Vigne

Nathan Muller lance le spretzi, un petnat servi à la tireuse

Du vin élaboré en Alsace consommé façon « winspub »

Publié le 13/12/2018

Le spretzi, c’est un vin pétillant naturel à base de gewurztraminer, distribué en fût dans des bars et restaurants alsaciens et servi à la tireuse. Une toute première qui permet de réinventer une manière de consommer du vin en vrac, perdue depuis la mise d’origine.

  https://youtu.be/jQE4yr2ikkg     Au domaine Charles Muller à Traenheim, il y a déjà un air de campagne anglaise dans le vignoble avec les moutons folivores qui effeuillent et entretiennent les vignes. Mais depuis son stage d’étudiant à l’Ossett brewerie, au sud de Leads en Angleterre, Nathan Muller, ne fait pas mystère de son intérêt tout particulier pour les boissons fermentées servies sous pression à la tireuse. « Cette brasserie d’1 million de litres distribue 99 % de ses bières en fûts. » C’est là qu’il a pris conscience de toutes les potentialités de cohérence environnementale et sociale du modèle de consommation façon pub anglais. https://youtu.be/U1yOUB9jamA       Son rêve ultime, serait d’ouvrir une taverne agricole dans le village, une « winspub » où les boissons locales servies façon pub anglais accompagneraient des plats à base produits locaux et fermiers, et si possible de sa ferme de polyculture-élevage. Ce jeune vigneron, cultive les vignes aux côtés de ses parents Jean-Jacques et Corinne Muller, et de sa sœur Marjorie. La politique de la maison Muller, c’est d’élaborer un vin bio naturel, sans rechercher la valeur ajoutée maximale, mais de rester sur des prix abordables. Et tant que faire se peut, de relocaliser tant les ventes de vins que les achats et fournitures pour l’exploitation.     Le spretzi de Nathan Muller, c’est donc une nouvelle boisson et un nouveau mode de consommation à base de pétillant naturel (petnat), distribué en fût dans les bars, winstubs et brasseries locales alsaciennes et servi à la tireuse. Essentiellement élaboré à base de gewurztraminer, le vin est entonné à 1010 de densité dans un fût inox de 600 l spécialement conçu pour accomplir la fermentation en cuve close et atteindre 5-6 bars de pression. Le vin est alors transvasé dans des fûts de 20 l qui sont destinés à être livrés et installés sous les zincs de bars avec une tireuse. L’opération de transvasage est isobarique, ce qui signifie que le fût de 20 l est lui aussi mis sous pression d’azote, il y a donc un simple transfert et remplissage par gravité. L’idée est qu’il « n’y ait pas de formation de mousse au remplissage », qui se produirait si la détente était adiabatique (à l’air libre), explique Nathan Muller. « Juste avant l’obligation de mise en bouteille de type flûte dans la région d’origine, des vignerons faisaient leur tournée dans les restos de la région. Je me souviens encore de la camionnette Prairie qui livrait des tonneaux de 100 l », raconte Nathan. Mais la mise d’origine, obtenue de haute lutte en 1972, a eu raison de ce modèle de distribution et de consommation des vins d’Alsace en vrac, plutôt avantageux car affranchi des emballages. C’est pourquoi le vigneron est obligé de déclasser ses vins en VSIG, avant de les commercialiser de cette manière. Chaque fût contient 20 l, soit l’équivalent de 26 bouteilles et autant d’étiquettes, de bouchons, collerettes et autres matières sèches comme les cartons, économisé en se passant du conditionnement. Sachant qu’une bouteille pèse 40 % dans le bilan carbone d’un vin, le gain environnemental est plus que significatif sur les émissions de gaz à effet de serre. « En outre, ça pérennise le lien avec le restaurateur », ajoute Nathan. Du côté financier aussi, l’opération s’avère très rentable, tant d’ailleurs pour le débitant de vin que pour le vigneron qui réalise des économies substantielles sur les matières sèches. « Le vin est vendu 6 €HT le litre, mais je n’ai pas de frais de conditionnement. Quant à l’acheteur, il économise 25 % puisque le prix est au litre et pas à la bouteille de 75 cl. » Pour l’heure, le spretzi a séduit un réseau de bars à vins, winstub, de la place strasbourgeoise. L’idée de Nathan, c’est de poursuivre avec un vin non effervescent sur le même mode de distribution que les bières non effervescentes. C’est alors une pompe à piston qui fait remonter le vin tranquille situé dans la cuve sous le zinc.   https://youtu.be/2KTte-6Rqco      

Cave historique des Hospices civils de Strasbourg

Succès toujours !

Publié le 13/12/2018

Les journées portes ouvertes de décembre de la cave historique des Hospices civils de Strasbourg ont attiré de nombreux visiteurs le 1er décembre et plus encore le 8 décembre, avec près d’une centaine de vins proposés à la dégustation.

Depuis plusieurs années, décembre est devenu un mois phare pour la cave historique des Hospices civils de Strasbourg, avec ses journées portes ouvertes qui drainent un public nombreux et toujours très cosmopolite. Le premier rendez-vous vinique a démarré avec une belle affluence le 1er décembre. Neuf vignerons adhérents de la Sica (Société civile d’intérêt collectif agricole) ont accueilli les visiteurs, amateurs éclairés ou néophytes, alsaciens et touristes, pour une découverte de leurs vins. Vins d’Alsace, un public éclectique conquis 88 vins au total ont été proposés à la dégustation. Certains amateurs ont jeté leur dévolu sur le pinot noir, comparant les terroirs, les millésimes et les touches particulières des vignerons. Les visiteurs n’ont pas manqué le clin d’œil festif de la maison Wolfberger, avec Caracterre 2015 en magnum, une édition limitée à 200 bouteilles. Un vin surprenant issu d’un terroir calcaire, élevé en fût et vinifié selon la méthode bourguignonne. Autre magnum Wolfberger, le gewurztraminer grand cru Hatschbourg 2016. Les visiteurs se sont laissés tenter par la découverte du très original muscat Signature 2015 du domaine Xavier Muller de Marlenheim, vendangé en vendanges tardives, et du muscat 2015 grand cru Marckrain de Michel Fonné de Bennwihr. Festivités obligent, les pinots gris et les crémants ont eu la cote, dont ceux des Hospices civils ou d’André Ruhlmann de Dambach-la-Ville, des vins commentés par sa fille sommelière Louise-Anne. Outre la découverte d’autres régions viticoles et d’institutions publiques gérant des domaines viticoles, la cave a proposé une rencontre avec des domaines du lycée agricole de Gironde, le château Grand Baril et château Real Caillou, qui travaille depuis une quinzaine d’années avec ce lycée et la cave. Le public a pu notamment déguster notamment un Lalande de Pomerol 2014. Cette journée portes ouvertes, riche en échanges avec les vignerons, en belles découvertes, a fait le plein de visiteurs. Un succès qui ne devrait pas se démentir pour celle du 15 décembre. Avis aux amateurs !

Le crémant d’Alsace à l’honneur sur Arte

Instant d’universalité et de solennité, juste avant le réveillon

Publié le 12/12/2018

Arte diffusera le 31 décembre 2018 à 17 h 25, le documentaire « Crémant d’Alsace, des bulles fines et festives ». 50 minutes dédiées au crémant d’Alsace, réalisées par Jean-Luc Nachbauer. L’équipe de tournage a suivi Serge Dubs dans ses pérégrinations de sommelier à travers le vignoble alsacien.

Dans le cadre de son émission historique 360° Géo, le documentaire se penche sur quatre maisons des vignerons : Mélanie et André Pfister à Dahlenheim, Étienne Arnaud Dopff à Riquewihr, Francine et Clément Klur à Katzenthal et Véronique et Thomas Muré à Rouffach. L’avant-première était projetée ce lundi 3 décembre dans l’auditorium Michel Debré de l’École nationale d’administration (ENA), archicomble. Plus de 300 convives, parmi lesquels des étudiants, des représentants des sociétés culturelles et gastronomiques alsaciennes et des élus. « J’ai cru comprendre qu’en Alsace on avait pu parler de champagne d’Alsace, indique d’emblée Patrick Gérard, directeur de l’ENA. Situant clairement l’enjeu essentiel de la filière des crémants d’Alsace : accéder à la notoriété par l’image renvoyée. Mais en 1905, une loi réserve l’exclusivité du terme de champagne aux vins de la région concernée. » Il faut attendre 1976 pour que les bulles alsaciennes se trouvent une définition juridique, par le décret du 24 août très exactement. Jean-Luc Nachbauer voit dans le crémant d’Alsace à travers l’épopée vécue par ces quatre familles vigneronnes, une fresque « d’histoire locale et universelle » et l’expression de deux révolutions : « La première économique, avec une appellation forte aujourd’hui de près de 35 millions de cols, et surtout l’arrivée massive des femmes dans le monde du vin ». C’est Véronique Muré, présidente des DiVINes, qui a suggéré le sujet, qu’il juge « atypique parce que le documentaire débouche sur un questionnement sociétal » à travers le vécu des vigneronnes et des vignerons. Mais n’en disons pas plus… Quant aux femmes, « elles apportent un plus assez extraordinaire par rapport à la vision masculine du vin, par rapport à la technicité », estime le réalisateur. Toutes, hautement diplômées, « apportent une sensibilité, un regard sur la vigne, en biodynamie notamment », s’agissant de Véronique Muré et Francine Klur. Trois dimensions Revenait à Pierre de Romanet, président du club d’œnologie de l’ENA, de commenter ses impressions. Le documentaire souligne trois dimensions importantes, « scientifique, poétique et humaine ». Scientifique parce que les auteurs des vins « sont souvent ingénieurs, voire anthroposophe, un nom compliqué qui fait fin XIXe, mais la Romanée Conti est aussi en biodynamie… ». La dimension poétique, avec « le vocabulaire de transmission des sommeliers, parce qu’il n’y a pas de classement et quand on déguste un vin, il n’y a que des sentiments, des impressions : astringent, acide, gras ou souple… C’est à chacun de dire ce qu’il aime. » La dimension humaine enfin, parce qu'« au sein de chaque bouteille, il y a accumulation de trésors, du sol, du vigneron, de ceux avec qui on partage le vin ». Et c’est cette dimension humaine du documentaire qui a « beaucoup touché » l’étudiant de l’ENA, « lorsqu’on conçoit le vin et qu’on le partage avec ceux qui ont contribué à le faire naître. C’est ce qui ressort et qui fait qu’on est si fier en France de ces bouteilles, parce qu’on est fier de les partager. » « Quel vin vous a fait vibrer ? », demande l’étudiant de l’ENA. Réponse de Serge Dubs : « C’est un Cheval blanc 1947. Je me suis dit, c’est ça qu’il faut savoir boire et apprendre à connaître. Lorsque dans le vin il y a des sensations multiples, notre corps réagit, nous sommes capables de sortir le vocabulaire. Avec ce passage tout à coup, le vin devient vivant grâce au sommelier. » Mais, Serge Dubs précisait plus tôt : « Nous n’existerions pas, si vous ne nous faisiez pas de bons vins avec des personnalités, des sensibilités, des particularités et qui entrent dans nos sens ». C’est finalement Étienne-Arnaud Dopff qui a eu l’un des derniers mots : « Il faut considérer tout le travail qu’il y a derrière une bouteille et c’est là qu’on prend conscience de la dimension du vin ». Profitant de l’auditoire exceptionnel, il a souhaité « la bienvenue dans nos domaines respectifs et tous les autres domaines d’Alsace ».

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