Vie professionnelle

Canton de Geispolsheim

En compagnie des vaches…

Publié le 08/08/2016

Les JA du canton de Geispolsheim invitent le public dimanche 31 juillet à leur journée portes ouvertes à la ferme du Mittelegert à Lipsheim, avec des animations autour de la filière lait et le traditionnel concours de labour.

Dans le canton de Geispolsheim, ils étaient 44 producteurs de lait dans les années 1950. Gérard Muller est l’un des cinq derniers à avoir perpétué cette production. En volume, il fait trois plus que les 44 producteurs réunis, précise-t-il. « Si on continue à élever des vaches, c’est qu’on aime ça », ajoute son épouse Jeanine, salariée de la ferme. En 2006, ils ont créé la SCEA du Mittelegert, dédiée au lait, en s’associant avec Pascal Kern d’Ichtrazheim et travaillent sous contrat avec Alsace Lait. Sur 120 hectares, Gérard Muller cultive du maïs, du blé et des betteraves, ainsi que de l’herbe pour le fourrage des animaux, - il assure les deux tiers de la production, le reste étant produit par son associé. La famille a investi dans deux nouveaux robots de traite, un tank à lait et un système d’alimentation sur tapis. Le premier robot date de 2013, « c’est vraiment bien et sans regrets » souligne Jeanine. Ils ont fait ces investissements en perspective de la sortie des quotas, « pour augmenter leur production », mais pour l’instant, cela reste en suspens. « C’est aussi pour notre fils Arthur » : déjà bien impliqué sur l’exploitation, il passera son bac l’année prochaine. La production annuelle est de 800 000 litres soit une moyenne d’un peu plus de 2 000 litres par jour. Le troupeau, essentiellement composé de prim’holstein, s’élève actuellement à 186 bêtes. Gymkhana, concours de labour C’est le père de Gérard Muller qui a réalisé la sortie d’exploitation sur le site actuel en 1968, Gérard Muller s’étant installé en 1985. Au fil des ans, ils ont agrandi les bâtiments, en ont ajouté de nouveaux, dont deux sont pourvus de panneaux photovoltaïques, sur une surface de 1 500 m2. Ces évolutions, bien visibles sur les quelque 4 000 m2 de surface, le public pourra les découvrir lors de la journée portes ouvertes des JA du canton, le 31 juillet. Édouard Fischer, le nouveau président de ce canton qui compte une quinzaine de membres actifs, est éleveur de poules pondeuses en plein air à Lingolsheim, 7 000 au total. Il travaille sous contrat avec le magasin collectif Hop’la. Il propose également des prestations de semis et de récolte. « La moissonneuse sur chenilles a été très sollicitée cette année, avec les inondations », note le président. Outre la découverte de cet élevage laitier, le public pourra profiter du marché de producteurs et découvrir les méthodes de compostage grâce à des panneaux explicatifs. Gérard Muller a en effet développé une valorisation des déchets verts, en partenariat avec la commune. Le public pourra également admirer les derniers modèles de machines agricoles, essayer de deviner le poids d’un veau pour remporter la tombola ou faire du gymkhana. Quant au concours de labour, organisé cette année en partenariat avec les JA du canton d’Erstein, il devrait attirer une demi-douzaine de participants. Pour la restauration, les Jeunes Agriculteurs proposent de l’échine de porc, accompagnée de salade de pomme de terre et des grillades. La journée sera clôturée par les traditionnelles tartes flambées. Édouard Fischer et la famille Muller espèrent attirer des visiteurs de la commune et des villages alentour, pour « leur montrer ce qui se fait dans la ferme » et partager leur attachement à leur métier d’éleveur… laitier !

Gérard Lorber, secrétaire général de la FDSEA du Bas-Rhin

À situation exceptionnelle, remèdes exceptionnels

Publié le 03/08/2016

Les moissons sont généralement une période attendue par les agriculteurs. Après toute une année passée à suivre et entretenir les cultures, c’est le moment de récolter le fruit de son travail, d’engranger les recettes de l’année. Malheureusement, cette année les moissons sont synonymes de grandes désillusions. Les spécialistes des marchés n’hésitent pas à parler de pires moissons depuis l’après-guerre. Rendements et poids spécifiques en chute libre ont transformé les moissons 2016 en cauchemar pour les agriculteurs du grand nord est de la France et de notre département en particulier. La faute à l’excès d’eau, au manque de lumière, bref à une météo calamiteuse particulièrement sur les mois de mai et juin. Dans un contexte économique déjà difficile marqué par des prix faibles, des retards de paiement de l’administration, nous n’avions vraiment pas besoin de ça. C’est pourquoi nous disons clairement à notre ministre, aux représentants de l’État et à notre administration : à situation exceptionnelle, remèdes exceptionnels ! Les premières réponses apportées par Stéphane Le Foll au cri d’alarme lancé par la FNSEA et ses associations spécialisées AGPB, AGPM, vont dans le bon sens, mais demeurent largement insuffisantes face au désarroi des agriculteurs. L’agriculture en situation d’état d’urgence Après trois années déjà difficiles, la situation économique sur nos exploitations est telle que nous attendons de l’État un plan d’actions digne de ce nom et ce à tous les niveaux. Réglementaire d’abord en mettant entre parenthèses l’obligation d’implanter des Cultures intermédiaires pièges à nitrates (Cipan) et en reconnaissant rapidement la situation de cas de force majeure par rapport à l’ensemble des obligations de la Pac. Fiscal ensuite en accordant un dégrèvement généralisé de la taxe foncière sur le non bâti et en renonçant à appeler les redevances pollution et irrigation. Financier enfin, en faisant tout pour ne pas aggraver la trésorerie des exploitations et en mettant en place un plan d’accompagnement des exploitations à commencer par une vraie année blanche. Les exploitations ne seront pas en mesure de faire face aux échéances bancaires, fiscales et sociales. Il faut les en dispenser cette année. Nous comptons aussi sur la mobilisation de nos partenaires économiques et financiers, les entreprises de collectes et de transformation, les banques ainsi que les assurances. Nous les savons tous mobilisés et je tiens à les en remercier, mais aussi à dire que nous comptons sur eux car les exploitations aujourd’hui sont étranglées. Ne laisser aucun agriculteur sur le bord de la route D’autant que la moisson catastrophique n’est pas la seule mauvaise nouvelle. Les prix aussi sont au plus bas. Aucune production n’y échappe. En lait, les cours continuent de décrocher, inférieurs au coût de revient. Sans parler de la viande dont le prix ne parvient pas à se redresser et dont la dette de la coopérative Copvial vient encore alourdir le désarroi des éleveurs concernés. Sur tous ces sujets, la FDSEA est mobilisée. Notre objectif est de ne laisser aucun agriculteur sur le bord de la route malgré l’accumulation de mauvaises nouvelles. Il s’agit là d’un vrai défi. Défi qu’il sera possible de relever à la seule condition que tous ensemble, agriculteurs, organisations économiques, banques, assurances, Mutualité sociale agricole, collectivités territoriales, mais aussi tous les services de l’État, fassions un effort particulier. L’heure n’est plus aux paroles, mais aux actes. L’heure n’est plus aux mesurettes, mais à la prise de vraies mesures qui redonnent de l’oxygène à nos exploitations. L’heure n’est plus aux tracasseries réglementaires et administratives. Il est venu le moment de faire des priorités, faire les bons choix qui permettront aux agriculteurs de sortir la tête de l’eau. Je fais le vœu que cet appel de bon sens soit entendu par tous. La FDSEA y veillera et appelle chacun à prendre ses responsabilités.

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