Vie professionnelle

Assemblée générale des Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin

La vision d’avenir de Loïc Quellec

Publié le 23/02/2018

Renouvellement des générations, États généraux de l’alimentation, négociations internationales… les JA sont de tous les combats, affirme Loïc Quellec, administrateur national.

« Depuis la mise en place de la DJA en 1973, toutes les évolutions du dispositif à l’installation sont issues des rapports d’orientation rédigés par JA », affirme Loïc Quellec. Un dispositif unique au monde qui a fait ses preuves : « 97,8 % des JA sont encore en activité au bout de quatre ans s’ils sont passés par le dispositif aidé. Depuis, les évolutions ont été énormes. » Mais pas question de se reposer sur ses lauriers ! « La remise à jour des chartes JA est un symbole de notre engagement et de notre volonté de nous remettre en question. » Loïc Quellec poursuit : « Faire avancer notre métier, tel est le fil conducteur de notre stratégie. » Une stratégie qui repose sur la promotion d’un modèle familial d’exploitation agricole, basé sur des hommes et des femmes qui sont maîtres des capitaux, maîtres des décisions, capables de faire des choix et de les assumer. Bref, de véritables chefs d’entreprise, comme dans d’autres secteurs économiques. Pour cela, la formation est essentielle. « Notre travail ne s’arrête pas au bout de quatre ans : renouveler les générations, c’est aussi proposer une vision sur une carrière. » C’est un chantier de tous les instants, le dernier en date étant celui des États généraux de l’alimentation. Certains tirent un bilan pessimiste de ces EGA, indique l’administrateur national. « Chez JA, nous nous sommes impliqués à tous les niveaux - dans les réunions, dans les ateliers, dans la rédaction des plans de filière. Nous avons obtenu de réelles avancées. » Il faut à présent être vigilant sur le projet de loi qui doit revoir les conditions de marché entre agriculteurs et distributeurs. « Nous allons mettre la pression sur les élus pour que cette loi reprenne réellement les engagements pris, pour pousser nos positions afin qu’elle apporte une réelle plus-value sur nos exploitations. Ces engagements vont dans notre sens ; à nous de savoir en tirer parti ! Cela se passera sur le terrain », avertit-il. « Qui de mieux qu’un agriculteur pour parler de l’agriculture ? » « C’est incroyable, tout ce que l’agriculture française prend dans les dents », s’écrie Loïc Quellec. Des choses absurdes et insensées sont diffusées dans les médias et les réseaux sociaux, notamment sur l’élevage. « Impossible d’y répondre individuellement, sous peine de leur donner de l’importance. » Alors, comment contre-attaquer ? « La meilleure réponse est d’aller chercher le consommateur, de lui montrer ce que nous faisons. Nous ne pouvons pas laisser la place à l’ignorance ou à l’incompétence. Qui de mieux qu’un agriculteur pour parler de l’agriculture ? » Concernant les traités commerciaux avec le Canada et le Mercosur, Loïc Quellec ne cache pas son inquiétude : « On nous demande de faire toujours mieux, toujours plus propre, toujours plus vert, mais derrière, on nous plante un couteau dans le dos en autorisant l’importation de quantités phénoménales de viande. » L’élevage n’est pas la seule filière mise à mal : les filières oléoprotéagineux, sucre, volailles, seront elles aussi déstabilisées. « Jeudi midi, nous sommes invités à l’Élysée. Nous serons très attentifs à ce que dira Emmanuel Macron sur ce sujet… Et au besoin, nous intensifierons la pression lors du salon de l’agriculture. » Autre enjeu, la Pac. « Elle reste un des leviers du revenu de nos exploitations. Nous travaillons à une proposition pour la Pac 2020. » En attendant, le Brexit pose énormément de questions. « Cela s’annonce comme un très gros chantier. » Loïc Quellec a voulu terminer par une note positive : « Si nous nous battons pour notre métier, c’est que nous y croyons. C’est un métier indispensable au quotidien. La gastronomie française est mondialement reconnue. Mais que serait-elle sans nos produits de qualité ? »

Franck Sander, président de la FDSEA du Bas-Rhin

« Mettons-nous au travail ! »

Publié le 23/02/2018

Entre États généraux de l’alimentation et élections des Chambres d’agriculture, l’heure n’a jamais été aussi propice à la prospective. Franck Sander a lancé quelques pistes de réflexion et annoncé un projet concret pour l’agriculture alsacienne d’ici l’été.

Franck Sander adresse un message aux futurs installés : « Le rôle des jeunes, c’est d’y croire. Soyez fiers de reprendre une exploitation, montrez ce que vous faites, montrez que vous produisez des produits de qualité, tracés, conformes aux normes. » Les moyens dédiés à la Politique agricole commune vont être amputés. « Nos exploitations auront-elles les reins assez solides pour faire face aux aléas, à la volatilité des prix ? » Pour passer le cap d’une année difficile, il faudra jouer sur tous les tableaux : la gestion des risques, la fiscalité, la diversification. La spécialisation prônée hier est moins vraie aujourd’hui, estime Franck Sander. « Les exploitations les plus résilientes sont celles qui ont su se diversifier. » Au niveau des productions, mais aussi de la mise en marché. « À nous de dire ce que nous voulons demain ! » Emmanuel Macron a demandé à chaque filière de se positionner sur son avenir, à travers les plans de filières. « Cela veut dire s’organiser en interprofession et redonner du poids aux agriculteurs. Prenons à nouveau la main que nous avons perdue à cause de la loi sur la concurrence. Ce qu’il faut retenir pour l’avenir, c’est que le prix sera construit à l’envers : on partira du coût de production moyen, auquel on ajoutera les frais de transformation et de distribution du produit pour fixer un prix minimum à la consommation. Mais pour cela, nous devrons tous connaître nos coûts de production. » Il faudra aussi gagner en compétitivité, en faisant baisser le poste charges sur les fermes. Car il y a des marges de progrès, estime Franck Sander. « L’écart entre les fermes est très important. Cet écart, il est possible de le réduire, en investissant par exemple, avec le soutien des collectivités territoriales. » « Mettons-nous au travail dans les quatre prochains mois, dressons un état des lieux des différentes filières, pour aboutir d’ici l’été à projet concret, porté par l’ensemble de la profession. Un projet qui puisse orienter l’action de nos partenaires et la politique agricole portée par la Chambre d'agriculture. »

La FDSEA et les JA interpellent les députés LREM du Bas-Rhin

Des paroles… et des actes

Publié le 23/02/2018

Malgré les discours pavés de belles intentions du président Macron, les agriculteurs français et du département en particulier, constatent pour l’heure que leurs charges sociales vont augmenter, des charges déjà pourtant plus élevées que leurs homologues européens. Ils interpellent les députés LREM du département.

La réunion demandée samedi matin par les agriculteurs de la FDSEA et des JA du Bas-Rhin avec les députés La République en marche (LREM) du Bas-Rhin avait valeur de test. Ils avaient besoin de vérifier que les députés de la nouvelle majorité présidentielle leur prêtent une oreille attentive. Et lors de la conclusion de l’entrevue, tous affichaient leur satisfaction : « Cette réunion est la preuve que vous vous souciez de l’agriculture », a souligné Franck Sander, président de la FDSEA du Bas-Rhin. Mais, soulèvent-ils, l’écart ne cesse de grandir entre les discours d’intention du président Macron et les actes. En particulier sur le projet de loi de financement de la sécurité sociale 2018. Rendez-vous était donc donné à la permanence de la députée Martine Wonner à Wiwersheim samedi 17 février. Où une bonne trentaine d’agriculteurs emmenés par leurs représentants syndicaux et professionnels - Franck Sander, Thomas Gillig, Véronique Klein, Denis Ramspacher, Gérard Lorber -, ont été accueillis par les députés LREM du département : Martine Wonner, Sylvain Waserman, Vincent Thiébaut, Thierry Michels et Bruno Studer. La perte des avancées obtenues sous le gouvernement Valls Les agriculteurs avaient obtenu du précédent gouvernement Vals quelques avancées pour faire converger le niveau de leurs charges sociales, liées au coût du travail, vers celui de leurs homologues européens. Il y avait le CICE (Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi) et un allégement de 7 points des cotisations maladie. Ceci afin de réduire tant que faire se peut les importantes distorsions de concurrence sur les coûts de main-d’œuvre entre l’Allemagne, l’Espagne ou l’Italie, et la France. Des distorsions d’autant plus fortes sur les filières de production où le coût du travail et les charges sociales afférentes impactent fortement le prix de revient. Il en va notamment dans le Bas-Rhin des multiples cultures spécialisées et maraîchères : houblon, tabac, asperges, fraises, légumes, etc. En proposant de supprimer le CICE et d’augmenter la CSG (Contribution sociale généralisée), avec la contrepartie d’abaisser les niveaux de cotisations sociales, le gouvernement a mis le feu aux poudres. Car pour l’agriculture, le compte n’y est pas. Le projet de loi sur le financement de la sécurité sociale leur est très défavorable. « Concrètement, le dispositif travailleur occasionnel soulageait le montant des cotisations, le CICE nous permettait 7 points de réduction. Comme on avait déjà abaissé les cotisations, il n’y a que peu ou pas de contreparties à attendre », explique Joseph Behr, directeur de la FDSEA du Bas-Rhin. Grosso modo, « le coût horaire est à 1,5 fois plus cher en France qu’en Allemagne. Il faudrait une contrepartie à la suppression du CICE pour le secteur agricole », martèle le directeur. Mercosur : des accords qui sacrifient l’élevage français Plusieurs autres sujets de grandes inquiétudes ont été évoqués. Les négociations en cours sur le Mercosur : il ne s’agirait pas que le gouvernement sacrifie l’élevage, la sécurité alimentaire et la filière bioéthanol sur l’autel des accords Mercosur, par des importations massives de viande issues d’élevages industriels sud-américains et d’éthanol brésilien. Et s’agissant des États généraux de l’alimentation, là encore les discours laissent place à une réalité moins réjouissante. « Les distributeurs ont vite oublié » les engagements de la charte de bonne conduite, à en juger « les promotions scandaleuses, les erreurs et fraudes à l’étiquetage trop nombreuses… » Alors que les agriculteurs sont soumis à une charge de contrôles extrêmement lourde, qu’en est-il du contrôle de l’étiquetage, interrogent Thomas Gillig, président des JA, et Denis Ramspacher, vice-président de la Chambre d'agriculture d’Alsace (CAA). Accompagner et soutenir les transitions Ce jeudi, les Jeunes Agriculteurs devaient être accueillis par Emmanuel Macron pour porter des messages forts « et factuels », ajoute Franck Sander : « Ne cédez pas au lobbying de la grande distribution. Regardez ce qu’ils sont devenus en moins de cinq ans et regardez ce que nous sommes devenus. » Des messages également aux sujets des phytosanitaires, craignant que la France ne soit en décalage par rapport à ses homologues européens. Et enfin, des messages positifs pour dire « que les agriculteurs sont prêts à relever les défis des transitions », précise Franck Sander. Mais encore faut-il qu’ils soient accompagnés et soutenus dans ces transitions, a souligné Véronique Klein, vice-présidente de la CAA.

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