficultés d’accès à la main-d’œuvre qu’Alexandre Lutz s’est associé à Simone Seyfried et Olivier Houdé pour cultiver du pissenlit. Leur contrat est simple : Alexandre Lutz prend en charge tout l’itinéraire technique de la culture. Ses associés viennent lui prêter main-forte lorsque la culture l’exige, notamment pour la récolte donc. Et, lorsque tout le pissenlit est vendu, Alexandre Lutz divise les charges au prorata de la quantité vendue par chaque associé. « C’est de l’entraide », résume le maraîcher, qui faisait déjà le buttage du pissenlit pour l’EARL Lechner-Houdé, avant de proposer de pousser plus loin la démarche, et d’y intégrer Simone Seyfried. Tout le monde y trouve son compte. « Je voulais arrêter la culture du pissenlit », confie cette dernière, qui apprécie la manière de travailler d’Alexandre Lutz : « Il est minutieux, comme j’aime ! »     Planter plutôt que semer Il faut dire qu’Alexandre Lutz peaufine l’itinéraire technique des 1,20 ha de pissenlit. En mai, un passage de herse, pour détruire les adventives. Début juin, apport de fumure et préparation du sol au cultilabour. Puis plantation entre fin juin et début juillet, avec des plants achetés chez Prosem. Une particularité par rapport à d’autres agriculteurs, qui sèment le pissenlit en avril. « Le désherbage est plus aisé avec des plants qu’avec des semis. En outre, la densité de semis est compliquée à maîtriser. Ce n’est pas évident d’obtenir quelque chose de régulier », rapporte le spécialiste. Il préfère donc largement investir dans des plaques de mini-mottes de pissenlit, qu’il charge dans une planteuse achetée à un producteur de tabac. Une fois les pissenlits implantés, il peut venir les biner dès deux semaines après la plantation. « Cette technique nous permet aussi de gagner un peu en précocité, et d’optimiser les conditions de récolte, grâce à des plants bien réguliers », apprécie Alexandre Lutz. Bien que très spéciale, la culture du pissenlit n’est pas complètement orpheline. Quelques spécialités sont homologuées pour le désherbage. Mais Alexandre Lutz s’en passe, grâce à la bonne préparation de la parcelle, et à des binages réguliers. Par contre, il ne coupe pas à la protection du pissenlit contre l’oïdium. Pour contenir la maladie, il jongle entre des spécialités phytopharmaceutiques, des produits à base de soufre, des engrais foliaires et autres oligoéléments, pour renforcer les plantes, et utiliser le moins possible de produits phytosanitaires. En novembre, le pissenlit est rasé et broyé sur place avec un broyeur à maïs classique, mais à faible vitesse et en veillant à ne pas abîmer les cœurs des plantes. Une récolte mi-mécanique mi-manuelle Courant décembre, Alexandre Lutz procède au buttage, qui permettra d’obtenir les longues tiges blanches recherchées par les consommateurs. « C’est une étape importante. Parce que selon la qualité du buttage, on aura plus ou moins de feuilles vertes », souligne le maraîcher. Il utilise une fraise-butteuse et, surtout, attend que les conditions propices soient réunies, c’est-à-dire pas trop d’humidité, et après un peu de gel. Dès le début du mois de janvier, les premières buttes sont forcées par la pose de film plastique 250 trous. Objectif : réchauffer les buttes pour gagner en précocité et en rendement, les assécher aussi, un peu, pour faciliter la récolte. Et cette fois ça y est, il n’y a plus qu’à attendre la récolte. Pour la démarrer, il faut que du feuillage vert dépasse de la butte, et vérifier qu’il y a assez de cœur blanc. Cette année, les trois associés ont commencé la récolte le 9 février. Pour gagner en temps et en confort de travail, elle est semi-mécanisée. Alexandre Lutz a modifié une tailleuse à houblon, pour légèrement soulever et débutter les pissenlits sans les marquer. Pour y parvenir, il conduit son tracteur d’une main de velours, les yeux rivés sur les buttes de terre qui s’ouvrent pour dévoiler la blancheur du pissenlit tout frais. Derrière lui, ses associés et leurs salariés sont répartis régulièrement sur la ligne. Ils sont une dizaine, équipés de couteaux, de cagettes, de bottes, et de tout l’équipement nécessaire pour résister à plusieurs heures de travail les pieds et les mains dans la terre. Ils tirent sur les bouquets de pissenlit, les recoupent grossièrement afin d’emporter le moins de terre possible, et remplissent les cagettes. Là aussi, pour certains, les blagues fusent dans le vent. D’autres sont moins loquaces, concentrés sur leur tâche. Une tradition bien ancrée Une fois remplies, les caissettes rejoignent en charrette le siège de l’exploitation, où l’ancienne porcherie a été transformée en atelier de nettoyage. « C’est l’opération la plus chronophage », pointe Alexandre Lutz, qui peut compter sur l’aide de ses parents, Joseph et Madeleine, pour l’accomplir. Ils se souviennent du temps où le pissenlit ne se cultivait pas : « On le ramassait dans les taupinières, dans les prairies », raconte Madeleine. « Et dans les luzernières », renchérit Joseph. Au gré de la discussion, le tas de refus de pissenlit s’amoncelle devant chaque nettoyeur. Il ira au fumier, ou aux poules… Qui feront des œufs. Qui agrémenteront délicieusement les feuilles de pissenlit, sans oublier les lardons !  

Publié le 06/01/2022

Testée en 2019, la culture du chanvre graine se développe en Alsace. En 2021, elle se déployait sur 55 ha. La valorisation de la paille permettrait d’en améliorer la rentabilité.

David Kalms et son frère Guillaume sont à la tête d’une entreprise artisanale baptisée Chanvr’eel, nouvellement installée à Benfeld. Convaincus par les vertus écologiques de la culture de chanvre et par les bienfaits de sa graine, qu’ils considèrent comme « un super-aliment », ils se sont spécialisés dans les produits alimentaires et cosmétiques à base de chanvre. Les deux frères ont préféré exploiter la graine « facilement utilisable et moins onéreuse » que la fibre, qui avait fait l’objet d’une tentative de relance en Alsace au début des années 2010. À partir de la graine de chanvre, les deux frères proposent toute une palette de produits : graine entière, graine décortiquée, farine ou protéine pure, pâtes alimentaires, huile, savons, baumes. Les 23 protéines contenues dans sa graine font du chanvre un aliment plus protéique que la volaille, selon David Kalms. Incorporée dans les produits cosmétiques (à petite dose car elle rancit rapidement), elle apporte du confort à la peau. Une filière et des partenaires La graine de chanvre est un oléoprotéagineux, complète Olivier Hartz, le fondateur de Hartz’Riedland SAS. Elle contient environ 26 % de protéines hautement digestibles, 29 % d’huile avec un rapport oméga 6/oméga 3 « idéal pour l’homme », et des fibres très intéressantes pour le transit intestinal. Grâce à cet équilibre, elle peut être considérée comme l’ « une des trois meilleures sources de protéines végétales existantes ». Olivier Hartz, qui a longtemps travaillé pour un groupe d’ingrédients alimentaires japonais, s’est décidé à en développer la culture à son retour en Alsace en 2018. Il a convaincu son oncle d’en semer après avoir proposé aux responsables de l’usine Tereos de leur fournir des graines, en substitution des graines décortiquées que l’entreprise faisait venir d’Autriche pour incorporer dans une de ses recettes. L’ancien ingénieur en agriculture s’est attaché à trouver de la semence et des partenaires susceptibles de l’aider à monter une filière : Planète Chanvre, un groupement de Seine-et-Marne, pour le soutien agronomique et une unité allemande proche de Karlsruhe pour le décorticage. Contrairement à David et Guillaume Kalms, qui se positionnent sur le créneau de l’artisanat, lui cherche à développer un modèle industriel d’exploitation de la graine de chanvre. « On a avancé ensemble, en parallèle ».     Olivier Hartz a aussi bénéficié du soutien du Service des eaux et de l’assainissement d’Alsace-Moselle (SDEA), qui cherche à promouvoir les cultures bas impact pour protéger les ressources en eau. Une petite subvention de l’Agence de l’eau et de la Région Grand Est lui a permis de développer son modèle sans faire des pertes. La Chambre d’agriculture Alsace (CAA) et l’Organisation professionnelle de l’agriculture biologique en Alsace (Opaba) l’ont également aidé. Il se charge désormais de démarcher les industriels, à qui il propose des graines de chanvre, décortiquées ou pas, de l’huile et des protéines de chanvre. Ses clients sont la biscuiterie, la boulangerie, les secteurs des boissons, de la nutrition spécialisée et de la nutrition santé. Sur la centaine de tonnes de graines commercialisées, la moitié sont mises en culture en Alsace. Il travaille à la fois avec des graines bio et des graines conventionnelles (dans une moindre proportion). Trouver des débouchés pour la paille Après un test en conventionnel en 2019, ce sont 26 ha de chanvre graine, dont 20 ha en bio, qui ont été implantés en Alsace en 2020 pour accompagner la demande de Chanvr’eel. En 2021, 55 ha ont été contractualisés dont les deux-tiers en bio. En 2022-2023, Olivier Hartz envisage d’investir dans un petit outil de transformation pour s’affranchir des façonniers allemands pour le décortiquage. Quel que soit le mode de culture, conventionnel ou bio, la culture ne demande ni insecticide, ni fongicide, ce qui est un véritable atout. Le fondateur d’Hartz’Riedland ne tarit pas d’éloges sur les bénéfices agronomiques du chanvre, qui résiste aux coups de chaud, allonge les rotations et nécessite un temps de travail réduit puisqu’une fois levé, il n’y a plus besoin d’intervenir sur la parcelle, selon François Beiner, l’un des producteurs impliqués dans la filière. Une fois récoltée, la graine de chanvre doit être séchée. Depuis la campagne 2020, le Comptoir agricole propose cette prestation de séchage et de tri. Pour Olivier Hartz, qui fait état d’une marge brute moyenne de 1 100 €/ha, la rentabilité de la culture reste toutefois à améliorer. Au départ du projet, il pensait valoriser la feuille de chanvre pour en faire du CBD (cannabidiol) mais le prix du CBD a baissé. Reste la possibilité de valoriser la paille. Hélène Clerc, chargée de mission à Bio en Grand Est, et Coralie Welsch, du SDEA, font état d’une valorisation possible dans le bâtiment. Cette possibilité reste à étudier. Pour l’heure, Olivier Hartz reste prudent : il n’augmentera les surfaces contractualisées qu’en fonction des possibilités du marché. En 2022, il donnera la priorité aux agriculteurs qui se sont déjà engagés les deux dernières années, sans exclure d’intégrer de nouveaux agriculteurs s’il trouve des débouchés supplémentaires.

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