Vigne

Grand concours des vins de Colmar

La médaille, un levier de communication

Publié le 16/05/2023

Le 52e grand concours des vins de Colmar s’est tenu jeudi 11 mai au Parc-Expo de Colmar. Pour le Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace qui organise la manifestation, il s’agit d’un levier de communication important qui participe, comme d’autres événements, à l’image du vignoble, des professionnels et de leurs produits. Retrouvez les résultats à la suite de cet article.

Pour cette nouvelle édition, le riesling, le pinot noir, le crémant et le pinot gris représentent à eux quatre plus de 70 % des échantillons. Il n’y a pas davantage de vins soumis à l’appréciation des membres du jury que les années précédentes. « Et pour cause. Nous sommes moins de producteurs qui exploitons par contre sur toujours 15 000 hectares. Il y a moins d’entreprises et donc forcément moins d’échantillons. Toutefois, nous devons constater qu’un cinquième des professionnels alsaciens est présent pour tenter d’obtenir une médaille. Il y a donc un intérêt économique évident », explique le président du Civa, Serge Fleischer. Au total, ce sont 654 vins qui ont été présentés par 77 entreprises. Pour les AOC, les millésimes 2021 et 2022 étaient présentés. Pour le crémant, les millésimes 2019, 2020 et 2021. « Ce n’est pas la meilleure période économique mais pour autant le vignoble d’Alsace résiste mieux que les autres vignobles de l’Hexagone. Nous sommes même en croissance sur les effervescents avec le crémant et ses plus de 40 millions de bouteilles vendues. Cette appellation est un élément clé de l’équilibre du vignoble », insiste Serge Fleischer. Il en profite pour expliquer que le Civa porte des projets et communique de façon dynamique pour transmettre cette énergie positive des vins d’Alsace. « Dans notre dernière campagne publicitaire, nous renvoyons l’idée d’une consommation responsable et d’une attitude responsable et sociétale. Nous insistons également sur le fait que notre vignoble est pleinement engagé au niveau environnemental. Il y a de la place pour tout le monde avec une diversité de produits et une diversité d’entreprises. C’est la richesse du vignoble alsacien », se félicite Serge Fleischer. Présent à ses côtés, le président de l’Association des viticulteurs d’Alsace Gilles Ehrhart acquiesce. « Ce concours a effectivement tout son intérêt d’être et de perdurer. Il aide à dynamiser la vente de nos vins », constate-t-il. Cultiver la fierté du métier Parmi les grandes satisfactions de ce concours, le nombre de membres du jury. « Depuis cette année, les inscriptions peuvent se faire en ligne. Chaque entreprise doit présenter un juré par tranche de dix vins présentés pour la dégustation. Ils sont aujourd’hui 147. Cela contribue également au sérieux de ce concours. Nous leur demandons au préalable de déguster un vin « étalon » pour harmoniser les notes. Cela leur permet de voir s’ils sont trop stricts ou au contraire trop généreux par rapport à la moyenne de leurs collègues. Nous leur demandons également de faire un commentaire pour chaque vin médaillé en argent ou en or », précise Thierry Fritsch, œnologue et chargé de mission export au Civa. Une mission remplie par Madeleine Diebolt de Bernardswiller. « Mon mari est dans le monde viticole. C’est à ce titre que je participe régulièrement à des concours. J’aime bien déguster les nouveautés. Cette fois, je suis à une table consacrée au crémant d’Alsace. Je suis satisfaite. Le crémant est bien meilleur que le champagne », affirme la dégustatrice. La dégustation des vins « Coups de cœur » aura lieu le 22 mai dans les locaux du Civa. Les dégustateurs seront membres de l’association des sommeliers d’Alsace. « Il s’agit de sélectionner dix médaillés d’or et de leur donner un coup de cœur. L’idée de départ est de redynamiser le concours, de monter en qualité, de mettre en avant les très bons vins. Ensuite, il s’agit de mettre à l’honneur les producteurs. On s’en sert comme un levier de présentation des femmes et des hommes, les vignerons. Il y a là une dimension marketing mais également humaine. Il faut que les vignerons s’affichent et s’affirment. Cette mise en avant le permet et cultive cette fierté de ce métier », note Thierry Fritsch. On en sera à la quatrième édition. « Nous avons donné 30 coups de cœur lors des trois éditions précédentes. Il y a des domaines qui reviennent et des nouveaux. Il y a des coopératives, des négociants et des vignerons indépendants de taille modeste. Tous ont droit à un même visuel dont ils peuvent se servir ensuite pour leur propre communication », conclut Thierry Fritsch.    

Publié le 04/05/2023

À Saint-Hippolyte, le domaine Sylvie Fahrer et fils réalise 75 % de son chiffre d’affaires au caveau. Il profite d’une situation géographique privilégiée, au pied du Haut-Koenigsbourg, et mise sur la complémentarité entre les activités d’accueil et la vente des vins.

En ce deuxième jeudi d’avril, la porte du domaine Sylvie Fahrer et fils est largement ouverte sur la rue. Des tables individuelles et des chaises sont disposées dans la cour pavée. Les décorations de Pâques ornent les murs. Les premières fleurs réchauffent les banquettes de leurs couleurs acidulées. Dans le local couvert qui prolonge la cour, de longues tablées et des bancs sont installés devant le comptoir lambrissé. Titulaire d’une licence 3, le domaine peut vendre tout type de boissons en dessous de 18° d’alcool, à commencer par ses propres vins qui sont proposés au verre avec du saucisson. « Nous sommes ouverts tous les jours sauf le dimanche, à l’exception du mois de janvier, explique Raphaël Bossert. Aux beaux jours, les gens s’installent dans la cour pour boire un verre de vin, une bière ou un café. Même les habitants du village viennent ici le week-end. » Depuis qu’il a rejoint le domaine familial en 2011, après une carrière militaire de quelques années, le trentenaire a développé l’accueil au point d’en faire une carte maîtresse de sa stratégie commerciale. « Mon but, en revenant ici, était de faire en sorte que mon salaire soit payé par l’augmentation du chiffre d’affaires. » Sa mère, Sylvie, et le compagnon de celle-ci avaient ouvert la voie dix ans plus tôt en aménageant des chambres d’hôtes dans le logement accueillant autrefois les vendangeurs. À l’époque, il s’agissait de faire repartir les ventes en bouteilles mises entre parenthèses après le décès du grand-père de Raphaël. « Mes grands-parents vendaient 80 000 à 100 000 bouteilles dans les années 1970. Lorsque mon grand-père est décédé, ma mère et ma grand-mère ont mis une partie des vignes en location et se sont recentrées sur le vrac et la vente de raisins », retrace Raphaël. L’accueil en chambres d’hôtes représente « un vrai plus pour vendre du vin », dans un domaine qui ne fait alors ni salons, ni export. De la visibilité pour tous Raphaël organise les premières portes ouvertes en 2012, sous la forme d’un marché de Pâques avec petite restauration et musique. La formule prend. « C’est devenu un gros événement. Aujourd’hui, on sert plus de 250 repas sur la journée. Je fais venir cinq collègues vignerons d’autres régions - Corbières, Côtes du Rhône, Bourgogne, Armagnac, Gaillac - ainsi qu’un distillateur alsacien et un brasseur vosgien. Ce sont deux jours de plaisir et de rencontres avec nos clients respectifs. » Chacun y trouve son compte : Raphaël donne plus d’attractivité à ses portes ouvertes, tandis que ses collègues, qui sont logés gratuitement dans les chambres d’hôtes, peuvent vendre leur production à moindres frais. L’événement, programmé cette année le week-end de l’Ascension, « apporte de la visibilité à tous ». En parallèle, Raphaël se lance dans les salons : des petits pour commencer, puis de plus gros. « Tout n’a pas marché. Au début, j’ai essuyé quelques échecs. » Il s’est obstiné, convaincu qu’il valait mieux « rechercher des clients plutôt que de les attendre. » Aujourd’hui, il participe à une dizaine de salons par an, dont plusieurs salons des Vignerons indépendants (Paris, Lyon et Bordeaux). Il met à profit ces occasions pour essayer de renouveler la clientèle en attirant les jeunes. Certaines cuvées leur sont spécifiquement dédiées, comme le « Je ne sais pas ». Cet assemblage de trois cépages, qu’il a voulu de qualité mais abordable en prix (8,10 €/col), représente aujourd’hui une bouteille vendue sur six. Il mise aussi sur les crémants, une production récente pour le domaine, sur le rouge de Saint-Hippolyte et les sélections parcellaires, qu’il développe. « Dans les salons, je suis mon propre office du tourisme, je distribue des flyers sur nos chambres d’hôtes. Nous avons la chance d’être dans une région très touristique, toutes mes réflexions visent à faire venir ou revenir la clientèle au domaine. » La mise à l’arrêt de l’activité touristique, en 2020-2021, puis son lent redémarrage ont conduit à développer d’autres événements sur le domaine : le Vit’apéro, un apéritif-concert organisé un vendredi soir par mois l’été dans un espace guinguette aménagé à l’arrière du bar, mais aussi tout un programme de visites et dégustations, accessibles en quatre langues, dont l’espagnol. Pour élargir les débouchés, Raphaël parie également sur l’export. Natalia Umbrazun, la commerciale du domaine, a effectué récemment deux voyages de prospection en Espagne et en Angleterre et devrait se rendre au Chili d’ici la fin de l’année. Elle a également participé au salon professionnel Wine Paris en février. Raphaël espère atteindre 10 à 15 % du chiffre d’affaires à l’export à plus ou moins brève échéance. Un objectif qu’il s’est fixé alors qu’il vient de s’associer avec un collègue pour exploiter 8 ha supplémentaires. Des surfaces qui sont encore sous contrat avec une coopérative.    

Publié le 21/04/2023

La Tournée des terroirs, imaginée par le Civa en collaboration avec les syndicats viticoles locaux, débute ce dimanche 23 avril à Scherwiller sur le lieu-dit Rittersberg. L’événement, organisé à l’occasion des 70 ans de la Route des vins d’Alsace, se poursuit jusqu’à la fin juillet.

Chaque dimanche du 23 avril au 30 juillet, la Tournée des terroirs va faire étape dans 15 lieux-dits de la Route des vins d’Alsace. Conçue par l’interprofession à l’occasion des 70 ans de la Route des vins d’Alsace, cette tournée vise à mettre en lumière la diversité incomparable des terroirs viticoles de la région. Les faire découvrir ou redécouvrir à ceux qui les connaissent déjà, mais aussi les faire parcourir, sentir, toucher, goûter : l’événement, qui se déroulera en plein cœur des vignes, repose sur une approche « immersive et pédagogique » des terroirs. Pour cette opération d’envergure, le Civa avait lancé un appel à candidatures auprès des professionnels alsaciens. 32 collectifs se sont manifestés. Au final, 15 candidatures ont été retenues. « Nous avions un cahier des charges assez strict par rapport aux sites et aux programmes proposés, explique Mathias Herqué, chef de projet de la Tournée des terroirs. C’est ce qui nous permis de trancher. » Les contraintes d’accès et d’espace, notamment, ont joué puisqu’il fallait trouver des lieux accessibles permettant d’accueillir entre 300 et 500 personnes, jauge fixée pour cette première manifestation œnotouristique « d’un autre genre ». Certains syndicats viticoles, comme à Wintzenheim ou Ribeauvillé, ont trouvé la parade : ils ont prévu d’acheminer les participants dans les vignes en navette ou par petit train depuis un parking. Une trame commune Si les animations proposées dans le cadre de la Tournée des terroirs varient d’un site à l’autre, chaque étape repose sur une trame commune alliant un volet détente et un volet découverte avec trois types d’ateliers différents. L’entrée est fixée à 5 €, quel que soit le site. Elle donne droit à un kit de dégustation comprenant un verre, un tour de cou et un carnet de dégustation, ainsi qu’à un forfait de dégustation de trois vins. Les visiteurs auront accès à un bar éphémère pour y déguster grands crus, vins de lieux-dits et appellations communales, ainsi qu’à un espace restauration proposant aussi bien des mets locaux que des spécialités du monde. L’ambiance décontractée sera de mise grâce à un espace détente et à une animation musicale assurée par un DJ. Des ateliers dégustation, d’approfondissement ou des ateliers « en mouvement », différents en fonction des lieux, permettront d’appréhender les particularités de chaque terroir. Ces ateliers, qui peuvent être gratuits ou payants, nécessitent une réservation préalable. Le 19 avril, aucun n’était encore complet, « mais le rythme des réservations s’accélère au fur et à mesure qu’on se rapproche de la date de l’événement », constate Mathias Herqué. À Scherwiller, première étape de la Tournée, les vignerons proposeront par exemple trois ateliers dégustation : autour de la communale de Scherwiller, autour du lieu-dit Rittersberg et un dernier axé sur les secrets du crémant d’Alsace. Un atelier d’approfondissement sur la minéralité des vins d’Alsace est organisé en parallèle, ainsi que deux ateliers itinérants « à l’assaut de l’Ortenbourg » et à la découverte des plantes comestibles qui peuplent les vignes. À Orschwihr, le 21 mai, ce sont les grands rouges du Bollenberg qui seront mis en avant tandis que les rieslings issus de ce même lieu-dit seront comparés à ceux provenant du grand cru Pfingsberg. À Molsheim, le 4 juin, une dégustation horizontale des vins de Molsheim sera suivie d’une verticale de grand cru Bruderthal. À Wuenheim, le 18 juin, un botaniste fera découvrir la flore endémique du grand cru Ollwiller. À Bergbieten, le 30 juillet, l’atelier « en mouvement » prendra la forme d’une balade cyclable à la découverte des vignes et des communes du fossé de Balbronn. Manifestation collective - elle associe 150 entreprises du vignoble -, la Tournée des terroirs se veut aussi un événement responsable. En favorisant les circuits courts, le recyclage et le réemploi des matériaux, le Civa et ses partenaires se sont fixé pour objectif de minimiser autant que possible l’impact environnemental de cette manifestation.

Pages

Les vidéos