Vie professionnelle

Publié le 13/05/2017

François Schmitt, président de Groupama Grand Est, et son directeur, Olivier Larcher, ont présenté les résultats de la Caisse régionale le 3 mai, lors d’une conférence de presse qui s’est déroulée à Schiltigheim (Bas-Rhin), en visioconférence avec Chaumont (Haute-Marne) et Dijon (Côte-d’Or). La Caisse régionale dégage un résultat net de 17,7 millions d’euros, stable par rapport à 2015.

2016 était une année compliquée pour Groupama Grand Est, souligne François Schmitt. « Nous avons su être au côté de nos sociétaires, qu’il s’agisse des agriculteurs, des particuliers ou des entreprises. Nous avons fait notre métier : nous avons aidé nos assurés et nous avons payé les sinistres le plus rapidement possible. Nous avons prouvé notre solidité et dégagé un résultat de 17,7 millions d’euros (M€), à la hauteur de celui de 2015. » L’année écoulée a vu la mise en œuvre du projet d’entreprise qui a pour fer de lance la qualité de service, poursuit Olivier Larcher. C’est un succès : le taux des clients très satisfaits a progressé en trois ans de 17 à 23 %, l’objectif étant d’atteindre 25 %. « La qualité du service est le mot d’ordre de nos 1 500 salariés dans les années à venir », insiste le directeur. Stabilité du chiffre d’affaires Avec 576 M€, le chiffre d’affaires de l’assurance IARD reste stable - l’assurance de biens y contribue pour 72 %, l’assurance de personnes pour 28 %. De son côté, la collecte de l’épargne assurance-vie atteint 91,30 M€. Groupama Grand Est a reversé 428 M€ à ses sociétaires. Un montant élevé, dû à une sinistralité importante. « Nous avons été pénalisés par six sinistres « excédentaires » : trois suite à un accident automobile, deux suite à un incendie et un suite à un accident de ski. » Dans le jargon des assureurs, cela signifie que le coût du sinistre dépasse 2 M€. Ces sinistres excédentaires sont pris en charge en grande partie par la réassurance qui a rétrocédé 20 M€ à Groupama Grand Est. Autre secteur fortement touché, les sinistres climatiques sur récolte. « Notre portefeuille d’assurance récolte s’élève à 26 M€, or nous avons payé plus de 50 M€ d’indemnités, en hausse de 18 M€ par rapport à 2015. » Le rapport sinistres/cotisations se dégrade légèrement, à 75 % contre 69,9 % l’année précédente, poursuit le directeur. Grâce à la réassurance et à un travail d’assainissement des risques de son portefeuille, Groupama Grand Est a ainsi pu réaliser un résultat économique équivalent à celui de 2015. « La protection de la réassurance a garanti l’équilibre de nos comptes. » Le ratio combiné se dégrade légèrement, à 98,3 %. La marge de solvabilité atteint 342 % en y intégrant les mesures transitoires en lien avec la transition Solvabilité I à Solvabilité II. « Elle est cinq fois supérieure au minimum exigé par Solvabilité II », précise Olivier Larcher. Amélioration de la solvabilité Comment cette solvabilité s’est-elle améliorée ? Le directeur y voit l’effet de l’engagement de ses équipes, de leur dynamisme commercial, de la qualité du service, mais aussi du lancement des certificats mutualistes : « Jugés comme des quasi-fonds propres, ils améliorent notre solvabilité. Fin 2016, nous avions émis 27 M€ de certificats mutualistes, auxquels nous allons servir une rémunération de 3,15 %, sous réserve de l’approbation de l’assemblée générale du 16 mai à Strasbourg. » Début mai 2017, le volume des certificats mutualistes atteignait déjà 36 M€. « L’objectif de 45 M€ que nous nous étions fixé sera atteint dans quelques mois. Pour nous, c’est la traduction de la confiance de nos sociétaires. » Groupama Grand Est est un assureur solide efficace, qualitatif et engagé, résume le directeur. « Nous venons de terminer les assemblées générales de nos 278 Caisses locales. Plus de 18 000 sociétaires ont participé depuis la mi-février à cet exercice de proximité, avec une participation active à la validation des comptes, du fonctionnement institutionnel et des actions de prévention. Cela prouve leur attachement à notre mutuelle. Nous faisons vivre cet esprit de partage de communauté depuis 110 ans. »

Publié le 12/05/2017

Après 54 années d’existence, la Safer Alsace a approuvé mercredi 3 mai en assemblée générale extraordinaire sa fusion avec les Safer de Lorraine et de Champagne-Ardenne. Une fusion qui devait permettre la naissance ce jeudi 11 mai de la Safer Grand Est.

La Safer Alsace s’est constituée le 29 janvier 1963 avec comme premier président, Paul Deguille. Elle reçoit son agrément par décret du 2 août de la même année. Le 28 juin 1971, Louis Rudfloff, exploitant agricole à Artolsheim, prend la présidence qu’il assume durant 23 ans. Le 20 juin 1994, Jean-Paul Schneider, agriculteur à Geispitzen, lui succède jusqu’au 26 juin 2009, date à partir de laquelle Marc Moser assume ces fonctions jusqu’à cette dernière assemblée générale. La Safer a pour mission de préserver les espaces agricoles et de contribuer au maintien et au développement d’une agriculture dynamique, diversifiée et durable. Les évolutions législatives successives ont adapté au fil du temps ces missions. D’opérateur exclusivement agricole, elle est devenue progressivement un acteur de l’aménagement et du développement durable du territoire. « Ces évolutions ont pris en compte la diversité des usages et des fonctions de l’espace rural et périurbain, et donné aux Safer les moyens de contribuer à la protection de l’environnement et des paysages, et au développement local, tout particulièrement dans le cadre de partenariats avec les collectivités territoriales », a rappelé Marc Moser. La loi d’avenir agricole du 13 octobre 2014 et le découpage des régions opéré par la loi du 16 janvier 2015 exigent désormais que la zone d’action de chaque Safer soit constituée par les départements composant la région dont les limites territoriales sont entrées en vigueur au 1er janvier 2016. D’où la naissance de la Safer Grand Est. Le site d’Eckwersheim réglé Le rapport d’activité de la Safer Alsace pour l’année 2016 a été présenté. « Notre marché foncier régional a progressé fortement avec une hausse de 14 % des surfaces échangées, pour une valeur des transactions également en forte augmentation de 39 % pour arriver au chiffre de 303 millions d’euros. Ces chiffres sont cependant à relativiser. L’analyse du seul marché agricole régional présente une augmentation des transactions de l’ordre de 4,7 % pour une valeur de transactions de 40,30 M€ », précise Marc Moser. Au titre du marché de l’espace rural, 6 604 opérations ont ainsi été notifiées à la Safer Alsace en 2016. Le marché de l’espace en vue de son artificialisation concerne les biens d’origine agricole qui sont appelés à changer de destination par décision des acquéreurs, tels que les collectivités, les entreprises et les acheteurs privés. La surface ainsi vendue est passée de 306 hectares en 2015 à 836 ha en 2016 ! Elle représente 19 % des surfaces du marché de l’espace rural et une valeur de 155 M€. Cette augmentation est surtout liée à une vente sur la commune de Reichstett d’environ 400 ha sur l’ancien site pétrolier. Les résultats des différents marchés (espace résidentiel et de loisirs, des landes, friches et étangs, forestier, terres et prés, vignes, cultures spéciales) ont ensuite été donnés tout comme les acquisitions et rétrocessions en surface. « Dans cet environnement toujours difficile, notre société constate malgré tout un résultat positif de près de 65 000 € pour 2016. Un résultat obtenu grâce à une forte activité de fin d’année, mais aussi grâce à une reprise de provision importante sur stock de près de 225 000 € concernant principalement le site d’Eckwersheim. La Safer y avait acquis près de 94 ha en 1996. Différents projets avaient été étudiés durant ces vingt dernières années. Une première rétrocession d’une surface de 51 ha a été signée dès 2011 en faveur de Réseau ferré de France permettant la réalisation de la ligne TGV Paris-Strasbourg. D’autres rétrocessions signées de 2012 à 2015 nous avaient encore permis de réduire le stock d’une douzaine d’hectares. Les négociations fin 2016 avec une filiale de Vinci portant sur les compensations environnementales dans le projet du Contournement ouest de Strasbourg nous ont permis de rétrocéder 16 ha supplémentaires. Cela nous a menés au terme de ce stockage à un montant d’acquisition de près de 1,70 M€. Cette rétrocession a été signée il y a quelques semaines. Il reste un stock résiduel de 13 ha valorisé au prix agricole », a souligné Marc Moser. Première Safer de France à régionaliser La matinée s’est poursuivie avec une assemblée générale extraordinaire portant sur la fusion de la Safer Alsace avec celles de Lorraine et de Champagne-Ardenne. Depuis près de deux ans, les réunions et les discussions se sont multipliées pour réussir cette régionalisation. Un comité de coordination a été mis en place pour construire un accord politique, proposer un schéma de gouvernance et définir des nouveaux statuts. Au niveau juridique, il s’agit d’une fusion absorption. La Safer Champagne-Ardenne absorbe celles d’Alsace et de Lorraine afin de minimiser les coûts, notamment les coûts de mutations du stock foncier. La Safer Champagne-Ardenne détient le stock foncier le plus important. Cette décision a pour conséquence la dissolution anticipée des Safer Alsace et Lorraine, sans liquidation, avec transmission universelle du patrimoine à la Safer Champagne-Ardenne qui devient la Safer Grand Est. La fusion sera effective après l’approbation de la fusion par les deux autres Safer et après la décision de mettre fin aux mandats d’administrateurs de la Safer absorbante en vue de la refonte totale de gouvernance et l’élection d’un nouveau conseil d’administration intégrant des administrateurs issus des Safer absorbées. Marc Moser a présenté les contours du conseil d’administration : « Ce conseil sera mis en place jeudi 11 mai à l’occasion de l’assemblée générale mixte de la Safer Champagne-Ardenne, société absorbante et future Safer Grand Est. Cette assemblée se tiendra à Metz, dans l’hémicycle du Conseil régional. L’ordre du jour portera notamment sur la modification de la dénomination sociale et l’officialisation de la Safer Grand Est, l’adoption de la nouvelle gouvernance et la désignation des administrateurs. Le même jour, le conseil d’administration se réunira pour élire notamment un président et deux vice-présidents issus des trois Safer historiques. Cette Safer Grand Est sera la première Safer de France à régionaliser », a conclu Marc Moser.

Jean Bernhard quitte la vice-présidence d’Alsace Lait

Un départ dignement fêté

Publié le 06/05/2017

À l’issue du conseil d’administration du vendredi 28 avril, les dirigeants d’Alsace Lait ont rendu hommage à Jean Bernhard, vice-président depuis 23 ans, et présenté son successeur, Joseph Grimm.

Entré au conseil d’administration d’Alsace Lait en mai 1987, membre du bureau depuis mai 1993, Jean Bernhard vient de se retirer de ses fonctions. Vice-président de la coopérative depuis 1994, il était chargé de la gestion de la production. « Tous les producteurs lui faisaient confiance », a souligné le président Michel Debes. Il a vécu l’ère des quotas laitiers jusqu’à leur suppression en 2015, et s’est impliqué dans celle de la contractualisation, en élaborant avec ses collègues « l’un des contrats les plus aboutis », selon Michel Debes. Jean Bernhard s’est lancé dans la production laitière à l’âge de 21 ans. La ferme familiale était tournée vers la vente directe, mais lui avait envie de « faire du lait ». « J’ai démarré en livrant un bidon de 40 l, mon objectif étant de passer rapidement à 80 l par jour. Aujourd’hui, nous livrons 3 000 l/jour. » Jean Bernhard est entré au conseil d’administration d’Alsace Lait en tant que jeune producteur. « L’histoire d’Alsace Lait n’a pas été un long fleuve tranquille, mais nous avons tout fait pour garantir l’indépendance de la laiterie et les débouchés des producteurs. » Avec des hauts et des bas, parmi lesquels l’incendie d’avril 2000… Aujourd’hui, Alsace Lait est une entreprise performante, a poursuivi Jean Bernhard. « Nous le devons à un président disponible, qui a su prendre des décisions courageuses, et à un directeur infatigable, visionnaire, devenu un vrai passionné du lait. » Jean Bernhard a remercié les membres du conseil d’administration, anciens et actuels, ceux de la commission production, sans oublier les techniciens du service production. « Je suis certain qu’Alsace Lait continuera à prospérer car les hommes qui sont à sa tête ont envie d’aller plus loin. » Si Jean Bernhard a pu se consacrer à ses fonctions, c’est parce qu’il avait mis en place une gestion efficace sur son exploitation. « Mon épouse et mes enfants m’ont énormément soutenu », a-t-il souligné. Une vache en chocolat Suite à l’assemblée générale du vendredi 21 avril à Hœrdt, deux membres ont fait leur entrée au conseil d’administration, Arnaud Issenhuth, gérant de l’EARL Issenhuth à Uttenheim, et Philippe Bernhard, du Gaec Bernhard à Wœrth, l’un des deux fils de Jean Bernhard. Réunis le vendredi 28 avril, les membres du conseil d’administration ont fait entrer Philippe Boehmler au bureau et élu Joseph Grimm au poste de vice-président. À l’issue de cette réunion, une petite fête a été organisée en l’honneur de Jean Bernhard. Jean-Paul Bastian, vice-président de la Chambre d'agriculture d’Alsace, s’est joint aux membres du conseil d’administration et du comité exécutif d’Alsace Lait pour rendre hommage à l’ancien vice-président, qui était entouré de son épouse Suzanne et de son fils Frédéric. « Jean Bernhard était un vrai pilier d’Alsace Lait », a souligné Michel Debes. Il a siégé durant 30 ans au conseil d’administration, 24 ans au bureau, dont 23 en tant que vice-président. « Durant cette période, nous avons dû gérer des épisodes extrêmement compliqués. » Jean Bernhard est un exemple à suivre, a-t-il insisté. « Lors des tempêtes, il faut savoir prendre des décisions courageuses. Nous les avons toujours assumées ! La confiance, cela se mérite, par notre comportement, notre façon d’être avec les autres. En tant que membres du conseil d’administration, nous nous devons d’être exemplaires. Nous avons toujours dit ce que nous faisions et fait ce que nous disions », a expliqué Michel Debes avant de remettre à Jean Bernhard un bon pour un séjour dans une ferme autrichienne… et une vache en chocolat. Sans oublier le bouquet pour Suzanne, son épouse. Non sans émotion, Jean Bernard a déclaré : « Pendant toutes ces années, nous avons fait tout ce que nous pouvions pour le bien de l’entreprise. » Son plus grand regret est certainement de n’avoir pas réussi à créer une coopérative d’envergure régionale, « d’autant que nous avons un directeur qui aurait été capable de la gérer ». Jean-Paul Bastian a tenu à rendre hommage à son compagnon de la première heure. « Nous nous sommes connus durant notre formation de syndicalistes, cela a créé des liens particuliers. Notre passion de l’élevage nous a réunis plus tard. » Aujourd’hui, le challenge est de préparer l’avenir pour les jeunes, a-t-il poursuivi. « Pour fédérer les gens, les résultats, les promesses, c’est important, mais pour susciter la confiance, ce qui compte, c’est notre conduite. » Jean Bernhard symbolise aussi l’ouverture vers les autres organisations d’élevage : « Dans notre région, il n’y a pas de discorde entre les différentes races, ce qui est loin d’être le cas dans les autres régions de France. »

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