Vie professionnelle

Publié le 03/01/2020

Par Franck Sander, président de la FDSEA du Bas-Rhin.

L’année 2019 a été particulièrement dense syndicalement, notamment sur ces derniers mois où l’ensemble du réseau FNSEA, JA s’est mobilisé dans toute la France. Dans le Bas-Rhin nous avons répondu à ces appels en y associant l’Association des viticulteurs d’Alsace (Ava), car quand on représente 2 % de la population, il est inutile de nous diviser, bien au contraire il est impératif que l’agriculture, de l’amont à l’aval, s’allie pour construire un avenir aux agriculteurs. Les mobilisations ont pris différentes formes (blocages des routes, action à la préfecture, débat avec les députés ou stickage en magasin). Aujourd’hui, il existe des sensibilités différentes chez nos adhérents, entre certains partisans d’actions dures et d’autres qui n’en souhaitent plus. À chaque fois, en tant que responsables agricoles et en lien avec le conseil d’administration nous tentons de trouver le meilleur compromis pour faire progresser les dossiers. Le grand débat à Obernai est l’exemple d’un nouveau type d’actions que j’estime être une réussite. Il faudra juger sur la durée l’action de nos parlementaires, mais les messages ont pu être passés. Dans tous les cas, nous souhaitions vous remercier pour votre mobilisation, car la cause est noble et juste. Quand certains manifestent pour ne pas travailler, nous manifestons pour le droit de vivre de notre métier. Les prix agricoles sont et restent notre principale demande. La loi Égalim, qui devait redonner du prix aux paysans, n’a pas produit ses effets. Toutefois, ne nous avouons pas vaincu, car il en va du devenir de l’agriculture et une loi ne pouvait pas régler 40 ans de monopole de la distribution. C’est pourquoi nous repartons au combat sur le sujet, et j’ose dire que nous sentons des frémissements. L’annonce il y a quelques jours de la reconnaissance par la Commission européenne de la méthode et de l’utilisation du coût de production comme outil de constitution des prix est un signe fort. La signature d’un accord-cadre entre Lactalis et les organisations de producteurs semblait impossible, c’est maintenant chose faite. Autant de signes qui présagent d’un changement de paradigme, le problème c’est que la vitesse d’avancement n’est pas compatible avec l’urgence de retrouver des moyens sur les fermes. C’est pourquoi nous serons sûrement appelés à nous mobiliser pour remettre la pression sur l’aval agricole. Nos mobilisations ont également permis de dénoncer l’acharnement médiatique et réglementaire que nous subissons, notamment sur les produits phytosanitaires. Depuis quelques semaines, je constate dans la presse généraliste une inflexion des messages, de plus en plus de voix viennent contredire la bien-pensance écologiste, preuve que l’action syndicale porte ses fruits. Nous avons également obtenu de l’État qu’il s’appuie sur la science pour décider des mesures et non pas sur la vox populi. Toutefois, nous restons extrêmement vigilants sur le sujet car les lobbyistes ne sont pas forcément ceux que l’on croit. L’accumulation des contraintes pénalise fortement l’agriculture française qui recule face à ses concurrents européens. En 2018, pour la première fois de son histoire, la France a importé plus de produits agroalimentaires qu’elle n’en a exportés au sein de l’Union européenne. Ces chiffres devraient être un électrochoc pour nos responsables politiques quant à l’ambition de la ferme France. 2019 aura été l’occasion d’élection aux Chambres d’agriculture, je tenais à vous remercier pour votre confiance renouvelée. C’est pour nous la validation du travail d’une équipe professionnelle et administrative au service des agriculteurs. Nous avions basé notre programme sur le revenu agricole et la communication, les récentes actualités valident ces choix. Nous avions également insisté sur le besoin de mutualiser les moyens entre nos organisations professionnelles agricoles pour mieux répondre aux attentes des agriculteurs. Sur ce point, je me félicite de la mise en place de la plateforme pour l’emploi Terrajob qui aura pour mission dans les mois qui viennent de trouver des solutions d’emplois pour les agriculteurs ainsi que pour les filières agricoles qui cherchent désespérément à recruter. L’agriculture alsacienne est à un tournant. Notre modèle basé sur des exploitations de petite taille et des cultures à forte valeur ajoutée nous a permis jusqu’à présent de mieux résister que dans d’autres régions à la restructuration. Toutefois ce modèle est ébranlé par la perte de rentabilité sur ces cultures et par des difficultés comme l’accès à la main-d’œuvre ou à l’irrigation. Il nous appartient à nous agriculteurs, mais surtout collecteurs et/ou transformateurs, de maintenir et de conforter des filières à plus-value. Mieux, nous devons être en capacité d’en proposer des nouvelles. Si des opportunités devaient se présenter ce sera à nous de les saisir, je pense notamment au marché du carbone. Même si la situation est difficile, ne voyons pas que les trains qui n’arrivent pas à l’heure, il y a des possibilités et des perspectives. Par exemple, on parle d’agribashing (à juste titre) mais les agriculteurs restent l’une des catégories socioprofessionnelles la plus appréciée des Français. En cette période de vœux, je nous souhaite une année sereine pour sortir de l’urgence des situations et pouvoir réfléchir à long terme. Profitons de ces moments de fêtes pour partager avec nos proches autour des meilleurs produits de l’agriculture française. Nous vous donnons rendez-vous à la rentrée, le 13 janvier, pour notre assemblée générale où nous aurons l’honneur d’accueillir Christiane Lambert, la présidente de la FNSEA.

Publié le 02/01/2020

Par Denis Ramspacher, président, et Denis Nass, premier vice-président de la Chambre d’agriculture Alsace.

2019 restera dans les mémoires comme une année compliquée pour les agriculteurs alsaciens. Compliquée sur un plan climatique avec une sécheresse estivale intense, compliquée aussi avec des prix en berne pour de nombreuses productions. Le climat social est tendu dans notre pays avec des contestations virulentes autour de la réforme des retraites pourtant censée garantir plus de solidarité et plus d’équité. Les retraités agricoles, tout en bas de l’échelle, attendent depuis longtemps un rééquilibrage de leurs pensions, indignes, après toute une vie de labeur dans un pays développé comme la France ! Alors oui, il faut une réforme et vite, pour corriger cette anomalie. Force est de constater que les agriculteurs sont parfois gagnés par un sentiment d’abandon, voire de déclassement. Aux difficultés économiques et climatiques s’additionnent des critiques souvent injustifiées de leurs pratiques, de leur façon de produire, de leur mode d’élevage. Les agriculteurs vivent difficilement cette remise en cause systématique de leur métier alors qu’ils soignent et nourrissent leurs animaux avec passion et qu’ils cultivent leurs champs avec précaution. Le monde entier reconnaît d’ailleurs la qualité de notre agriculture. Insidieusement, cet « agribashing » ambiant mine le moral de nombreux agriculteurs. Oui au dialogue ! Sous la pression d’une opinion publique de plus en plus éloignée du quotidien des agriculteurs, le Gouvernement n’hésite pas à légiférer sur la question des phytosanitaires, en faisant peu de cas des impasses techniques et des surcoûts engendrés par ses décisions. Les ZNT que le Gouvernement veut imposer illustrent le décalage entre une partie de la population et la réalité vécue par les agriculteurs. Face à cette surenchère réglementaire, nous en appelons au bon sens et au dialogue ! Nous travaillons à l’élaboration de chartes « pour mieux vivre ensemble » avec des engagements réciproques, des mesures pragmatiques et adaptées au contexte local. Sur ce sujet, nous appelons de nos vœux un dialogue apaisé avec l’administration, les élus, les habitants… Lorsqu’on parle d’agriculture dans les médias ou sur les réseaux sociaux, on oublie trop souvent qu’il s’agit en premier lieu d’une activité économique qui doit être rentable pour permettre une juste rémunération des producteurs. Les États généraux de l’alimentation (Egalim) devaient redonner davantage de rémunérations à nos productions agricoles au sein des filières, un meilleur partage de la valeur ajoutée. Mais rien n’a véritablement encore changé dans les pratiques de la distribution au moment des négociations commerciales. Priorité au revenu Et pendant ce temps, l’Union européenne et la France continuent de négocier des accords de libre-échange en ouvrant les portes aux produits d’importation qui ne respectent aucune de nos normes et nos standards européens. Après l’épilogue du Brexit, il faudra que l’Europe trouve un nouveau cap, un nouveau souffle. L’Union européenne ne peut pas être uniquement un grand marché convoité par la planète entière et régie par l’ultra libéralisme. L’agriculture doit cesser d’être en permanence une monnaie d’échange pour exporter des Airbus, des voitures et autres produits de luxe. Maintenant que les nouveaux députés européens sont installés et la Commission désignée, le temps de l’action est venu. Il faudra nous mobiliser au niveau de l’Europe pour prendre les bonnes décisions sur la nouvelle Pac 2020. Le projet qui est aujourd’hui sur la table doit être amélioré ! Il faut maintenir un budget ambitieux et renforcer les outils de gestion du marché en cas de crise. Il n’est pas normal que tous les grands pays développés, États-Unis en tête, protègent leurs agriculteurs contre les aléas du marché, alors qu’en Europe, on laisse libre cours à l’ultralibéralisme économique. La préférence communautaire n’est pas un gros mot ! Nous devons rester vigilants pour que la question du revenu des agriculteurs reste bien au cœur de la future politique et éviter les tentations aujourd’hui très fortes de renationalisation de la Pac. L’économie de nos territoires ruraux en dépend. Nous avons besoin de plus d’Europe, de plus de protection, de plus de considération et, surtout, de moins de technocratie ! Face à l’urgence climatique, l’agriculture n’est pas un problème mais constitue une vraie solution pour l’avenir avec le stockage du carbone ou encore la production d’énergies renouvelables. Nous avons là une belle carte à jouer ! Il sera en revanche nécessaire à l’avenir de se prémunir davantage contre les aléas climatiques. L’assurance récolte doit évoluer pour devenir une vraie garantie de revenu en cas de coup dur. L’épargne de précaution doit être développée, avec une politique fiscale adaptée. L’irrigation constitue une réponse pertinente, pour sécuriser les rendements et la qualité de nos productions. Nous devons avoir une politique ambitieuse d’accès à l’eau, y compris avec du stockage en l’absence de ressources disponibles. Après plusieurs années compliquées, il faut que l’agriculture puisse retrouver des perspectives économiques plus favorables sur le moyen et le long terme pour assurer le renouvellement des générations et l’installation des jeunes. Des atouts et des perspectives Nous faisons collectivement des efforts depuis de nombreuses années pour améliorer nos pratiques, réduire les fuites de nitrates et l’utilisation de produits phyto. La Chambre d’agriculture s’emploie au quotidien à accompagner ces transitions, avec le concours de toutes les organisations professionnelles et économiques de ce territoire. Ces dernières sont bien conscientes que nous devons travailler de concert, pour préserver nos sols, préserver la qualité de l’eau et notre environnement en général. Nous travaillons au quotidien pour mettre au point des techniques alternatives, pour développer l’agriculture biologique, mais toutes ces évolutions demandent du temps, des efforts d’adaptation et des moyens d’accompagnement. Nous fondons beaucoup d’espoirs dans la recherche, l’innovation, le numérique pour trouver des solutions, pour éviter les impasses techniques ou économiques. L’agriculture alsacienne dispose de solides atouts avec des filières diversifiées et un vaste bassin de consommateurs. Nous devons défendre toutes ces filières et en particulier celles qui connaissent une conjoncture difficile comme la betterave ou la viande. Le maintien de nos outils de transformation, de valorisation ou d’abattage est indispensable pour pérenniser toutes les productions et préserver l’avenir. De vraies opportunités de développement existent dans les filières longues ou courtes, dans le bio ou le conventionnel. Une feuille de route pour la mandature Vous l’aurez compris, les défis pour l’agriculture alsacienne sont de taille et nous avons du pain sur la planche. Avec les nouveaux élus de la Chambre d’agriculture, nous avons défini notre projet stratégique pour les six prochaines années. Ce projet s’inscrit dans le cadre des travaux en cours au niveau national à l’APCA et régional avec le réseau des Chambres du Grand Est. Il constitue la feuille de route pour nos équipes d’élus et de collaborateurs en faveur d’une agriculture dynamique et responsable qui permet d’assurer un revenu décent pour les agriculteurs, les viticulteurs et les éleveurs alsaciens. Il s’articule autour de quatre axes : Améliorer la performance des entreprises agricoles alsaciennes ; Préserver les ressources, accompagner les transitions énergétiques et climatiques, valoriser les territoires ; Renforcer la proximité de la Chambre d’agriculture avec les agriculteurs et les territoires ; Redonner fierté et confiance aux agriculteurs avec une communication positive sur le métier et ses réalités. Ce projet s’inscrit dans la complémentarité et le dialogue avec nos partenaires des organisations professionnelles et économiques. Il vise aussi à construire des relations de confiance avec les collectivités locales, les intercommunalités, avec la future collectivité européenne d’Alsace, la Région Grand Est, ainsi que les pouvoirs publics. Nous pouvons légitimement être fiers d’avoir construit une Chambre d’agriculture qui a su s’organiser au niveau de l’Alsace dès 2013, se remettre en cause et s’adapter aux évolutions institutionnelles. Plus que jamais, elle a l’ambition d’accompagner tous les agriculteurs dans tous les territoires et pour tous leurs projets. Nous vous souhaitons une excellente année 2020 avec beaucoup de satisfactions professionnelles et personnelles. Que cette nouvelle année, soit pour vous et vos proches, source de joie, de bonheur, de santé et de réussite.   A lire : Des repères à construire, sur le site de L'Est agricole et viticole et sur celui du Paysan du Haut-Rhin.

Publié le 02/01/2020

Médiateur animal est un métier nouveau* en France. Découverte, à Ehnwihr, avec Stéphanie De Sousa, médiatrice animale pour l’association À portée de crins, et les jeunes autistes et leurs éducateurs de l’IMPro du Ried Don Bosco.

« Ramenez une balle bleue », commande Stéphanie De Sousa. Laurena, Marie, Alexandre, Félicien, Mathis et Sacha, s’activent. Les six adolescents de 15 à 20 ans fréquentent le service d’accueil des jeunes autistes (Saja) de l’IMPro du Ried (Institut médico-professionnel), à Huttenheim. Depuis deux ans et demi, ils viennent une fois par semaine, pour une séance d’une heure à La Ferme du pays d’eaux, à Ehnwihr (Muttersholtz). Là, Stéphanie De Sousa les accueille en tant que médiatrice animale pour l’association À portée de crins. Les jeunes ne cherchent pas les balles bleues seuls… Mais avec des poneys et des ânes, qu’ils tiennent au licol. Chaque binôme marche vers l’un des seaux disposés aux quatre coins du paddock, dans lesquels sont mélangées des balles de couleurs vives. Les ados piochent chacun une balle bleue et l’amènent à Stéphanie, qui enchaîne les consignes… de plus en plus vite, pour stimuler la troupe, doper le jeu, quitte à ce que l’un ou l’autre soit momentanément largué. « Promenez-vous », annonce la médiatrice animale. Exercices et pure détente Justine et Mathieu, les éducateurs qui accompagnent le groupe, veillent, avec Stéphanie, à ce que les jeunes s’approprient tout l’espace. L’objectif pour ce groupe d’ados, parmi les plus indépendants des autistes que reçoit Stéphanie, est d’acquérir un maximum d’autonomie tout en prenant les autres en considération. Justine et Mathieu constatent les progrès réalisés par les jeunes : « Ils se sont ouverts. Ils sont de plus en plus à l’aise avec les animaux, plus enclins à collaborer, à communiquer, à se déplacer en faisant attention aux autres… et aux consignes ! » Stéphanie interrompt : « On suit Mathis sur le parcours ». Chef de file, Mathis avance fièrement sur le pont de bois, à une extrémité de la carrière, suivi de ses camarades… sauf un. On répète la directive pour lui. Puis les jeunes rentrent les animaux à l’étable. Ils troquent les poneys pour des moutons. Là, les jeunes doivent les nourrir. Félicien qui a les granulés se tient à l’écart pour éviter l’émeute. La météo est bonne, en ce début de mois de décembre. Moment de pure détente, au soleil, dans cette carrière bordée de prairies. Non loin coule une rivière. Le couple d’oies de la ferme s’approche du paddock, confiantes. « Comme on dit, les oies sont de retour », s’amuse Marie. « Un jour, on a même pu les caresser », se souvient Mathieu. Mathis, d’ailleurs, a « un truc » avec elles. C’est aussi que tous les animaux de Stéphanie sont élevés pour trouver le contact humain « sympa », précise la médiatrice. Mettre en confiance et garantir la liberté de tous, telles sont les missions de Stéphanie. Dépasser ses phobies, un blocage, s’intégrer dans un groupe. La médiatrice animale évalue à chaque fin de séance les progrès ou du moins le maintien des acquis des jeunes autistes pour qui elle a construit un programme, en lien avec les thérapeutes. Communication non verbale Stéphanie fonctionne avec différents ateliers : préparation du nourrissage, brossage et pansage, parcours ludique, jeu de mémoires, moment tactile, observation des comportements des animaux, connaissance des lieux et conditions de vies des différentes espèces. La séance avec le groupe de l’IMPro du Ried se termine par du portage de petits animaux et de l’observation. Laurena, Marie, Alexandre, Félicien, Mathis et Sacha prennent chacun à leur tour l’un des lapins ou l’une des poules à qui ils ont apporté des carottes et des feuilles de chou à leur arrivée à la ferme. Mathis pose sa main sous un lapin et sent battre son cœur. Alexandre porte son rongeur enroulé dans une couverture. Le contact pour lui n’est pas chose aisée. « Il faut faire preuve d’humilité et de patience, souligne Stéphanie. Ce qui n’est pas possible aujourd’hui le sera peut-être demain. » Laurena est la seule à caresser une poule. « J’ai un pouvoir avec les poules », lâche-t-elle. En effet, l’oiseau est tranquille. Laurena glousse : « les poules sont drôles. J’aime leurs plumes et le bec. Et le bruit qu’elles font ! » Sacha confie qu’il a une préférence pour les chiens et les poneys en liberté. Quand il faut faire claquer le fouet dans les airs pour qu’ils courent. Un vrai cowboy. Stéphanie se réjouit de sa loquacité. « Certains autistes ne parlent pas du tout, rappelle-t-elle. Travailler avec eux a de suite été une évidence. Je sais décrypter le langage corporel et entrer en communication non verbale, une communication accessible, a priori, au plus grand nombre : humains et animaux », explique Stéphanie, hyper attentive à tous. Les jeunes du Saja de l’IMPro du Ried sont parmi les plus bavards qu’accueille Stéphanie. Il n’empêche que détecter les signes de nervosité ou de surstimulation permet de circonscrire disputes et stress. La bande d’ados quitte les lieux dans la bonne humeur.

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