Vigne

Confrérie Saint-Étienne

Femme, femme, femmes

Publié le 02/11/2018

Samedi 20 octobre, pour le dernier chapitre de son mandat au château, le Grand Maître 2018, Martine Becker, avait fait le choix, de rendre hommage aux femmes, et en particulier aux femmes actives du vignoble avec la participation des diVINes d’Alsace.

Les convives ont été accueillis dans la cour d’honneur où les attentaient les épreuves d’identification et de détermination de cépages et de millésime, ainsi que de deux vins mystères. Épreuves réservées notamment aux Apprentis, Compagnons, Maîtres et Vignerons. Le chapitre s’est poursuivi au caveau où le Grand Massier a fait lever le public pour accueillir le Grand Conseil, un moment solennel rehaussé par les sonneries des trompes Saint-Hubert d’Ammerschwihr. L’ouverture de la séance par le maître de cérémonie, Gérard Kritter, a précédé la prière récitée par le Chancelier, Jean-Paul Goulby. « Très chères Cléone, diVINes et autres femmes exceptionnelles, très chers messieurs qui nous aimez, chers amis du vin d’Alsace, chers consœurs et confrères, bonsoir. Soyez les bienvenus à ce chapitre 2018 de la confrérie Saint-Étienne, troisième de l’année tout dédié aux femmes », a commencé le Grand Maître, Martine Becker. Poursuivant son allocution avec différentes citations, dont celle de Marilyn Monroe : « Peu importe de vivre dans un monde d’hommes, tant que je peux y être une femme ». « Les femmes n’ont rien à dire, mais elles ont tout à raconter », disait André Gide. « La porte de la confrérie, a rappelé le Grand Maître, est grande ouverte aux dames, même si la hauteur de l’ourlet n’est pas discutable. » Simone de Beauvoir disait : « On ne naît pas femme on le devient ; c’est l’ensemble de la civilisation qui élabore le pôle intermédiaire entre le mâle, et le constat qu’on qualifie de femme ». Pour Honoré de Balzac, « la femme est l’être le plus parfait entre les créatures, elle est une création transitoire entre l’homme et l’ange ». Pour cette soirée, la créatrice Cléone, installée à La Petite Pierre et qui tient boutique à Strasbourg, avait spécialement confectionné des robes exceptionnelles sur le thème du vin. Ces tenues, portées par la reine des vins d’Alsace et ses dauphines, ont été présentées à l’auditoire pendant les dégustations. Les cinq sens illustrés par le Grand Chambellan, Jean Adam, ont précédé la dégustation d’un sylvaner 2017, commentée par Évelyne Cognacq-Bléger. Les nouveaux Apprentis ont prêté serment, puis un muscat 2016, commenté par Laurence Schatz, a été servi. Ont suivi les intronisations des consœurs et confrères Compagnons, puis des consœurs et confrères Maîtres. Le service d’un riesling 1988 a été commenté par Cécile Bernhard-Reibel. À l’intronisation des consœurs et confrères Vignerons, le ruban a été remis à Véronique Muré par le Grand Maître. À l’intronisation des jeunes Conseillers, la lecture de la charte à Estelle Geiller, a été suivie de la remise de la chaîne dorée à la nouvelle conseillère, après signature de la charte. Le pinot gris 2015 servi a été commenté par Sylvie Spielmann. À l’intronisation des consœurs et confrères Œnophiles, le ruban a été remis à Paul Simon, directeur-adjoint des Douanes, à Romain Iltis, chef sommelier de la Villa Lalique, et Foulques Aulagnon, responsable marketing export au Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace. À noter la présence de Caroline Furstoss, élue meilleure sommelière par ses pairs en 2016, collaboratrice de la Revue des vins de France, ainsi que celle d’une délégation néerlandaise de la confrérie. Le gewurztraminer 2017 a été commenté par Cécile Hartmann. Lors de l’intronisation des confrères d’honneur, le Grand Maître a remis les rubans et le loyala à l’intronisé d’honneur, Bernard Burtschy, dégustateur et chroniqueur vin du quotidien Le Figaro et Figaro Magazine, et président de l’Association de la presse du vin. Dans sa harangue finale, le Héraut, Jean-Louis Vézien, a cité la vision prémonitoire du célèbre poète Louis Aragon qui avait proclamé : « La femme est l’avenir de l’homme », rappelant qu’en 1938 il n’y avait qu’une femme cheffe d’entreprise viticole en Alsace, alors qu’aujourd’hui elles sont nombreuses. Le banquet, auquel ont participé 185 personnes, a été animé par le duo Les Belettes. Et le menu confectionné par Michaela Peters, cheffe du restaurant du Parc Carola à Ribeauvillé, illustrait parfaitement, par sa touche féminine le thème « Femme, femme, femmes », en harmonie avec les vins proposés.

Salon À Contre-Courant au domaine Brand et fils

Biodynamie, le courant passe

Publié le 02/11/2018

Rencontres et dégustations de vins nature et biodynamiques, le salon À Contre-Courant, organisé par le vigneron Philippe Brand à Ergersheim a fédéré treize domaines de France et attiré des centaines d’amateurs pour sa seconde édition des 20 et 21 octobre.

« C’était à l’école, à l’époque du BTS. Nous étions une bande de copains. Ils m’ont aidé quand j’ai eu besoin », raconte Philippe Brand, vigneron à Ergersheim. Ils lui ont notamment fourni du raisin. Il a eu envie de les remercier par la création de l’événement À Contre-Courant sur son domaine, en les invitant à « ce salon de l’entraide ». Conforté par le succès de la première édition de ces rencontres et dégustations de vins nature et biodynamiques, l’année dernière, Philippe Brand a organisé cette seconde édition les 20 et 21 octobre, avec treize amis vignerons venus de différentes régions viticoles de France, « tous en bio, la moitié en biodynamie ». Un pas plus loin, longuement réfléchi Ces rencontres sont aussi l’occasion d’ouvrir les portes du domaine et de « mieux faire connaître mes vins et pratiques culturales ». Installé depuis cette année, Philippe Brand a commencé la vinification en 2009, suivant la voie des vins bios et de la biodynamie initiée par son père, Charles. Labellisé en biodynamie depuis 2014, il est allé plus loin encore dans sa démarche en vinifiant sans produits et sans filtration l’ensemble de ses vins. Tout est manuel, pas seulement les vendanges. « Le raisin doit être parfait car il n’y a plus de béquilles œnologiques, c’est une prise de risque totale. » C’est en 2005 en Grèce qu’il a goûté pour la première fois un vin nature. Il lui a fallu « un temps de réflexion », de dialogue avec d’autres vignerons déjà engagés dans cette démarche et quelques essais, avant de se lancer dans ce chemin. « J’ai renouvelé la clientèle quasi totalement », en développant l’export, notamment en Suède, Allemagne ou encore Belgique. Cavistes, restaurateurs haut de gamme, chefs étoilés, notamment parisiens constituent « son premier gros marché ». Surprenants… Ce salon est l’occasion « de démontrer la qualité de ces vins et de valoriser cette éthique de travail qui place l’homme au centre ». Philippe Brand a fait découvrir sa gamme Tout Terriblement Macération sur un gewurztraminer et un muscat, des vins filtrés, élaborés à partir d’une macération des raisins récoltés durant 15 jours dans un tonneau, avant d’être mis au pressoir. Une technique qu’il a découverte en Géorgie. En Champagne, au cœur du Jura, en Échappée belle, en Baleine ivre, en Sang neuf, ces vignerons ont fait voyager les amateurs avec leurs étiquettes et leurs terroirs. Loïc Mahé, en AOC Savennières (Anjou), a séduit avec ses blancs de Loire élaborés avec du chenin. La vigneronne Mee Godard, en conversion bio, a surpris avec ses morgons très tanniques. Le dernier arrivé dans cette bande de copains, Vivien Hemelsdael du Clos des Jarres dans l’Aude, a conquis les amateurs de minervois avec sa gamme Abrensis, où grenache, syrah et carignan donnent des vins gouleyants aux arômes marqués. Dans la cour de ce domaine, où ont résonné des musiques d’Amérique latine, les visiteurs ont pu percevoir ce qui lie ces vignerons : des convictions, un engagement profond, une écoute et un respect de la nature dans leurs vignes, exprimés passionnément et quasi philosophiquement dans leurs vins.

Publié le 24/10/2018

Les raisins destinés à la onzième cuvée ArTE ont été vendangés au lieu-dit Hoerdt à Epfig. Il s'agit d'un sylvaner de la maison Louis Stumpf et fils.

Cette année, c’est chez Philippe Stumpf, président du syndicat viticole d’Epfig, qu’une trentaine de vendangeurs s’est donné rendez-vous, avant de rejoindre une parcelle de sylvaner au lieu-dit Hoerdt. Le vigneron a souhaité mettre à l’honneur ce cépage, souvent réduit à une entrée de gamme, alors qu’il affiche de nombreux atouts. Le groupe - des habitués, des élus locaux, le fidèle Alfred Becker et les membres de l’association ArTE -, a été conforté par Margaux Jung, reine des vins d’Alsace, et ses deux dauphines, Flore Ansel et Pauline Husson. La conseillère départementale, Nathalie Ernst, pour sa troisième participation, a partagé son rang de vigne avec la sénatrice Fabienne Keller, invitée par le général Jean-Pierre Metz, originaire d’Epfig, avec qui elle avait suivi l’Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN). Pas encore baptisée La parcelle de sylvaner n’a pas été vendangée en totalité. La quantité prélevée correspond à la contenance du pressoir pneumatique d’où s’est écoulé un jus affichant l’équivalent de 13,2° alcool. Elle donnera environ 2 000 bouteilles pour la future cuvée ArTE. Son nom n’est d’ailleurs pas encore choisi : cuvée Margaux, comme la reine des vins ? Cuvée Fabienne, comme la sénatrice ? Cuvée Nathalie comme la conseillère départementale ? Ou cuvée du sentier viticole, qui longe la parcelle et qui sera entièrement rénové et inauguré lors de la fête du vin en août prochain, au cours de laquelle la cuvée 2018 sera dévoilée et dégustée ? Affaire à suivre… Une fois les vendanges terminées, tout le monde s’est installé autour de la grande table, où les échanges allaient bon train. Fabienne Keller a particulièrement apprécié ce moment de convivialité, dans un cadre splendide avec une vue magnifique. Elle a souligné l’équilibre entre tradition et performance du domaine Stumpf. Nathalie Ernst a, pour sa part, rappelé qu’elle soutient le dossier qui permet aux bénéficiaires du RSA de le cumuler avec un salaire de vendangeur.

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