Vigne

Civa. Deuxième contrôle de maturité

+ 1,5 ° en une semaine

Publié le 09/09/2016

Les services techniques du vignoble, coordonnés par le Civa, ont effectué mardi le deuxième contrôle de maturité, où il apparaît que les raisins ont gagné grosso modo 1,5° d’alcool potentiel en une semaine. Pinots noirs et pinots gris sont les plus avancés, avec une acidité qui résiste honorablement à la sécheresse et au soleil. Ce relevé de maturité cache une importante disparité selon les situations pédoclimatiques. Ce mardi, l’Inao avait d’ailleurs enregistré trois demandes de pré-vendanges.

Publié le 09/09/2016

Pour ses 70 ans, l’Inra de Colmar ouvrait ses portes ce dimanche 4 septembre au grand public. La qualité de l’auditoire aux sept animations libres et aux trois visites guidées a montré tout l’attachement du public à l’institut de recherche agronomique. Et en point d’orgue, la découverte de nouvelles variétés de vignes naturellement résistantes aux maladies.

Les portes ouvertes de l’Inra de Colmar, qui se tenaient ce dimanche 4 septembre, s’inscrivent dans le cadre du 70e anniversaire de l’institution. Environ 700 visiteurs ont été comptabilisés. « Cette affluence montre qu’il y a une curiosité pour ce qui se passe ici et un attachement au centre. C’est important pour nous dans le contexte de régionalisation, avec des processus de rapprochement entre les centres de Nancy et de Colmar, et la mutualisation de certaines directions », explique la présidente du centre de Colmar, Frédérique Pelsy. Centre de recherche dédié surtout à la viticulture, l’Inra de Colmar profitait de cette veille de vendanges pour dévoiler toute la panoplie des recherches entreprises sur le site, dans des domaines aussi variés que la virologie, la création variétale de vignes résistantes aux maladies, l’ampélographie, le développement de pratiques en viticulture durable ou encore la sociologie des relations entre la recherche, la société, l’agriculture et la viticulture. Plusieurs ateliers étaient proposés comme la dégustation en cave de vins issus de nouvelles variétés résistantes, une présentation de la diversité florale inventoriée au vignoble, ou plus technique, un atelier de phénotypage d’évaluation de la résistance, un atelier de marquage moléculaire et la visite de la collection ampélographique. L’objectif général consistait à « jouer la transparence et à toucher le maximum de public », indique Frédérique Pelsy avec un message principal : « C’est à partir de cette connaissance fondamentale des mécanismes en jeu entre la vigne et ses pathogènes que nous pouvons innover de façon pertinente ». En très bonne voie À l’atelier virologie, Monique Beuve, ingénieur, présentait l’évolution des techniques d’identification des virus de la vigne, depuis l’indexage biologique, puis la méthode Élisa faisant appel à des anticorps spécifiques du virus dont la présence est ensuite révélée par colorimétrie. Les techniques nouvelles d’analyse génétique sont plus sensibles, comme le NGS (Next generation sequencing) qui, par bio-informatique, permet d’identifier plusieurs virus en même temps, et même des virus inconnus jusqu’alors. Sur la base des connaissances acquises sur les gènes de défense naturelle, l’Inra de Colmar engage un long travail de création variétale de vignes résistantes à l’oïdium et au mildiou par croisements sexués, puis sélection. L’idée consistera à obtenir des cépages qualitativement intéressants pour les vignobles qui revendiquent des typicités. C’est Christophe Schneider qui présentait ces travaux, avec, plus surprenant pour les initiés, des plants à la vigne en parcelle qui ont bien résisté aux soubresauts du mildiou de ce millésime. Si la partie résistance est en très bonne voie dans les essais au champ, reste donc à régler la partie qualitative, dans un travail de recherche qui est engagé en collaboration avec sept interprofessions viticoles françaises. Mais l’Inra a déjà présenté à l’inscription (l’étape finale) quelques variétés. Une journée qui a finalement permis de rencontrer des chercheurs passionnés, dynamiques, ayant une foi inébranlable dans leur mission de contribuer à l’amélioration du bien-être.

Univa. Assemblée générale de pré-vendanges

Prix du raisin en hausse, ventes Arthur Metz en baisse

Publié le 09/09/2016

Les vendangeoirs de Scharrachbergheim et d’Epfig ouvrent jeudi 15 septembre. La reprise de Klipfel par Arthur Metz a été signée lundi dernier. Les prix du raisin proposés par la maison de Marlenheim prennent entre 3 et 5 %, malgré un contexte d’effritement des ventes de vins d’Alsace.

L’assemblée générale de l’Univa, union des apporteurs de raisins à la maison Arthur Metz, se tenait ce mardi soir à Dorlisheim, sous la présidence de Christian Kohser, qui reprend le flambeau de François Bernhard. L’ouverture des vendangeoirs des vignerons livrant pour la maison Arthur Metz a été fixée au lundi 12 septembre pour les crémants à Colmar. Les vendangeoirs de Scharrachbergheim et d’Epfig ouvriront à partir de mercredi 15 septembre. Les prix du raisin en hausse Les vendanges manuelles et mécaniques ne sont plus rémunérées de la même manière, avec entre 10 et 15 centimes d’euro du kilo de différence selon les cépages. Soulignons quelques prix : les crémants passent de 1,47 à 1,52 €/kg. En vendanges manuelles : rieslings à 1,55 €/kg (plus ou moins 5 %), pinot gris à 2,05 €/kg (plus ou moins 5 %), pinot blanc - auxerrois à 1,40 €/kg (plus ou moins 5 %), muscats à 1,50 €/kg, gewurztraminer à 2,35 €/kg, pinots noirs à 2,05 €/kg. Les discussions ont été âpres, indique Christian Kohser. « Nous faisons partie des meilleurs rémunérateurs du vignoble, a assuré Serge Fleischer, directeur d’Arthur Metz. Plutôt que des annonces de prix comme nos confrères dans la presse, nous publierons un tableau comparatif en décembre de ce que nous avons réellement payé. Pour l’heure, entre les préconisations syndicales et les annonces de nos confrères, nous sommes équivalents. » Le système de livraison sur rendez-vous, initié en 2015 par Nicolas Secondé ayant été un succès et ayant quasiment supprimé les files d’attentes, est reconduit. L’idée cette année sera d’optimiser le temps de déchargement, afin d’optimiser les temps de pressurage, et donc la qualité. « On avait une notion de grands apporteurs, nous allons affiner la réflexion et raisonner en grand apporteur cépage par cépage », indique Nicolas Secondé. L’idée sera d’améliorer encore les temps de déchargement. La prise de rendez-vous se fera soit physiquement, soit par téléphone. Mais ces prises de rendez-vous seront cette année mieux planifiées avec notamment un code apporteur, et des propositions par tranche de 3 h. « Des petits détails qui vont faciliter la vie de tout le monde. » Attention, le cahier des charges crémant est modifié sur la manière de transporter les raisins. Avant, il limitait à 100 kg le poids des bottiches pleines ; désormais, la hauteur de raisin est limitée à 75 cm pour limiter l’auto-tassement de raisins destinés à arriver en entier au vendangeoir. Le rendement a été fixé à 83 hl/ha, « je ne suis pas persuadé que nous y arriverons », précise Serge Fleischer. « D’ailleurs, je déplore aussi les annonces faites sur les volumes probables du vignoble à 1,180 Mhl, vis-à-vis de nos acheteurs en vin. Au regard des ventes en baisse de vins d’Alsace, ils constateront qu’on risque d’avoir du stock », ajoute Serge Fleischer, un mauvais signal donc pour les négociations commerciales. « On perd des parts de marché » Des baisses de ventes qui inquiètent d’ailleurs les dirigeants d’Arthur Metz : « On perd des parts de marché partout dans le monde. D’ailleurs nos fortes baisses chez Arthur Metz, jusqu’à 20 % pour certains créneaux de produits, doivent peser sur la régression globale des ventes du vignoble d’Alsace sur les douze derniers mois », analyse froidement Serge Fleischer. La cause ? « Dans certains marchés, les vins d’Alsace ont été remplacés par des produits qui donnent une meilleure marge au distributeur. » Et Arthur Metz, n’a comme d’autres opérateurs, pas réussi à répercuter les hausses notamment sur l’achat des prix du raisin. Pour la maison de Marlenheim, c’est 1,50 M€ de plus qui ont été déboursés en 2015 pour l’achat des raisins. « Nous sommes inquiets parce que les frais de structure augmentent, les coûts d’achat de matières premières aussi, les marges et les volumes diminuent. Un certain nombre de structures ne passeront pas 2016 parce qu’elles n’ont pas répercuté la hausse des matières premières chez leurs clients », prévient le directeur d’Arthur Metz. La solution serait que les vins d’Alsace regagnent en « image qualitative et en valeur ajoutée ». Mais pour cela, il faudrait « avoir un produit identifié et identifiable par le consommateur. Et ne pas avoir sous le même nom des produits avec des valeurs qualitatives très différentes. Si nous gardons cette structuration d’appellation, nous allons au-devant de gros problèmes. Des rapprochements seront inéluctables, dictés soit par le commerce, soit par les banques, soit par les deux. » GCF deuxième opérateur de Bourgogne Une situation d’Arthur Metz qui n’entrave pas la marche et les ambitions de la maison mère Grands chais de France. Il y a 24 mois, les « Grands chais » étaient inexistants en Bourgogne. Ils devraient incessamment devenir le deuxième opérateur de ce vignoble, après l’acquisition en 2015 de François Matenot à Beaune, de la maison Paul Sapin en Beaujolais en 2016, et d’un troisième opérateur important, dont Serge Fleischer tait le nom, tant que la signature n’est pas officielle. Les négociations Klipfel ont laissé des traces… « Nous avons un protocole, mais pas encore de signature définitive pour la reprise d’une structure. Nous avons donc des ambitions grandissantes pour cette région. Et nous disposons dans notre portefeuille des sept appellations crémant de France, il ne manquera que la Savoie », indique Serge Fleischer, qui a dit s’employer à inciter les producteurs à dédier leur vigne à la production de crémant. Les choix du géant de Petersbach pèsent de plus en plus lourdement sur les destinées du vignoble français en général et alsacien en particulier à mesure que des rapprochements, fusions et reprises s’y opèrent.

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