Colloque InvaProtect
Le péril suzukii sous la loupe des chercheurs
Colloque InvaProtect
Publié le 22/11/2018
Le colloque InvaProtect, qui se tenait jeudi 8 novembre à Bad Krozingen, visait à restituer trois années de recherches dans le Rhin supérieur, notamment sur Drosophila suzukii.
L’invasion en 2014 de la drosophile suzukii sur les petits fruits rouges puis en viticulture avait démontré à quel point les filières pouvaient se retrouver démunies face à un bioagresseur invasif. 30 partenaires français, allemands et suisses des instituts de recherche et de conseil du bassin du Rhin supérieur se sont alors réunis pour faire progresser la connaissance dans ce domaine, avec comme sujets la punaise diabolique, la cicadelle de la flavescence dorée, la cochenille du mûrier, le virus de la sharka ou encore les cochenilles vectrices du virus de l’enroulement. Le programme de trois ans était cofinancé par les États et des fonds européens Feder. Jeudi 8 novembre à Bad Krozingen avait lieu la restitution générale de ces travaux. Les résultats détaillés sont en ligne en français sur le site www.ltz-bw.de. La biologie de chaque bioagresseur y est décrite, ainsi que les plantes hôtes, la carte de propagation, l’état des destructions causées et les solutions de lutte actuellement envisageables. Drosophile suzukii, vers un outil d’aide à la décision En ce qui concerne la drosophile suzukii, si l’habitat joue un rôle sur le développement de ce bioagresseur amateur de fruits colorés à pellicule fragile, difficile cependant de prévoir l’invasion de cette mouche capable d’engendrer jusqu’à huit générations par an, au rythme de 300 œufs par femelle qui pond 1 à 10 œufs par fruit. Atteindre le stade adulte lui nécessite seulement entre 9 et 14 jours. Les recherches ont mis en évidence qu’il existe une forme hivernale de drosophile, plus sombre et plus grande, et une forme estivale. À partir de 7,5 °C, les formes hivernales survivent mieux, mais les pontes hivernales ne sont pas viables. La drosophile séjourne alors sur plantes vertes en lisière de forêts ou aux abords des haies. Les chercheurs du FiBL ont alors voulu vérifier si ces éléments du paysage (habitat écologique), par exemple des haies bordées de sureau, merisier, mûrier, laurier, fraises des bois, cornouiller, prunellier, ronce, chèvrefeuille, cynorrhodon et autres fruits rouges sauvages, jouent un rôle dans l’intensité du développement des drosophiles sur les parcelles cultivées. Le protocole a consisté à pulvériser les haies d’une protéine marquée, susceptible d’être transportée par la drosophile et d’être retrouvée sur les cultures sensibles. Résultat : les haies n’ont pas d’influence sur l’infestation et ce sont surtout les conditions météorologiques de l’année, température et hygrométrie, qui sont le facteur prépondérant de leur développement. Mais de quoi se nourrit la drosophile sans baies rouges l’hiver ? Une étude suggère que la drosophile se nourrirait l’hiver de microflore à la surface des plantes, mais se servirait aussi des feuilles persistantes pour se protéger des intempéries. Dans ce contexte, le projet allemand Simkef (SIMulation Cherry Vineyard) vise à développer un outil d’aide à la décision (OAD) qui évalue le risque de prolifération de la mouche. Il se fonde sur un modèle décrivant la dynamique de population à partir du premier cycle de multiplication des mouches femelles, de l’attractivité des fruits et de la structure de l’habitat. Il permet de déduire la probabilité de première ponte (plus d’informations sur www.zepp.info.) Mais avant un tel OAD, le simple monitoring avec les pièges à vinaigre permet d’évaluer le développement des populations, sans toutefois « permettre de décider du bien-fondé d’un traitement ».












