Fédération nationale ovine
Un congrès réussi à Libramont
Fédération nationale ovine
Publié le 31/05/2017
Exceptionnellement, l’édition 2017 du congrès de la Fédération nationale ovine a eu lieu à Libramont, en Belgique. Se déroulant du 26 au 28 avril, entre les deux tours de l’élection présidentielle française, l’avenir de la Pac et la place de l’agriculture française au sein de l’Europe étaient au cœur des débats.
Le congrès s’est déroulé sur deux jours pleins, avec visites, huis clos, rapports d’activité, d’orientation et discours politique. Les visites étaient aussi nombreuses que variées. Certaines ont mis l’accent sur des éleveurs ayant travaillé la prolificité de leur cheptel ou des ateliers de diversification autour de l’élevage de mouton. D’autres ont permis de visiter des élevages avec production de lait de brebis, une usine de traitement de laine, un centre de recherche ovine. Les Belges travaillent beaucoup en système mixte bovin-ovin. Les éleveurs des quatre coins de l’hexagone ont pu découvrir ou redécouvrir la race bovine blanc bleu belge qui fait la fierté de nombreux agriculteurs wallons. Ce congrès a aussi été l’occasion de fêter le 70e anniversaire de la Fédération nationale ovine (FNO), marqué par l’inauguration d’un nouveau logo (voir ci-dessus). À noter également l’ouverture d’un nouveau site Inn’Ovin où de nombreuses informations utiles (documents techniques, filière, événements) sont mises en ligne via ce lien http://www.inn-ovin.fr/ « Parler d’une seule voix » Lors du huis clos, les responsables des différentes régions ovines ont eu la parole durant cinq minutes pour faire part des dossiers qui les préoccupent. Hervé Wendling, responsable de la section ovine FRSEA Grand Est et président du Syndicat ovin du Bas-Rhin, a tout d’abord remercié Daniel Dellenbach, ancien responsable régional, pour son implication pour la promotion de l’élevage ovin. Il a ensuite insisté sur la nécessité de « mener un discours cohérent et commun », notamment sur le sujet de la nouvelle carte des zones défavorisées. « Certains gagnent, d’autres perdent ; il ne faut pas se tirer dans les pattes, mais bien parler d’une seule voix. » Jean-Yves Poirot, éleveur dans les Vosges, a évoqué le problème de la prédation. Sur les moyens de protection, tout est fait selon lui, pour que cela « coûte le moins cher possible à l’État », l’éleveur est « toujours la première victime ». Il s’est aussi insurgé du non-paiement des aides de compensation à la perte d’animaux. D’autres régions ont abordé le dossier Pac. « Il faut que les agnelles de renouvellement comptent dans le ratio de productivité », a indiqué le responsable de Nouvelle Aquitaine. Il a également insisté sur le besoin de signes officiels de qualité sur lesquels, selon lui, la Pac ne met pas suffisamment l’accent. Enfin, un représentant d’Interbev est intervenu au sujet de la communication à adopter face aux associations anti-viande. Cela passera, selon lui, par une augmentation du budget alloué à ce domaine en adoptant une démarche de communication positive. Une filière en plein essor Jean Devillers, organisateur de l’événement, éleveur et président de la filière interprofessionnelle ovine et caprine wallonne, a rappelé l’importance de la collaboration entre les deux pays. « Grâce à l’investissement dans un centre de recherche, 30 ans de contact et de communication entre nos deux pays ont permis à la Wallonie d’augmenter significativement le nombre d’éleveurs professionnels. » La stratégie belge est aujourd’hui axée sur le gain de prolificité et plan de développement (génétique, formation, renouvellement des générations, etc.) autour de la filière ovine en Wallonie. Ce discours a été suivi par celui de René Collin, ministre de l’Agriculture wallon. Il sera nécessaire, d’après lui, d’« intégrer les services à l’environnement » dans la future Pac et d’« approfondir la notion de gestion des risques et un outil concret pour stabiliser le revenu agricole ». « L’observatoire des prix et marges ne doit pas seulement être un outil statistique, mais un argument pour permettre d’engager une régulation et un prix basé sur des coûts de production », a-t-il déclaré avant de conclure que « la régulation des marchés est indispensable. Il n’est pas tolérable d’avoir les mêmes prix qu’il y a deux ans. » « Quelle place pour les brebis françaises dans l’Europe de demain ? » Éric Andrieu et Marc Tarabella, députés européens, Sabine Laruelle, ancienne ministre de l’Agriculture belge, Brigitte Singla, membre du bureau de la FNO, et John Bryan, président de l’IFA (Irish Farmers Association) étaient réunis pour autour d’une table ronde pour répondre à cette question. Les discussions ont tourné autour du Brexit et des négociations de la nouvelle Pac. Malgré certains points de vue divergents, la majorité d’entre eux étaient pour une fermeté envers le Royaume-Uni. Il ne doit pas y avoir d’impact dans le budget de l’Union européenne consacré à la Pac. Cependant, ils pensent à l’unanimité que les négociations seront complexes et longues. « C’est peut-être une opportunité pour avoir une relance politique de l’Europe, car ils ont toujours refusé des avancées sociales, a estimé Marc Tarabella. Le Royaume-Uni a toujours voulu rendre un service minimal, mais en ayant accès au marché de l’union. On a besoin de l’export, mais pas à n’importe quel prix. » Sur l’avenir de la Pac, Éric Andrieu veut une prise de conscience que le basculement du premier vers le second pilier est inéluctable. Il a critiqué les politiques actuelles de diminution budgétaires de la Pac : « Le budget se réduit alors que les normes ne font qu’augmenter ». Le congrès a été conclu par Jean Devillers et Michèle Boudoin, présidente de la FNO. L’éleveur wallon a adressé un message d’optimisme : « Nous venons de prouver que l’Europe ovine fonctionne », avant de remercier chaleureusement son homologue belge pour l’organisation « d’un congrès réussi ». Michèle Boudoin, quant à elle, a rappelé que plus que jamais, la filière ovine, pour se développer, a « besoin de tous les agneaux français ».












