Comptoir agricole
Les cultures intermédiaires en vitrine
Comptoir agricole
Publié le 06/11/2022
Dernière d’une série de rencontres techniques organisées par le Comptoir agricole en 2022, les rendez-vous d’octobre étaient consacrés aux cultures intermédiaires. Plus de 80 modalités semées cet été à six semaines d’intervalle étaient en présentation.
Jeudi 20 octobre, le Comptoir agricole organisait ses rendez-vous d’octobre à Oberhausbergen. Avec pour thème les cultures intermédiaires sous toutes leurs formes (espèces pures, cultures intermédiaires à valorisation énergétique ou fourragère, cultures intermédiaires pièges à nitrates). La matinée était organisée en partenariat avec le semencier Lidea et le constructeur Amazone. Elle s’organisait autour de la visite d’une plateforme de 81 modalités, avec 60 modalités semées en direct le 8 juillet avec le semoir Primera d’Amazone et une vingtaine d’autres semées six semaines plus tard, le 24 août. C’est la troisième année que le Comptoir agricole implante une plateforme de cultures intermédiaires. Jusqu’à présent, la coopérative s’était limitée à une cinquantaine de modalités. L’objectif est de pouvoir comparer le comportement des différentes espèces et variétés au sein d’une même espèce, semées en pur ou en mélange, indique Thierry Kolb. Également chef de marché fourragères et intercultures, le technico-commercial de la coopérative possède désormais une vision interannuelle de ces cultures dont la réussite est étroitement liée aux conditions d’implantation et évidemment à la météo de l’arrière-saison. La visite démarre par la famille des crucifères, bien représentée dans les mélanges commercialisés par le Comptoir agricole : les moutardes, qu’elles soient blanche, brune ou d’Abyssinie, mais aussi les radis fourrager et chinois, le colza fourrager, la navette fourragère ou encore la roquette. « Il n’y a pas de mauvais produits, il n’y a que de mauvaises utilisations », pointe d’abord Thierry Kolb. Au sein d’une même espèce, toutes les variétés n’ont pas la même durée de cycle : il faut en tenir compte pour choisir la date de semis. Ainsi, dans la famille des crucifères, les besoins en somme de températures du semis à la floraison varient de 450 à plus de 1 400 degrés jours. Une variété semée trop tard n’aura pas le temps de finir son cycle et ne pourra pas produire autant de biomasse qu’attendu. Inversement, un couvert à cycle court semé précocement va être limité en potentiel de production et risque fort de lignifier et de créer un effet dépressif sur la culture suivante. Or, les services rendus par les cultures intermédiaires sont proportionnels à la biomasse produite. Un couvert piégera d’autant plus d’azote que sa biomasse sera développée, cite par exemple Thierry Kolb. Si l’objectif est de couvrir le sol pour lutter contre le salissement de la parcelle, on aura aussi intérêt à avoir un développement de biomasse rapide et important. Retour sur investissement « Si un couvert ne pousse pas, on aura certes respecté la réglementation en le semant, mais on n’aura pas de retour sur investissement. Ce sera juste un coût pour l’exploitation », illustre le technicien. Pour produire de la biomasse, il est préférable de choisir des plantes de cycle long et de semer tôt, recommande-t-il. À condition que celles-ci s’intègrent dans l’assolement de la parcelle : le temps disponible entre un blé et une orge ou entre un blé et un maïs n’étant pas le même, ce critère rentre en compte dans le choix des espèces et des variétés. Indépendamment de la date de semis, les conditions d’implantation des couverts ont leur importance : un semis direct « au cul de la batteuse » avec idéalement un outil à dents permet de bénéficier de l’humidité restante dans le sol. « Dans les 48 à 72 heures qui suivent la moisson, il y a des remontées d’eau par capillarité car l’aspiration des plantes est encore en route. Cela suffit souvent à faire lever les couverts », note Thierry Kolb qui se base aussi sur sa propre expérience. Une autre préconisation consiste à ajouter des légumineuses dans les couverts pour optimiser le rapport carbone/azote. « Des couverts trop carbonés entraînent des problèmes de faim d’azote », souligne le technicien. Cette famille nécessitant des jours longs, il convient donc de les semer tôt en saison.












