Vie professionnelle

Publié le 09/10/2016

Après vingt années de bons et loyaux services à la Chambre d'agriculture, Gilles Neusch donne un nouveau départ à sa carrière professionnelle en rejoignant le Comité interprofessionnel des vins d’Alsace.

Après un bref passage à la DDA de Guadeloupe et à la Chambre d'agriculture des Côtes-d’Armor, Gilles Neusch a gravi tous les échelons de la Chambre d’agriculture du Bas-Rhin où il est rentré en tant que conseiller technique à l’Adar du Kochersberg en 1997. Il a rejoint le siège à Schiltigheim en 2000 puis assumé la responsabilité du service filières végétales en 2007 avant de devenir directeur général adjoint en 2009, toujours armé d’un sourire aux lèvres. André Jacob a salué sa compétence, sa discrétion et son efficacité, « de la technique au consulaire, du gestionnaire au politique ». Jean-Paul Bastian a souligné sa capacité à saisir des opportunités et nouer des partenariats, ce qui lui valut d’être en première ligne sur des dossiers majeurs tels que la création de la nouvelle Adar à Obernai, les Terres à l’envers ou la régionalisation des Chambres. Il a pleinement fait siens les objectifs politiques de faire de la Chambre d’agriculture « un outil proche des agriculteurs et ouvert » avec un volontarisme qui inspire Laurent Wendlinger à son sujet, rappelant une citation de Saint Exupéry : « Voyez-vous dans la vie, il n’y a pas de solutions. Il y a des forces en marche : il faut les créer, et les solutions les suivent. » Ce n’est qu’un au revoir, car effectivement Gilles Neusch ne part pas très loin. En spécialiste des filières végétales, il va désormais servir la viticulture alsacienne à la direction du Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace, dans un tandem avec Jean-Louis Vézien jusqu’à son départ en retraite. Homme de consensus et ambassadeur de l’agriculture alsacienne, Gilles Neusch devrait continuer à construire des ponts quelques années encore : entre l’agriculture et la viticulture, entre le Bas-Rhin et le Haut-Rhin, entre familles professionnelles…

Union des pépiniéristes et des horticulteurs de la région Alsace (Uphoral)

Une filière qui cherche sa place

Publié le 08/10/2016

Face à la réforme territoriale et ses conséquences, la filière horticole alsacienne cherche sa place et s’interroge sur son avenir : comment poursuivre et mener à bien les préconisations de la filière ? Comment préserver une dynamique de groupe ? Une approche locale et de terroir ? Gagner en efficacité avec des moyens financiers limités ?

Ils étaient peu nombreux, les pépiniéristes et horticulteurs alsaciens à l’assemblée générale de leur groupement, l’Uphoral, jeudi 22 septembre à Sainte-Croix-en-Plaine. Le président, Paul-André Keller, l’a d’ailleurs regretté. Il est pourtant le premier à les comprendre. Le climat social et économique actuel n’incite guère à l’optimisme. Pour autant, à l’Uphoral, on se veut une force de propositions et un interlocuteur sérieux. La preuve. Avec la fédération nationale, l’Uphoral a déposé le 7 juin dernier une motion interpellant les pouvoirs publics et exigeant des engagements du ministre de l'Agriculture sur plusieurs points urgents : l’aide à l’investissement, le financement de l’expérimentation, les problèmes phytosanitaires et les problèmes de trésorerie des entreprises face à la baisse de la consommation consécutive à un printemps calamiteux. Une situation économique qui arrive après une année 2015 consacrée pour la filière horticole et pépinière alsacienne à un audit demandé par la Région et porté par la Chambre d'agriculture d’Alsace afin de faire le diagnostic du secteur et de trouver des solutions pour redynamiser la profession. Une synthèse qui a cependant été bouleversée avec l’incidence de la loi NOTRe et la nouvelle organisation territoriale. « Face à ce nouveau millefeuille, il s’agit de s’adapter, de trouver, voire d’inventer, de nouveaux modes de fonctionnement, se regrouper ou fusionner afin de continuer à exister. En ce qui concerne le développement et l’expérimentation, la filière horticole alsacienne, à travers Fleurs et Plantes d’Alsace (Flhoreal), devra trouver sa place dans ce schéma avec ou sans Arexhor (Association régionale d’expérimentation horticole) entre Besançon, Roville-aux-Chênes et Sainte-Croix-en-Plaine. Il s’agit de se poser les bonnes questions quant au devenir de notre structure. Face à ce contexte compliqué, il ne faut cependant pas baisser les bras et demeurer une force de propositions. Mais, nous sommes bien engagés et noyés dans ce « machin » sans identité de méga région via une réforme territoriale dessinée et validée entre fromage et dessert par nos énarques parisiens », s’est agacé Paul-André Keller. Pour autant, le président de l’Uphoral réfléchi, avec d’autres, à l’avenir. « La signature prochaine d’une convention de partenariat avec Alsace Destination Tourisme et la filière horticole est un bel exemple de travail de lobbying, mais également de force positive. Il ne s’agit pas de refuser de voir les difficultés, mais de les appréhender de manière positive et active », a ajouté Paul-André Keller qui invite les professionnels à se mobiliser dans l’action syndicale. Promouvoir l’apprentissage Cette action passe par le soutien et la promotion de l’apprentissage dans la filière horticole. Un état des lieux a été effectué lors de cette assemblée générale sur la période 2000 à 2016. Il apparaît que les apprentis alsaciens représentent un tiers des apprentis de la région Grand Est. « Malgré la présence de nombreux centres de formation, il apparaît tout de même qu’en seize années, il y a une baisse du nombre d’apprentis dans l’horticulture, mais également des entreprises qui prennent des apprentis. Il y a pourtant en Alsace une volonté de développer l’apprentissage », observe Paul-André Keller. En 2015-2016, les contrats d’apprentissage en horticulture représentaient 15 % du total contre 14,5 % en 2016-2017, soit 532 contrats. Les filières, diplômes et formations existants en Alsace ont ensuite été présentés, tout comme les incidences de la loi travail. Un bilan a également été réalisé, sur l’année 2015, pour le fonds de mutualisation sanitaire et environnementale (FMSE). « Il compte une section horticulture-pépinière depuis 2015 grâce à la mobilisation de la fédération nationale. Il permet ainsi une mutualisation de fonds professionnels et publics pour indemniser des pertes liées à des risques sanitaires et environnementaux. Et sans attendre, la section s’est mise au travail et a permis l’indemnisation de plusieurs producteurs impactés par des pertes en 2014 », a précisé Paul-André Keller. L’assemblée générale s’est ensuite poursuivie avec des informations sur les pôles de la fédération nationale en matière d’environnement et de protection des végétaux, sur le guide de la vente directe et sur la formation.

Conseil départemental des Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin

Betteraves à sucre : des opportunités existent

Publié le 07/10/2016

À quelques mois de la fin des quotas sucriers, les Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin ont organisé, en collaboration avec la sucrerie Cristal Union d’Erstein, une après-midi technique à la sucrerie le lundi 3 octobre, réunion suivie d’un conseil départemental. Une excellente occasion d’évoquer les sujets d’actualité et les perspectives qu’offre la filière betteraves avec René Schotter, vice-président de Cristal Union et président du site d’Erstein, et Laurent Rudloff, responsable betteravier.

C’est en pleine campagne betteravière que la trentaine de Jeunes Agriculteurs présents ont pu découvrir les coulisses de la sucrerie d’Erstein à travers une visite du site. Si la sucrerie date d’un peu plus de 120 ans, la vieille dame n’a pourtant pas perdu de son panache ! Grâce à la dynamique du groupe coopératif Cristal Union, elle ne cesse de se réinventer tant sur le plan commercial avec l’introduction de nouveaux packagings par exemple, que sur le plan de la performance et de la qualité pour répondre au mieux à la demande des clients. Ainsi, dans le cadre du plan d’amélioration de la performance et de réduction des coûts lancé par Cristal Union pour améliorer ses pratiques et optimiser les coûts, le site a remis « l’humain au cœur des préoccupations », comme se plaît à l’expliquer Laurent Rudloff, responsable agro-betteravier. Des groupes de réflexion sur différentes thématiques de fonctionnement interne ont ainsi été proposés aux salariés du site. L’Union : la force du groupe C’est bien connu, l’union fait la force et c’est ce qu’a mis en pratique la sucrerie d’Erstein en 2006 en se rapprochant du groupe Cristal Union. Toutefois, la fusion avec ce groupe n’a entamé en rien l’identité du site d’Erstein qui a été préservé en tant que tel. « Nous étions sur un marché de niche et étions très petits. Nous avions notre propre marque, avec son propre secteur commercial. Il n’y avait pas de raisons de nous faire disparaître », commente le président de la sucrerie d’Erstein, René Schotter. Cristal Union réunit ainsi 10 sucreries sur toute la France et représente 1,7 milliard de chiffre d’affaires pour 150 000 hectares. Si la betterave est le cœur de la coopérative, le groupe produit du sucre mais aussi de l’alcool et du bioéthanol. Une aubaine pour Thomas Gillig, président des Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin. « C’est important d’avoir un groupe avec de vraies diversités dans ses produits. C’est ce raisonnement en globalité qui permet de pérenniser la filière », commente-t-il. Par ailleurs, le groupe est présent sur la scène internationale. Il achète et vend du sucre dans 60 pays, grâce à un réseau commercial fort, tant en Europe qu’au niveau mondial. « Le groupe est en bonne santé financière. On a décidé d’épargner les bonnes années pour réinjecter l’argent au moment où le besoin s’en fait sentir. C’est une vraie force de faire ça ! On a vraiment un outil qui sait lisser les prix », explique Julien Koegler, secrétaire général des JA 67 et administrateur stagiaire JA de la sucrerie d’Erstein. Si le groupe est présent sur la scène internationale, René Schotter l’assure, l’agriculteur reste au cœur de ses préoccupations : « La première question qu’on se pose avant d’investir à l’étranger c’est de savoir si ça va rapporter aux planteurs ». Cette préoccupation est portée par le conseil d’administration de Cristal Union, en lien avec le conseil de section d’Erstein. « La responsabilité des élus est importante et pèse beaucoup au niveau des décisions. Le groupe est une coopérative et l’investissement des élus est de la première importance », insiste René Schotter. Pour ce dernier, il est primordial que les décisions puissent continuer à être prises par les planteurs eux-mêmes. Faisant appel à la relève, il insiste sur la priorité de s’investir de manière professionnelle et assidue car « l’apprentissage demande du temps ». Perspectives « L’année 2016 a été compliquée pour toutes les cultures y compris pour la betterave alors que les perspectives au printemps étaient bonnes. La sécheresse a impacté les rendements. C’est une année très variable », explique Laurent Rudloff. Cependant, le groupe s’accorde à voir bien plus loin, en anticipant l’avenir. « Le groupe Cristal Union s’est préparé à l’après-quotas et a développé ses ventes. Nous savons où nous allons en termes de vente de sucre », ajoute-t-il. Ainsi, le groupe Cristal Union est en plein développement en termes de surfaces. Aujourd’hui, le conseil de section a décidé d’ouvrir l’intégration de nouveaux planteurs. Sur les dix dernières années, c’est 200 nouveaux planteurs qui ont intégré le site, soit plus d’un sur trois. Par ailleurs, pour 2017, le droit d’entrée pour tout nouvel adhérent a été réduit. « Il y a de la place en Alsace pour faire de la betterave sans que ça porte préjudice aux autres filières », commente Laurent Rudloff, tout en présentant les atouts de cette culture : un accompagnement technique proposé par la sucrerie, un accès aux coproduits (pulpes et écumes), pas d’investissements à prévoir. « Nous avons les contrats, nous avons les marchés, mais sans les planteurs rien n’est possible ! », lance le président du site d’Erstein en conclusion.

Pages

Les vidéos