Intervitis 2018
Dans la ferveur technologique germanique
Intervitis 2018
Publié le 09/11/2018
Toujours aussi enthousiastes face à la technologie, nos voisins allemands ont proposé une édition 2018 d’Intervitis créative.
Même si Intervitis devient relativement confidentiel en termes de taille et de nombre d’exposants, ce salon draine néanmoins l’ensemble des institutions et de la profession de la filière viticole allemande. Des Allemands toujours très fervents de technologie, enthousiastes, créatifs et « respectueux des entrepreneurs », note l’industriel Fabien Guillet, pour qui Intervitis constituait la toute première sortie officielle pour son nouveau tracteur désormais baptisé TractoVigne. « Nous n’avons pas la prétention de concurrencer des tracteurs à boîte vario », explique Fabien Guillet. Le tracteur s’adresse aux vignobles étroits. Son centre de gravité - le plus bas du marché - lui permet d’agripper les pentes les plus raides « sans se faire peur » et avec la puissance et nervosité nécessaires grâce au moteur John Deere 3 cylindres. Les industries Guillet, 100 % alsaciennes, ont encore quelques adaptations à réaliser pour ce tracteur, en particulier pour atteler un châssis intercep entre les deux essieux. Le TractoVigne, c’est un état d’esprit, pour les vignerons qui ne sont pas attirés par le dernier cri de la technologie, mais qui désirent avoir un tracteur local, fiable, robuste et champion des vignes en pentes raides et étroites. Aux antipodes, c’est le Fendt e-100 vario qui a obtenu la médaille d’or du salon. Un tracteur électrique, avec une batterie lithium-ion de 6 heures d’autonomie. Déjà médaillé d’argent à Agritechnica, il dispose des équipements standards mais ne figure cependant pas encore au catalogue. Son prix et sa rentabilité ne sont donc pas connus. Coté œnologie, la firme K + H est récipiendaire avec le SO2 Membran System, un procédé de désulfitage des vins. Le process est purement physique à froid avec une membranaire spécifique. La fraction partielle de SO2 moléculaire est piégée dans une solution d’hydroxyde de potassium, ce qui déplace les équilibres du SO2 dans le vin vers une diminution de sa teneur. Autre médaille, celle d’Oculyze : un procédé de comptage des levures vivantes au bleu de méthylène par son smartphone, grâce à une application dédiée et un oculaire adapté au smartphone. Le kit comprend la solution de bleu de méthylène, une pipette, une éprouvette et de l’eau distillée. Le pourcentage de viabilité des levures est donné en 5 minutes après action du bleu de méthylène. Toujours pour la cave, le Residual Moisture Measurement, du constructeur de pressoir Scharfenberger à Bad Dürkheim, est un nouveau procédé de contrôle et régulation du pressurage par appréciation de l’assèchement des marcs. Les pressoirs actuels peuvent s’autoréguler par la teneur en potassium des jus ou par la mesure du débit. L’assèchement des marcs est un nouveau moyen de régulation. Le principe repose sur la mesure d’eau résiduelle lors de l’assèchement du marc. Le constructeur de pressoir est également remarqué pour un éclairage intérieur de la cage pour fignoler le nettoyage. Enfin les Allemands excellent dans la créativité des emballages. Leur liberté de conditionnement explique peut-être aussi leur réussite sur les marchés du vin… Vollherbst craftLABEL à Endingen propose une impression des étiquettes avec comme base de texture la matière minérale du sol, cherchant ainsi à reproduire la même sensation tactile entre le sol et l’étiquette. À ce service est associé un système de réalité augmentée de l’étiquette permettant avec son smartphone de visionner les caractéristiques de l’origine du vin.












