Vie professionnelle

Publié le 20/04/2017

par Franck Sander, président de la FDSEA 67

L’agriculture française est à un point de bascule. Depuis quelques années, elle décroche du peloton de tête dans le monde et en Europe. Pourtant, la France ne peut pas et ne doit pas laisser filer son agriculture. Il serait temps que nos décideurs politiques en prennent conscience car de nombreux emplois sont en jeu. On ne le répétera jamais assez, l’agriculture, outre les actifs de la production agricole, génère de nombreux emplois en amont et en aval, représentant 14 % de la population active. L’agriculture française ou plutôt, devrais-je dire, les agricultures françaises – conventionnelle ou biologique, en vente directe ou via la grande distribution – sont un véritable atout pour la France. C’est ce message que nous avons rappelé aux élus sortants lorsque nous les avons rencontrés en début de semaine sur une exploitation agricole à Duttlenheim. Et c’est justement parce que nous en sommes à un point de bascule qu’il est important d’aller voter. Voter pour dire les réformes dont l’agriculture a besoin afin de retrouver un nouveau souffle. Voter pour dire que les agriculteurs veulent vivre décemment de leur métier. Voter pour dire que nous avons besoin de plus et mieux d’Europe. Il ne s’agit pas pour la FDSEA de donner une consigne de vote mais une consigne à voter. L’heure est assez grave, le monde assez instable, la France assez abîmée et l’agriculture assez touchée pour que chacun prenne ses responsabilités et aille voter en toute connaissance de cause. Face au risque de l’abstention, face à la possibilité du repli sur soi, face à la facilité du fatalisme, allons voter ! Ce geste n’est plus automatique, pourtant il faut le faire car en votant on pense à notre avenir, à l’avenir de nos enfants, à l’histoire de France et au rayonnement du pays.

FDSEA-JA. Canton de Benfeld-Erstein

Trop de normes : le ras-le-bol des agriculteurs

Publié le 19/04/2017

Protection de l’environnement, bien-être animal, le poids des contraintes réglementaires était au cœur des débats de l’assemblée générale de la FDSEA et des JA des cantons de Benfeld et Sélestat.

Claire Dutter, présidente de la FDSEA du canton de Benfeld, souhaite rendre un dernier hommage à Xavier Beulin, « un homme reconnu par tous pour son engagement ». Elle rappelle l’importance des combats menés par le président de la FNSEA et tient à remercier la mobilisation des agriculteurs sans qui « rien ne serait possible ». Que ce soit lors des appels à manifester, des débats en réunion ou encore des dialogues au sein du réseau, les agriculteurs répondent présent, et « c’est ce qui fait notre force ». Dominique Kretz, président du canton d’Erstein, revient sur l’année passée qui a été « difficile à tous points de vue » et considérée comme étant « une des pires années pour l’agriculture ». Oui à l’environnement, non au matraquage « Ce n’est pas parce que l’on sort trois fois dans les champs pour traiter que l’on traite trois fois plus, s’insurge Dominique Kretz. Au contraire ! » Les agriculteurs subissent tous les jours des accusations sur leur manière de travailler, et cela devient pesant. Julien Koegler, secrétaire général des Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin, évoque les forages réalisés dans les champs pour sécuriser les réseaux d’eau potable : « C’est bien la preuve que les eaux ne sont pas mauvaises dans nos champs ». La protection de l’environnement n’est pas le seul sujet des débats, le bien-être animal est aussi au cœur des discussions. Arnaud Issenhuth, président JA du canton d’Erstein, rappelle l’importance des fermes ouvertes pour communiquer de manière positive sur les exploitations et le travail des agriculteurs. Il en profite pour remercier tous ceux qui ont permis la réussite de ces événements. À propos du bien-être animal, Mathieu Schneider, trésorier adjoint des JA du Bas-Rhin, s’étonne de l’image négative que peuvent renvoyer les médias et insiste, lui aussi, sur l’importance de la communication positive. Dans certains pays voisins, des normes pour le bien-être animal ont été mises en place mais elles n’ont pas systématiquement eu d’effet positif sur les élevages. « Nous sommes les premiers à aimer nos animaux et les premiers garants de leurs bien-être. » Si l’administration veut rajouter des normes, il faudra le faire en collaboration avec les éleveurs. Pour Laurence Muller-Bronn, maire de Gerstheim, l’année 2016 se résume à un bilan positif. Les cinq exploitations de la commune ont toutes un repreneur, ce qui permet de se projeter dans l’avenir. Enfin, elle rappelle l’importance de travailler en collaboration avec le monde agricole, notamment dans le cadre des travaux de voirie. Distinguer l’utile de l’inutile Depuis deux ans, l’administration ne tient plus ses engagements. Pour Laurent Fischer, trésorier de la FDSEA, « il faut continuer à se battre pour revenir à une situation normale ». Pour Antoine Herth, député de la circonscription, l’équation de la Pac proposée est « beaucoup trop compliquée et impossible à mettre en place ». Certaines normes ne servent à personne et ralentissent le système alors que d’autres permettent de valoriser le travail réalisé et les produits. Le système actuel, trop complexe, est à remettre à plat pour n’en garder que le meilleur. Dominique Kretz conclut l’assemblée générale avec une citation lourde de sens : « Les agriculteurs nourrissent la France, mais la France les laisse mourir ».

Jeunes Agriculteurs

La quête de l’origine perdue

Publié le 18/04/2017

Mercredi 12 avril, les Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin ont mené une opération « Origine connue » dans quatre grandes surfaces bas-rhinoises. Objectif : vérifier l’application du décret relatif à l’indication de l’origine du lait et des viandes utilisés en tant qu’ingrédients dans des denrées alimentaires préemballées. Théoriquement, les étiquetages doivent être adaptés depuis le 1er avril.

Mercredi 12 avril, des consommateurs un peu particuliers ont investi les rayons laitages et charcuteries de plusieurs supermarchés bas-rhinois. Ils prenaient le temps de retourner les paquets de jambon, de yaourts, de décrypter la liste des ingrédients, même ceux qui sont écrits tout petits. En cela, ils dénotaient du reste de la clientèle, pour la plupart des gens pressés, qui font leur choix rapidement, en fonction de leurs priorités : un prix, une marque, un label… Ces consommateurs étaient en fait des agriculteurs venus vérifier l’application d’un décret portant sur l’étiquetage de l’origine des ingrédients dans les produits transformés. Ce n’était pas un poisson d’avril Ce décret est né d’un combat porté par la profession agricole et des associations de consommateurs pour garantir une transparence totale tout au long de la chaîne alimentaire. Un combat qui a porté ses fruits puisque le Gouvernement français a notifié un projet de décret en mars dernier à la Commission européenne, qui ne s’est pas opposée à l’expérimentation. Le décret « relatif à l’indication de l’origine du lait ainsi que des viandes utilisés en tant qu’ingrédients » est donc paru le 21 août 2016, et entré en vigueur le 1er janvier 2017 pour une période de deux ans, avec une tolérance pour écouler les produits et étiquettes en stock jusqu’au 31 mars 2017. À partir du 1er avril, chaque transformateur doit donc avoir adapté son étiquetage. Théoriquement. Et c’est ce que les Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin sont allés vérifier dans quatre grandes surfaces, répondant ainsi à un mot d’ordre national intitulé Opération « origine connue ». Les GMS jouent le jeu Une opération qui se voulait plutôt pédagogique que vindicative. En effet, ce ne sont pas les produits qui ne respectaient pas la réglementation qui ont été stigmatisés, mais les produits en conformité qui ont été valorisés grâce à des stickers jaune fluo portant la mention « Origine France » et « Ce produit soutient l’agriculture française ». Par contre, les Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin ont répertorié tous les contrevenants, et feront remonter leur récolte au niveau national, qui en transférera une liste exhaustive à la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF). Le décret prévoit en effet des sanctions en cas de non-respect de la réglementation. De leur enquête menée dans les rayons de l’enseigne Auchan à Schweighouse, les JA tirent plusieurs conclusions à la louche : l’origine du lait n’est pas mentionnée dans à peu près la moitié de la gamme de produits laitiers. En ce qui concerne les charcuteries, elles sont élaborées pour à peu près un tiers avec de la viande française, pour le reste l’origine est surtout européenne, lorsqu’elle est précisée. « Il ne s’agit pas d’une action contre les GMS », précisent les Jeunes Agriculteurs. D’autant que c’est l’autre enseignement majeur de leur enquête : les marques de distributeurs jouent beaucoup plus le jeu que les marques nationales. Les premières en font même un atout marketing, affichant bien en évidence des drapeaux français, des mentions comme « lait de France »… Les marques nationales, dans leur grande majorité, n’affichent… rien du tout. De là à en déduire qu’elles utilisent des ingrédients étrangers et sont réticentes à l’afficher il n’y a qu’un pas que nous ne franchirons pas. En tout cas, l’amende prévue par le décret ne semble pas grandement impressionner ces marques, fortes de l’image qualitative qu’elles véhiculent auprès des consommateurs. À bientôt ! Les JA l’annoncent sur le tract qu’ils distribuaient au cours de l’opération : ils organiseront des contrôles en magasin pour s’assurer de l’application de la réglementation pendant toute la durée de l’expérimentation. Leurs objectifs : que le décret soit pérennisé, et qu’il soit étendu à d’autres produits que le lait et la viande. Retrouvez cette opération en images :  

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