Vie professionnelle

Planète Légumes

« Les Jeunes pousses »

Publié le 21/09/2016

Afin de créer une dynamique auprès des jeunes maraîchers et producteurs de légumes, un groupe qui leur est entièrement dédié vient d’être créé à l’initiative d’une poignée d’entre eux, membres de Planète Légumes.

« Nous en parlions depuis deux ans environ au sein de Planète Légumes. Mais le projet ne s’était pas concrétisé », rappelle Emmanuel Dollinger, vice-président de la structure, jeune maraîcher à Hœrdt. Avec Geoffrey Andna, maraîcher à l’Îlot de la Meinau, il relance en début d’année cette idée de créer un groupe de jeunes producteurs spécialisés en maraîchage, avec la ferme volonté d’aboutir. « Ce groupe s’est imposé comme une nécessité. » Une douzaine de jeunes ont participé à la première journée de rencontre, organisée en juin dernier sur l’exploitation de Geoffrey Andna, en présence de Pierre Lammert et Fabien Digel, respectivement président et directeur de Planète Légumes, de Julien Koegler, secrétaire général des Jeunes Agriculteurs, et de l’ensemble des conseillers de Planète Légumes. Une journée constructive et positive : après la visite des serres, des cultures de plein champ et du parc matériels, les échanges se sont poursuivis autour d’un repas convivial qui a permis de constituer le groupe et d’acter son nom « Les Jeunes pousses de Planète Légumes ». « La vocation des Jeunes pousses est de partager tout ce qui peut nous permettre de progresser et d’améliorer nos techniques de production, d’accompagner les jeunes qui veulent se lancer dans la production et de les aider à avancer plus vite, indique Emmanuel Dollinger. Toutes les idées sont bonnes à prendre. » Pour lui, l’information technique est indispensable lorsque l’on démarre dans le métier. « La difficulté est qu’il faut la trouver et bien souvent aller la chercher. Avec ce groupe, l’idée est de l’offrir aux jeunes, en proposant régulièrement des réunions sur le terrain, en salle, en invitant des spécialistes, allant voir ce que font nos collègues dans d’autres régions de France ou à l’étranger. » Les thématiques des rencontres seront établies en fonction des besoins exprimés par le groupe. Ce groupe est ouvert à tous les jeunes dès la sortie du lycée, spécialisés en maraîchage, producteur sous serres, de plein champ, en conventionnel ou en bio. « Nous sommes un petit noyau très soudé de quatre à cinq jeunes producteurs, autour duquel se sont greffés d’autres jeunes, motivés. » Et Emmanuel Dollinger est convaincu qu’à force d’action, le cercle va s’étendre, le réseau se former. « Entre jeunes, on est tous au même niveau, on se sent plus libres pour s’exprimer, parler sans tabou. » Les Jeunes pousses de Planète Légumes se réuniront le 12 octobre chez Thibaut Diemer à Kolbsheim. Au programme, visite de l’exploitation, échanges et construction claire des objectifs et orientations du groupe. Deux intervenants extérieurs présenteront entre autres des sondes pour mesurer l’humidité. Tous les jeunes producteurs intéressés sont cordialement invités.

Publié le 20/09/2016

Cette année, la fête de la montagne fête ses 10 ans ! Pour cette édition anniversaire, les organisateurs ont concocté un programme riche et varié, de manière à correspondre aussi bien aux attentes des citadins, des enfants, que des agriculteurs, et en particulier de montagne.

Depuis sa première édition en 1985, la fête de la montagne a bourlingué dans différentes communes de la vallée de la Bruche et du val de Villé. Cette année, elle pose pour la seconde fois ses valises à Plaine. Et, comme à chaque fois, elle a emmené avec elle ce qui constitue le cœur de cette fête pour les éleveurs de montagne : le concours interdépartemental de la race vosgienne. 143 animaux venus de 31 élevages d’Alsace, des Vosges, de la Haute-Saône et du Doubs sont attendus samedi 1er octobre à partir de 10 h pour les derniers préparatifs, et à partir de 13 h pour les premiers défilés. Les animaux seront jugés par section (allaitantes, taries, génisses, jeunes et adultes) par le juge Étienne Adam, éleveur de holstein en Haute-Saône. À l’issue des défilés des différentes sections, cinq bêtes sélectionnées par une commission parmi les animaux proposés par les éleveurs seront mises en vente aux enchères à main levée. Puis Étienne Adam désignera la grande championne. Un salon professionnel Le même jour, en parallèle du concours se tiendra un salon professionnel. Les organisations professionnelles agricoles (banques, assureurs, syndicats) y tiendront des stands où les agriculteurs pourront trouver des réponses à leurs questions. Et les concessionnaires agricoles ramèneront du matériel qui permettra d’organiser des démonstrations de fauchage en pente, de réhabilitation de terrains suite aux dégâts de sangliers, de fenaison en toute sécurité… Les éleveurs à l’honneur Dimanche, la fête prendra une tournure plus dilettante, avec des animations, des expositions - notamment sur l’agriculture à l’ancienne -, un marché paysan, une mini-ferme, un défilé des enfants avec leurs veaux, la projection d’un film sur les circuits courts… Mais il y aura aussi des temps davantage destinés aux professionnels de l’agriculture, comme l’inauguration à 11 h, au cours de laquelle les personnalités locales auront sans doute quelques messages à faire passer, ou encore le concours et le championnat des jeunes présentateurs, au cours duquel 12 participants âgés de 10 à 21 ans s’attacheront à présenter le mieux possible l’animal de leur choix. Puis les vosgiennes seront de retour dans le ring, avec des défilés par lots d’élevage (lot de trois animaux d’un même élevage, les plus homogènes possible), de famille (lot d’animaux issus d’un même parent femelle) et de descendance (lot d’animaux femelles issus du taureau Gusty) qui précéderont la remise des médailles du concours, avec quelques prix spéciaux (meilleure fromagère, meilleure carrière). Un défilé des éleveurs viendra clôturer ces deux jours de fête autour de la vosgienne : « Chaque éleveur participant viendra dans le ring avec l’animal de son choix et ils recevront tous une cloche », indique Mélanie Gutzwiller, de l’Organisme de sélection de la race bovine vosgienne, qui a participé à l’organisation du concours. Débardage, pressage… Et puis certaines animations de la fête de la montagne sauront séduire aussi bien les professionnels que les amateurs. Ainsi, l’espace forêt sera le théâtre de démonstration d’une scierie mobile, des bons gestes pour affûter une tronçonneuse en sécurité, de débardage à cheval, de sculpture sur bois, de matériels forestiers. Sur l’espace apiculture et nature, les visiteurs pourront assister à la mise en pot du miel, à la création de cire pour les abeilles, au pressage de jus qui pourront ensuite être dégustés. Une exposition sera consacrée à l’arboriculture des deux vallées et une autre au concours des prairies fleuries. Les gagnants de l’édition de la vallée de la Bruche et du val de Villé de ce concours seront d’ailleurs dévoilés lors de la cérémonie de remise des médailles qui aura lieu le dimanche. Une opération de communication Le comité d’organisation de la fête de la montagne regroupe des membres de l’Association des producteurs fermiers de montagne (APFM), le syndicat de la race vosgienne du Bas-Rhin, la Chambre d'agriculture via l’Adar de la montagne, les Jeunes Agriculteurs et la FDSEA. Depuis un an, une dizaine de réunions de travail ont permis de peaufiner le programme d’une fête dont « l’objectif est de faire connaître notre métier d’agriculteur de montagne au grand public », explique Julie Humbert, agricultrice à Urbeis, membre de l’APFM et de ce comité d’organisation. Ce sera donc l’occasion de valoriser un travail effectué dans le cadre d’un stage à l’Adar de la montagne, et qui a abouti à la rédaction d’un « Guide de l’agriculture de montagne pour les curieux », au sous-titre évocateur : « Comment bien vivre ensemble en montagne vosgienne ». Dans la première partie de ce guide illustré, les agriculteurs de montagne expliquent leurs attentes vis-à-vis du public : ne pas jeter de déchets dans une prairie, ne pas les piétiner, respecter la tranquillité des animaux. Dans une seconde partie, ils expliquent pourquoi ils se livrent à certaines pratiques qui peuvent irriter leurs concitoyens : le bruit des tracteurs, les convois qui ralentissent la circulation, les épandages odorants, la boue sur les routes… Dans une dernière partie, les bénéfices que l’agriculture de montagne apporte au monde rural sont exposés : entretien des paysages, agritourisme, labels de qualités, emplois et services à la population. « Trois panneaux seront extraits de ce livret et seront disposés sur le site de la fête, et le livret sera distribué aux visiteurs et aux élus lors de la fête. » L’entrée à la fête de la montagne est gratuite. Le parking étant assez éloigné du site, des navettes gratuites seront mises en place toutes les 15 minutes.

Publié le 16/09/2016

La générosité doit se poursuivre malgré les temps difficiles. Tel est le message donné lors du lancement officiel de la Journée nationale du don agricole, mardi dernier à Strasbourg.

Le 14e relais solidaire est né mardi 13 septembre à l’Îlot de la Meinau à Strasbourg. En présence de Geoffrey Andna, « maraîcher-donateur », ce fut l’occasion pour Angélique Delahaye, présidente de Solaal (Solidarité des producteurs agricoles et des filières alimentaires), de donner le coup d’envoi de la 2e Journée nationale du don agricole. Une journée qui s’étale sur tout le mois de septembre, une quarantaine d’actions étant organisées partout en France : appels au don, opérations de glanage, communication médias. Laurent Wendlinger, président de la Chambre d'agriculture d’Alsace, Patrick Bastian, vice-président de la commission agricole de la Région Grand Est, Denis Digel, président des Maraîchers réunis de Sélestat, Dominique Steinmetz, chef de service au Département du Bas-Rhin, Françoise Buffet, adjointe au maire de Strasbourg, Freddy Sarg, président de la Banque alimentaire du Bas-Rhin, ainsi que les représentants des Restos du cœur et du Secours populaire, ont mis l’accent sur l’importance du don alimentaire pour améliorer le quotidien des populations les plus démunies. Agriculteurs solidaires En agriculture, la solidarité n’est pas un vain mot. Entraide, coopération, syndicalisme, elle constitue l’une des valeurs fondatrices du monde agricole. Et sa générosité se tourne aussi vers l’extérieur : on se souvient des dons de lait, sous le régime des quotas. En homme visionnaire, Jean-Michel Lemétayer, ancien président de la FNSEA, a créé une association chargée d’encourager ces dons agricoles et d’en gérer la logistique. Son objectif était, entre autres, de pérenniser le don de lait malgré la fin des quotas laitiers. Là dessus est venue se greffer la crise de l’E-coli en 2011 déclenchée par la déclaration intempestive d’un ministre allemand qui invitait les consommateurs européens à ne plus manger de légumes crus. Conséquence : des centaines de tonnes de légumes ont fini dans la broyeuse. Un crève-cœur pour les producteurs qui se sont alors organisés pour donner les produits excédentaires ou les invendus. « Cettre journée est aussi l’occasion d’expliquer que nous subissons des pertes pour des raisons qui nous échappent », souligne Angélique Delahaye : météo erratique, campagnes médiatiques, crises politiques (comme l’embargo russe), refus de palettes, calibre des produits, etc. L’an dernier, Solaal a ainsi distribué 8 500 tonnes de produits agricoles, dont 99 % de produits frais, fruits, légumes, viandes, produits laitiers, œufs, céréales, huiles et, nouveauté 2016, miels. Ce n’est pas anodin : ces dons ont permis de préparer 17 millions de repas ! Par ce biais, les donateurs peuvent donner une image positive de l’agriculture, participer à la lutte contre le gaspillage alimentaire et, cerise sur le gâteau, bénéficier d’une défiscalisation, dans la plupart des cas, précise Angélique Delahaye. Comme l’a souligné Laurent Wendlinger, l’agriculture alsacienne est en crise et la situation est très difficile pour de nombreux agriculteurs qui n’ont jamais connu une conjoncture aussi défavorable : récolte faible, prix bas, sécheresse, canicule. Pourtant, cette générosité est plus vitale que jamais, car la précarisation ne cesse d’augmenter. Ainsi, cet été dans le Bas-Rhin, les Restos du cœur ont enregistré 20 % de demandeurs supplémentaires - parmi lesquels des agriculteurs, a souligné Denis Digel -, et ce bien que les conditions pour accéder à l’aide alimentaire soient plus restrictives qu’en hiver. « Rejoignez-nous dans ce magnifique élan de solidarité », exhorte Laurent Wendlinger.

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