À quelques mois de la fin des quotas sucriers, les Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin ont organisé, en collaboration avec la sucrerie Cristal Union d’Erstein, une après-midi technique à la sucrerie le lundi 3 octobre, réunion suivie d’un conseil départemental. Une excellente occasion d’évoquer les sujets d’actualité et les perspectives qu’offre la filière betteraves avec René Schotter, vice-président de Cristal Union et président du site d’Erstein, et Laurent Rudloff, responsable betteravier.
C’est en pleine campagne betteravière que la trentaine de Jeunes Agriculteurs présents ont pu découvrir les coulisses de la sucrerie d’Erstein à travers une visite du site. Si la sucrerie date d’un peu plus de 120 ans, la vieille dame n’a pourtant pas perdu de son panache ! Grâce à la dynamique du groupe coopératif Cristal Union, elle ne cesse de se réinventer tant sur le plan commercial avec l’introduction de nouveaux packagings par exemple, que sur le plan de la performance et de la qualité pour répondre au mieux à la demande des clients.
Ainsi, dans le cadre du plan d’amélioration de la performance et de réduction des coûts lancé par Cristal Union pour améliorer ses pratiques et optimiser les coûts, le site a remis « l’humain au cœur des préoccupations », comme se plaît à l’expliquer Laurent Rudloff, responsable agro-betteravier. Des groupes de réflexion sur différentes thématiques de fonctionnement interne ont ainsi été proposés aux salariés du site.
L’Union : la force du groupe
C’est bien connu, l’union fait la force et c’est ce qu’a mis en pratique la sucrerie d’Erstein en 2006 en se rapprochant du groupe Cristal Union. Toutefois, la fusion avec ce groupe n’a entamé en rien l’identité du site d’Erstein qui a été préservé en tant que tel. « Nous étions sur un marché de niche et étions très petits. Nous avions notre propre marque, avec son propre secteur commercial. Il n’y avait pas de raisons de nous faire disparaître », commente le président de la sucrerie d’Erstein, René Schotter.
Cristal Union réunit ainsi 10 sucreries sur toute la France et représente 1,7 milliard de chiffre d’affaires pour 150 000 hectares. Si la betterave est le cœur de la coopérative, le groupe produit du sucre mais aussi de l’alcool et du bioéthanol. Une aubaine pour Thomas Gillig, président des Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin. « C’est important d’avoir un groupe avec de vraies diversités dans ses produits. C’est ce raisonnement en globalité qui permet de pérenniser la filière », commente-t-il.
Par ailleurs, le groupe est présent sur la scène internationale. Il achète et vend du sucre dans 60 pays, grâce à un réseau commercial fort, tant en Europe qu’au niveau mondial. « Le groupe est en bonne santé financière. On a décidé d’épargner les bonnes années pour réinjecter l’argent au moment où le besoin s’en fait sentir. C’est une vraie force de faire ça ! On a vraiment un outil qui sait lisser les prix », explique Julien Koegler, secrétaire général des JA 67 et administrateur stagiaire JA de la sucrerie d’Erstein.
Si le groupe est présent sur la scène internationale, René Schotter l’assure, l’agriculteur reste au cœur de ses préoccupations : « La première question qu’on se pose avant d’investir à l’étranger c’est de savoir si ça va rapporter aux planteurs ». Cette préoccupation est portée par le conseil d’administration de Cristal Union, en lien avec le conseil de section d’Erstein. « La responsabilité des élus est importante et pèse beaucoup au niveau des décisions. Le groupe est une coopérative et l’investissement des élus est de la première importance », insiste René Schotter. Pour ce dernier, il est primordial que les décisions puissent continuer à être prises par les planteurs eux-mêmes. Faisant appel à la relève, il insiste sur la priorité de s’investir de manière professionnelle et assidue car « l’apprentissage demande du temps ».
Perspectives
« L’année 2016 a été compliquée pour toutes les cultures y compris pour la betterave alors que les perspectives au printemps étaient bonnes. La sécheresse a impacté les rendements. C’est une année très variable », explique Laurent Rudloff. Cependant, le groupe s’accorde à voir bien plus loin, en anticipant l’avenir. « Le groupe Cristal Union s’est préparé à l’après-quotas et a développé ses ventes. Nous savons où nous allons en termes de vente de sucre », ajoute-t-il.
Ainsi, le groupe Cristal Union est en plein développement en termes de surfaces. Aujourd’hui, le conseil de section a décidé d’ouvrir l’intégration de nouveaux planteurs. Sur les dix dernières années, c’est 200 nouveaux planteurs qui ont intégré le site, soit plus d’un sur trois. Par ailleurs, pour 2017, le droit d’entrée pour tout nouvel adhérent a été réduit.
« Il y a de la place en Alsace pour faire de la betterave sans que ça porte préjudice aux autres filières », commente Laurent Rudloff, tout en présentant les atouts de cette culture : un accompagnement technique proposé par la sucrerie, un accès aux coproduits (pulpes et écumes), pas d’investissements à prévoir. « Nous avons les contrats, nous avons les marchés, mais sans les planteurs rien n’est possible ! », lance le président du site d’Erstein en conclusion.