Vie professionnelle

Publié le 23/12/2019

Le président de l'Assemblée permanente des chambres d'agriculture est décédé dimanche 22 décembre à l'âge de 62 ans.

L’Assemblée permanente des chambres d’agriculture (APCA) fait part, dans un communiqué, du « décès accidentel » de son président Claude Cochonneau, 62 ans, survenu dimanche 22 décembre. Agriculteur dans la Sarthe, il était président de la chambre d’agriculture des Pays de Loire depuis 1995, élu président de l’APCA depuis 2016 et réélu le 20 mars 2019. Il fut également vice-président de la FNSEA entre 2002 et 2014, et maire de la commune de Marçon entre 2001 et 2014. L’APCA « salue l’homme d’engagement, l’agriculteur, le politique qui a œuvré toute sa vie à la défense et aux intérêts des agriculteurs ainsi qu’à la promotion de l’agriculture française ». Dans un communiqué, le ministre de l'Agriculture Didier Guillaume rend hommage à « un interlocuteur de confiance, un homme de dialogue, de compromis, de construction ».

Schéma d’aménagement & de gestion des eaux

Du champ de maïs aux marais

Publié le 19/12/2019

Mardi 17 décembre, six organismes et entreprises alsaciennes ont reçu le label Sage (Schéma d’aménagement & de gestion des eaux). Cette distinction récompense les projets en faveur de la ressource en eau et des milieux aquatiques. Parmi eux : la renaturation de l’Île du Rhin, près de Mulhouse. Près de 100 ha de champs de maïs convertis en zone humide.

L’île est méconnaissable. Imaginez. Jusqu’en 2014, cent hectares de maïs couvraient presque toute l’île du Rhin, au sud de Mulhouse. En 2013, EDF doit présenter des mesures environnementales compensatoires suite à son annonce d’une nouvelle centrale hydroélectrique à l’extrémité sud de l’îlot. L’entreprise propose de remettre à l’état naturel l’îlot. Mardi 17 décembre 2019, cinq mois après la fin des travaux, elle a reçu le label Sage, du Schéma d’aménagement & de gestion des eaux. Une récompense pour le travail jugé exemplaire de l’électricien.     Car le chantier est allé très loin dans la démarche écologique. « Ils ne se sont pas contentés de planter des arbres par-ci, par-là », commente, impressionné, un participant à la cérémonie de remise des prix. En effet, le projet inclut la remise en eaux d’un ancien bras du Rhin et la réhumidification des terres. « On a voulu créer une mosaïque de milieux », témoigne Alain Garnier, ingénieur à la direction concessions chez EDF. Pendant six mois, les pelleteuses ont terrassé, remodelé l’espace, créé des mares, creusé le lit du cours d’eau selon son tracé historique… Un chantier pharaonique. « On a déplacé 400 000 m3 de terre et planté 175 000 plants », égrène David Morand, du Centre d’ingénierie hydraulique d’EDF. Une opération à plus de 5 millions d’euros cofinancée par l’agence de l’eau Rhin-Meuse. Des oiseaux, des poissons et des chevaux Le résultat ? Une zone humide qui s’intègre à la réserve naturelle de la petite Camargue alsacienne. L’ancienne partie agricole est désormais occupée par des marais et des prairies. La forêt du nord de l’île, elle, bénéficie de la remise en eau du bras du Rhin. Il a permis de réhumidifier le bois. L’impact sur la faune ne s’est pas fait attendre. Les poissons se sont approprié le cours d’eau. « Ils peuvent remonter jusqu’en Suisse grâce à la connexion piscicole réalisée entre le Rhin et la rivière reconstituée remise en eaux », se réjouit Alain Garnier. Les oiseaux reviennent aussi. Le nombre de volatiles recensés dans le périmètre de l’ancien champ est ainsi passé de 250 en 2016 à 350 fin 2019. L’aménagement profite aussi aux visiteurs. L’association Petite Camargue alsacienne, gestionnaire de la réserve naturelle, a ainsi construit un circuit découverte de 12 km jalonné de quatre observatoires et d’une dizaine de panneaux explicatifs. Les bénévoles ont aussi introduit cinq chevaux Koniks et sept vaches Highland en écopâturage. « Il faudrait que ce projet soit contagieux », applaudît Philippe Kniebiely, de la Petite Camargue alsacienne. Seule ombre à ce tableau idyllique, le projet a nécessité d’expulser un agriculteur. Le sujet embarrasse Alain Garnier, d’EDF. L’entreprise a dû verser d’importantes compensations financières à l’ancien exploitant des lieux. « En gros on a racheté le terrain qui nous appartenait », grince l’ingénieur. À défaut de maïs, l’Île du Rhin vaut bien son pesant d’or.  

Gérard Lorber, président de la section d’Erstein

« À nous de savoir ce que nous voulons ! »

Publié le 18/12/2019

Président de la section d’Erstein de Cristal Union, Gérard Lorber en appelle à la responsabilité des planteurs pour pérenniser l’outil industriel d’Erstein et, au-delà, toute une filière construite et maîtrisée, qui contribue à la diversité des productions alsaciennes, et à la sécurisation du revenu des agriculteurs.

Pour Gérard Lorber, président de la section d’Erstein, les racines de la baisse d’intérêt des planteurs pour la betterave sont à chercher dans deux années sanitairement compliquées, et un contexte économique difficile. Il évoque le plan de restructuration mené par Cristal Union l’année dernière qui a « jeté une onde négative » dans l’esprit des planteurs. Ainsi que le résultat négatif du groupe, qui a pu engendrer des craintes quant à la solidité de son capital. Lui se veut confiant en l’avenir. « Les crises commencent et s’arrêtent. La cercosporiose est déjà mieux maîtrisée, le point bas de la crise du marché du sucre est passé… » Pour lui, cette désaffection n’a pas lieu d’être. « La filière betteravière existe et elle est structurée. Tout est maîtrisé, du semis à l’usine grâce notamment à des entrepreneurs de travaux agricoles équipés pour le bâchage, la récolte, et à des techniciens qualifiés, qui ont une réelle expertise, doublée d’une grande réactivité. » Autres atouts des planteurs alsaciens : leur niveau de technicité élevé, des terres propices, l’accès à l’irrigation… Autant d’éléments qui font de l’Alsace un bassin betteravier propice à l’obtention de rendements stables malgré les variations climatiques de plus en plus importantes. Enfin, Gérard Lorber met aussi en avant le bassin de consommation important que représente l’Alsace. Avec des industries alimentaires qui utilisent du sucre liquide, une exclusivité d’Erstein, et des particuliers attachés à la marque. Cristal Union s’engage sur des prix compris entre 23 et 25 €/t Si l’Alsace est propice à la betterave, la culture le lui rend bien. Tout simplement parce qu’elle permet de construire des assolements diversifiés, encouragés à la fois par la réglementation et l’agronomie. Rappelons que la lutte contre l’extension de la chrysomèle des racines du maïs passe par l’instauration de mesures rotationnelles pour priver l’insecte de sa ressource trophique favorite : les racines de maïs. Le maintien de la structure est également important pour l’élevage, puisque les pulpes de betterave participent à la sécurisation de la ressource fourragère du cheptel alsacien. Rappelons aussi que, si la fin des quotas s’est traduite par une baisse des cours du sucre et donc de la betterave, Cristal Union s’est engagé à payer les betteraves 23 €/t pour 75 % des betteraves et 25 €/t pour 25 % des betteraves pour les agriculteurs qui ont contractualisé un tonnage et une surface en 2020. Si les surfaces alsaciennes devaient ne pas suffire, Cristal Union n’hésitera pas à aller frapper à la porte des agriculteurs allemands, rappelle Gérard Lorber. « La sucrerie a été construite alors que l’Alsace était allemande. Alors qu’il était impossible de travailler avec les agriculteurs allemands durant la période des quotas, aujourd’hui ce n’est plus le cas. C’est une piste que nous creusons pour solidifier l’outil afin de garantir de meilleures retombées économiques aux producteurs. » Enfin, il évoque l’actualité. Le « green deal » européen vient d’être présenté. Son objectif final ? Atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050. Ses moyens : 25 % du budget de l’Union européenne (UE) devra, à terme, être consacré à la transition écologique. Une orientation de la politique européenne qui peut constituer « une nouvelle opportunité pour l’éthanol et donc pour la betterave », estime Gérard Lorber. Certes, on ne transformera pas Erstein en usine de production d’éthanol. Mais si les autres unités font plus d’éthanol, elles feront moins de sucre. Et cette production pourrait être reportée à Erstein. Il avance un dernier argument : « L’histoire sucrière ne s’arrêtera pas, ni dans le monde, ni en Europe, ni en France. Mais si on ne fait pas attention, elle pourrait s’arrêter en Alsace. Donc à nous de savoir ce que nous voulons ! » Il ne s’agit donc pas de compter uniquement sur des surfaces allemandes pour sauver la sucrerie. Pour Gérard Lorber, il est important que la solution vienne d’Alsace : « Chaque planteur devra faire un effort et augmenter ses surfaces. Il en va de l’avenir de la filière. Une filière qui a surmonté d’autres crises, et qui est toujours vaillante grâce à l’engagement des planteurs. »

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