Interbev Alsace rejoint le comité interprofessionnel Grand Est d’Interbev. La promotion des viandes et des métiers de la viande se fera désormais à l’échelle de la grande Région.
Dernière assemblée générale pour le comité interprofessionnel régional Interbev Alsace et pour son président, Lucien Simler, le 24 avril dernier à Schiltigheim. « Ma mission s’arrête là, a confié Lucien Simler après avoir rappelé les 30 années passées au service de la structure, et plus globalement au service de l’élevage alsacien. Avec les nouvelles régions, on nous a obligés à fusionner les comités régionaux d’Interbev. Je n’étais pas un partisan de cette fusion, mais je m’y suis attelé. » La nouvelle structure étant sur les rails, Lucien Simler peut lâcher les rênes.
Gérard Lorber, secrétaire général de la FDSEA du Bas-Rhin, Patrick Bastian, conseiller régional, qui l’a longtemps côtoyé au GDS, et David Bloch, vice-président d’Interbev Alsace, ont unanimement salué l’engagement et le dévouement de Lucien Simler. À la section bovine de la FDSEA, à la Fédération nationale bovine, comme au niveau de l’interprofession des viandes, il a défendu la cause de l’élevage. « Jamais on ne trouvera quelqu’un d’aussi dévoué que toi », a relevé Patrick Bastian en saluant sa discrétion et son travail aussi exemplaire que peu connu. « Tu as toujours été dans la conciliation, tu as toujours fait en sorte que les choses avancent, a remarqué David Bloch. Vu les crises qu’on a traversées, cela n’a pas toujours été simple. »
Animatrice d’Interbev Alsace, Ambre Edde a dressé le bilan des actions menées par l’interprofession en 2016 : animation autour des produits tripiers, accueil des scolaires et du grand public dans les fermes d’élevage, mise à disposition d’un kit d’animation pour les centres aérés, Made in Viande, intervention des bouchers dans les écoles, stands dans les différentes manifestations (finale départementale de labour, foire européenne de Strasbourg, salon Egast, Journées d’octobre à Mulhouse…). Ces différents rendez-vous ont donné lieu à des dégustations, des distributions de fiches recettes ou de prospectus sur les viandes, ainsi qu’à des interventions variées des professionnels de la filière viande et d’une diététicienne.
Des actions dans trois directions
En 2017, le périmètre des actions change, mais les actions se poursuivent dans trois directions avec un souci d’efficacité renforcée, indique Franck Bellaca, le responsable du comité Grand Est d’Interbev. Elles concernent la communication, la réglementation des relations entre les différents membres de l’interprofession et la sensibilisation du public scolaire. Les animatrices Interbev des trois anciens comités régionaux se sont réparti les tâches, la coordination des actions revenant à Franck Bellaca.
Doté d’un conseil d’administration de 32 membres et d’un bureau resserré de huit personnes, Interbev Grand Est va s’attacher à redéfinir une stratégie qui soit en phase avec le contrat de filière de la région Grand Est. L’objectif est d’augmenter les parts de marché des viandes régionales dans la restauration hors domicile (RHD) notamment, de promouvoir les métiers de la filière viande de manière à assurer le renouvellement des générations, et de contribuer à la recherche d’une meilleure valeur ajoutée pour les entreprises de l’aval. La volonté d’innover existe : Interbev Grand Est devrait notamment intensifier ses actions en direction des gestionnaires de lycées et des cuisiniers de la restauration hors domicile.
Coordonner les messages
Interpellé par le vice-président de la corporation des bouchers-charcutiers du Bas-Rhin, Jean-Luc Hoffmann, sur la montée en puissance du courant végan, Franck Bellaca relativise : les personnes qui refusent de consommer des protéines animales et s’interdisent de porter du cuir sont encore très minoritaires. La réponse passe par un travail de fond, permettant de mettre en avant les qualités nutritionnelles de la viande. Delphine Franck, diététicienne chez Interbev depuis 2011, s’emploie à les rappeler à chacune de ses interventions (lire notre encadré). La défense de la filière viande passe aussi par le rappel de sa contribution à l’entretien des surfaces fourragères, font valoir Gérard Lorber et Thomas Urban, éleveur à Schwindratzheim. Il convient aussi de coordonner les messages entre les différentes filières, pour éviter qu’elles ne se fassent du tort les unes aux autres, ajoute Dominique Daul.
S’agissant de la restauration hors domicile, Patrick Bastian, conseiller régional, fait remarquer qu’elle n’absorbe que 30 % de la viande produite dans le Grand Est et qu’il est important d’augmenter cette part. « Mais il faut accepter, si l’on veut de la viande régionale, a fortiori de la viande bio, de payer plus : ce n’est pas avec 1,60 € par repas qu’on aura de la viande bio dans les cantines. Il faut accepter d’augmenter à 2 €-2,10 €. »