Crise agricole
Les OPA se mobilisent pour faire face à la crise
Crise agricole
Publié le 09/09/2016
Face à la crise agricole sans précédent, les représentants des OPA se sont réunis pour s’organiser et définir des modalités d’accompagnement des exploitations pour passer le cap.
Devant les difficultés rencontrées par les exploitants, des responsables des OPA se sont réunis le lundi 5 septembre. « Des crises, l’agriculture en a connu beaucoup, mais cette dernière inquiète par son ampleur, sa durée et aussi par le fait qu’elle touche l’ensemble des productions », a souligné Laurent Wendlinger, président de la Chambre d’agriculture d’Alsace. Une situation sans précédent Le bilan est accablant, la baisse des prix se mêle aux difficultés climatiques. « En deux mois, nous sommes passés des trombes d’eau à la canicule. Les produits céréales, lait et viande ne permettent pas de couvrir les charges. Il y a urgence », a insisté Denis Nass, président de la FDSEA du Haut-Rhin. « Face à la crise sans précédent que nous traversons, les réponses à apporter viennent avant tout des niveaux européens et nationaux, mais il nous appartient localement d’organiser une réponse structurée pour soutenir du mieux que nous pouvons les exploitations », a ajouté Franck Sander, son homologue bas-rhinois. Thomas Thuet, président de la CAC, s’est dit inquiet : « La commercialisation des blés est délicate, ce qui aura forcément des conséquences pour les agriculteurs. Dans les exploitations, on arrive dans une situation où même les meilleures éprouvent des difficultés financières, c’est dire l’ampleur du problème. » La situation pour les jeunes agriculteurs est particulièrement tendue, a souligné Pierre Meyer, secrétaire général des JA du Haut-Rhin. Contrairement aux autres exploitations, les nouveaux installés ne disposent pas de réserves pour passer cette période difficile et ils ont souvent consenti des efforts financiers importants pour s’installer. Thomas Gillig, président des JA du Bas-Rhin, constate que malgré la crise, les jeunes restent motivés pour l’installation : « C’est une bonne chose mais la réalité rattrape parfois les jeunes avec des prévisions de salaire en dessous du Smic ». La viticulture n’échappe pas à la crise, a rappelé Jérôme Bauer, président de l’Association des viticulteurs d’Alsace : « Nous sortons de plusieurs années avec des volumes de production faibles ». Une embellie était prévue cette année, mais la chaleur de ces derniers jours pourrait avoir des conséquences sur les rendements. La gestion du mildiou a également causé des pertes dans certaines parcelles et occasionné d’importants surcoûts pour les viticulteurs. David Herrscher, président de la MSA d’Alsace, a rappelé les actions engagées. Les sept points de baisse des charges obtenus suite aux actions de la FNSEA et des JA en septembre 2015 ont d’ores et déjà été retirés des appels de mai. « Nous avons procédé à des échelonnements et reports dans la limite des crédits qui nous ont été affectés. Ces actions ne sont pas une fin en soi et nous aimerions faire plus », a-t-il concédé. À court terme, la MSA réclame des enveloppes nationales pour aider les exploitants et sur le long terme des réponses plus structurelles doivent être apportées. Le déplafonnement des points retraite serait une des mesures à promouvoir, selon lui. Jean-Paul Bastian, vice-président de la Chambre d'agriculture d’Alsace, a rappelé qu’il faut distinguer les problèmes conjoncturels et structurels. « J’entends dire en ce moment qu’il faut tout changer, revoir le modèle, réformer la Pac en 2020. Attention à ceux qui promettent le grand soir. Basculer l’argent des aides directes vers des mesures de marché peut paraître une bonne idée mais, dans beaucoup d’exploitations, les aides directes constituent le peu de salaire qui reste. » La succession d’épisodes climatiques exceptionnels renforce le besoin d’un système assurantiel, a noté Rémy Losser, président de la Fédération Alsace de Groupama Grand Est. En Alsace, plus de 60 000 hectares ont été déclarés au niveau de l’assurance climat auprès de Groupama. « Nous avons tenté d’être le plus efficaces possible pour accélérer les paiements. Toutefois, sous sa forme actuelle la pérennité du modèle assurantiel est clairement menacée, car ce dernier affiche des déficits trop importants. » L’État devra s’engager financièrement sous peine d’une augmentation importante des cotisations qui diminueront les souscriptions. Passer le cap Les représentants des différents centres de comptabilité et de gestion ont insisté sur le besoin de travailler de concert avec les organismes bancaires et les organisations économiques. Il s’agit de définir la meilleure stratégie pour pérenniser l’exploitation. Le président du Crédit Agricole Alsace Vosges, Henri Buecher, a indiqué que les banques sont pleinement mobilisées pour accompagner les agriculteurs dans ces périodes difficiles. Si les différents établissements bancaires ont déjà identifié les situations fragiles, voire critiques, leurs représentants ont rappelé que l’appui ne doit pas simplement être financier, il doit être dans certains cas technique et social, d’où l’importance d’un constat partagé. Jean-Paul Bastian a insisté sur la nécessité impérieuse d’obtenir de la part des pouvoirs publics des mesures d’accompagnement à la hauteur des difficultés actuelles, notamment une année blanche pour assurer une trésorerie suffisante aux agriculteurs. Il a également indiqué que le Conseil régional s’était engagé à compléter ce dispositif avec des mesures spécifiques et complémentaires. Laurent Wendlinger a proposé de s’organiser pour mettre en place des cellules d’accompagnement au niveau de chaque département afin d’identifier et traiter les cas les plus difficiles. Il a insisté sur la nécessité de travailler de concert entre toutes les organisations pour permettre aux agriculteurs de passer le cap.












