Publié le 05/04/2017
Franck Sander, président de la FDSEA du Bas-Rhin Il s’agit d’un congrès particulier à bien des égards. D’abord du fait du décès de Xavier Beulin. Ensuite, car il se situe en pleine élection présidentielle. Mais avant tout car nous sommes dans un contexte agricole particulièrement difficile. Sur Xavier Beulin, l’hommage qui lui a été rendu était à la hauteur de son engagement pour l’agriculture française. La nouvelle équipe élue souhaite vraiment continuer l’œuvre qu’il avait entamée. Je tiens d’ailleurs à féliciter Laurent Fischer pour son entrée au sein du conseil d’administration de la FNSEA. Concernant les présentations des candidats à la présidentielle, mon premier constat est que sur sept candidats présents quatre sont plus ou moins « eurosceptiques », voire « europhobes », c’est beaucoup. Cela ne me surprend pas outre mesure, car on a parfois le sentiment que l’Europe fait tout pour ne pas être comprise des citoyens et que les politiques français repoussent assez facilement les problèmes sur Bruxelles. Toutefois cette proportion de militants du « Frexit » (sortie de l’Union européenne) m’inquiète. Comme l’a rappelé la FNSEA dans son rapport d’activité l’Union européenne est un marché important pour l’agriculture française qui est et restera exportatrice. Sortir de l’UE n’empêcherait pas le commerce, mais le freinerait assurément. Dans de nombreux secteurs, comme le lait ou le sucre, les conséquences pourraient être énormes. De profonds changements doivent avoir lieu au niveau européen, la FNSEA a d’ailleurs avancé des pistes de réflexions pour une construction européenne plus maîtrisée, mais une sortie ne serait assurément pas une bonne chose pour les agriculteurs. Gérard Lorber, secrétaire général de la FDSEA Le débat sur l’Europe a amené une réflexion sur la future Pac. La FNSEA défend l’idée d’un DPB qui reste important, nous partageons cette idée à la FDSEA du Bas-Rhin. Il faut se rendre à l’évidence, aujourd’hui les aides directes constituent une part importante du revenu de l’exploitant, basculer l’ensemble des budgets vers l’assurantiel au détriment du DPB pourrait être vraiment risqué. Autre sujet fréquemment évoqué les prix et la répartition des prix et des marges. La FNSEA réclame les moyens de peser dans les négociations commerciales, la loi Sapin est un premier pas mais le nouveau gouvernement devra s’atteler en priorité à redonner du pouvoir au producteur. Fabien Metz, vice-président de la FDSEA La gestion des risques a été longuement abordée. Sur l’assurance récolte, il y a une volonté forte de diminuer le niveau de franchise à 20 % pour que le déclenchement soit plus fréquent. Il y a eu un vif débat sur comment augmenter l’assiette des cotisations. Certains pensent que la diminution de la franchise plus l’augmentation des soutiens attirera les agriculteurs, d’autres ont avancé l’idée d’une assurance obligatoire. La FNSEA n’a pas souhaité entrer dans un dispositif obligatoire mais est consciente que, plus l’assiette de cotisation est large, plus l’assurance sera efficace. Laurent Fischer, trésorier de la FDSEA La FNSEA a ouvert le débat autour de l’actif agricole. Il s’agit d’un sujet délicat, mais ô combien important. La récente acquisition de plus de 1 000 hectares par des Chinois a été un choc. Les discussions auxquelles les Jeunes Agriculteurs sont associés ne font que débuter. Il faudra travailler autour de la reconnaissance des diplômes, de la notion d’activité suffisante. Il s’agit dans un premier temps de préserver l’acquisition de terres par des consortiums complètement déconnectés de l’agriculture. Claire Dutter, membre du bureau de la FDSEA Les récentes attaques que subit le monde agricole ont été relayées par l’ensemble des régions, elles participent au mal-être des agriculteurs. Christiane Lambert a rappelé l’importance de communiquer et de ne pas laisser les anti-tout, parler de notre métier à notre place. Les initiatives, comme #ceuxquifontlelait, participent au rayonnement de notre métier sur les réseaux sociaux. Joseph Lechner, membre du bureau de la FDSEA et président du Geopa Le constat de la FNSEA sur l’Europe est lucide, les élargissements successifs de l’UE ont amené à regrouper des pays avec des écarts de niveau de vie très importants. En l’absence d’une convergence sociale et fiscale, les problèmes de dumping étaient inévitables. L’exemple des différences de coût de main-d’œuvre entre pays de l’UE est criant de vérité. Il faut travailler sur ces sujets pour faire progresser le modèle européen.












