Vie professionnelle

Publié le 10/07/2016

Premier institut régional de la qualité alimentaire, Alsace Qualité vient de fêter ses 25 ans d’existence. 25 ans durant lesquels elle a accompagné plus des deux tiers des entreprises et filières agroalimentaires alsaciennes.

Une incroyable success-story : c’est ainsi qu’Alsace Qualité définit ses 25 ans d’activité en faveur de la qualité, dans une brochure éditée pour commémorer ce quart de siècle d’existence. L’association, qui tenait son assemblée générale le 23 juin à la Maison de l’agriculture à Schiltigheim, compte aujourd’hui 160 adhérents, soit plus des deux tiers des entreprises et filières agroalimentaires alsaciennes, souligne Jean-François Vierling, son président. En accompagnant au quotidien les entreprises de ce secteur d’activité, Alsace Qualité se positionne comme un véritable « facilitateur de projets » au service de la valorisation des filières agricoles. Son expertise en matière de démarche qualité est reconnue, se réjouit Jean-François Vierling en louant le professionnalisme de son équipe, « des gens de terrain au contact de tous les acteurs de l’agroalimentaire, les agriculteurs, les transformateurs, les restaurateurs, les distributeurs et les consommateurs ». Désormais, c’est dans le contexte de la grande région qu’Alsace Qualité doit poursuivre son travail. L’année 2015 a été marquée par une « baisse drastique des subventions » versées à Alsace Qualité, souligne Bénédicte Baur, sa directrice. La Chambre d’agriculture d’Alsace a réduit sa contribution de 15 000 € et les Conseils départementaux ont fortement réduit, voire supprimé, la leur, contrairement au Conseil régional d’Alsace qui a continué à soutenir l’association. L’exercice s’achève donc sur un résultat négatif pour Alsace Qualité, qui s’autofinance à hauteur de 57 %. La rigueur budgétaire continuera à être d’actualité en 2016, indique Bénédicte Baur. Plusieurs dossiers ont mobilisé l’équipe d’Alsace Qualité en 2015, comme en atteste le bilan d’activité présenté par Céline Cabanel, Catherine Hammer et Dimitri Droit. Outre l’animation des filières et groupements, Alsace Qualité a été confrontée à l’arrêt de l’IGP « knack d’Alsace » en raison de la problématique des produits comparables. L’instruction de l’IGP « choucroute d’Alsace » s’est poursuivie, note Céline Cabanel, de même que le montage du dossier de modification de l’IGP « miel d’Alsace » dont le cahier des charges remonte à 2004. Ces deux dossiers continueront à occuper l’équipe en 2016. Elle se chargera également d’accompagner Alsace Volaille pour la reconnaissance d’un nouveau label rouge pour le poulet à chair jaune. Un partenariat avec les blogueuses Pour valoriser les filières et les produits, Alsace Qualité s’appuie sur son site internet, dont la fréquentation est stable, et sur différentes manifestations, comme les foires et salons pour lesquels elle a développé de nouveaux outils de communication (quiz interactif, livret pédagogique, livret recettes, goodies). En 2015, l’équipe a assuré 24 jours de présence lors des salons, dont le Salon international de l’agriculture à Paris (SIA), rapporte Catherine Hammer. Cette année, Alsace Qualité participera à la foire de Châlons-en-Champagne fin août. Elle s’est associée au concours de recettes des lycées hôteliers, à la semaine Terroir et qualité, à laquelle participaient une cinquantaine de restaurants, ainsi qu’à des actions de promotion en GMS. Elle a également renforcé la présence d’Alsace Qualité sur les réseaux sociaux en alimentant un compte Facebook et en développant un partenariat avec des blogueuses culinaires alsaciennes. Ce partenariat a notamment débouché sur la réalisation d’un livret recettes lancé au SIA. S’agissant de l’accompagnement des filières et entreprises agricoles et agroalimentaires alsaciennes, Alsace Qualité a animé plusieurs conférences et diffusé des informations via sa newsletter qui compte plus de 300 abonnés. Ses actions collectives et intra-entreprises ont rassemblé plus de 350 participants, sur des sujets aussi variés que les systèmes qualité, l’hygiène et la sécurité des aliments ou l’étiquetage et l’information des consommateurs. Plusieurs nouveaux thèmes seront développés en 2016, indique Dimitri Droit, tels que la maîtrise des allergènes et la maîtrise de ses fournisseurs.

Publié le 07/07/2016

Samedi 11 juin, Mgr Kratz, évêque auxiliaire de Strabourg, a achevé sa tournée pastorale de la zone de Strasbourg Campagne par une rencontre avec le monde agricole.

Tous les cinq ans, l’évêque ou l’un des évêques auxiliaires de Strasbourg entreprend une tournée dans l’une des zones pastorales du diocèse, qui en compte 14. En 2016, c’est Strasbourg Campagne qui accueillait la visite. Les communautés de paroisses de la zone pastorale étaient invitées à une quinzaine de rencontres transversales entre les mois de février et de juin. La dernière de ces rencontres, organisée samedi 11 juin, était consacrée au monde agricole. Une cinquantaine de ruraux ont ainsi rencontré Mgr Christian Kratz, évêque auxiliaire de Strasbourg, à l’espace Terminus à Truchtersheim. Une salle décorée des « fruits de la terre et du travail des hommes », pour reprendre les mots de Jean-François Diss, l’animateur de la rencontre. Justin Vogel, maire de Truchtersheim, a d’abord présenté le Kochersberg, « grenier à blé de Strasbourg », parmi les terres les plus fertiles d’Europe. Un territoire en pleine mutation depuis une quinzaine d’années avec l’installation d’« une population plutôt privilégiée ». Le Kochersberg devient une zone résidentielle aux portes de la capitale européenne que certains n’hésitent pas à qualifier de « petit paradis ». En dépit de cette mutation, l’agriculture fait partie de l’ADN du territoire, considère Justin Vogel. Le vicaire Cyrille Lutz a rappelé les liens qui unissent le monde agricole à l’Église catholique. En février dernier, 15 évêques français se sont rendus au Salon international de l’agriculture à Paris, en signe de solidarité avec les agriculteurs en crise. Quelques semaines plus tard, dans une prière qui leur était dédiée, le Pape François reconnaissait leur travail d’agriculteurs comme « indispensable à l’humanité » et réclamait une vie digne et une juste rémunération de leurs efforts. De cette juste rémunération, il a aussi été question lors de la rencontre, en même temps que des joies et des peines du métier. Autour de Mgr Kratz, plusieurs témoins avaient pris place : Pierre Barbier, producteur de lait et de fruits et légumes à Kriegsheim, Dominique Daul, polyculteur-éleveur à Pfettisheim, Hélène Burg et Thomas Gillig, éleveurs laitiers à Minversheim et Donnenheim, François Scharsch, père de Julien Scharsch, maraîcher et producteur de céréales bio à Saessolsheim. Pierre Barbier et Dominique Daul ont dit leur fierté d’exercer « un métier noble » qui consiste à nourrir leurs concitoyens. « On peut se passer d’internet, de télévision, mais pas de manger », insiste Dominique Daul. C’est aussi un métier de passionnés, témoigne François Scharsch, dont le fils a repris l’exploitation de ses propres beaux-parents. Pour certains, être agriculteur permet de concilier vie professionnelle et vie de famille : c’est le cas d’Hélène Burg, devenue agricultrice en épousant son mari. « En travaillant en couple, on peut mieux se comprendre et mieux accepter les contraintes du métier », fait valoir la jeune femme, qui s’investit parallèlement dans le milieu associatif.  Investi d’un devoir social C’est à un autre type d’engagement que se consacre Thomas Gillig : en devenant président des Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin, il défend la cause agricole dans de nombreuses instances. Julien Scharsch, pour sa part, est président de l’Organisation professionnelle de l’agriculture biologique en Alsace. Il a choisi ce mode de production lorsqu’il s’est installé. Il se sent investi d’un devoir social, ajoute son père : fournir une alimentation de qualité à tous - « il n’est pas normal que la qualité soit réservée à quelques-uns » - et laisser aux générations suivantes une terre propre. Préserver la beauté des paysages est une préoccupation commune à tous les participants : François Scharsch évoque la replantation des haies sur l’exploitation de son fils, Dominique Daul voit dans la polyculture-élevage et dans la diversité des assolements le meilleur gage de préservation des paysages ruraux. « Un quart de nos surfaces est en luzerne. S’il n’y avait pas d’élevage, il n’y aurait pas de luzerne », dit-il. Quant aux remembrements, « qui n’ont pas toujours été des merveilles », selon François Scharsch, ils peuvent être réussis, s’ils sont menés en concertation, estime Dominique Daul en citant l’exemple de Berstett.  Heureux les agriculteurs ? Oui, à en croire Pierre Barbier, qui dit son « plaisir d’aller travailler chaque matin », persuadé qu’« il y a encore des perspectives d’avenir dans l’agriculture ». François Scharsch est plus nuancé : « Les agriculteurs ont beaucoup de mérite car ils font 35 heures en trois jours et ils n’ont pas droit à l’erreur vu le montant des investissements ». Il soulève un autre problème : les jeunes qui s’installent ont du mal à fonder un foyer car la charge de travail est telle que beaucoup de couples n’y résistent pas. « Être agriculteur, c’est un choix de vie », résume Dominique Daul, qui espère « continuer à être heureux » dans son métier, malgré le contexte économique que traverse l’agriculture aujourd’hui.  À un militant de Chrétiens dans le monde rural (CMR) qui s’inquiète des relations parfois tendues entre producteurs et consommateurs, Pierre Barbier concède que les agriculteurs gagneraient à expliquer davantage leurs pratiques. Expliquer, par exemple, que les normes interdisent le mélange de certains produits phytosanitaires, d’où le nombre de traitements sur les cultures arboricoles. « Je suis heureux de rencontrer des gens passionnés, réagit Mgr Kratz. Rien de grand ne se fait sans passion ». Il appelle les agriculteurs à prendre la parole pour parler de leur métier, « dire ce que vous faites, dire ce que vous êtes », pour ne pas être la cible de critiques continuelles sur les intempéries, les maltraitances en abattoir ou les pollutions. « Je vous appelle à être militant d’une société qui donne à chacun sa place et qui rémunère le travail à un juste prix », poursuit Mgr Kratz, en dénonçant la course au profit qui mine les sociétés modernes. Il conclut la rencontre par la Prière pour notre terre prononcée par le Pape François le 24 mai 2015.

Chambre d'agriculture Grand Est

Les dynamiques socio-économiques territoriales

Publié le 05/07/2016

Lors de la récente session de la Chambre d'agriculture Grand Est, Olivier Portier est intervenu pour évoquer les dynamiques socio-économiques territoriales. Et comment le monde agricole peut s’inscrire dans cette dynamique et cette évolution… 

Conseiller en analyse territoriale, Olivier Portier a présenté lors la dernière session de la Chambre d'agriculture Grand Est sur les dynamiques territoriales. Et notamment le positionnement de la filière agricole. Il constate tout d’abord un contexte territorial en profonde mutation avec une augmentation des inégalités de PIB entre les régions depuis les années 1960. Alors qu’au niveau du revenu moyen, ces inégalités ont diminué. « Cela contredit l’affirmation ou la pensée expliquant que le développement est porté par la croissance économique. Car, seule, la croissance économique ne suffit pas pour générer du développement social ». Dans le même temps, Olivier Portier fait le constat que l’emploi n’est pas forcément vecteur de dynamique économique, et encore moins sociale. « Nous sommes entrés dans une nouvelle ère marquée par la domination des flux. Ère dans laquelle les territoires ne sont plus des îlots « étanches ». Leur développement dépend davantage de leur capacité à capter des flux de revenus en provenance de l’extérieur que de leur seule capacité à créer de la richesse (PIB). Sous l’effet de la socialisation de nos économies et de la mobilité croissante des individus, de puissants mécanismes redistributifs entre territoires se sont mis en place. Ils se traduisent localement par la captation de fonds publics (remboursements de soins, retraites, allocations chômage, aides au logement, salaires des fonctionnaires d’État ou hospitalier) qui concourent à l’accroissement de la richesse globale du territoire. Les flux privés y contribuent également, avec des dépenses de consommation en augmentation du fait de la montée en puissance de la mobilité (travail, loisirs, vacances, week-ends). Un exemple : vivre à Dijon et travailler à Paris. Il y a une logique d’interdépendance des territoires. La combinaison de ces nouvelles logiques a favorisé l’émergence d’une économie dite résidentielle, fondée sur l’attractivité des territoires, en complémentarité de l’économie productive traditionnelle, orientée vers la création de valeur et l’exportation. Là où l’on produit peu, il est devenu tout à fait possible de bien se développer. C’est le cas, par exemple, de certains territoires touristiques », précise Olivier Portier. « Faire prendre conscience de ce qu’est l’agriculture » Trois phénomènes modifieent profondément le fonctionnement des territoires : la socialisation progressive de notre économie ; la mobilité croissante des individus ; l’émergence d’une société du temps libre. Cela a pour conséquence que les gens portent un nouveau regard sur les territoires. Dans ce grand mouvement, quelle est la place de l’agriculture ? Il y a de très fortes disparités dans les territoires. Pour Olivier Portier, le monde agricole doit adopter un positionnement extensif. À savoir : raisonner en termes de chaîne de valeur. Il doit repenser son positionnement dans un environnement économique plus large. « Cela lui permettra de peser dans les débats relatifs à la mise en œuvre du Schéma régional de développement économique et d’innovation (SRDEI) et d’assumer un rôle moteur en appuis des intercommunalités nouvelles ». Lors du débat qui a suivi, Jean-Paul Bastian, vice-président de la Chambre d'agriculture d’Alsace (CAA), a estimé « qu’une partie du mal-être agricole vient de tout ça. La réforme territoriale en cours aura des conséquences sur le monde rural. Ce dernier est de plus en plus en perte de vitesse car les choses se concentrent dans les métropoles. » Des propos complétés par le président de la FDSEA du Haut-Rhin, Denis Nass. « C’est ce qu’on peut appeler l’apéritif. Cela provoque un transfert des gens de la ville qui viennent vivre à la campagne et qui ont des exigences de ville. » Pour son homologue du Bas-Rhin, Franck Sander, « il y a un problème de vision de l’agriculture par la société. La question est de savoir comment faire le lien entre la vocation de l’agriculture et les aspirations sociétales. » Exploitante en Meurthe-et-Moselle, la vice-présidente de la Chambre d'agriculture Grand Est, Rachel Thomas, estime qu'il est essentiel « d’apporter dans ces lieux en mutation des projets stratégiques et être en accord avec des orientations imposées. Il faut donc faire prendre conscience de ce qu’est l’agriculture d’aujourd’hui et comment elle évolue. »

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