Prébilan de campagne
Le nombre de grains qu’il faut !
Prébilan de campagne
Publié le 07/07/2022
Rencontre sur la plateforme d’essai de blé d’Arvalis, le 16 juin, à Boofzheim. Jean-Louis Galais, conseiller grandes cultures, et Patrice Denis, conseiller irrigation, à la Chambre d’agriculture Alsace (CAA), ont réalisé un prébilan de la campagne de blé 2021-2022, à partir de leurs observations de terrain. Hormis les parcelles touchées par la grêle de fin juin, la récolte s’annonce bonne.
« Le semis du blé, ici, a eu lieu le 26 septembre 2021, après le maïs, dans une terre motteuse, d’où la densité élevée choisie : 350 grains/m2. La météo du mois d’octobre a été favorable. Les levées ont été rapides et homogènes. Au relevé, 310 plants/m2 ont été comptés », commence Jean-Louis Galais. Les mois de janvier et mars 2022 ont été plus secs que d’habitude (qu’en moyenne, sur les dix dernières années). « Même si, en Alsace, c’est moins marqué qu’ailleurs en France, dit le technicien, l’hiver était sec et doux. » Ces conditions météorologiques ont protégé les plantes des excès d’eau et de gel. Peu de pertes de plantes sont à déplorer, à la sortie de l’hiver 2022. Les premiers apports d’azote ont été difficiles à valoriser, entre février et début avril, car la pluviométrie cumulée était très moyenne. Mais le deuxième apport (fin mars) l’a mieux été que le premier (février). L’apport principal - le troisième - de la montaison à l’épiaison, a lui été bien valorisé : début mai. Il est arrivé juste avant un épisode pluvieux. À la mi-mai, la floraison a été rapide, à la faveur d’un épisode de températures plus élevées que la normale. « Certaines fleurs ont avorté mais, puisqu’il y avait un excédent en nombre de grains, aujourd’hui il y a ce qu’il faut », relève le conseiller de la CAA. Irriguer après la mi-juin Du 23 mai au 16 juin, le coup de chaud a accéléré le remplissage, mais le manque de pluie (seulement 30 à 60 mm) a provoqué la sénescence précoce de certains plants. Les feuilles ont jauni. « Si on atteint la somme de 500 °C, après épiaison, les parcelles grillent et le rendement peut être de moins 30 %, rappelle Jean-Louis Galais, là où il y a de l’irrigation, comme dans le Ried alsacien, ça passe. Mais là où il n’y en a pas, cette chaleur a un gros impact sur le PMG (poids de mille grains). » Patrice Denis a enchaîné sur l’irrigation du blé. « Aux alentours de Boofzheim, en centre-Alsace, personne n’a irrigué avant mi-juin le long du Rhin », avance-t-il. Il ne compte pas, dans les tours d’eau, les quatre passages de 15 à 20 mm pour solubiliser l’apport d’azote. Le conseiller rappelle que l’irrigation n’est pas rentable avant le stade deux nœuds. Sur des sols superficiels, entre l’épiaison et le stade grain laiteux, entre mi-mai et mi-juin, l’irrigation peut éviter l’échaudage. Mais « c’est compliqué », admet Patrice Denis. Les sondes capacitives que la CAA a installées dans tous les types de sol alsaciens alertent les techniciens : si la zone rouge est passée, après la mi-juin, il faut lancer l’irrigation pour resaturer le sol en eau. Les flashs irrigation donnent l’information. « Cette année, il a plus plu dans le Bas-Rhin que dans le Haut-Rhin », observe Patrice Denis. Les sols devraient donc être plus assoiffés dans le sud de la collectivité européenne.












